mercredi 8 avril 2026
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« Le Clan des bêtes » : testostérone pastorale

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Un prologue sur les chapeaux de roues – au sens propre comme au figuré, puisque le film s’ouvre sur une sortie de route. Quelques minutes avant, dans l’habitacle, on écoutait Michael Chapman chanter un mélancolique Among the trees. La voiture soulevait la poussière d’une voie forestière. Une jeune femme à l’arrière souriait. Côté passager, une femme plus âgée annonçait qu’elle ne reviendrait pas auprès de son mari, à un conducteur hors champ, qui, dès lors, accélérait comme un fou jusqu’à l’accident. On ne comprendra pleinement cette scène fondatrice que plus tard. Le responsable de l’accident est Michaël O’Shea (Christopher Abbott). Sa mère – qui voulait divorcer – est morte, sa petite amie, Caroline (Nora-Jane Noone), blessée au visage est marquée à vie.

20 ans après, le taiseux Michaël, tenaillé par le remords, vit seul avec son père (Colm Meaney), bougon, brutal, insupportable, qui ne tient plus sur ses jambes mais continue de donner des ordres. Caroline qu’il n’a plus revue, s’est mariée à Gary Keeley (Paul Ready) dont elle a eu un fils Jack (Barry Keoghan). Les deux familles se partagent les plateaux où paissent leurs moutons, marqués de rouge pour les Keeley, de bleu pour les O’Shea.

On est en Irlande, sans que le lieu ni l’année ne soient vraiment précisés. Une ruralité coupée du monde où on parle le gaëlique. Pas de téléphone mobile. Et si on casse votre clôture, ou votre gueule, si on vous vole du bétail, on n’appelle pas la police. On règle ça façon Far West, au poing et au fusil. Peu de paroles, peu d’explications. On rêve de partir mais on reste.

Pas touche au troupeau

Le poids du patriarcat, de la norme virile, des archaïsmes, les conflits larvés, les remords fermentés, les jalousies et les rancœurs mijotées, ôtent toute chance au bonheur. Quand deux béliers des O’Shea sont volés par le fils Keeley, et que toutes les bêtes de Michaël sont massacrées, leurs pattes arrières sectionnées et emportées, tout va exploser dans un enchaînement meurtrier, libérant les sentiments réprimés.

Le réalisateur construit son film en deux actes successifs reprenant les mêmes séquences selon le point de vue de Michaël puis selon celui de Jack, révélant ce qui n’a pas été dit par les mots, donnant humanité à ces hommes violents, tout autant bourreaux que victimes. Les  rythmes électro et drill de la B.O. signée Hannah Peel, collent à la tension du récit servi par un casting impeccable.

Christophe Andrews dit avoir pensé pour écrire son scénario à une question posée à l’église, dans son enfance : « Et si le bon berger après avoir abandonné les 99 brebis pour aller chercher celle qui s’est perdue, revenait et constatait que son troupeau avait été blessé ou massacré ? ». Et de s’être nourri de sa propre douleur d’enfant élevé dans une famille conflictuelle.

Dans ce premier long métrage, à côté de ses souvenirs intimes, il convoque l’authenticité du fait divers -les attaques de troupeaux par des gangs, en lui conférant un écho symbolique, et construit avec un réalisme âpre, et une habileté certaine, un thriller efficace.

ÉLISE PADOVANI

Le Clan des Bêtes, de Christopher Andrews

Sortie le 9 avril

La Région Sud lâche La Citadelle

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CITADELLE DE MARSEILLE © Jean-Charles Verchère

Pour 2025, la Citadelle a choisi comme punchline l’image du « bastion culturel ». Elle ne pouvait pas imaginer à quel point ce concept évoquant le rempart et la résistance allait coller à la réalité.

À quelques jours de la reprise de la saison, la Région Sud annonce qu’elle retire toutes ses subventions à la Citadelle. L’équipe est sous le choc. « Jusqu’à maintenant, elle avait été très présente en soutenant les résidences d’artistes, la restauration du monument, le développement touristique et le parcours de médiation scientifique avec des enveloppes d’investissement de 300 000 euros par an », explique Mathilde Rubinstein, éprouvée : « nous avons appris que la subvention de rattrapage 2024 ne sera pas versée, ni celle de 2025 ».

