vendredi 16 janvier 2026
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Po-Cheng Tsai et Mourad Merzouki

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Programmés par le Théâtre de l’Olivier, deux spectacles de danse hors du commun sont à retrouver sur la scène de l’Usine. Le 27 novembre, le chorégraphe taïwanais Po-Cheng Tsai explore avec Crack, pièce pour treize danseurs, les danses traditionnelles asiatiques, les arts martiaux, mais aussi les danses urbaines et contemporaines, pour raconter la catastrophe climatique à venir.

Le 2 décembre, Mourad Merzouki nous plonge dans l’Arménie de ses ancêtres en rendant hommage au cinéaste Sayat Nova et à son film emblématique, La couleur de la grenade. Un dialogue affûté et coloré entre sept danseurs et danseuses.

S.C.

27 novembre et 2 décembre
L’Usine, Istres

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Soirée Coline

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Organisée par le parcours de formation Coline, la soirée dédiée à ses jeunes danseurs se déploie le temps de trois courtes pièces au Zef le 27 novembre. Créé tout spécialement pour les artistes de la troupe, Inked d’Arno Schuitemaker les plongera dans une encre mouvante et fébrile. Ils seront ensuite seize à plonger dans Expansion, ode abstraite et millimétrée au collectif signée Bui Ngoc Quan. Avec SubTones de Shlomi Tuizer, ils et elles s’interrogeront enfin sur leur capacité de résonance, tant par le biais de la méditation que celui de l’échange, favorisé par l’esprit de troupe. Une soirée placée sous le signe de la formation, mais aussi du partage et de l’union des forces.

S.C.

27 novembre
Zef, Scène nationale de Marseille

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The dog days are over 2.0

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La pièce créée en 2014 avait rendu Jan Martens célèbre. Le chorégraphe flamand y appliquait aux corps des danseurs les principes de la musique répétitive : il s’agit pour les huit interprètes de répéter ensemble un geste simple, un sautillement sur deux pieds d’avant en arrière, les poings collés aux hanches. Et de faire varier, légèrement, au fil du spectacle d’une heure, la figure, en ajoutant quelques déplacements géométriques, des lignes des bras, puis des jeux discrets de lumière, et juste un peu de musique. Celle de Bach, bien sûr, adepte aussi de la rigueur et de la variation. La performance physique est hallucinante, celle de la mémoire aussi, et le spectacle 2.0 fascine toujours autant : qu’éprouvons-nous à regarder cet épuisement des corps ?

A.F.
2 décembre
Les Salins, Scène nationale de Martigues

11 et 12 février
Zef, Scène nationale de Marseille

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Maldonne

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Après sa remarquable trilogie qui l’a propulsée au devant des scènes publiques, Leila Ka signe avec Maldonne une œuvre d’une intensité rare. Reprenant Bouffées, courte pièce pour cinq danseuses sur la tristesse créée en 2022, elle la prolonge en explorant d’autres humeurs. Enfilant des séries de robes comme autant de masques les danseuses tracent une cartographie d’une heure sur les relations entre femmes, faites de complicité, d’affrontements, de rivalité, mais aussi du constat d’une inadéquation profonde entre les vêtements et les corps, entre les gestes prescrits et les sentiments, les exaltations, les révoltes. Il y a Maldonne entre ces toutes ces mal-femmes, ces mauvais genres, et la gestuelle hip-hop, affranchie de ses rituels, révèle, dans une puissante liberté, la force nouvelle des jeunes femmes.

A.F

28 novembre à 21 h

Les Salins, Scène nationale de Martigues

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Arcanes

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Manon Worms (Cie marseillaise Krasna) porte à la scène les textes de Nelly Arcan, autrice québécoise à l’écriture intense qui questionnait dès les années 2000 les représentations du corps féminin avec un regard queer et radical. Son livre Folle commente avec rage et acuité son rapport à un monde dysfonctionnel qui accuse toute femme non soumise d’être folle, méduse ou sorcière, surtout si elle est trans ou lesbienne, pute ou asexuelle. L’autrice s’est donné la mort en 2009, mais Manon Worms porte sur scène sa langue et son combat féministe et queer, entre théâtre et performance, destiné à toutes les Arcan·es en puissance. Le spectacle précède Maldonne, de Leila Ka [lire ci-contre], pour un beau diptyque militant pour la fin attendue des stéréotypes de genre, et des dominations.

