dimanche 15 février 2026
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Rêves

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© Maria Volkova

La compagnie ukrainienne du Cirque Inshi sait relever les défis. D’abord construite pendant la pandémie, et elle a ensuite dû fuir son pays en guerre. Portée par le circassion Roman Khafizov, la création Rêves entend souligner « la détermination de ces artistes à vivre, résister et rêver, envers et contre tout. » Sur scène, six virtuoses de l’école nationale de cirque de Kiev se lancent dans un jeu chorégraphique qui se veut précis, solennel, lyrique et combattif. Une ode à la vie, une célébration du présent, malgré tout.

Lili Berton Fouchet

18 décembre
Les Salins, scène nationale de Martigues 

Le beau rôle, et le beau casting 

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Le beau rôle (C)Jour2fête

Une répétition de théâtre : un baiser, qui manque d’intensité selon la metteuse en scène Nora (excellente Vimala Pons). Elle dirige avec énergie sa troupe et son compagnon, Henri (William Lebghil),qui incarne Ivanov, un rôle de dépressif que seul osera jouer un acteur de talent, disait Tchekhov.

Où sont les limites entre la vie, l’amour et le travail ? Henri a besoin de les dépasser : il ne jouait que pour celle qu’il aime, Nora ; maintenant il a besoin d’autre chose. Un ami lui offre l’occasion de passer un casting, de rencontrer Noémie (Antonia Buresi) et François (Jérémie Laheurte ) et de faire du cinéma… à Paris. Comment concilier les deux ? Henri va passer beaucoup de temps dans les trains, entre deux lieux, entre deux métiers, entre deux rôles. C’est d’autant plus difficile que Nora n’accepte pas qu’il ne lui appartienne plus complètement. Disputes, crise. Henri quitte le spectacle ; elle le largue sur la route. Tous deux vont devoir faire l’expérience du monde sans l’autre, ce qui est aussi difficile pour Nora qui se débat avec tous les problèmes de la troupe à gérer que pour Henri qui vit très mal la rupture et doit apprendre le métier d’acteur. Arriveront-ils à surmonter  tout cela, à repartir sur de nouvelles voies…

On doute

Le spectateur va partager, tour à tour, les répétitions de théâtre et de cinéma, les moments de travail et de vie dans un rythme alerte. Scènes cocasses comme celle du nouveau sol que vient d’installer sur la scène le décorateur, lumineux mais… glissant. Scènes où l’on est en empathie avec Nora qui craque : « Je n’ai pas besoin d’être aimée ; j’ai besoin d’être aidée ! » ou avec Henri qui confie son chagrin d’être quitté.

Un montage alerte et habile, fait parfois douter le spectateur : est-on dans le film de Noémie ou dans la vie ? « Si tu acceptes l’incertitude tout devient possible » dit un metteur en scène. Entre comédie romantique et comédie de remariage, sans être vraiment original, ce premier long métrage de Victor Rodenbach a offert de beaux rôles à deux excellents comédiens, Vimala Pons et William Lebghil.

ANNIE GAVA

Le beau rôle, de Victor Rodenbach
En salles le 18 décembre

Music Hall Colette 

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Music-Hall Colette © Julien Piffaut

Colette est avant-tout, par-dessus tout, une des plus grandes plumes de la littérature française. Sulfureuse et scandaleuse ? À une époque où les relations sexuelles (des femmes) hors mariage et la bissexualité l’étaient, certainement. Sensuelle, aimant les animaux, décrivant la nature et la ville comme personne… « Cléo Sénia et Alexandre Zambeaux ont écrit un texte parsemé de ses mots, et la comédienne joue une Colette effrontée, de cabaret, sous la direction de Léa Brabant, dans un spectacle musical aux costumes de plumes et d’ors. La femme de lettres y gagnera-t-elle une aura d’autrice, ou de sulfureuse ? »

Agnès Freschel

17 décembre
Théâtre Liberté,, scène nationale de Toulon

Les Ambassadeurs jeunes du cinéma à l’Alhambra

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La Pampa © AGAT FILMS

Lors de la 77e édition du Festival de Cannes, la Ministre de la Culture Rachida Dati annonçait la mise en place d’un grand plan de diffusion du cinéma français chapeauté par le Centre national du Cinéma et de l’Image animée (CNC). Entre autres mesures, ce plan prévoyait le lancement d’un réseau « Ambassadeurs jeunes du cinéma » avec pour objectif de « transmettre le goût du cinéma français » aux jeunes entre 18 et 25 ans et de leur permettre de « découvrir l’ensemble des métiers du cinéma ». Qui consomment des images filmées et en produisent, plus que toute autre génération, mais qui sont pourtant peu formés aux métiers traditionnels, et peu sensibilisés au répertoire français, avec la raréfaction des dispositifs scolaires d’éducation à l’image, des ciné-clubs, des cinémas de répertoire et des cinémathèques.

