lundi 27 avril 2026
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Le Var : une expérience plastique

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© M.V

La nouvelle exposition de la Villa Théo, en proposant des tableaux de différentes époques parcourant la variété des paysages varois, invite le visiteur à considérer à la fois la singularité des œuvres et leur appartenance à une même histoire picturale localisée.

À l’entrée de l’exposition ont été placées une dizaine d’œuvres de la fin du XIXᵉ siècle et du début du XXe, signées de quelques représentants du néo-impressionnisme et du fauvisme : Henri-Edmond Cross, Maximilien Luce, Henri Manguin, Louis Valtat, Charles Camoin ou encore Théo Van Rysselberghe lui-même, dont la Villa, qui porte son prénom, célèbre cette année le centenaire de la disparition.

Des œuvres montrant notamment comment la lumière varoise a été traduite sur la toile par des touches de couleurs pointillistes, divisionnistes. Par exemple Cross avec Retour de baignade, Van Rysselberghe avec Les anthémis en fleurs ou Valtat avec Nocturne (Effet de lune) fragmentent la touche, cherchant à restituer la vibration lumineuse propre au littoral méditerranéen.

D’autres, comme Maximilien Luce avec ses rouges, ses violets et ses verts puissants dans Coup de vent à Saint-Clair, montrent une émotion chromatique plus directe, avec des aplats francs, des contours simplifiés et une palette saturée. L’affirmation d’une subjectivité picturale, que l’on retrouve dans la plupart des œuvres contemporaines exposées dans la grande salle.

Contrastes et voisinages

La nature varoise, dans les tableaux des artistes contemporains présentés, est explorée comme un champ formel, expressif, frôlant parfois l’abstraction. Notamment chez Caroline Vicquenault avec son monumental Dans le Verdon, Solange Triger avec Lys des sables, Presqu’île de Giens ou Jean-Pierre Maltèse, avec Harmonie jaune, orange et vert : des toiles où la couleur s’émancipe du strict motif paysager, explorant les rapports entre surface, matière et lumière.

D’autres, tels que Patrice Giorda avec La Chapelle Saint-Clair, Marie Astoin avec Retour de pêche ou Bertrand de Miollis avec Le premier bain, mettent plutôt l’accent sur la matérialité de la peinture : leurs œuvres se caractérisent par des empâtements, des superpositions et un travail du geste pouvant évoquer une certaine rugosité du territoire varois. La couleur y est parfois assombrie, parfois étouffée par la matière.

Une exposition en forme de jeux de contrastes et de voisinages entre l’historique et le contemporain, entre la mémoire locale et l’universel de la couleur.

MARC VOIRY

Couleurs du Var

Jusqu’au 30 mai

Villa Théo, Le Lavandou

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Les lâchés de l’Histoire

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Sophie Boutière-Damahi © A.-M.T.

Zébuline : Votre roman croise la destruction du quartier Saint-Jean à Marseille par les nazis en 1943 et la fermeture des chantiers navals de La Ciotat dans les années 1980. Comment vous êtes-vous emparée de ces deux histoires ?

Sophie Boutière-Damahi : Il y a quelques années, j’étais tombée sur un documentaire concernant l’opération Sultan, celle qui a entraîné la destruction du Panier par les nazis en 1943. J’ai été frappée par le fait que cet épisode n’ait jamais été traité de manière romanesque, et à peine journalistiquement. Sans doute parce que les victimes, -beaucoup d’immigrés italiens-, puis leurs descendants, n’avaient pas réussi à qualifier, à mettre des mots sur ce qui leur était arrivé. Socialement, ils se sentaient invisibles. Et puis, j’étais touchée par l’histoire des chantiers navals de La Ciotat, ce monde ouvrier et syndical des années 1980 qui s’effondre lui aussi. Deux violences d’État, deux destructions : un quartier, un bassin de vie entier. J’ai senti que ces deux histoires résonnaient profondément l’une avec l’autre.

Mais ce n’est pas là que le livre a commencé

Non. J’ai commencé à écrire trois mois après le décès de ma mère, qui était d’origine marocaine et avait connu l’exil, ce sentiment d’être une Française « à moitié ». Le deuil est une forme d’exil, et j’avais besoin d’écrire sur un monde confronté à la perte. J’ai voulu faire résonner ces deuils, ces déchirures, et c’est ainsi que l’histoire s’est déployée. L’Italie m’a toujours intéressée. J’ai ressenti le besoin que mes personnages en soient originaires.