L’équipe qui fonctionne avec des budgets triennaux est incrédule face à ce « lâchage » brutal qui questionne la manière dont vont se poursuivre les travaux. La direction craint les effets domino sur l’emploi puisque la restauration est pour l’essentiel menée par Altavista, chantier d’insertion qui œuvre pour l’inclusion sociale et professionnelle des personnes en situation de fragilité. 

Les Jeux et l’IA d’abord

Ce désengagement s’inscrit dans un contexte plus large. La Région baisse de 30 % sa subvention aux missions locales et aux écoles de la seconde chance. « La collectivité a décidé de se recentrer sur deux objectifs prioritaires : les J.O. et l’intelligence artificielle. Nous voulons démontrer que notre dispositif a sa place dans une politique publique régionale notamment en termes de rayonnement touristique, d’emploi et d’attractivité économique. On développe du digital, de la valorisation du patrimoine et on est impliqués dans les questions environnementales. Nous sommes aussi très présents sur les réseaux européens avec lesquels la région travaille » plaide la Directrice déléguée.

Lors de la Conférence de presse d’ouverture de saison, la Région n’était pas représentée. La Ville de Marseille, propriétaire du fort, assure, par la voix de Perrine Prigent adjointe au maire en charge de la valorisation du patrimoine et à l’amélioration des espaces publics, que le soutien de la Ville sera développé. Même garantie de la part de Daniel Gagnon, délégué à la Culture pour la Métropole. La subvention de 150 000 euros sera maintenue en particulier pour pérenniser le deuxième Salon du livre métropolitain dans de nouveaux bâtiments restaurés. Il avait accueilli l’année dernière 11 000 personnes et 30 éditeurs. Cette année, son implantation sera meilleure encore grâce à la mise à la disposition par la Mairie des 1-7 d’installations municipales. Après l’Espagne, la Grèce sera à l’honneur.

ANNE MARIE THOMAZEAU 


Une programmation malgré tout

Les incertitudes sur l’avenir n’ont pas empêché la Citadelle de présenter une saison culturelle fournie

En 2024, 350 ans après sa création, le fort Saint Nicolas était redonné aux Marseillais. 200 000 visiteurs ont arpenté l’an dernier les jardins face à la mer de ce fort renommé « La Citadelle » et 50 000 ont participé à des évènements dans son enceinte : promenades, concerts, salon du livre… un véritable succès populaire. Mathilde Rubinstein, directrice déléguée s’en félicite : « La Citadelle est un lieu de vie, de culture et de partage qui démontre toute sa pertinence. Artistes, chercheurs, citoyens, associations s’y côtoient ».

Une nouvelle saison
Pour lancer la saison, les jardins accueilleront le 5 avril la journée des métiers d’art. Artisans et Compagnons du Devoir partageront leur savoir-faire. Deux artistes plasticiennes en résidence ouvriront leurs ateliers : Louise Nicollon des Abbayes autour de la céramique et Manon Lefébure autour du tufting, cette technique de tissage mécanique.

Pour ceux qui veulent aller plus loin. La Citadelle propose un samedi par mois une journée d’initiation à la sculpture. Accueillis par le tailleur de pierres Nicolas Orselly, qui encadre les équipes en insertion sur le chantier, les participants pourront taquiner la pierre et repartir avec leur chef d’œuvre. 

Les amoureux d’humour et de fantaisie suivront un dimanche par mois le collectif L’Agonie du palmier dans leur déambulation théâtrale et leur exploration décalée de la Citadelle avec les GPS (Guides Parfois Sérieux), Pierrick Bonjean et Laetitia Langlet.  

Dès le 7 juin sera inauguré un parcours de médiation scientifique autour du patrimoine naturel. Élaboré avec Isabelle Lafont Schwobb du laboratoire Population Écologie Développement d’Aix-Marseille Université. Enfin, la fiction sonore L’île aux chiens produite par Gaëtan Gromer et écrite par l’autrice Valérie Manteau, est enrichie pour tout savoir sur le fort et de ses mystères. 

Musiques…
Comme l’an dernier, la Citadelle ouvre son écrin à la musique. De nombreux apéros, face aux couchers de soleil ponctueront le printemps, animés par des structures locales comme Marsatac ou Basses fréquences. 