Effectivement lancé à la rentrée 2024, ce dispositif se déploie dans 17 régions, conduit par les 33 structures lauréates d’une subvention pour trois ans. En Région Sud, les différents projets affiliés à ce dispositif sont portés par les trois antennes du Pôle régional d’éducation aux images : Cannes Cinéma, L’Institut de l’image à Aix et l’Alhambra à Marseille. Dans cette salle emblématique du 16e arrondissement, une vingtaine de jeunes encadré·e·s par les équipes vont organiser et animer un certain nombre d’avant-premières. De la régie à la communication, en passant par la captation de l’évènement et la préparation du repas, chaque poste est occupé par des membres du groupe, souvent étudiant.e.s en cinéma. Première le 16 décembre !

La Pampa   

Ces « Ambassadeurs jeunes » ont été appuyés par William Benedetto et son équipe qui leur ont  proposé une sélection de longs-métrages. Après critiques et débats, le groupe a collectivement décidé d’organiser une avant-première de La Pampa, film sélectionné lors de la Semaine de la critique à Cannes et dont la sortie est prévue pour février 2025. Il s’agit du premier film de cinéma réalisé par Antoine Chevrollier, connu pour son travail télévisuel : Baron noir et la mini-série Oussekine

Tourné dans le village natal du réalisateur, ce premier long-métrage raconte l’amitié de deux adolescents, Jojo et Willy, évoluant dans l’univers viriliste du motocross. La révélation du secret de l’un des deux permet au réalisateur de s’intéresser aux dynamiques sociales à l’œuvre dans ce territoire rural, dont il est familier. La projection sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur et Faïza Guène, coscénariste du film. 

CHLOÉ MACAIRE 

L’avant-première aura lieu le 16 décembre à 18h30 à L’Alhambra, Marseille

Transphonie de Daniele del Monaco : tout beau tout neuf  

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© A.-M.T.

Un phénomène cosmique d’une ampleur inouïe bouleverse Marseille. Un œuf colossal est apparu au cœur de la ville duquel surgit une créature « terrible, de plis et de replis, de matière molle constituée ». Les formes changeantes et les mélopées de la « bête qui chante des mélodies brutales aussi douces que le miel » ont plongé la population dans un état de stupeur et de terreur. « Dans cette modernité qui a tout assoupie […] dans cet avenir qui comme un œuf était brouillé » dans ce « royaume d’enfermement, qui camoufle les fleurs du présent, c’est le début du dérangement ». La créature a le pouvoir de confronter chaque individu à son âme. Certains s’éveillent, retrouvent leurs corps comme des joyaux d’enfants, d’autres à l’inverse s’effondrent. Un petit groupe de personnes courageuses ou « n’ayant plus rien à perdre » ose suivre la créature dans l’œuf « assez gros et gras pour les abriter tous ». Plongés dans l’obscurité ils participent à un rituel ancien dans une ferveur jubilatoire. 

Injonctions poétiques

Performance vocale et instrumentale vibrante, parfois oppressante, ce conte allégorique pour trois voix, celles remarquables de Maura Guerrrera, de Cati Delolme et de Sam Karpenia ne laisse pas indifférent un public intrigué et porté. Soizic Lebrat au violoncelle et Pauline Chiama à la viole de gambe accompagnent magistralement le timbre des chanteurs jusqu’à s’y confondre. Malheureusement, les textes restent confus. On attrape quelques alexandrins qui parlent de différences, de fragilités, de ces « difformités terribles qui nous caractérisent, cabossés que nous sommes par 100 000 expériences ». On y parle de socle, de dérives et d’âmes rassasiées. On perçoit un compte-rendu radiophonique d’émeutes : le pillage de l’hôtel de ville, des magasins mais aussi les clameurs d’une danse et de la transe de toute une population que la bête semble avoir réveillé et puis des injonctions… « Sautons au cou des choses vides » ou « tous les matins embrassons un œuf » poétiques ou… politiques.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Transphonie 
7 décembre
Cité de la musique de Marseille