A.F.

28 novembre à 19 h

Les Salins, Scène nationale de Martigues

Le Cirque Eloize en haute voltige

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Créé en 2009 en Corée du Sud, le plus grand succès conçu par le Cirque Eloize et mis en scène par son fondateur Jeannot Painchaud refait le tour des scènes internationales depuis cette année. Création emblématique du collectif québécois, le spectacle revient quelque peu remanié, et mâtiné d’une bonne touche rétro. 

Neuf artistes s’installent sur une scène métamorphosée en paysage urbain, quelque part entre le cinéma de genre et un décorum de jeu vidéo. Grimés en chefs de gang tout droit sortis des années 1990, ils s’unissent, s’imitent, se rencontrent et se divisent au rythme d’une chorégraphie très présente et cohérente, signée Elon Hoglung

Le hip-hop reste très présent et sert de liant au fil des numéros, et entre les tableaux, porté par les belles présences, notamment, de Lakesshia « Kiki » Pierre-Colon et Bryan « Slinky » Boyer. Plus brutes de décoffrage, les performances certes ébouriffantes de Trevor Bodogh au vélo trial, de l’impressionnante contorsionniste Alexia Medesan et de Kayden Woodridge, Adams Dransfield et Jp Deltell au trampoline inscrivent cet iD-Evolution dans la tradition du cirque grand spectacle. 

Reste les belles envolées en roue cyr et cerceau de Christophe Bate et Florence Amar. Et surtout la cohésion d’une troupe souvent présente dans son intégralité sur scène, y compris durant les numéros de ses camarades. D’un quartier à l’autre d’un New York fantasmé, le récit convoque les souvenirs, entre autres, de West Side Story et de ses scènes de groupe. Et signe, sur une musique certes tapageuse et désuette, une jolie ode au collectif.

SUZANNE CANESSA

ID Evolution a été joué du 13 au 15 novembre au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence. 

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Comment sortir d’un huis-clos

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YES DADDY © Khulood Basel

Il est rare d’assister à une pièce aussi brillante, et d’avoir des applaudissements aussi timides. C’est qu’il en faut du temps pour sortir de ce Yes Daddy signé Bashar Murkus et Khulood Basel, qui joue desanfractuosités de l’esprit humain, et des passions du public. 

Dans ce huis-clos il y a Amir, jeune travailleur du sexe, et un vieil homme sénile, qui perd la mémoire. Le premier entre chez le second, et un drôle de jeu s’ouvre entre les deux. Le plus jeune, conscient de l’emprise qu’il peut avoir sur son client, se lance dans une sordide séance de manipulation. Il se fait passer pour son fils, l’accuse des pires crimes, puis sa mère, et ira jusqu’à le nourrir de son sein. Ils se lancent tous les deux dans une nuit d’angoisse, où les démons de chacun s’exploseront dans la fureur et le sang, laissant le public témoin, dans le plus grand inconfort.

En avant-propos, l’excellent Anan Abu Jabir, qui joue le rôle d’Amir, avait pourtant prévenu le public, lui demandant s’il était « d’accord » pour assister au spectacle. Ce consentement initial sera le dernier, et les décors, comme les lumières, mouvantes, se dérobant, placeront le spectateur dans la même illusion perverse que celle qui frappe les deux personnages. Une pièce qui touche ce qu’il y a de plus sombre dans l’être humain, avec ce qu’il y a de plus lumineux pour le montrer.

Du théâtre palestinien sans toit

Cette pièce de la compagnie palestinienne du Kashabi Théâtre n’est pas la première à être donnée en France. Déjà en 2022, ils avaient été invités au Festival d’Avignon pour présenter Milk, qui avait lui aussi saisi le public venu assister à la représentation. Mais depuis, la compagnie a été évincée de son propre théâtre d’Haïfa. « C’était l’un des espaces d’expression les plus importants pour le public palestinien. Malheureusement, pour des raisons politiques, […] on a été dépossédé de notre théâtre », expliquait Bashar Murkus à La Marseillaise le 18 novembre dernier.