Le 21 juin, la Citadelle fêtera la musique avec le Conservatoire Pierre Barbizet, la Mesón, la Maison du chant et Marsatac School. Les musiciens amateurs de la ville viendront mixer flamenco, musiques du monde, ensembles instrumentaux et bal klesmer. 

Le point d’orgue de la saison musicale sera le 4 juillet. En partenariat avec le Jazz des Cinq continents, le pianiste prodige Tigran Hamasyan présentera The bird of a thousand, opéra inspiré d’un conte arménien. 

A.-M.T.

Festival Impulsions : Aubagne, en phase avec le hip-hop !

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Vicky R © X-DR

Le festival de hip-hop de Miguel Nosibor et sa compagnie En Phase a placé il y a 10 ans la ville d’Aubagne comme une pionnière de la reconnaissance institutionnelle de la culture hip-hop. Car l’artiste aubagnais a su faire entendre que le hip-hop n’est pas de la musique, ou de la danse, mais bien une façon de penser la vie. Porté par des générations successives qui le modifie, il met la créativité des classes populaires au cœur des enjeux artistiques en inventant sans cesse ses formes et ses disciplines, celles de la scène – danse et rap – mais aussi celles qui se partagent ailleurs : deejaying, mode, graph, design, beatboxing, slam, poésie, stand-up… 

Les festivals de hip-hop se concentrent généralement sur le rap, parfois la danse, et rassemblent autour de têtes d’affiches, et pas avec la participation des groupes amateurs et des artistes en herbe de leur territoire. Mais Miguel Nosibor est un de ces artistes acharnés qui sait convaincre, et la programmation de cette 9e édition lui ressemble : les spectacles de danse pro – dont le très beau solo Ma part d’ombre de Sofiane Chalal [Lire ici], un spectacle de Nosibor sur l’entre-deux et un quatuor très acrobatique de la compagnie Pyramid – côtoient les spectacles amateurs, les restitutions d’ateliers des groupes avancés ou des enfants… 

Et la danse s’offre aussi sa battle Break N Down et le rap son open-mic. DJ Lina & DJ Cali, formées toutes deux par DJ Djel (Fonky family) font fusionner Californie et rythme latinos. Une expo sur la richesse de la scène locale, et la projection de Suprêmes d’Audrey Estrougo viennent compléter les stages et masterclass ouverts à tous·tes, du deejaying au popping. 

Sans oublier le concert le 11 avril à l’Avant scène : en première partie La marmite, puis Vicky R, la rappeuse gabonaise qui impose son flow tranquille dans un univers encore très masculin. Où elle refuse de faire du « rap féminin », mais affiche clairement un discours féministe…

AGNÈS FRESCHEL

Festival Impulsions 
Du 5 au 13 avril
Divers lieux, Aubagne, La Penne-sur-Huveaune

Retrouvez nos articles Musiques ici

Générik Vapeur fait son ménage

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© Mathieu Catonné

Pour son premier Dimanche aux Aygalades printanier, la Cité des arts de la rue multiplie les événements. Outre les rendez-vous réguliers – marché de producteurs locaux, visite guidée du site et conférence –, le traditionnel vide-grenier organisé par la compagnie Lézarap’art accueille un invité de marque : installé à la Cité depuis ses origines, la compagnie historique Générik Vapeur vide ses propres locaux. Une plongée dans la mémoire des arts de la rue, occasion unique de chiner décors, costumes et objets en tous genres ! 

JULIE BORDENAVE

6 avril, de 9h à 14h
Cité des arts de la rue, Marseille

Avis aux amateurs

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Snow therapie, par la Cie Théâtre sur Cour © X-DR

Chaque année, le comité des Bouches-du-Rhône de la Fédération Nationale des Compagnies du Théâtre Amateur (FNCTA) convie des troupes non-professionnelles à se produire sur différentes scènes marseillaises. Le festival propose une programmation variée, entre classiques revisités, théâtre contemporain et créations originales.

Le 4 avril, c’est la Cie De Tragos (Cavalaire) qui ouvre cette nouvelle édition en revisitant L’Avare de Molière au Théâtre de l’Astronef. Le lendemain, dans le même lieu, la Cie La Locomotive s’empare du thriller théâtral Je te Promets de Mathieu Doris et Jasmina Doueb. 

