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[BIENNALE D’AIX] Création et patrimoine à Aix-en-Provence

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Jeanne Vicerial. Buste n°1 Minerva, "celle qui mesure", 2024 Cordes, fils, bronze-travail à la main. Courtoisie de l'artiste et Templon, Paris–Bruxelles–New York © Laurent Edeline

Du 13 juin au 4 octobre, la Biennale d’Aix-en-Provence donne carte blanche à l’artiste Jeanne Vicerial pour une exposition-parcours intitulée Incarnation. Première artiste en France à obtenir un doctorat SACRe (Sciences, Arts, Création, Recherche), elle a construit un langage plastique singulier à partir du fil textile, donnant naissance à des figures anthropomorphes en noir et blanc monumentales, interrogeant le corps féminin, ses métamorphoses et ses représentations à travers l’histoire de l’art, le sacré ou encore la mythologie.

Rituel, mémoire et création

Incarnation relie quatre lieux patrimoniaux de la ville : le Musée des Tapisseries, le musée du Pavillon de Vendôme, la galerie des sculptures du Musée Granet et la Chapelle de la Visitation, chacun de ces lieux développant « une dimension différente de cette idée d’incarnation ».

Au Pavillon de Vendôme, le visiteur découvre le processus de création de l’artiste, tandis que le Musée des Tapisseries accueille les costumes réalisés pour Atys, le ballet-opéra chorégraphié par Angelin Preljocaj. La Chapelle de la Visitation accueille quant à elle des œuvres réunies dans une dimension plus rituelle et spirituelle. Enfin, la galerie des sculptures du Musée Granet présente des photographies réalisées avec la photographe Leslie Moquin.

Made in Italy

À La Manufacture, la Biennale d’Aix, dont l’Italie est le pays invité, propose, en partenariat avec l’association Parallax, La mode italienne de Marino Parisotto. L’exposition met en lumière cette figure de la photographie de mode des années 1990 et du début des années 2000, disparu en 2022, ayant collaboré avec de nombreuses maisons emblématiques du luxe italien et international. Une exposition qui insiste sur la place singulière qu’occupe l’argentique dans son travail, où « le hasard devient composant » et « l’erreur devient caractère ».

Ré-ouverture estivale


La bastide du Jas de Bouffan, propriété des Cezanne à la fin du XIXe siècle, terrain de jeu du jeune Paul, avec ses grands murs où il a peint ses premières œuvres, dont certaines étaient revenues à Aix pour la grande exposition de l’été 2025, avait rouvert quelques semaines ses portes au public pour l’occasion. Elles s’étaient ensuite refermées, pour que les travaux de restauration puissent se poursuivre. Elles se ré-ouvrent de nouveau en cet été 2026 (jusqu’au 31 octobre) en commençant par une soirée surprise organisée par la Biennale ce 14 juin.

MARC VOIRY

Incarnation

Du 13 juin au 4 octobre

Musée des Tapisseries, Musée du Pavillon de Vendôme, Musée Granet et Chapelle de la Visitation

La mode italienne de Marino Parisotto

Du 13 juin au 31 juillet

La Manufacture

Ré-ouverture de la bastide du Jas de Bouffan

Du 15 juin au 31 octobre

Soirée surprise la 14 juin

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Une odyssée humaniste au cœur du vivant

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Le-Village des sourds © X-DR

Fidèle à l’esprit insufflé par Serge Barbuscia, le Théâtre du Balcon se fait le réceptacle des palpitations du monde, et déploie une programmation à l’audace rare. Entre théâtre de mémoire revisité, écritures contemporaines engagées et envolées transdisciplinaires, chaque journée s’articule comme un voyage au bout de l’altérité. Les spectateurs sont invités à une traversée intellectuelle et sensorielle permanente, ponctuée par la traditionnelle respiration du jeudi.

Éclats de la pensée

Le programme s’ouvre dès 10 h avec la délicatesse de La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, dans une mise en scène subtile signée Philippe Person. Cette œuvre charnière explore avec tendresse la fragilité des êtres intérieurs, les fêlures familiales et les paradis artificiels que l’on se construit pour échapper à la brutalité du réel. Un prélude poétique d’une profonde sensibilité humaine.