Dans Yes Daddy, la métaphore avec le conflit israélo-palestinien n’est d’ailleurs pas cachée. Dès les premières minutes de jeu, les deux comédiens recherchent frénétiquement une clef, symbole palestinien des expropriations qu’ils subissent. Et il y a bien sûr cet espace, occupé par deux êtres qui ne savent pas vraiment quoi construire ensemble, sinon un terrible jeu de dupes, dont nous sommes, encore, témoins.

NICOLAS SANTUCCI

 Yes Daddy a été donné les 19 et 20 novembre au Théâtre Joliette, Marseille.

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Au Théâtre des Salins, un voyage en achronie

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Peeping Tom © Sanne de Block

Au début des années 2000, la première trilogie de Peeping Tom bouleversait le paysage chorégraphique et théâtral émergent. Une danse théâtrale inconnue, loin de Pina Bausch, entrait dans les intimités familiales et les fantasmes noirs, nourrie de mythes et appuyée sur une danse virtuose. 25 ans après Gabriella Carrizo et Franck Chartier, le duo fondateur franco-italien, est toujours à la tête de la compagnie belge au nom subversif : un « peeping tom » est, en anglais, un voyeur. Institutionnel, international, porté par un succès public, le duo crée aujourd’hui plutôt  séparément, et ces Chroniques sont portées par la chorégraphe italienne.

On y retrouve sa noirceur onirique, la beauté plastique, son amour des corps masculins. Les cinq danseurs hommes semblent retenus dans un espace atemporel peuplé de mythes plus ou moins identifiables : une Création du monde au Japon, Sisyphe qui roule son rocher, écrasé mais aussi écrasant les autres ; puis de gentils Ewoks et une sorte de Darth Vador qui jette des rayons mortels de ses mains.

Chercher la couleur

Mais tous se relèvent : la mort, pas plus que le temps, n’a cours, sur cette Olympe sombre où les dieux cherchent des remèdes à l’ennui dans la violence et la domination, une partie de foot avec une main coupée en guise de ballon, le déplacement d’inutiles rochers, le jeu avec des automates bizarroïdes qui exécutent des mouvements absurdes.

Vision d’une éternité qui ne serait ni infernale ni paradisiaque, Chroniques est d’une beauté crépusculaire, déclinant des espaces qui s’ouvrent et se ferment, s’éclairent et s’éteignent, se déploient en hauteur ou rasent le sol, les murs, les blocs. Le couple n’y existe pas – sauf une mariée qui se fait descendre – et les individus s’allient aléatoirement contre le dominant du moment, sans faire pour autant cause commune. Tout semble vain. Les danseurs, stupéfiants, sont des élastiques d’une infinie souplesse. Ils reçoivent les chocs qu’ils répercutent comme des ondes liquides sur chaque articulation, en des rotations hallucinantes d’amplitude.

Au terme du voyage ils abandonnent la scène aux automates qui répandent au sol, enfin, des traînées de couleur pure. Une sublimation artistique possible hors des limbes, par des créatures post-humaines ? 

Agnès Freschel

Chroniques
21 et 22 novembre
Les Salins, scène nationale de Martigues
À venir
Pourquoi mon père ne m’a pas appris l’Arabe ?
Elle est née d’une mère française et d’un père marocain qu’elle n’a jamais connu. Qu’elle croyait mort, jusqu’à ce qu’il décède vraiment, et lui laisse sa maison en héritage.
Sarah Mordy s’est inspirée de son histoire personnelle pour écrire une fiction qui flirte avec le fantastique, interprétée par trois comédien·nes qui portent et éclairent les non-dits et les fantômes de la colonisation et de l’indépendance. A.F.
25 novembre
Les Salins, scène nationale de Martigues

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Marseille vibre au rythme des tout-petits

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Maxence, Andrea, Madeleine, Romane, Léon et les autres à La Criée © Marie Du Crest

L’OKA désigne chez les Amérindiens un îlot de vie collective. Délimité sur le sol sous forme de tapis de feutre blanc de différentes tailles, l’archipel dessine sur la scène de la Criée une cartographie faite de tissus, textures et couleurs chaudes. Le plateau, bordé de rideaux et nimbé d’éclairages doux et tamisés, devient un lieu d’accueil inédit pour un public âgé de 6 mois à 3 ans, dans une très belle scénographie de Marlène Rocher. La pièce conçue et interprétée par les musiciens Florence Goguel et Gonzalo Campo, convoque les sons de la forêt, tisse des liens entre arbres, animaux et humains, et glisse de la parole à la ritournelle. Les musiciens-chanteurs s’emparent de percussions, d’instruments à vents, esquissent quelques pas de danse … et embarquent même leur tout jeune auditoire dans un récit poétique et sensible. Décliné le temps de plusieurs représentations, y compris scolaires, le spectacle s’installe également le temps d’une journée de célébration s’étendant dans chaque recoin de la Criée. 

