dimanche 15 février 2026
No menu items!
Accueil Blog Page 177

En attendant le grand soir 

0
© Grand Jean

Ces derniers temps en festivals, les compagnies de rue et de cirque s’attellent à revisiter avec espièglerie les espaces temps de convivialité, usant des points forts de leur discipline : un rapport au public immersif, une célébration du collectif, une remise au goût du jour des traditions populaires. Le doux supplice repense avec virtuosité le concept de bal, -entre bavardages facétieux et portés chorégraphiques : au coeur du public, sur un plateau apparenté à une piste de danse vitaminée par un DJ, 6 acrobates vous entraînent imperceptiblement dans le tourbillon de la danse – rock, valse, jazz…. Possibilité de réserver un pass La grande soirée, incluant le spectacle Le Cabaret renversé de La faux populaire, à 19h.

JULIE BORDENAVE

20 et 21 décembre
Le Pôle, La Seyne-sur-Mer

Monaco Dance Forum : Eugénie Andrin bouleverse avec son « Dance Marathon » 

0
© Lela Bobart/Ballets de Monte-Carlo

Dance Marathon, programmé dans le cadre du Monaco Dance Forum [Lire ici], est un spectacle cynique et bouleversant. La chorégraphe Eugénie Andrin nous entraîne dans les années 1930 aux États-Unis. La crise est à son comble. L’extrême pauvreté pousse les participants, attirés par l’appât d’une somme modique et d’un repas chaud, à danser de façon ininterrompue – une seule pause de 10 minutes toutes les deux heures pour dormir, manger ou se laver – pendant des jours, voire des mois. Ils se produisent devant des spectateurs avides de sensations fortes, qui se délectent devant cette souffrance, excités par des organisateurs qui leur promettent du « sang et des larmes ». Ces marathons ont été immortalisés par le roman glaçant de Horace Mac Coy On achève bien les chevaux, écrit en 1935, deux ans seulement avant l’interdiction de ces spectacles macabres, et magistralement porté à l’écran par Sydney Polack en 1969 ; deux œuvres qui restent le symbole de l’anéantissement du rêve américain. 

Effondrement

Sur la scène, 23 danseurs avec des numéros sont en mouvement, en mouvement perpétuel. Fringants dans des démonstrations virtuoses de charleston, de fox-trot et de rumba sur des airs de Gershwin, Piazzola ou Scott Joplin, ils s’épuisent peu à peu. Arrive le moment redoutable du derby. Les couples doivent courir autour de la scène le plus rapidement possible. Ceux qui tombent sont éliminés sans pitié, humiliés par l’animateur et chassés sous les quolibets du public. 

Conçue au ralenti dans une vision très cinématographique, le moment est intense, le spectacle de ces corps instrumentalisés, « marchandisés », livrés en pâture, est presque insupportable. Peu à peu, les danseurs s’effondrent comme s’écroulent la société et la bourse américaine de l’époque. Des couples se disputent, en viennent aux mains, se défont, se reforment avec les « survivants », les hommes portent les femmes, les femmes, les hommes. Certains deviennent fous, hallucinent, d’autres poussent à terre les plus « faibles » et les achèvent. 

Au-delà des qualités immenses de ce ballet, Eugénie Andrin réussit la prouesse artistique et pédagogique – transmettre est une de ses grandes passions – de réunir sur scène sept danseurs professionnels et seize amateurs dont les évolutions moins académiques rajoutent au réalisme et à la dramaturgie. L’orchestre, composé de 15 élèves musiciens et chanteurs du Lycée Apollinaire de Nice est impressionnant de maturité. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Dance Marathon a été donné le 17 décembre au Théâtre des variétés, Monaco

Chiara Caruso 

0
CHIARA CARUSO © X-DR

L’artiste transalpine Chiara Caruso, originaire de la « Marseille italienne » qu’est Naples (officiellement jumelée à la cité phocéenne en octobre dernier), est invitée, pour la clôture du festival Tous en sons, à offrir à petits et grands ses talents mêlés de la musicienne et marionnettiste. Dans la création Novella, l’artiste s’inspire de contes oraux napolitains et les étire vers les thématiques propres à notre ère : discriminations de genre, dominations, inégalités. Sur scène défilent des tapisseries brodées par la main de Chiara Caruso, qui chante et joue les histoires de marionnettes hautes en couleur qui transcendent les époques, nous contant ainsi l’utopie d’une société idyllique où chacun est accepté tel qu’il est.

