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17 à la Quinzaine !

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Shana(C) Les Films du Losange

Pour commencer le 10 juin à 20h 30, on plongera au cœur du mouvement Harlem Renaissance dans les années 1920 avec le documentaire de William et David Greave , Once Upon a Time in Harlem,  que nous présentera Matthieu Verdeil, réalisateur de Claude Mc Kay, Errances d’un poète révolté  et l’universitaire Claudine Raynaud.

Le lendemain, on sera en Amérique Latine avec le film argentin, Double freedom de Lisandro Alonso et Death has no master du Vénézuélien Jorge Thielen Armand. De même, vendredi  avec La Chienne de la Chilienne Dominga Sotomayor.

Ceux qui suivent le travail d’Alain Cavalier seront ravis samedi 13 à 16h 30 de découvrir le  dernier épisode de son journal filmé, Merci d’être venu. Suivra le Coup de cœur de la SACD  qui a choisi de primer ‘ « la jeunesse dans son élan et ses fragilités, un film qui révèle une actrice hors du commun »  Eva Huault qui interprète Shana dans le nouveau film de Lila Pinell. Et pour finir cette soirée, ce sera, le Prix label Europa Cinéma,  le 1er long métrage de Sarah Arnold,entre comédie noire absurde et polar rural, L’Espèce explosive.

Dimanche  14 à 14h,  ce sont les fans de Bruno Dumont qui seront ravis de découvrir son nouvel opus, Les Roches rouges, tourné avec six  enfants sur La Côte d’azur. Et à 18h, ce sont ceux du Roumain Radu Jude qui se précipiteront pour voir le Journal d’une femme de chambre, librement adapté du roman d’Octave Mirbeau : Gianina, une jeune  Roumaine  travaille comme employée de maison dans une famille bourgeoise bordelaise et le soir répète avec une troupe de théâtre amateur…

Entre les deux, le Prix du Public, Je vois des immeubles tomber comme la foudre où  la cinéaste britannique Clio Barnard dresse l’image d’une génération, des trentenaires et d’une ville, Birmingham. 

Lundi 15 juin  à 14h et 20h 45, Le réalisateur Maxence Voiseux présentera son documentaire Gabin : il y suit Gabin, le petit dernier de la famille Jourdel  pendant près de dix ans.

D’autres films venus du Nigéria (Clarissa d’Arie et Chuko Esiri) , de Norvège (Low Expectations d’ Eivind Landsvik), de Corée du sud (Dora de July Jung ) et de Thaïlande (9 temples vers le ciel de Sompot Chidgasornpongse) complètent cette foisonnante programmation.

 Si vous n’êtes pas allés à Cannes, n’hésitez pas à aller à L’Alhambra

Annie Gava

Pour le programme complet : https://www.alhambracine.com/

Dua : Une adolescence dans la guerre

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Dua (C) Jour2Fête

En 2022, la cinéaste kosovar Blerta Basholli avait réalisé Hive (La Ruche), un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo  Cette année, c’est Dua , sélectionné et récompensé à juste titre à la Semaine de la Critique. Un film inspiré par sa propre  adolescence dans un pays en guerre.

 Dua  Gashi a 13 ans et comme toutes les adolescentes parle des garçons, d’un futur premier baiser. Cadette d’une fratrie de quatre enfants, il lui tarde que son corps se transforme. On danse, on écoute de la musique. Mais on est à Pristina au  Kosovo, à la fin des années 1990 et  les tensions grandissent  entre Serbes et Albanais. Dans la salle de classe, on accueille de jeunes réfugiés d’une  zone de combat. Humiliations ordinaires, contrôles policiers, répression féroce de manifs étudiantes, le climat de peur grandit et des familles quittent le pays. La mort de la sœur d’une de ses amies, abattue dans une rue de Pristina par la police serbe, rend la menace encore plus présente pour Dua. Elle se lie d’amitié avec Maki (Vlera Bilalli), réfugiée d’une autre région qui l’initie au judo. Pour gagner,  « Pense à la bête qui est en toi »  lui conseille-t-elle. Dua et son frère Vegim (Andi Bajgora) pensent à rejoindre l’UÇK, l’armée de libération. « Tout le monde n’est pas né pour se battre » rétorque la mère (Yllka Gashi) Mais Dua a la rage…