Du tableau à la scène

Du côté des bibliothèques et musées marseillais, les nouvelles initiatives se pensent et s’installent joyeusement. Celle du musée Cantini détonne par sa fraîcheur et sa pertinence. La médiatrice et artiste Carine Mina convie à son tour les moins de trois ans en terrain nouveau. C’est dans les couleurs vives d’un tableau de Victor Brauner qu’elle invite les tout-petits à se plonger. Armée d’une réplique plastifiée de deux figures cubistes extraites du tableau, elle reconstruit ensuite sur un rétroprojecteur l’exploration par ce personnage d’autres lieux, et la visite à d’autres entités extraites de différentes collections et marqués par différentes approches du dessin. Bricolée, participative, joyeuse, la visite ainsi projetée sur les murs du musée fascine ses petits spectateurs.  

SUZANNE CANESSA

OKA a été joué du 13 au 15 novembre au Théâtre de la Criée
La Journée famille et la Journée des enfants a eu lieu le 15 novembre dans divers lieux à Marseille

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Le folk à travers les ères

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© L.S.

Birds on a Wire, le duo formé par Rosemary Standley (chanteuse du groupe Moriarty) et Dom La Nena (chanteuse et violoncelliste brésilienne), façonne un univers délicat tissé de reprises qui traversent les siècles. Un public nombreux est venu au Zef écouter sa dernière sortie, Nuées Ardentes.  

Le public attend, tapi dans le noir, jusqu’à ce que la violoncelliste fasse entendre un bourdon et que la voix de Rosemary Standley s’élève. Évoquant un imaginaire folklorique, la musique plane, d’un ton ancestral, et l’audience est transportée dans un autre temps. Lorsque la lumière arrive, on observe une scène parsemée de feuillages d’automne et un arbre aux côtés des musiciennes. Elles demandent au public : « Si Marseille était un arbre, lequel serait-il ? »

Puis elles se lancent dans Myla et l’arbre bateau. Sans couper la musique, la violoncelliste enchaîne vers La Marelle / Amarelinha où elle déploie une juxtaposition d’effets – comme un rythme frappé sur le corps de son instrument – grâce à son looping station. Le public reprend la mélodie, et dès lors, les deux chanteuses harmonisent une contre-mélodie par-dessus. 

Elles basculent ensuite vers la pop de Bronski Beat avec Smalltown Boy où un effet pluie sonne en « off » et les boucles superposées au violoncelle donnent une impression de tempête. Sur la chanson suivante, Dom La Nena emploie les techniques de musique contemporaine et crée un rythme col legno – en frappant les cordes avec le bois de l’archet. 

Voyage à travers les terres

Après Perlimpinin de Barbara, le public est transporté au XVIe siècle avec le magnifique Hélas mon cœur, une chanson de languissement et de solitude où la mise en scène inclut des oiseaux qui volent autour, faits de papiers tenus à l’aide de perches tenus depuis l’arrière de la scène. 

Elles interprètent ensuite La Jeunesse des morts, un poème d’Anna de Noailles écrit en 1920 qu’elles ont mis en musique, et qui commence avec le bruit de cloches d’une église. La violoncelliste se tourne vers un feu qui crépite au pied de l’arbre, et une fois la chanson finie, Rosemary Standley s’y assoit. 

Dès lors, seul le feu illumine la scène, donnant un éclairage très cinématographique et teinté de nostalgie pour Wish you were here de Pink Floyd. Après cette pause nocturne, elles nous invitent à « chanter haut et fort » avec une samba brésilienne. Pour finir, et après un petit débat avec le public pour choisir, elles interprètent la chanson éponyme Birds on a Wire de Leonard Cohen puis leur mashup de People are strange et When I ride.

LAVINIA SCOTT

Le concert a été joué le 14 novembre au ZEF de Marseille

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