Les semaines suivantes, le public pourra notamment assister à une nouvelle version de Cendrillon de Joël Pommerat par la Cie La Tête dans les nuages à l’Espace Culturel Busserine (16 avril), une adaptation théâtrale de Ruben Oslund Snow Thérapie par la Cie Théâtre sur Cour (La Criée, 16 mai) et la création Plus on avance de la Cie Chaos Léger (La Criée, 17 mai).

CHLOÉ MACAIRE 

Festival national de théâtre amateur 
Du 4 avril au 31 mai
Divers lieux, Marseille 

César Roynette a toujours la frite

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© Clément MARTIN

En 2019, César Roynette, alors fraîchement émoulu de la FAI-AR, traitait avec brio de l’instrumentalisation de nos peurs avec La mondiale de la terreur. Désormais, c’est autour d’un autre mètre étalon qu’il sonde la relation à l’autre : la patate. À l’issue d’une semaine de résidence dans le quartier de la Cabucelle (Marseille), sa compagnie Bonjour désordre y présentera Friterie mon amie, une performance sous forme de rituel d’accueil. Une causerie autour d’un cornet de frites, mise en partage d’une action symbolique traitant de l’hospitalité, valeur refuge en temps de crise. À retrouver aussi le dimanche 6 à la Cité des arts de la rue.

JULIE BORDENAVE

4 avril 
Jardin de l’AJC, Marseille
 
6 avril
Cité des arts de la rue, Marseille

Créer, performer… et décoloniser 

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Nathania Périclès et Rebecca Odéna présenteront leur performance Désincarnée au Théâtre de la Cité © Cie Tous et toutes Azimuts

Après plusieurs éditions dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Rencontres d’Artivismes pour décoloniser débarquent cette année à Marseille. Sept journées réparties sur trois semaines et dans différents lieux de la ville, pour découvrir des artistes et des œuvres qui repoussent les limites imposées par le patriarcat colonial. Ces Rencontres sont organisées par l’association OtraTierra, qui se présente comme une « école d’artivismes », et conduit des actions promouvant les pratiques et les pensées féministes décoloniales, en France et dans la monde.  

Au programme

Les rencontres s’ouvrent le 4 avril au Théâtre de la Cité, avec une soirée consacrée aux poétiques afro-diasporiques. Nathania Périclès et Rébecca Odéna y présentent leur performance Désincarnée, dans laquelle elles s’intéressent aux différentes représentations du corps de la femme. Elle sera suivie d’une conférence performée racontant l’histoire coloniale de Marseille et son impact au présent sur les habitant·e·s de la ville (afrodites de Nguele Nga Rose), et de La souvenance, un récit en slam de Gwenaëlle Tatoué, accompagnée par la DJ Douce sœur

Le lendemain, à Soma, le public marseillais pourra notamment assister à une lecture-performance du SCUM Manifesto de Valérie Solanas par la Cie La Fêlure. Dans ce célèbre manifeste, l’artiste et militante féministe appelle les femmes à « supprimer le sexe masculin » et à détruire les systèmes qu’ils ont mis en place. Plus tard dans la soirée, Malvina Servadei donnera Ecostrip, un spectacle entre performance et conférence qui interroge l’histoire du strip-tease d’un point de vue chorégraphique et politique. 

Dans le cadre d’une soirée queer décoloniale, le 19 avril, Ayoub Jasmina Moumen retrace le récit  qu’elle a rédigé pour sa demande d’asile à l’Ofpra en se mettant en scène dans une installation multimédia (Titre provisoire). 

Du documentaire 

Le 9 avril, sur la place Jean Jaurès, se tient la projection de « La troublante Conviction de l’ignorance », premier épisode de la mini-série Exterminez toutes ces brutes réalisée par Raoul Peck. Ce documentaire retrace l’histoire de la pensée suprémaciste blanche en Europe et aux États-Unis. 

Et le 22 avril, le Vidéodrome 2 accueille une soirée intitulée « Femmes – Territoires » durant laquelle trois documentaires seront diffusés. Rouge Cratère, est un documentaire radiophonique de Soa Ratsifandrihana et Chloé Despax. Ratsifandrihana, qui fait partie de la diaspora malgache en France, y dialogue avec des habitantes de Madagascar, dans une recherche d’identité. 