À midi, le théâtre se mue en agora philosophique avec la présentation deLa Peste d’Albert Camus. Portée par le Théâtre national du Luxembourg et magnifiée par la mise en scène de Frank Hoffmann, cette adaptation réunit sur scène Marie Jung et François Camus. Par le prisme de l’allégorie camusienne, le spectacle interroge avec force les notions de responsabilité collective, de sursaut moral et de fraternité indéfectible face aux obscurantismes. Un dialogue qui se prolonge à 13h30 avec L’Étrangère de Jean-Baptiste Barbuscia, relecture lumineuse et féministe qui donne enfin la voix au personnage de Marie Cardona.

Des odyssées intimes

À 15h15, les frontières s’effacent pour laisser place au Syndrome d’Ulysse, une odyssée théâtrale et musicale co-écrite par Ali Babar Kenjah etSerge Barbuscia, sous la direction musicale de Jérémy Bourges. Cette pièce interroge l’identité et tisse un pont fraternel entre le mythe antique et les exils contemporains. À 17 h, l’émotion se fait vibrante avec Charlotte, d’après David Foenkinos. Mis en scène par Thierry Surace, ce spectacle retrace le destin foudroyé de l’artiste Charlotte Salomon, hymne bouleversant à la puissance salvatrice de la création.

La fin de journée gagne en légèreté et en souffle à 18h45 avec Voltige. Écrit et mis en scène par Éric Metayer, avec la complicité de Dorine Bourneton, ce récit enjoué célèbre la première femme handicapée pilote de voltige. Un élan irrésistible de liberté et de dépassement.

Enfin, les soirées du Balcon s’organisent en deux temps forts inclusifs, à 20h35. Du 4 au 14 juillet, Le Village des sourds de Léonore Confino (mise en scène Catherine Schaub) propose une expérience bilingue français/LSF d’une rare force émotionnelle. Du 15 au 25 juillet, c’est Le Patron d’Alfred Alexandre, sous la direction d’Ewlyne Guillaume et porté par le CDN de Guyane, qui vient clore la nuit en explorant avec superbe les dynamiques du pouvoir et de l’émancipation.

DANIELLE DUFOUR-VERNA

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Aix en Juin donne le la

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ORFEO VACILLA, Marie Molliens © Christophe Raynaud de Lage

Avant que ne se lèvent les rideaux de juillet, Aix en Juin remet le Festival en circulation, à Aix-en-Provence comme dans le plus vaste Pays d’Aix. Du 12 au 30 juin, trente-huit manifestations entièrement gratuites – concerts, spectacles tout public, master classes, ateliers et cycle cinéma – composent ce prélude généreux où se croisent artistes invités, jeunes talents de l’Académie, amateurs et publics curieux. Le 12 juin, le très attendu Panorama ouvrira la marche place des Prêcheurs, avec les équipes du Festival et les artistes de l’édition 2026, entre échanges et interventions musicales.

La fête hors les murs
Dès le 13 juin, le « Parcours initiatique » associera le Collectif Meute, Passerelles et des musiciens de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée dans une performance collective nourrie de projets participatifs. Puis Aix en Juin prendra le large. Les 19 et 20 juin, l’abbaye de Silvacane, à La Roque-d’Anthéron, accueillera Les Voix de Silvacane, parenthèse vocale dans l’écrin cistercien : Ana Silvera et Saied Silbak y feront entendre Songs We Carry, entre folk, oud, chant arabe classique et mémoire ladino ; l’Ensemble vocal Aix-Marseille Université rejoindra la chanteuse sarde Alessandra Soro, tandis qu’Emma Fekete, future Papagena de La Flûte enchantée, proposera un récital avec guitare.

Du 21 au 25 juin, le CIAM, Centre international des arts en mouvement, ouvrira ses pistes à ORFEO VACILLA, Cirque et voix lyrique en Zone Instable. La compagnie Rasposo y relira Orphée et Eurydice de Gluck dans une réécriture de Marie Molliens où fil, voltige et voix de contre-ténor feront vaciller le mythe du côté de la fragilité humaine. Le 24 juin, au Pavillon Noir, le trio algérien TinniT fera tinter son jazz méditerranéen, entre groove nord-africain et écriture contemporaine.