LUCIE PONTHIEUX BETHAM

19 décembre 
Cité de la Musique, Marseille

Retrouvez nos articles sur le festival Tous en sons ici

Tenir debout

0
Tenir Debout © Jean-Louis Fernandez

Suzanne de Baecque, sur les planches et les écrans depuis son adolescence, a interrogé avec pudeur, pertinence et tendresse d’autres professionnelles du spectacle, en s’inscrivant au concours de Miss Poitou-Charentes en 2020. Que signifie ce concours à l’heure où les femmes s’affranchissent enfin massivement du male gaze et dénoncent les prédations qu’elles subissent dans leur vie et les représentations ? Pour y répondre, Suzanne de Baecque et Raphaëlle Rousseau (au jeu et à la chorégraphie) se penchent sur les parcours singuliers, s’amusent des séances d’essayage, se moquent du système et non des gens. Tenir debout, engoncée sur des talons, en faisant tourner un hula hoop, en normant chaque partie de son corps, est un combat tragique plus que grotesque. Mais très drôle, aussi !

AGNÈS FRESCHEL

Du 18 au 20 décembre
La Criée, théâtre national de Marseille

Une Maison de poupée

0
Maison de poupée © Johan Karlsson

La mise en scène et en marionnettes de Yngvild Aspeli est saluée unanimement par la critique depuis sa création il y a un an par la compagnie Plexus polaire. La metteuse en scène norvégienne, formée à l’École nationale supérieure de la marionnette de Charleville-Mézières, connaît bien Henrik Ibsen et la figure de Nora, femme enfermée dans un univers patriarcal si étroit qu’elle préfère, après avoir tenté de briser les murs, s’en échapper. Une connaissance et une identification au personnage central de la Maison de poupée si forte qu’elle a voulu l’incarner elle-même, prise au piège de ses marionnettes, bêtes et maisons tentaculaires qui la plongent vers l’irrémédiable, dans un univers complètement manipulé où elle reste la seule personne vraiment vivante.

AGNÈS FFRESCHEL

19 et 20 décembre
Le Zef, scène nationale de Marseille

19 et 20 mars 2025 
La Colonne, Miramas

Biennale d’Aix : En mémoire de la bataille  de Beyrouth 

0
© X-DR

L’auteure-compositrice-interprète libanaise Mayssa Jallad, par sa performance à la fois musicale et visuelle, a plongé le public dans les origines de l’histoire tourmentée de la guerre civile à Beyrouth.

Sur scène, l’incroyable voix de Mayssa Jallad, accompagnée de sa guitare, Julia Sabra (guitare, claviers) et Pascal Semerdjian (batterie) offrent un mélange de blues et de sonorités trip-hop, folk et ambiant, porté par la puissance des guitares électriques et des percussions profondes.

A l’écran : la création vidéo saisissante du cinéaste Ely Dagher accompagne le groupe et illustre tour à tour l’architecture de la ville, les batailles et les stigmates laissés par la guerre. Le rouge et le bleu des camps opposés se mélangent parfois, symbolisant la complexité d’une histoire violente, où combats et destructions se succèdent inlassablement. 