C’est la jeune Tania, la narratrice, qui enquête sur sa propre famille. Que cherche-t-elle ?

Son frère Sacha a fui car il refuse de rejoindre le combat de leur père Marius, syndicaliste qui lutte pour sauver les chantiers. Cette fuite fait écho à celle du grand-oncle Arturo, disparu pendant la guerre, officiellement pour entrer en Résistance. L’idée centrale du livre, c’est la reproduction des silences familiaux et des fractures collectives : ces gens ont été lâchés une première fois en 1943, dans le Panier, une seconde fois à la fermeture des chantiers. Face à chaque violence, certains fuient, d’autres résistent. Marius n’est pas un héros, seulement un résistant ordinaire comme le fut, durant la guerre, son père Bartoloméo. Arturo, lui, demi-frère de ce dernier tourne le dos à ses origines italiennes pour s’intégrer. Il devient pétainiste, antisémite, prétend entrer en Résistance. Insaisissable, plein de zones d’ombre. Quant aux femmes du roman, elles subissent une vie de violence normalisée, acceptée. En revisitant cette histoire, Tania, d’abord simple observatrice, va trouver sa place et peut s’affranchir.

Votre langue est belle, classique, les lieux y sont de véritables personnages. Quelles sont vos influences ?

Jorge Semprun, que j’ai beaucoup lu pendant l’écriture. Mon premier choc littéraire fut Les Raisins de la colère de Steinbeck, pour ses dialogues au plus près du réel. Malaparte aussi, avec La Peau et cette façon de mettre Naples en mouvement, de faire d’un lieu un corps vivant. Et Elsa Morante. J’aime que les lieux soient de véritables personnages. Cela demande un grand travail d’écriture, mais c’est là que tout se joue.

Propos recueillis par ANNE-MARIE THOMAZEAU

La Part des vivants

Sophie Boutière-Damahi

Le Bruit du Monde, 21 €

Une histoire humaine acrobate

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Zébuline. Pour Ostinato, comment s’est organisé le travail entre les acrobates, les musiciens, le metteur en scène, la scénographie ?

Jean-François Pyka. Il y a 13 artistes sur la piste, neuf acrobates, trois musiciens et une acrobate-musicienne. Le point de départ du travail, c’est avant tout l’acrobatie, parce que c’est très chronophage d’arriver à un objectif acrobatique. Puis très rapidement les musiciens composent en même temps qu’on essaye des scènes. Et ensuite le metteur en scène Alexandre Markov, qu’on a sollicité pour ce spectacle, qui vient du théâtre et des arts de la rue, a commencé à former des tableaux, à intégrer les musiciens dans l’action, ce qui est très important pour nous. Tout ça a pris aussi beaucoup de temps. On a mis un an à créer Ostinato, dont 6 mois au plateau.

Ostinato renvoie à une idée musicale de répétition et d’insistance. Comment cette notion est-elle arrivée ?

On avait envie de raconter une histoire toute simple, universelle, pour embarquer le public : l’histoire de l’humanité, en une heure de temps, de la préhistoire jusqu’à la conquête de la Lune. Qu’est-ce que qu’est-ce que ça raconte de l’humanité de vouloir toujours aller plus loin, toujours aller plus haut ? Ostinato, c’est la traduction de l’italien, obstiné, obstinément. Et c’est aussi effectivement une forme musicale répétitive, qui varie très légèrement.

Cette notion de répétition s’applique aussi dans les acrobaties du spectacle ?

Il y a effectivement une histoire de répétition, une idée de boucle qui revient. C’est en gros la même histoire racontée à une époque différente. On revoit les mêmes personnages, mais dans une ère différente, et ça crée des décalages très drôles. C’est une espèce de traveling permanent, où on court après la montre, on court après le temps, dans une forme très acrobatique, très musicale, très cirque. On ne s’attarde pas à raconter un épisode en particulier, le public est embarqué dans une folle histoire, absurde, avec vraiment cette notion de temps qui déroule.