L’Académie en lumière

Du 25 au 30 juin, les concerts de l’Académie prendront le relais au Pavillon Noir. Sous l’œil de Darrell Babidge, Dorothea Röschmann et Leonardo García-Alarcón, les jeunes artistes de la Résidence Voix offriront plusieurs récitals d’airs d’opéra, dont l’un sera repris à L’Étincelle de Venelles, autre escale hors d’Aix. Côté instruments et composition, Pierre-Laurent Aimard, Marco Stroppa et Clara Iannotta accompagneront quatre pianistes et quatre compositeurs vers deux concerts de répertoire moderne et contemporain. Les 26 et 27 juin, à la Manufacture, la Compagnie Du Schmock proposera un spectacle d’objet inspiré de La Flûte enchantée.

Au Grand Théâtre de Provence, les masterclass publiques permettront d’approcher le travail de transmission au plus près, tandis que le cycle cinéma fera écho aux opéras de juillet. Enfin, le 29 juin, Parades transformera de nouveau le cours Mirabeau en grande scène lyrique : Leonardo García-Alarcón y dirigera les solistes de La Flûte enchantée, Cappella Mediterranea et le Chœur de chambre de Namur.Une fête finale avant l’ultime journée de l’Académie, pour rappeler que, bien avant juillet, Aix chante déjà – et bien au-delà de ses murs.

SUZANNE CANESSA

Aix en juin
Du 12 au 30 juin
Aix-en-Provence, La Roque-d’Anthéron, Venelles et environs

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Faire durer les Festivals

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© Yann Bouvier

La conférence de presse organisée par la Région Sud le avait notamment pour but d’affirmer qu’elle « voit la culture non pas comme une dépense mais comme une identité », selon les mots de sa vice-présidente chargée de la culture et du patrimoine culturel Sophie Joissains. Cette « identité » de « terre de festivals » a conduit la région à se distinguer d’autres collectivités qui se sont désengagées brutalement du financement de la culture, comme le Pays de Loire. Mais si la baisse des subventions à la Culture a été moins brutale et moins notable (entre 5 et 10% selon les opérateurs), Sophie Joissains explique, avec regret, que la baisse des dotations d’État a amené la Région à se recentrer sur ses compétences obligatoires, tout en maintenant « autant que possible » son soutien, « essentiel aussi pour l’attractivité du territoire ».

D’ailleurs, les représentant·es des festivals n’aborderont jamais les difficultés financières qu’ils rencontrent tous pourtant, en raison de cette baisse générale des subventions régionales, qui se combine à d’autres désengagements locaux, et à une hausse des coûts.

Le coût environnemental, au contraire, a occupé une place centrale dans les prises de parole. Chacun·e abordé les dispositions mises en place pour minimiser l’impact environnemental des festivals, qui nécessitent souvent une mutualisation des transports techniques, et une réflexion sur les déplacements du public. À ce sujet Michel Bissière, conseiller régional délégué à la vie artistique, a annoncé la création d’un pacte intitulé « Transition en scène » donnant des directives pour une meilleure soutenabilité des institutions signataires.

Durabilité

Tiago Rodrigues, le directeur du Festival d’Avignon (voir p 68 et 69) qui fête cette année ses 80 ans, s’interroge : « Comment exister encore dans 80 ans ? ». Le bouleversement climatique impacte particulièrement le Festival d’Avignon, qui subit les canicules de plein fouet, et a adapté ses horaires, en prévoyant une pause durant les heures les plus chaudes. Mais la question dépasse les enjeux environnementaux : il s’agit aussi de faire vivre l’héritage de la décentralisation initiée par Jean Vilar qui a installé le plus grand festival de théâtre dans la Cité des Papes. Mais « comment décentraliser au plus près quand on représente nous-mêmes une nouvelle centralisation ? ».

Cette question est au cœur du projet du Festival de Chaillol depuis 30 ans, comme l’explique son directeur Michaël Dian. Proposer l’excellence musicale dans les villages des Hautes Alpes est l’essence même de sa démarche qui « concerne » aujourd’hui « tous les habitants ». Une démarche à laquelle Les Rencontres d’Arles (voir p 42 et 43) travaillent aussi, en particulier étendant leurs expositions jusqu’en octobre : Aurélie de Lanlay, directrice adjointe du Festival, soulignait le succès de La rentrée en images, fréquentée par 4800 lycéens en 2025.