Mayssa Jallad, architecte de formation, mais également enseignante et chercheuse, ancre son projet artistique dans l’histoire urbaine de sa ville, où s’est déroulée la première bataille urbaine de grande hauteur au monde. Elle explique chacune de ses compositions et retrace ainsi l’histoire de ce conflit qui s’est déroulé pendant plusieurs mois dans le quartier hôtelier de luxe de Minet El Husn, à l’origine de la guerre civile libanaise en 1975.

Son récit, simple, grave et ponctué de soupirs, s’adresse à sa génération et à celles à venir, explique-t-elle en posant ses mains sur son ventre arrondi. « Les livres d’histoire s’arrêtent en 1946 », argumente-t-elle, ressentant la nécessité d’utiliser son art pour transmettre et préserver une mémoire collective, « afin de ne pas reproduire les erreurs du passé ». 

Un voyage émotionnel intense, une proximité émouvante, un véritable moment d’humanité qui a offert bien plus qu’une performance au public : un dialogue entre passé et futur, destruction et résilience. 

CELIANE Peres-Pagès

La biennale d’Aix s’est clôturée les 13, 14 et  15 décembre

Retrouvez nos articles Musiques ici

Buchettino : du conte immersif à Marseille

0
Buchettino © Marjolaine Grenier

C’est dans la pénombre d’une vaste chambre en bois que la narratrice de cette version du Petit Poucet accueille le jeune public sur le plateau du Zef, ce mercredi 12 décembre. À l’intérieur, des lits superposés, faiblement éclairés par une unique ampoule, où les enfants sont invités à prendre place. « Allez, couchez-vous les enfants ! Dormez ! » enjoint la conteuse, mettant d’emblée le public en condition. Chacun·e s’approprie son espace, les plus jeunes pelotonnés contre leur accompagnant·e et l’on ferme les yeux car le voyage proposé est principalement d’ordre sonore. Le conte, traditionnellement lu avant de s’endormir, permet de lâcher-prise tandis que le lit invite à l’intériorité : être avec les autres certes, mais dans sa bulle.

Tempête sonore

Assise sur un tabouret au centre de la chambre, un énorme livre sur les genoux, la comédienne conte les aventures de Buchettino, la version transalpine du conte de Perrault. Sous les couvertures, les rires font place au silence et à la concentration car à mesure que le récit avance, les sons évoqués prennent vie. Comme dans une ghost house, ou un train fantôme, les bruits donnent une dimension tangible au récit. Une tempête sonore envahit la chambre, des bruits de pas, de serrures, de portes que l’on ouvre, que l’on ferme et surtout la voix épouvantable de l’Ogre. Les parois en bois de la chambre rappellent la cale d’un navire pris dans une tempête. Dans la semi-obscurité, l’ouïe des auditeur·ice·s, débarrassée de toute autre sollicitation s’aiguise, pour repérer le danger potentiel, comme dans la nature. Heureusement, cette fable, déconseillée toutefois aux moins de sept ans, est racontée dans le confort de cette cabane. Et le conte, fait d’épreuves, de pertes et de retrouvailles, retrouve sa fonction première de récit d’initiation. « Allez, les enfants, réveillez-vous ! » dit la conteuse. « Moi, je n’ai pas eu peur », assure, bravache, un minot en sortant.

ISABELLE RAINALDI

Spectacle donné du 11 au 14 décembre au Zef, scène nationale de Marseille

Retrouvez nos articles Scènes et Critiques ici

Sombre Noël

0

Il est venu le temps de la trêve hivernale, des cadeaux et des retrouvailles, des illuminations. Et les spectacles de fête, de joie, que nous recensons dans ce numéro, sont plus que jamais nécessaires. Mais comment aujourd’hui cacher notre inquiétude et nos larmes face à la catastrophe annoncée, la catastrophe advenue ? 