Qu’en est-il de la scénographie ?

Je ne vais pas tout dévoiler, mais il y a chez Akoréacro, pour chaque création, une envie d’aller encore plus loin dans le challenge acrobatique. Donc ça passe par des agrès, et sur Ostinato, l’agrès fait décor, fait scénographie, en évoluant tout au long du spectacle, avec des utilisations différentes, selon les époques. Un agrès qui va amener une acrobatie toujours plus haute, toujours plus spectaculaire. Ça commence au sol et ça finit dans les airs, dans un décor mouvant en permanence.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MARC VOIRY

Ostinato

Du 13 au 15 mars

puis du 20 au 22 mars

Chapiteaux de la mer, La Seyne-sur-mer
Une proposition du Pôle - Arts en circulation

Ce qu’il reste de nous : Miroir d’un peuple

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Ce qu'il reste de nous (C) Nour films

Deux adolescents  jouent à se poursuivre  dans les rues dune ville et se retrouvent dans une manifestation. On est en Cisjordanie occupée, en 1988. Affrontements, tirs. L’un des deux, Noor (Muhammad Abed Elrahman)  est à terre. En gros plan, regard caméra, une femme, visage ravagé : « Vous devez vous demander ce qu’on fait là. Vous ne savez pas grand-chose de nous. Ce n’est pas grave ! Je ne vous fis pas de reproches. Je voudrais vous raconter qui est mon fils. Mais pour bien comprendre, vous devez savoir ce qui est arrivé à son grand –père. » C’est ainsi que commence Ce qu’il reste de nous,  le nouveau film de Cherien Dabis, inspiré par son histoire familiale qui est aussi celle du peuple palestinien

En 1948, Salim, une dizaine d’années, vit à Jaffa, Palestine, avec sa famille dans une maison cossue où il fait bon vivre. Salim adore jouer avec son père qui lui apprend des poèmes. Mais des bombardements se rapprochent et le nord de Jaffa est évacué. Rester ou partir ? La décision est prise : la mère, Munira, (Maria Zreik ) partira avec les enfants, comme des milliers d’autres Palestiniens. Un exode massif. L’état d’Israël est fondé et Jaffa est sous contrôle du nouvel état. L’orangeraie est confisquée, le père arrêté, frappé, envoyé dans un camp de travaux forcés.

1978 : la famille vit dans un camp de réfugiés, en Cisjordanie occupée. Salim est instituteur ; son père fait des crises de somnambulisme, a des problèmes cardiaques, et son fils Noor, lui reproche d’être lâche. Car lors d’un contrôle, braqué par des soldats israéliens qui l’ont mis à terre, insulté, il n’a pas réagi, craignant qu’ils ne s’en prennent  à son fils. Une  scène d’humiliation bouleversante où Noor se rend compte  que son père, son héros, ne peut pas le protéger.

1988, on se retrouve en pleine intifada : Noor est gravement blessé…et des choix vont s’imposer à Salim et sa femme, Hanan…

C’est à travers cette saga en trois époques auxquelles s’ajoute un épilogue en 2022, que Cherien Dabis nous raconte, au-delà de l’histoire de cette famille , le drame de tout un peuple. « Je voulais faire un film qui soit une lettre d’amour à mon peuple. Pour la première fois, on voit une famille palestinienne endurer ce qui nous est arrivé depuis 1948. ».

C’est Mohammad  Bakri, acteur et cinéaste palestinien, disparu fin 2025,  qui  incarne Sharif en 1978.  son fils Adam Bakri interprète Sharif en 1948. Un autre fils, Saleh Bakri joue le rôle de Salim : quant à Cherien Dabis, elle incarne Hanan,  la mère de Noor. Un casting familial qui renforce le côté personnel et intime de ce film qui interroge aussi la relation entre le grand-père, le père et le fils. 

Dans une mise en scène classique, ce film qui évoque 70 ans d’Histoire, à travers un regard palestinien est un film nécessaire, que beaucoup devraient voir.