Dans À l’usage des vivants de Pauline Fonsny, trois femmes racontent la vie, l’enfermement et la violence dans les centres de détentions pour personnes migrantes en Belgique. La soirée se terminera avec Nous les domestiques modernes, réalisé par des Militantes de la Ligue des travailleuses domestiques de la CSC Bruxelles.  

CHLOÉ MACAIRE 

Rencontres d’Artivismes pour décoloniser 
Du 4 au 30 avril 
Divers lieux, Marseille 

Retrouvez nos articles Politique culturelle ici

Une meute au Zef

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© Maarten Ceulemans

Chaque pièce de Michel Schweizer se présente comme une expérience artistique autour d’une « communauté » créée et organisée sur scène par Schweizer lui-même, pour mieux questionner le réel. Son nouveau spectacle, donné cette semaine à La Manufacture de Bordeaux et présenté les 2 et 3 avril au Zef, ne fait pas exception. 

Pour Dogs (sous-titré Nouvelle du Parc Humain, comme d’autres de ses pièces), le metteur en scène a réuni cinq jeunes danseur·euses aux personnalités fortes, prêt·es à assumer leurs convictions et leur place dans le monde. Chacun·e arrive avec son propre langage chorégraphique et son propre bagage socio-culturel.  

Schweizer orchestre la rencontre de ces personnalités singulières, pour permettre à chacun·e de répondre en mots et en mouvements à la question qu’il leur pose : qu’est-ce qui demeure vital dans le parcours qu’ils ont choisi ?

Sous les yeux des spectateurs, cette petite communauté de danseur·euses, cette « meute » humaine, recrée sur le plateau le grand jeu social, de manière à la fois ludique et critique, et en y affirmant leur propre place. Iels éprouvent de ce fait l’altérité à chaque instant. Et révèlent, tout au long du spectacle leur humanité grâce à la liberté permise par leur danse. 

CHLOÉ MACAIRE 

Dogs
Les 2 et 3 avril 
Zef, Scène nationale de Marseille 

Retrouvez nos articles Scènes ici

Var : les bonnes Faveurs de printemps 

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Vanessa Vulcane © Simon Birman

Au rythme de talents reconnus et autres découvertes, le public fidèle à Faveurs de printemps gonfle chaque année. Le choix des lieux de diffusion ajoute à la volupté des concerts des atours intimistes ; à cette image, les murs de l’église anglicane accueillent la folk progressive du trio Vanessa Vulcane, dont les voix en harmonie habillent délicatement deux guitares acoustiques, jeudi 3 ; celle, analogique et nostalgique, de Quentin Sauvé, le lendemain, puis les envolés vocales oniriques de Clara Mann, le 5.

Au Théâtre Denis jouent les propositions plus festives et amplifiées, à l’image du réputé François and the Atlas Mountain, le 3 ou l’indie folk expérimentale des Twin Apples, le 4. Le 5, un plateau tout neuf, avec l’indie pop moderne et montante d’Astral Bakers, et les jeunes et déjà si talentueuses Tessina, projet folk local dont nous découvrions récemment poésie et justesse en live. 

LUCIE PONTHIEUX BERTRAM

Faveurs de Printemps
Du 3 au 5 avril
Divers lieux, Hyères 

L’expérience de l’Arbre 

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L’Expérience de l’Arbre © Freddy Rapin

L’acteur et dramaturge Simon Gauchet, parti, il y a dix ans, sur les traces du « théâtre de la cruauté » cher à Antonin Artaud, fasciné par le théâtre asiatique, rencontre au Japon Tatsushige Udaka, acteur de théâtre Nô auprès duquel il se forme. Lorsqu’il veut payer ses cours, l’artiste lui répond « je préfère que tu reviennes un jour et que tu m’apprennes ton théâtre ». C’est à cette rencontre que nous assistons dans L’Expérience de l’Arbre

Simon Gauchet, vêtu à l’occidentale et Tatsushige Udaka en costume de théâtre Nô. En une géniale mise en abyme, le théâtre devient objet de lui-même. Une pièce à l’esthétisme japonais, entre sobriété et beauté, et sublimé par de la musique en live. L’écologie de notre époque y est aussi évoquée, représentée par la résilience de l’arbre : face à plus fort que lui, il se relève et continue à pousser. [Lire ici]

Zébuline

3 avril
Théâtre d’Arles