La mascarade du changement de gouvernement est une offense de plus aux besoins du peuple. Jean-Marc Coppola [Lire ici] et Sophie Joissains [Lire ici], l’un offensif, l’autre prudente, savent que les villes devront compenser, lorsqu’elles le pourront, les baisses des autres collectivités et de l’État. Le maire adjoint de Marseille sait que la hausse qu’il a obtenue dans le budget de la Ville ne suffira pas, la maire d’Aix-en-Provence sait que la baisse des subventions du Département 13 et de la Région Sud, dont elle est Vice-Présidente à la Culture, ne pourra pas être compensée dans la plupart des communes, même si elle le fera dans la sienne. 

L’année 2025 s’annonce terrible, alors même que le nombre de manifestations proposées au public est en forte baisse, et que les professionnels se plaignent de refuser régulièrement du public. Ce sont des centaines d’associations qui vont déposer le bilan, des milliers de professionnels qui vont se retrouver au chômage, des millions de spectateurs qui ne vont pas voir des spectacles qui ne seront pas créés. C’est une terrible chape qui s’abat sur le présent, et interdit l’avenir. 

L’ouragan, avant, après

Ce qui s’est abattu sur Mayotte n’a rien de symbolique et ne dépend pas de décisions humaines. Mais le nombre de morts, l’inefficacité des secours, le manque d’eau potable sont aussi le résultat d’un délaissement. Comme l’incroyable inconséquence d’un premier ministre nouvellement nommé qui ne se rend pas sur place et préfère son conseil municipal de Pau, ils disent à quel point certains morts comptent peu aux yeux de la République. 

Marseille, dite « cinquième île des Comores » tant la diaspora y est importante, est sous le choc. Il faudra, comme le dit Soly Mbaé [Lire ici], compter les morts provenant des quatre îles, refuser le terme de clandestins, et retrouver l’évidence d’une culture comorienne commune. 

La solidarité a longtemps été exemplaire entre les Comoriens, entre ceux que l’État français exploite et méprise, et ceux qu’il laisse mourir. La présence française aux Comores, restreinte à Mayotte et aux Iles éparses depuis 1976, lui permet de maintenir des eaux territoriales stratégiques sur la route des tankers. Cela vaut bien la construction d’infrastructures solides et l’application de la loi de la République, avec droit du sol, rapprochement familial, protection des mineurs et respect de la loi maritime qui oblige la France à porter secours aux naufragés dans ses eaux territoriales, et  dans ses bidonvilles.

Agnès Freschel

Retrouvez nos articles Société ici  

Preljocaj : un retour aux origines à découvrir au Pavillon Noir

0
Larmes Blanches © Didier Philispart

Larmes Blanches est une des premières pièces du chorégraphe, écrite juste après Marché Noir en 1985, et filmé en 1986, avec Nuch, Catherine Beziex, Christophe Haleb et Angelin Preljocaj lui-même à l’interprétation. Si les quatre danseurs sont loin d’aller aussi vite et ample que les interprètes d’aujourd’hui, le style Preljocaj est déjà là : musique baroque et contemporaine qui s’opposent, chemises blanches à larges jabots contrastant avec des pantalons noir en cuir, hommes et femmes portant les mêmes vêtements et faisant les mêmes gestes, obliques et secs, entrecoupés par des portés plus souples. Et surtout : phrases chorégraphiques longues et complexes, avec une difficulté de mémorisation, donnée en pâture à l’œil du spectateur, puisque les couples dansent à l’unisson, et que chaque décalage se voit. L’effet waouh, qui s’appelait alors autrement, était déjà là, dans ce quatuor amoureux à couteaux tirés, à l’arme plutôt que larme blanche. 

Le duo masculin Un Trait d’union, créé en 1989 lui aussi par Christophe Haleb, et Alvaro Morell, est porté par Glenn Gould interprétant le 5e concerto pour piano de Bach, et la création de Mark Khan qui vient l’interrompre. Un fauteuil de cuir, évoquant le confort ou l’analyse, trône au centre, enjeu de possession, objet de jeu entre deux hommes qui cherchent à établir un lien, dans une danse très physique, acrobatique, faite de sauts, d’arrêts brutaux, de départs contrariés, d’enlacements brefs et d’entêtements à fuir, à s’empoigner, à refuser l’abandon. Masculin ? 