Annie Gava

Ce qu’il reste de nous sort en salles le 11 mars

LITTLE TROUBLE GIRLS : De voix et de chair

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C’est d’abord, avant toute image, un écran noir et une respiration off qui connecte une voix à des corps. Ceux des jeunes filles de la chorale d’un lycée catholique. Puis la représentation stylisée en gros plan d’une blessure du Christ, tirée d’un livre de prières du XIVè siècle, semblable à une vulve géante, comme une origine du monde anticipée et involontaire. Avant de glisser sur des lèvres des choristes et une prière chuchotée. Le film annonce d’emblée ses thèmes et sa grammaire : le chant comme une élévation spirituelle venue du plus profond du corps, l’opposition et la continuité, la métaphore à filer, le resserrement du cadre qui dirige notre regard de spectateur et celui de la protagoniste.

Elle, c’est Lucia (Jara Sofija Ostan) aussi lumineuse que son prénom, visage de Madone qui ne laisse guère exulter les émotions Issue d’une famille religieuse dont deux scènes suffiront à faire comprendre l’étroitesse de vue. Réservée, introvertie, taciturne, 16 ans, pas encore réglée, Julia vient d’intégrer la chorale scolaire dirigée par un homme. Elle se lie avec Ana Maria (Mina Svager) extravertie, effrontée, facétieuse, populaire. Un double inversé de Julia. Un stage intensif de préparation à un concert isolera le groupe pour trois jours et trois nuits dans un couvent loin de la ville. Dans ce lieu circonscrit, en ce temps limité, peut s’opérer le basculement initiatique de Julia vers une prise de conscience de son corps et de ses désirs.

Depuis les fenêtres, dans l’entrebâillement d’une porte, du haut d’un pont, cachée derrière les arbres. Julia regarde. Le corps d’Ana Maria, le grain de beauté près de son nombril, le visage de pierre de la Vierge, un chat, un olivier, les maçons, le corps nu de l’un d’eux sortant de la rivière -un virgin gaze qui fleure le péché et génère la honte.

Un travail choral

Le cloître est en chantier, une échelle a cassé la main de la statue de la Vierge, il fait chaud et les instincts naturels de Julia contredisent la morale apprise. Les fleurs géantes envahissent les plans, tels des tableaux de Georgia O’Keeffe. Entre filles, on parle « librement » de sexe mais en riant et en chuchotant ? On fanfaronne un peu, on joue au jeu vérité/action et plus profondément au jeu trouble des désirs inconscients, inavoués. Julia est toujours un peu absente. Trouver sa voix-voie dans le groupe. Écrire sa propre partition intérieure. Contre les tabous et les injonctions. La jeune fille n’est pas une rebelle mais il ne faut pas se fier à sa douceur : elle ne mangera plus de raisins verts amers pour expier ses « péchés » : la dernière séquence nous la montrera dégustant des grains bien rouges qu’on devine bien doux.

Si la réalisatrice suit les règles du genre du film d’apprentissage, elle y apporte une touche originale et beaucoup de « tendresse » dira-t-elle. Son chef opérateur Lev Predan Kowarski excelle à enluminer les plans, et le travail choral est parfaitement restitué. Peu à peu, on partage le vertige de Lucia au bord des parapets de sa jeune vie. Les symboles peuvent paraître parfois un peu appuyés, mais ils sont l’occasion de scènes très belles à l’instar de celle où les Religieuses chantent une ancienne prière italienne dans une grotte et sous une cascade.

Après La Vie sexuelle de Mamie, un court-métrage très remarqué, Urška Djukićlivre avec Little Trouble Girl – dont le titre est celui d’un morceau de Sonic Youth, un premier film très prometteur.

ELISE PADOVANI

Little Trouble Girls de Urška Djukić

Prix FIPRESCI Berlin 2025

En salle le 11 mars

Salon en résistance

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Dites-lui-que-je-laime-de-Romane-Bohringer

Pour la 36eme année, Salon va vivre au rythme du cinéma En effet, Les Rencontres Cinématographiques reviennent du 13 au 22 mars 2026,  nous proposant une soixantaine de films, fictions et documentaires, dont 19 avant -premières, venus d’une quarantaine de pays. L’occasion aussi de dialoguer avec des cinéastes, d’assister à des conférences, de voyager au cœur du cinéma d’Art et d’Essai.