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À La Criée, un Schubert de saison

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© Julien Benhamou

Le public de Marseille concerts, habitué à des interprétations plus classiques, était un peu désorienté, mais séduit, au cœur d’un théâtre bondé et globalement très enthousiaste. Certains murmuraient, à la sortie, qu’ils préféraient Schubert « en vrai », avec une chanteuse lyrique et « sans micro ». Mais les applaudissements nourris, les rappels, les émotions partagées au fil du concert témoignaient de la profonde compréhension d’un projet aussi particulier que pertinent. 

Rosemary Standley, La célèbre chanteuse de Moriarty, comédienne, formidable interprète du Carmen. de François Grémaud, n’a pas la puissance vocale ni l’égalité de timbre pour interpréter les Lieder de Schubert en live. Mais sa musicalité, sa compréhension intime du texte et de ses inflexions, sa maitrise de la voix amplifiée jusqu’aux petites nuances de justesse, légèrement en dessous parfois, font merveille. L’amplification permet de ne jamais claironner, de ne jamais passer en force, d’alléger les aigus, d’approfondir les graves, de ménager d’autres temps forts que les moments d’exploits vocaux que nécessiteraient ces lieder intimes, écrits pour l’intimité des salons, dans une salle si vaste. La pureté cristalline de certains aigus, de certains phrasés, file, ténue, bien plus loin que nos oreilles…

L’Ensemble Contraste (Arnaud Thorette, alto, Antoine Pierlot, violoncelle, Johan Farjot, piano) ne l’accompagne pas mais joue avec elle, transposant simplement parfois les partitions, les réorchestrant ou les réécrivant totalement dans certains passages, dans une belle liberté contemporaine, ou un jazzy parfois trop carré. Les mélodies passent de l’un à l’autre, vibrent, s’annoncent en phrases rythmiques, préparent l’arrivée du chant, s’inscrivent en contrepoint. Un travail d’une subtilité sensible… que l’on peut retrouver sur CD !

AGNÈS FRESCHEL

Schubert in love a été joué le 9 décembre à La Criée dans le cadre de la saison de Marseille Concerts.

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Monaco aime la danse

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Dance marathon © Lela Bodart

Depuis près de 30 ans, la ville-État sursaturée de constructions garde une place de choix pour l’art chorégraphique. Le Ballet de Monte-Carlo dirigé par Jean-Christophe Maillot [Lire ici] dans une esthétique post-classique assumée, son école Princesse Grace très classique et le festival contemporain d’hiver, très ouvert à diverses esthétiques, forment un ensemble singulier.

La programmation 2024 ne déroge pas à ce principe d’un appétit de danse toujours virtuose, mais de styles divers. Ainsi la programmation s’ouvre avec Diptych de Peeping Tom (le 11 décembre), deux courtes pièces de Gabriela Carrizo et Franck Chartier qui font évoluer les personnages de leur danse très théâtrale dans des univers fermés où les portes refusent de s’ouvrir. Le lendemain place à Israel Galvan et son flamenco d’orfèvre : La Edad de oro est une pièce de légende qui tourne depuis 20 ans, et que le chorégraphe danseur reprend ici avec Maria Marin au chant et Rafael Rodríguez à la guitare.

Autre légende : Last Work de Ohad Naharin, chorégraphe israélien qui a inventé un style, un mouvement fait de tension et d’abandon, et assure la grandeur de la Batsheva Company. C’est le Ballet de Hesse qui reprend cette pièce étonnante où la course immobile d’un danseur au lointain semble générer un monde tour à tour apaisé ou secoué d’angoisses.

Les 14 et 15 décembre un double programme mettra à rude épreuve les Ballets de Monaco, chez eux, qui devront enchaîner les 35 minutes de Autodance de Sharon Eyal, une succession continue de mouvements d’ensemble sur demi-pointes ; et 30 minutes de Vers un pays sage de Jean-Christophe Maillot, dont on connaît l’exigence technique. D’autant qu’il a décidé, dans cette pièce dédiée à son père de traquer les temps morts !