Car cette richesse tient aussi de la diversité des arts représentés dans ces festivals – malgré l’étonnante omission de la danse durant la conférence, le Festival de Marseille étant absent. Comme le souligne Hugo Lucchino, nouveau directeur de la Villa Noailles, le festival est « le seul en France à faire découvrir la création contemporaine dans les domaines de la mode, de l’architecture ».

Lyrique

La continuité que toustes appellent de leurs vœux prend des airs de résurrection pour les Chorégies d’Orange (voir p 84), représentées pour l’occasion par leur président Richard Galy, qui est également président de la Commission Rayonnement culturel de la Région. Cet été, explique l’édile, marque le début d’une restructuration du plus vieux festival de France, ce qui passe par un changement de statut et l’embauche d’un nouveau directeur artistique pour l’édition prochaine.

Nouveau directeur également, Ted Hufman confirme la démocratisation en cours du Festival d’Aix (voir p 26 et 29), avec Aix en juin, en entré libre, qui s’étoffe, et les programmes qui se sont ouverts au jazz et aux musiques de la Méditerranée.

Reste que pour le lyrique, les financements publics demeurent importants. Avec ses 11 millions de subventions, le Festival d’art lyrique est mieux doté que le Festival d’Avignon (moins de 8 millions pour le In et le Off) ou que les Rencontres d’Arles (moins de 4 millions). Alors même qu’il concerne moins de spectateurs et génère moins de retombées économiques pour le territoire, l’impérieuse nécessité de faire des économies ne remet pas en cause sa primauté.

L’opéra n’a pas de prix, mais les autres festivals sont tout aussi essentiels !

CHLOÉ et AGNÈS FRESCHEL

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Poussière d’étoiles, nos festivals

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Il est un discours discriminatoire qui court les présentations de festivals et les déclarations de politique culturelle. Il s’agirait, année après année, de « rajeunir les publics », voire de « dépoussiérer le théâtre » pour les autres. Lorsqu’un directeur de théâtre choisit pour « son » public des œuvres simplifiées et « dynamisées » pour « dépoussiérer » sa programmation, il renonce, de fait, à la pensée complexe. Celle d’Edgar Morin, centenaire qui donnait des leçons de jeunesse si souvent à Avignon. Qui expliquait si bien que se débarrasser des aspérités et des traces du temps, c’est céder à l’idée que le présent doit s’adapter à la vitesse imposée du monde, et interdire l’avenir en niant la mort.   

Le théâtre n’est pas un yaourt nature, un tweet, une distraction. Il peut construire des digues, imposer des arrêts, des catharsis, provoquer des entailles profondes. Il est puissant. Il n’existe que s’il bouleverse, que s’il change nos vies intimes et modifie le cours du monde. Quand je dis le théâtre, je veux dire tous les arts du partage, de la scène et des rues. Tout cela vibre ensemble, creuse, s’empoussière, salit, se détrempe de larmes, va chercher dans les replis de l’histoire, se nourrit de contradictions, d’émotions, de souvenirs, de douleurs. L’avenir ne se construit pas sans remuer la poussière, le théâtre non plus. Nos festivals.

Les festivals résistent

Aujourd’hui tous sont entrés en résistance. Leur existence est clairement menacée par la perspective du RN au pouvoir. Déjà, dans les communes qu’il gouverne, il annule, détruit, à Vauvert, Six-Fours… L’extrême droite s’empare aujourd’hui des manifestations culturelles pour parfaire sa fabrique de l’opinion, entamée dans les médias et les réseaux sociaux. Ceux-ci ont déjà imposé l’idée que les gens cultivés sont une « élite intellectuelle », pour mieux masquer le véritable élitisme, de classe. Les simplifications médiatiques ont déjà contaminé les discours publics, qui répètent qu’il faut économiser l’argent public dans une activité qui rapporte pourtant, en termes de retombées économiques, 6 fois son coût aux terres de festivals. Et en termes de retombées intimes, tant de joie, qu’ils combattent plus que tout, parce que le désespoir ranci est leur fonds de commerce, le terreau des replis identitaires.

Transgénérationnez ! 

Quant à la nécessité de rajeunissement du public, et aux commentaires sur les têtes grises majoritaires dans les festivals de classique, lyrique, jazz, danse et théâtre, ils deviennent insultants à force d’être répétés comme une évidence. Insultants pour les jeunes, qui seraient incapables d’ingérer autre chose que du look et des musiques actuelles qui font bouger les corps. Insultants pour les vieux et les vieilles qui ont le droit d’aller au théâtre et au concert sans s’y sentir indésirés. 