Cette année, s’ajoute à la thématique habituelle de la résistance et du soutien des peuples et des minorités en lutte, le thème très intime et universel de la filiation : les liens familiaux et affectifs, le désir d’émancipation de femmes et d’ hommes du bout du monde. Comme La Ola de Sébastián Lelio soutenu par le collectif Salon Féministe, Anna (https://journalzebuline.fr/anna-lindomptee-2/)  de Marco Amenta, le portrait  d’une femme, sauvage, viscéralement attachée à sa terre qui s’engage dans une lutte totale, projection accompagnée par le Festival Terre & Avenir.  Le documentaire Résister pour la Paix d’Hanna Assouline et Sonia Terrab, mettant en avant Palestiniens et Israéliens qui résistent à la colère et à la peur,  est soutenu par Les Guerrières de la Paix en présence de sa Fondatrice-Présidente Hanna Assouline.  Autres documentaires à ne pas rater Tout va bien (https://journalzebuline.fr/tout-va-bien/ ) de Thomas Ellis et Retour au collège d’Antoine Fromental qui parle de bienveillance et réhabilite l’institution scolaire. Sans oublier le bouleversant La Voix de Hind Rajab (https://journalzebuline.fr/comment-reconstituer-lindicible/ ) de Kaouther Ben Hania, soutenu par l’Association France Palestine Solidarité de Salon-de-Provence.

Coup de cœur pour le cinéma belge

En ouverture en présence de la réalisatrice, Cato Kusters,Julian ; l’histoire de deux femmes amoureuses qui décident de se marier dans les 22 pays où leur union peut être reconnue. On pourra voir aussi le beau film d’Alexe Poukine,Kika (https://journalzebuline.fr/kika-dominer-sa-vie-dominer-sa-peine/ ), La Danse des renards de Valéry Carnoy, L’Été de Jahia  d’Olivier Meys , l’histoire d’amitié de deux adolescentes dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile ou encore On vous croit (https://journalzebuline.fr/music-cinema-on-vous-croit- de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys.

Zoom sur le cinéma tchèque

L’occasion de découvrir Caravane,  un film intime inspiré à Zuzana Kirchnerová-Spidlova par son expérience maternelle et Perla d’Alexandra Makarová, un portrait de femme hantée par un passé et un avenir impossible.

Il y aura aussi, en présence du réalisateur Lawrence Valin, Little Jaffna, (https://journalzebuline.fr/des-tigres-a-paris/,  entre polar et western urbain sur la double culture française et tamoul ainsi que le beau film du cinéaste turc, Ferzan Özpetek, Diamanti (https://journalzebuline.fr/diamanti-habilleuses-de-reves/

Sans oublier l’émouvant  Dites lui que je l’aime, adapté du récit de Clémentine Autain en présence se la réalisatrice Romane Bohringer ainsi que Calle Malaga (https://journalzebuline.fr/cinemed-rue-malaga/) de Maryam Touzani un film qui fait chaud au cœur.

 Pour clôturer cette riche programmation dont on aimerait citer tous les films, une comédie, C’est quoi l’amour ?que présentera son réalisateur Fabien Gorgeart,  accompagné d’un de ses acteurs, sympathique  Lyes Salem.

Pour avoir le programme complet (et ça vaut le coup !), https://www.rencontres-cinesalon.org/

Annie Gava

Audiovisuel public : La télé, un bien commun ? 

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Depuis juillet 2025, la commission culture du PCF, présidée par Pierre Dharréville, initie des rencontres sur « l’état d’urgence culturel » et Pierre Laurent, responsable du collectif médias de cette commission, a organisé ces tables rondes qui ont fit le point sur les menaces et attaques, mais aussi rappelé l’histoire riche et fascinante de l’audiovisuel français.

Informer, cultiver divertir sont les trois missions de l’audiovisuel public. Si les restrictions imposées à la création audiovisuelle sont inquiétantes (voir encadré I-a ci-dessous), celles sur l’information mettent en danger la démocratie, a magistralement rappelé Dominique Pradalié, présidente de la Fédération Internationale des Journalistes, et ancienne secrétaire générale du Syndicat National des Journalistes (SNJ). Or France Télévision ne dispose plus de moyens suffisants pour produire une information vérifiée et pertinente. Elle constate que les médias privés ne respectent pas leur obligation de pluralisme interne (voir encadré II-a ci-dessous), que l’Arcom (ex-CSA) ne joue pas son rôle de régulateur, et que le ministère exempte les chaînes privées de cette obligation, pourtant inscrite dans les lois de l’audiovisuel. 