Jusqu’en Norvège

Autre voyage avec Akram Khan le 16 décembre : Chotto Desh, petite patrie, navigue entre Bangladesh et Angleterre, film et théâtre, danse kathak, mime et danse contemporaine, pour retrouver une enfance perdue, ou onirique, ou universelle…

Le Dance Marathon d’Eugénie Andrin réunit danseurs professionnels et une vingtaine de danseurs amateurs pour faire revivre les marathons de la danse américains, rendus célèbres par le film de Sydney Pollack, On achève bien les chevaux. Ces concours de danse duraient plusieurs semaines, durant la dépression de 29, jusqu’à épuisement des couples, pour quelques dollars au vainqueur.

La soirée de clôture partira vers la Norvège. La danse de Jo Strømgen et sa compagnie, très célèbre à Oslo, est peu diffusée hors de Norvège : très virtuoses et particulières, théâtrales, chaloupées, fondées sur des ruptures de rythmes impressionnante, Made in Oslo rassemble trois pièces de son répertoire, écrite entre 2005 et 2017.

AgnÈs Freschel

Monaco Dance Forum
Du 11 au 18 décembre
Grimaldi Forum, Monaco

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Eracm : la jeunesse sur la piste  

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Le camp des malheureux © Olivier Quéro

Les élèves de l’Eracm en troisième année continuent leurs créations personnelles en fin de cursus. Elliot Piette a sélectionné un texte de Thibault Fayner qui a la particularité d’avoir été écrit à partir d’un costume et non d’une situation ou d’un personnage. L’auteur a choisi le cadre de Londres où il a travaillé quelques temps et fréquenté des boîtes de nuit. Des expériences nocturnes et la fréquentation d’êtres en déserrance ont nourri son texte. Le personnage principal est une jeune femme qui chante sa hargne en s’accompagnant à la guitare. C’est Morgane Poulette, impressionnante Carla Ventre qui incarne son rôle à la perfection. Imbibée d’alcool et de came, elle éructe, crie, trébuche en s’acharnant sur son instrument. Un soir de cuite, elle séduit un acteur de séries télévisées, qui n’a de cesse que de la conquérir. S’ensuivent des rencontres orageuses, des chansons en duo, des cris et des coups. Thomas (Thomas Cuevas), du genre bellâtre sûr de son charme, a du mal à s’imposer mais n’abandonne pas. Leur relation est suivie par deux personnages extérieurs (épatantes Léa Gautier et Manon Tanguy) qui jouent le rôle d’un chœur qui commente l’action et s’interroge. Elles arpentent le plateau rectangulaire réduit à une longue bande dans un dispositif bi-frontal, disparaissent et reviennent par une autre porte. Des scènes de music-hall avec Thomas aveuglé par un projecteur, le sourire fabriqué de celui qui veut plaire au public, alternent avec des passages plus glauques.

Des destinées incertaines

Y-a-t-il là une possible histoire d’amour ? N’est-il pas trop tard ? Morgane acceptera-elle la main tendue ? Autour de ces quatre personnages sont évoquées des êtres délaissés, parqués (?) à l’écart des autres. En chansons et musique on reste dans le doute…

CHRIS BOURGUE

Le camp des malheureux de Thibault Fayner a été joué à l’IMMS-Friche La Belle de mai du 28 au 30 novembre.

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Solal et Delbecq : un piano-voix décomplexé 

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Les Modulations, sont des concerts organisés par le GMEM le troisième mardi du mois à la Friche Belle de Mai et un dimanche par trimestre au foyer de l’Opéra de Marseille. Ils donnent toute leur place à la création et à la vocalité contemporaine jazz ou électro. Le 8 décembre, ce dernier accueillait le duo Claudia Solal et Benoit Delbecq pour la performance Hopetown, du nom de l’album sorti en 2020. Née à l’automne 2013, la collaboration artistique entre la chanteuse, en constante recherche de territoires mélodiques nouveaux et le pianiste rebelle, atypique aux multiples récompenses fut une évidence. Ils enregistrent des chansons improvisées à partir de textes de Claudia : No Sake Tonight, Inner Otherness, Burning Green, Ultimate Embrace… 