Les têtes grises (ou teintées) sont majoritaires dans le public parce qu’elles sont majoritaires dans la France adulte (+ de 18 ans), dont la moyenne d’âge avoisine les 50 ans. Ce qui est exactement l’âge moyen des spectateurs du Festival d’Avignon. On ne fabriquera pas le public de demain en culpabilisant celui d’aujourd’hui d’aimer le théâtre. 

Alors, festivalez, sans culpabilité, sans retenue, quel que soit votre âge. Sortez des schémas qu’on vous impose, allez voir ailleurs, plus profondément, soulevez la poussière. L’été des festivals commence. Il ne sera le dernier que si on les laisse faire. 

AGNÈS FRESCHEL


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Marsatac cultive la joie

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© ISIS MECHERAF

Du 12 au 14 juin, le festival prévoit une programmation à l’image de la scène musicale marseillaise, fidèle à une tradition du rap mais jamais à court d’idées pour se diversifier. Côté rap, beaucoup d’incontournables et de voix montantes : Niska, ElGrandeToto, La Mano 1.9, menace Santana, Juste Shani, La Rvfleuze, Meryl, Ino Casablanca ou encore disiz. Et trois représentants de la scène locale : Metah, rappeur originaire des quartiers Nord de Marseille aux textes forts et au flow précis ; et Diez qui enchaine les titres authentiques et énergétiques depuis les quartiers Sud. La troisième est l’artiste pluridisciplinaire Creamy G, reconnaissable par son style éclectique et ses textes intimistes que porte sa voix douce sur des fonds de RnB, rap et UK garage.

Dansons l’inclusion

En ce chaud weekend de juin, tenue de danse exigée : afrobeats, shatta, dancehall, afro-caribéen, neoperreo, bouyon et brasilian funk… en abondance. Meryl, le collectif Vybz All Stars et Bamby amènent les rythmes caribéens à la méditerranée, et le groupe P.L.L ceux de La Réunion. Et bien sûr, l’incontournable Théodora dite « Boss Lady » débarquera avec son style hyper varié et créolisé. Sur la scène Le Calage, reflet d’une vie nocturne de plus en plus inclusive à Marseille, ça va twerker avec le collectif Twerkistan et Wanda Witt portera le perreo inclusif de la collective queer Rakata [lire notre interview sur journalzebuline.fr]. Aux platines, il y aura notamment Feu Foulek, DJ du collectif lesboqueer La Fièvre, et Claude Emmanuelle, narratrice de récits sonores sur l’expérience queer. Le Calage se fera même cabaret pour Cagole Nomade, collectif bien ancré dans le Sud et connu pour ses shows participatifs et pluridisciplinaires. 

Cet espace inclusif, Marsatac le cultive. Un Dimanche à Marsatac incarne les valeurs du festival : concerts de restitution des jeunes de l’école Marsatac School, grand final d’une année d’initiation aux métiers du monde de la musique ; et La Récréation Solidaire, village associatif riche en activités de sensibilisation pour les grands et les petits. Une journée sous le signe de l’accessibilité, de l’inclusivité et de la réflexion collective.

PAULINE LIGHTBURNE

Marsatac
Du 12 au 14 juin
Parc Borely, Marseille

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Love story chez les routiers

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Du fioul dans les artères (C) Pan distribution

Salle comble à la Baleine ce lundi 8 juin pour assister à l’avant-première de Du Fioul dans les artères, sélectionné à la 65e Semaine de la critique et récompensé par le Prix Révélation de la Queer Palm. Présent dans le cadre de la reprise de la Semaine à Marseille, Pierre Le Gall a parlé de la genèse de son  premier long métrage, de ses recherches, du choix de ses acteurs, des difficultés de production et du tournage de ce film singulier, dont l’unique objectif était de « raconter une histoire d’amour toute simple. »