Mystère mystique

Annonciation, autre chef-d’œuvre, est un duo féminin qui n’a… que trente ans !  La pièce n’est jamais sortie du répertoire du Ballet Preljocaj, a été dansée par de très nombreux ballets internationaux, et fait l’objet d’un très beau film, réalisé par le chorégraphe dans le parking de La Friche Belle de Mai, avec Claudia de Smet et Julie Bour, les interprètes originelles. 

Le duo repose sur un sujet mystique, comme plusieurs pièces de Preljocaj, et sur cette figure picturale de l’ange Gabriel, asexué mais guerrier, rencontrant la Vierge Marie et lui annonçant qu’elle est enceinte, immaculée, portant le fils de Dieu. Preljocaj, clairement, en fait une rencontre charnelle, où l’enfantement n’est pas qu’une annonce mais un geste, une bataille, une acceptation, un tourment. Le Magnificat de Vivaldi, grandiose, est entrecoupé de rires d’enfants, et de la composition électroacoustique combative de Stéphane Roy. La maternité est vue comme un mystère, bouleversant la femme, la projetant vers un avenir hors de sa chambre fermée, porteuse de plus qu’elle-même, en lien direct avec le vivant. 

Ce nouveau triptyque de pièces anciennes est joué par deux distribution différentes, et peut ainsi être donné à Aix-en-Provence et en Suisse en même temps, tandis que le reste du Ballet danse Requiem(s), création 2024, à Caen. Avant une reprise du Lac des Cygnes avec orchestre à Paris, pour conclure une année 2024 trépidante, et commencer une année 2025 qui passe par le Théâtre Durance les 9 et 10 janvier. Avec cinq pièces en tournée, dont la reprise d’Helikoptere et une création, le Ballet Preljocaj est une entreprise culturelle qui marche, et finance en partie les invités du Centre chorégraphique national aixois !

AGNÈS FRESCHEL 

Annonciation, Un Trait d’union, Larmes blanches
Du 19 au 22 décembre
Pavillon Noir, Aix en Provence

Annonciation, Torpeur, Noces
9 et 10 janvier
Théâtre Durance, Scène nationale de Château-Arnoux-Saint-Auban

Dans le monde des cheikhates

0
(C)Ad Vitam distribution

Everybody Loves Tuda plonge le spectateur en immersion dans le monde des cheikhates, chanteuses traditionnelles marocaines. On y suit le chemin de Tuda pour sortir de la pauvreté et son combat pour offrir à son fils, Yassine, sourd, une vie meilleure. Après une ouverture du film, lumineuse et festive, où se déploient le chant et la danse, une séquence brutale, sombre, montre combien la vie de ces femmes est difficile : Yassine est né d’un viol. Mais Tuda, incarnée magistralement par Nisrin Erradi, comme en transe quand elle chante et danse, ne renonce jamais. Elle se bat pour son rêve, refusant l’argent sale de la compromission : pour beaucoup, une cheikhate n’est pas respectable ! « Les Cheikhates peuplent mes films depuis long temps, car elles m’ont toujours interpellé, touché, et je voulais qu’un jour elles se retrouvent au centre d’un de mes récits. J’ai toujours admiré les femmes fortes, sans doute parce ce que j’ai grandi avec ma mère qui était ainsi. Ces femmes m’ont toujours passionné. Très vite, j’ai su que je voulais leur donner une voix »   Nabil Ayouch a ainsi redonné leurs lettres de noblesse à ces artistes dont « la voix était une arme et le chant, la aïta, des cartouches. »

Un film musical et d’une grande beauté plastique.

Annie Gava

Everybody Loves Tuda qui avait été présenté en avant -première à nouv.o.monde de Rousset sort en salles en salles le 18 décembre.