Un piano « préparé »

Ce dimanche-là, ils y associent des textes empruntés à Shakespeare comme le monologue de Hamlet, celui de Prospero dans La Tempête et à Rimbaud avec le poème Ophélie. Ils proposent aussi une interprétation transcendée et perchée de My Funny Valentine. Des petits bijoux d’écriture que Claudia extraie d’un carnet blanc, comme un écrin à merveille et sur lequel Benoit Delbecq module, improvise, pirouette jusqu’à la verticalité totale des doigts ou sur la tranche des mains. À l’instar de John Cage, il joue sur un piano « préparé », dont il altère le son en plaçant entre les cordes différents objets : morceaux de bois, pièces métalliques, gommes… Les tonalités évoluent selon le matériau utilisé et la taille de l’objet. On peut y entendre des instruments de percussion en bois comme des tambours primitifs, des xylophones, des cymbales, des bruits de pas sur des feuilles avant de revenir à des sonorités jazzy plus classiques… Après Delbecq, on ne regardera plus jamais un piano de la même manière.  

Claudia vient poser sa voix sur la partition. Dans ses interprétations mélodiques, avec son timbre sensuel, il y a du Peggy Lee. Mais Claudia ne se contente pas de chanter avec une vaste amplitude : elle chuchote, chuinte, questionne, souffre, s’indigne, halète… Elle siffle, trompette, clarinette et c’est dans ces envolées planantes sans limites qu’on la préfère. Elle accompagne sa voix avec l’énergie produite par les ondulations d’un corps à la fois parfaitement ancré dans la terre et d’une mobilité totale vers le ciel. Ce dimanche, Marseille était vraiment Hopetown.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le concert s’est déroulé à l’Opéra de Marseille le 8 décembre.

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Arles : 40 ans et toujours Méjan 

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La Chapelle Méjan © Florian Kleinefenn

Fondée en 1984 par l’éditrice Françoise Nyssen et Jean-Paul Capitani, l’association du Méjan propose chaque année une saison mêlant musique, arts visuels et conférences pour rendre accessible – et avec exigence – la culture au plus grand nombre. En cette fin d’année et pour ses 40 ans, le Méjean programme plusieurs manifestations en partenariat avec la librairie Actes Sud et les Cinémas du Méjan. Le 12 décembre, hommage au réalisateur Bertrand Tavernier, décédé en 2021, avec une rencontre avec l’homme de cinéma Thierry Frémaux, l’actrice Sabine Azéma et Manuel Tricoteaux directeur de collection chez Actes Sud, autour du livre Mémoires interrompus de Bertrand Tavernier, suivie de la projection du film : Un dimanche à la campagne

Le lendemain, place à Oan Kim & the dirty jazz. Le Coréen est un artiste total. Réalisateur, photographe – son travail photographique Le chien pitié, avait été exposé au Méjan en 2009 –, le revoilà en musicien et toujours inclassable avec un nouvel album qui entrelace jazz spirituel et pop expérimentale. Le 14 décembre, Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004 pour Le soleil des Scorta auteur vedette d’Actes Sud, aura carte blanche pour une lecture théâtrale. Nul doute qu’elle aura trait à ses sujets de prédilection : l’amour, la fidélité, le deuil, l’exil, la mémoire. Le dimanche 15 décembre, la journée sera musicale et classique. En matinée, trois pianistes Jean-François Heisser,Jean-Louis Steuerman,Charles Heisser, etla soprano Margaux Poguet interprèteront un programme portant sur deux siècles de musique, de Beethoven à Poulenc et Kurt Weil. L’après-midi, Marie-Josèphe Jude au piano, Jean-Marc Phillips-Varjabédian au violon et le quatuor à cordes Ditotima s’exprimeront sur des œuvres de Debussy, Franck et Beethoven. Enfin, à partir du 18 décembre, et jusqu’au 12 janvier, une exposition rétrospective célèbrera 40 artistes – et non des moindres – qui ont fait l’histoire de Méjan. Parmi eux Sophie Calle, Robert Combas, Anouk Grinberg, Ernest Pignon-Ernest, ou Ousmane Sow.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le Méjan fête ses 40 ans
Du 12 au 18 décembre 
Chapelle du Méjan, Arles