Etienne  est un routier dont la vie est rythmée par le travail, longs trajets, chargements, livraisons dans les entrepôts, pauses sur les aires d’autoroute douches dans les toilettes, repas dans la cabine de son camion bleu. Solitaire, concentré sur sa route, il s’accorde des moments de plaisir avec des amants de passage, le temps d’une éteinte furtive dans les bois ou les toilettes des stations service. Jusqu’au jour où sa rencontre avec un routier polonais, Bartosz (Julian Świeżewski) va tout changer. Un coup de foudre pour ce quadragénaire solitaire dont les seules attaches affectives étaient sa sœur et son neveu. Jusque là, il partageait, avec ses collègues chauffeurs, repas, pauses entre deux voyages, quelques coups de fil. Il se disait que son métier, épuisant, contraignant  l’empêchait,   en tant que routier homosexuel, de rencontrer l’amour. Désormais, Étienne ne pense qu’à une chose, retrouver  Bartosz et guetter son camion rouge Mais leurs routes ne se croisent pas toujours car son amour polonais, chauffeur international sillonne toute l’Europe alors qu’Etienne ne roule plus qu’en France et en Angleterre. Alors on se fait des appels vidéo, on se fixe des rendez vous, parfois on se trompe d’aire d’autoroute  et on risque sa vie pour se rejoindre, on se dispute, on se quitte pour se retrouver… peut –être plus tard….

« Le milieu routier est l’un des milieux ouvriers français où les gens travaillent encore avec beaucoup de passion et qui se transmet de génération en génération. J’aimais beaucoup l’idée de filmer un milieu ouvrier peu représenté au cinéma » confie le cinéaste qui s’est beaucoup documenté, qui a pris la route lui-même avec un ami routier pour « faire le film le plus haletant et excitant possible tout en restant le plus juste possible sur ce milieu. »

Un scenario bien ficelé coécrit avec Camille Perton et Martin Drouot. Des dialogues qui sonnent  juste. Le directeur de la photo Antoine Cormier a filmé avec beaucoup de soin, aussi bien les grands espaces où circulent les mastodontes de la route, les vastes entrepôts que les repas entre collègues, les scènes de sexe dans les bois ou les cabines des camions. Il a su saisir les moments de tendresse sur les visages des deux acteurs, tous deux excellents. Julian Świeżewski , acteur polonais de cinéma et de théâtre et Alexis Manenti  qu’on avait beaucoup aimé dans Le Mohican  (https://journalzebuline.fr/le-mohican-quand-un-berger-dit-non/) dont on retrouve ici  le coté taiseux, déterminé, sensible, s’ouvrant à l’amour.

Un film réussi, touchant  qu’il ne faudra pas louper au moment de sa sortie en salle le 2 décembre 2026

Annie Gava

Un festival qui a fait parler de lui

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Elise sous emprise © KMBO

« En 2026, il est inadmissible de mettre à l’honneur un agresseur sexuel présumé. Nous exigeons son retrait immédiat »

 Dans une lettre ouverte, des citoyen.ne.s et militant.e.s de la Collective Féministe de La Ciotat, s’insurgeaient à juste titre du choix de Gérard Darmon comme Président du Jury de la 43e édition du Festival du 1er film Berceau du Cinéma de La Ciotat. Après plusieurs tergiversations, les responsables ont annoncé « le désistement de l’acteur pour préserver la sérénité de la manifestation ». Il est vrai que l’image de marque du festival risquait d’être bien écornée ! C’est Jean-Pierre Améris qui le remplace. Au lieu de son dernier film, Aimons-nous vivants, dans lequel joue Gérard Darmon, sera projeté Marie-Line et son juge avec Michel Blanc et Louane Emera. Le Jury aura à choisir entre les 10 films en compétition. 

Les films en lice

Dans La Poupée de Sophie Beaulieu, celle en latex de Rémi devient femme de chair et de sang et s’invite dans sa vie professionnelle…Un beau casting pour cette comédie avec Vincent Macaigne, Cécile de France… En présence de la réalisatrice le 10 à 19h30

Le lendemain à 14h30, Caroline Vigneaux et sa productrice Pauline Coclin présenteront Flashback, un voyage dans le temps où l’on croise Jeanne d’Arc, Olympe de Gouges, George Sand ou Marie Curie. Dans Muganga, Marie-Hélène Roux met en lumière le docteur congolais Denis Mukwege, récompensé qui a soigné des milliers de femmes victimes de mutilations génitales dans son pays. Elle parlera de son film à 17h et à 20h30, Marie Rémond présente Elise sous emprise, une comédie autobiographique qui évoque le sujet de la dépression.