 Dua, c’est Pinea Matoshi dont c’est le premier rôle. Et c’est un coup de maitre ! Son regard en dit long sans qu’elle ait besoin de parler. La caméra de la talentueuse directrice de la photo Lucie Baudinaud ne la lâche pas, scrutant son visage comme un paysage changeant au fil des émotions, la suivant dans les rues de la ville en de longs plans séquences. La scène où, après la fermeture forcée de l’école, avec sa sœur Tina (Kaona Sylejmani), elle chante et danse dans leur chambre au rythme de Brazen de Skunk Anansie  « Pourquoi ne pleures tu pas quand je te blesse  et la colère grandit en toi.. »  traduit la colère et la soif de vivre de cette jeune adolescente ; les oscillations entre l’insouciance et la conscience du danger se plus en plus prégnant.

« Je  voulais montrer la complexité de la vie d’adolescent en temps de guerre, faire un film sur des jeunes dans un pays en guerre, pour montrer qu’ils sont comme tous les ados du monde. Ils ont leurs rêves et leurs problèmes. » précise Blerta Basholli. C’est réussi.

Annie Gava

Dua  © Jour2Fete

Un festival d’ethnocentrisme

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La conférence de presse de la Région Sud sur les festivals d’été a été le lieu d’un dérapage non contrôlé qui démontre l’emprise de l’extrême droite dans l’esprit d’hommes politiques qui croient défendre des valeurs républicaines. On a pu entendre, après que le Festival d’Avignon a parlé de sa programmation coréenne et les Rencontres d’Arles a présenté des expos décoloniales, cette phrase, totalement hors sol en contexte : 

« Il faut protéger notre nation […] des forces extérieures qui veulent détruire nos valeurs occidentales »

Ludovic Perney

Ce n’est pas un adepte de Zemmour, Ciotti ou Le Pen qui a prononcé ces mots, mais un Républicain, vice-président de la Région Sud délégué à la jeunesse. Il est, qui plus est,  candidat à la présidence de la fédération LR des Bouches-du-Rhône. La prédécesseure à ce poste, Laure-Agnès Caradec, qui prônait l’alliance avec l’extrême droite d’Allisio pour les municipales marseillaises, a depuis rejoint l’UDR de Ciotti, et démissionné. 

Cette déclaration était en décalage total avec les paroles ouvertes, bienveillantes et défendant la nécessité d’une culture publique libre de Sophie Joissains, vice-présidente à la Culture, et de Michel Bissière, conseiller régional délégué à la vie culturelle. Pourtant, interrogé à ce propos, Ludovic Perney esquivait d’abord, en parlant des « valeurs des Lumières », puis questionné à nouveau s’enfonçait dans une réponse hasardeuse, où il a affirmé que « nous devons défendre notre liberté de vêtement [sic], nos libertés qui ont toujours existé ici. ». Pourquoi ? Parce que :

« L’Occident a toujours été au centre des cartes »

Ludovic Perney

Comment le discours d’un homme de droite, jeune, engagé à 14 ans, devenu avocat, peut-il être à ce point contaminé par les caricatures d’extrême droite ? Ludovic Perney ignore sans doute que la première carte humaine est babylonienne (5e avant notre J.-C.), et les suivantes chinoises (2 siècles après mais toujours 3 avant notre J.-C.) et que les premières représentations géographiques de l’Europe ne placent pas « l’Occident » au centre mais la Méditerranée. La première carte à peu près complète du monde (sans Amériques), la Tabula Rogeriana, a été dessinée par Al Idrissi, un géographe arabe du XIIe siècle qui plaçait le golfe persique au centre du monde. 

Outre l’erreur factuelle, Ludovic Perney occulte aussi que la culture « occidentale » s’est caractérisée par la privation de liberté – et souvent de la vie – pour les esclaves, les indigènes, les femmes, les homosexuel·les, les domestiques et les prolétaires, les juif·ves, les protestant·es, les invalides, les communistes, les journalistes, les écrivain.es… Les Républicains, généralement, se souviennent aussi que les dénommés « indigènes » par notre république, loin d’attaquer nos valeurs, ont délivré la zone sud de l’occupation nazie, et des « valeurs » de Vichy. 