I-a : Impact sur la création
France Télévisions est le premier financeur de la création audiovisuelle, et un important financeur du cinéma français et européen. Les 80 millions d’économie qui devront s’opérer en 2026 impacteront directement les œuvres et leurs auteurs, en particulier les créations régionales, les documentaires et magazines, et les œuvres de fiction : il est d’ores et déjà prévu 80 épisodes de fiction en moins. Quant au cinéma, la baisse de financement de France Télévisions va le toucher gravement : il devra éponger 10 millions en moins (sur 80 que France Télévisions consacre chaque année au cinéma), avec un financement qui cible le cinéma indépendant, préfinance au moins 60 films par an. Bien loin du financement de Canal+ et Bolloré. A.F.

Pauline Amiel, directrice de l’EJCAM (école de journalisme et de communication d’Aix Marseille) expose avec brio les cadres législatifs mais aussi l’histoire des journalistes de l’audiovisuel, et rappelle l’importance des antennes régionales et locales « qui sont les premières à disparaître alors qu’elles sont nécessaires à l’égalité territoriale et à la démocratie locale ».

II-a : Pluralisme externe, pluralisme interne
Les décisions du Conseil constitutionnel de septembre 1986, relatives à la liberté de communication, fondent et fixent la notion de « pluralisme » de la presse : hors audiovisuel, une autorité de régulation publique doit veiller au « pluralisme externe », c’est à dire à « la présence d’une diversité d’acteurs médiatiques sur le marché représentant des lignes éditoriales variées et qui ont des propriétaires différents ». La concentration actuelle des propriétaires de presse contredit manifestement ce pluralisme. Quant au « pluralisme interne », il est réservé aux médias audiovisuels. Il ne s’agit pas pour eux, publics ou privés, d’être neutre vis à vis de l’information, mais chaque média audiovisuel doit « respecter l'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion dans les programmes, en particulier pour les émissions d'information politique et générale. » Y compris Cnews, que l’Arcom pourtant ne sanctionne pas, malgré l’enquête menée par Reporters sans frontières. Arnaud Froger, responsable du bureau investigation dénonce des « rattrapages nocturnes des temps de parole, traitement univoque des sujets controversés, couverture abondante d’une poignée de sujets[...] CNews est la seule chaîne à s’éloigner autant des critères établis par l’Arcom pour faire respecter le pluralisme à l’antenne. Ce grand contournement de la loi et des règles fixées s’opère en toute impunité. » Or les radios et chaînes privées sont soumises aux mêmes obligations de « pluralisme interne » que l’audiovisuel public, contrairement à ce qu’a dit Delphine Ernotte, présidente de Fance Télévisions qui estime que l’audiovisuel privé peuvent être des « médas d’opinion ». A.F.

Pas de gabegie, des records d’audience

Dominique Pradalié enchaîne et décrit « ce qui s’apparente à une mise à mort en cours depuis des années », « depuis le démantèlement de l’ORTF », la disparition de la redevance « qui permettait d’ assurer un budget plancher et une indépendance vis à vis du pouvoir en place », la « publicité prohibée après 20 h » qui a entraîné une perte de recettes considérable au profit des chaînes privées, la fin des JT de nuit et des décrochages régionaux, ainsi que des « services » (social, international, culture, santé…) qui garantissaient une « information informée et de qualité ».

Ces attaques successives « sous prétexte de gabegie », Pierre Mouchel (CGT France TV) les souligne également, expliquant qu’en 2026 France TV, qui doit économiser 80 millions supplémentaires, ne peut que basculer ans la crise budgétaire ouverte. « L’audiovisuel public français est économe, il coûte 4,3 milliards aux Français, alors que l’audiovisuel allemand coûte plus de 10 milliards… »Il souligne aussi, comme tous les intervenants, les records d’audience de France TV et Radio France, « malgré les décisions hâtives sur les grilles de la direction, parce que le personnel tient bon ». 