Le graphiste et illustrateur, Zaven Najjar a adapté Allah n’est pas obligé, le roman d’Ahmadou Kourouma, qui avait mis en lumière la tragédie vécue par les enfants-soldats au cours des guerres civiles au Libéria et en Sierra Leone, à partir des années 80. Zaven Najjar sera là pour nous parler de son film d’animation 12 à 14h30. A 17h, ce sera le documentaire de Thomas Ellis, Tout va bien, tourné à Marseille, qui déplace notre regard sur les sur les MNA (Mineurs Non Accompagnés) et fait chaud au cœur (https://journalzebuline.fr/tout-va-bien/) en présence du directeur de la photo, Bastian Esser et l’ingénieur du son Sébastien Pont. Dans la chronique familiale, pleine d’émotion, Sauvons les meubles (https://journalzebuline.fr/sauver-les-meubles/ Catherine Cosme dénonce le système bancaire qui enfonce toujours un peu plus les personnes fragiles et en difficulté. La réalisatrice et la comédienne Guilaine Londez seront présentes le 20h30

L’auteur de BD Jim brosse le portrait d’une famille dysfonctionnelle dans Belle enfant et sera là en compagnie de la comédienne Cybèle Villemagne, le 13 à 14h30. Suivi à 17h par Les Filles du cielen présence de la réalisatrice Bérangère McNeese et de la comédienne Héloïse Volle : Héloïse, 15 ans, après avoir fugué de son foyer pour mineurs., rejoint un trio de filles qui l’accueillent dans la chaleur du « ciel » au dernier étage de leur immeuble. Pour finir la journée du samedi, un thriller social sur les mécanismes de la grande distribution,La Guerre des prix,en présence du réalisateur, Anthony Déchaux et du comédien Yannick Choirat

Pour le programme complet : https://www.laciotatberceauducinema.com/

Annie Gava

Elise sous emprise © KMBO

FORTissimo

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© Ghizlane Laala

À Toulon, le festival FORTissimo investit les forts de la rade pour une programmation mêlant jazz, musique de chambre et spectacle orchestral. Concerts, balades musicales, visites patrimoniales et moments de partage rythment cette nouvelle édition où le cadre devient une scène à part entière. Le 18 juin, le port de Toulon se transforme en « afterwork » avec une promenade dans la rade ponctuée d’interludes musicaux aux pieds des forts, portés par Clément Jouvenot au trombone et Gabriel Daumas-Raoux à l’euphonium. Le 20 juin sous la direction de Pierre Meliz, Le Faron célèbre la musique avec un concert de cuivres du Conservatoire TPM. Enfin, au fort de l’Eguillette, l’Ensemble de Jazz de la Musique de la Marine Nationale en quintet, interprètera des grands standards mais aussi de compositions originales (23 juin). FORTissimo ne fait que commencer et se poursuivra jusqu’à la toute fin de l’été.

 C.L.
30 mai au 20 septembre
Divers lieux
, Toulon et alentours
Un article complet est à lire dans notre magazine à paraître ce 12 juin.

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Les escapades

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ALA.NI © X-DR

Avec Les Escapades, le Théâtre Durance offre une série de concerts gratuits, inclusifs et ouverts sur le monde. Du 18 au 20 juin, huit groupes investissent le plateau des Lauzières afin de faire voyager le public sans même quitter la ville. Entre les concerts, le Buffet Sonore et sa caravane rouge accompagneront les festivités. Au programme : funk, afro, électro, folk et rock. La chanteuse ALA.NI. ouvrira le bal, avec ses influences soul suivie par Mélissa Laveaux, et sa pop folk aux sonorités haïtiennes. Habituée aux explorations post-numériques, OTTiLiE [B] se produira dans une formule plus acoustique, tandis qu’Atomic Ping Pong et la DJ franco-algérienne La Louuve feront danser le public au son du raï, du gnawa et de l’électro. Enfin, le groupe franco-syrien aux textes engagés Sarāb et le quatuor féminin Friedberg clôtureront cette édition éclectique et festive.

C.L.
18 au 20 juin
Théâtre Durance
, Scène national de Château-Arnoux-Saint-Auban
Un article complet est à lire dans notre magazine à paraître ce 12 juin.

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