Gouvernement marâtre

Car, le martèlera ensuite Sylvie Robert, vice-présidente du Sénat (PS) et membre de sa commission culture, le procès fait à l’audiovisuel public par Rachida Dati relève d’une campagne de dénigrement. « Le gouvernement ne soutient pas l’audiovisuel public, alors qu’il en est la tutelle ». La sénatrice rappelle que depuis le 20 mai 2025 le règlement européen sur la liberté des médias oblige les États membres à financer l’audiovisuel public (voir encadré III-a ci-dessous). 

III-a : L’Europe et la redevance
Le Media Freedom Act adopté par l'Union européenne, est d'application directe en France. Son article 5 dispose que :
« Les États membres veillent à ce que les procédures de financement des fournisseurs de médias de service public soient fondées sur des critères transparents et objectifs préalablement établis. Ces procédures de financement garantissent que les fournisseurs de médias de service public disposent de ressources financières suffisantes, durables et prévisibles correspondant à l'accomplissement de leur mission de service public et leur permettant de se développer dans le cadre de celle-ci. Ces ressources financières sont de nature à permettre que l'indépendance éditoriale des fournisseurs de médias de service public est préservée. »
Pour garantir des ressources financières « suffisantes, durables et prévisibles » Sylvie Robert préconise « le rétablissement de la redevance», outil « socialement juste et fiscalement efficace ». La généralisation de la redevance télé à une redevance « écran » diffusant l’audiovisuel, est également discutée. A.F.

Mais pour quel audiovisuel public ? Daniel Schneidermann, créateur d’Arrêts sur Images souligne avec humour le paradoxe de sa présence à ces tables rondes : « J’ai été viré par Patrick de Carolis et j’ai dû externaliser la critique interne… L’audiovisuel public a renoncé à l’enquête, à la critique des médias ». L’Arcoma déclaré le 28 novembre 2025 qu’ « il n’y a pas d’atteinte au pluralisme sur CNews » et la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les médias « a importé le maccarthysme dans les murs de la république ». 

Un bilan pessimiste ? Rachida Dati n’est plus ministre, sa loi sur l’audiovisuel n’a pas été votée, mais France TV, Radio France et l’INA, privés de redevance et de recettes publicitaires, doivent répercuter 86 millions de réductions, dont 80 millions pour la seule France Télévisions. Vous feriez comment ? 

Agnès Freschel


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Un monde à découvrir

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Sylvia Vaudano (C) A.G.

Sylvia Vaudano, directrice des Films du Delta, présente la 15e édition du festival nouv.o.monde  du 09 au 15 mars 2026

Zebuline : Nous faire écouter les battements du monde, nous faire découvrir de nouveaux cinéastes,  c’est toujours la ligne artistique des Films du Delta ?

Sylvia Vaudano : Toujours. Plus que jamais parce que le cinéma ne se porte pas si mal que cela. On a encore plein de pépites et de jeunes cinéastes à faire découvrir.

On a remarqué que dans les festivals en ce moment, il y avait beaucoup de films autour des liens familiaux, des racines. Est-ce le cas pour  cette 15e édition de nouv.o.monde?

Incroyable ! Vous avez remarqué cela ! C’est le constat de la ligne de cette année. On ne cherche pas à illustrer une thématique mais il s’en dégage une avec le choix de nos films. Cette année il y a deux choses fortes, la famille dont parfois on doit s’émanciper, où parfois on peut se ressourcer. Et la place des femmes.

Combien de films présenterez –vous ? Et de quels pays ?

Nous avons 15 séances : 12 longs métrages et 6 courts venus d’une douzaine de pays ; Turquie, Allemagne, France, Inde, USA, Macédoine, Tunisie, Espagne, Afrique du Sud, Ukraine, Angleterre et Russie

Vous avez programmé deux films qui étaient en compétition à la dernière Berlinale, A voix basse de Leila Bouzid et Yellow letters de  İlker Çatak qui vient de remporter l’Ours d’Or. Qu’est ce qui vous a plu et intéressé dans ces films ?

Il y en un 3e qui avait été en compétition à la Berlinale l’an dernier, La Gifle de Frédéric Hambalek que nous présentons en avant –première. Ces films nous ont plu par  leur thématique et un point de vue original. C’est ce qu’on recherche : savoir où le réalisateur pose sa caméra : un dispositif cinématographique original.

Vous avez toujours à cœur de permettre au public de dialoguer autour des films. Quels seront les cinéastes invités cette année ?

On aura trois cinéastes présents Frédéric Hambalek avec le film La Gifle qui nous a vraiment séduit par l’originalité du propos et par le genre hybride entre drame et humour. Un mélange intelligent qui sert vraiment le propos . Il y aura aussi les  réalisateurs de deux des courts métrages qui « regardent le monde autrement » :Chryssa Florou pour Des doigts en or et Solal Bouloudnine pour Veuillez patienter. On a eu envie de faire un éclairage sur la comédie. Comment on traite un sujet sociétal en comédie. Les deux viennent du One man show. Ce sont des comédiens du spectacle vivant qui se sont mis au cinéma. Ce sera une belle rencontre.

Nouv.o.monde se passe à la salle Emilien Ventre de Rousset mais aussi à Aix au Mazarin ..

A Mazarin, le 10  mars il y aura Yellow Letters en avant-première, le nouveau film du réalisateur de La Salle des profs. Une séance en partenariat avec Sciences Po Aix. Ainsi qu’ une séance en partenariat avec Aix-Marseille Université le 9 mars où on reçoit Leïa Haïchour, une jeune actrice du film de Princia Car, Les Filles  désir. (https://journalzebuline.fr/vierge-ou-putain/) Une master class autour de la direction d’acteur

Bien entendu vous appréciez tous les films que vous allez faire découvrir. Mais, vous Sylvia quel est votre coup de cœur 

J’ai eu grand coup de cœur pour Le Garçon qui faisait danser les collines de Georgi M. Unkovski . Un film de république tchèque et Macédoine. Un film très léger, plein de souffle pour parler de l’émancipation de la jeunesse. On suit deux ados à travers l’art, la danse et la musique. Un très beau sujet traité avec beaucoup d’humour. De la fantaisie dans la mise en scène. Jubilatoire ! Un film qui fait pense à Kusturica, plein de poésie. Un film où on passe des larmes au rire. Un réalisateur à suivre de très prés Le 15 mars en clôture.

Entretien réalisé par Annie Gava et Elise Padovani

Pour le programme : https://www.filmsdelta.com/nouv-o-monde

Les Films du Delta

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Je t’aime plus loin que toi

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Je t’aime plus loin que toi © Kevin Selerin

Un spectacle à dimension méta-théâtrale, les deux comédiens, Valentine Gérard et Fabrice Adde, incarnant sur scène Valentine et Fabrice, couple d’artistes à la vie comme à la scène, qui souhaitent créer une œuvre puissante, moderne et engagée. Mais la réalité de leur condition d’« artisans contemporains » se révèle problématique.

Le plateau devient alors un lieu intime où se mêlent quotidien, création et remise en question permanente. À travers leurs échanges, les deux interprètes explorent les thèmes du temps qui passe, de la relation amoureuse, de la création artistique et de l’inévitable confrontation avec la mort. Une proposition où fiction et réalité se côtoient et se répondent, au sein d’un théâtre présenté comme un art de vivre et d’aimer.

M.V.

7 mars

Théâtre des Halles, Avignon

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Le roi et l’oiseau

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Le Roi et l’OIseau © X-DR

Transposition sur scène et en danse du chef-d’œuvre d’animation Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault, lui-même inspiré du conte La Bergère et le Ramoneur d’Hans Christian Andersen et sublimé par les textes de Jacques Prévert… ainsi que par les musiques de Wojciech Kilar et Joseph Kosma.

Un plateau épuré, où drapés, lumières et formes se métamorphosent, et où, sur une chorégraphie d’Émilie Lalande, les danseurs deviennent sculptures vivantes. Par leurs corps, leurs mouvements et leurs gestes, ils incarnent les émotions des personnages – tyrannie, solitude, amour et quête de liberté. Une danse contemporaine accessible à toutes les générations, à la fois ludique et profonde, qui invite petits et grands à réfléchir sur l’amour, la solidarité et la liberté.

M.V.

10 mars
Théâtre d’Arles

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