Le meilleur remède contre la contamination d’extrême droite ? Un petit tour aux festivals de culture publique que la Région Sud promeut, et finance. Et ce malgré une opposition toute RN qui risque fort, aux prochaines élections régionales, de mettre dehors cette droite si oublieuse de ses principes, et des voix de gauche qui ont permis son élection.

AGNÈS FRESCHEL


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L’absent(e)

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L’absente © Nassimo Berthomme

La compagnie Begat Theater propose une nouvelle version de son spectacle déambulatoire. Le principe : pendant une semaine, un·e auteur·ice créé·e une histoire pour deux personnages. Mais ils ne sont pas seuls. L’absent(e), c’est cette troisième personne que l’on cherche à découvrir. Le spectacle s’articule autour de deux groupes. Chacun suit l’un des personnages dans ses déplacements. Parfois, les deux se rejoignent, créant des moments de dialogues. Une œuvre qui se transforme à chaque représentation, puis disparaît. Éphémère. Le processus d’écriture rapide est issu d’un protocole, minutieusement élaboré par les trois auteur.ices associées au projet : Marc-Antoine Cyr, Eva Doumbia, Patrick Goujon. Un spectacle qui se joue dans et autour du théâtre, se passant de scénographie complexe, à la recherche de l’intime.

M.L.

5 et 6 juin

Théâtre Joliette,Marseille

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Waku Doki

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wakudoki©X-DR

En japonais, waku doki désigne la montée d’adrénaline avant de réaliser quelque chose d’excitant. Le prolifique danseur et chorégraphe niçois Éric Oberdorff et sa Compagnie Humaine se sont emparés de cette sensation d’intensité. Sur scène, les quatre interprètes incarnent par le mouvement cet instant grisant de liberté, sur la musique In C de Terry Riley, dans une version revisitée. Etienne Guiol signe une scénographie numérique immersive, accompagnant les danseurs dans leurs mouvements. La chorégraphie pour révéler ce qu’il y a d’universel : les émotions humaines. Dans un instant suspendu, un petit haut le cœur pour un grand haut les corps.

9 juin

Klap - Maison pour la danse,Marseille

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Mega Zorg

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Megazorg © X-DR

Partant du constat que nos sociétés se morcellent, le trio du Muerto Coco, collectif théâtral en questionnement permanent, cherche à retisser les liens. Pour leur sortie de résidence, ielles ont choisi le format d’une comédie musicale humoristique pour confronter les gen(re)s. Affublé·es de costumes de power rangers, ielles signent une véritable auto-critique sociale sur l’entre-soi dans le milieu du théâtre. Une mise en abyme en rodage avant le festival d’Aurillac cet été. Quand le milieu artistique se parle à lui-même, quid de celleux autour ? Comment créer des ponts entre l’art conceptuel et les néophytes ? Tout un programme qui s’annonce dans ce spectacle d’une quarantaine de minutes.

M.L.

5 juin

Citron Jaune, Port-Saint-Louis-du-Rhône

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On a pas pris le temps de se dire au revoir

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On a pas pris le temps de se dire au revoir © X-DR

Les seuls en scène autobiographiques du comédien et metteur en scène Rachid Bouali sont la mémoire vive de la cité de son enfance, la Lionderie, dans le nord de Lille. Son dernier spectacle, On a pas pris le temps de se dire au revoir, c’est l’épisode de la destruction de sa cité, mais aussi de sa famille, avec la maladie de son père. Garder une trace du silence, de l’anéantissement, voici la ligne directrice de cette pièce. Rachid Bouali livre ici un quatrième spectacle, après sa trilogie de Cité Babel, Un jour j’irai à Vancouver et Le jour où ma mère a rencontré John Wayne qui retrace son enfance dans un quartier populaire, l’adolescence et la découverte du théâtre, puis l’émancipation.

M.L.

5 juin

Forum de Berre

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Distro

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Distro, Cie Choari © Mikhael Brun

Raconter par la danse l’ambiance des bistrots bretons. C’est l’idée des danseuses Pauline Sonnic et Nolwenn Ferry, qui proposent un duo poétique autour de ces lieux particuliers, qu’elles ont longuement fréquentés lors d’une tournée. Entre danse contemporaine et danse traditionnelle bretonne, le spectacle, joué habituellement devant l’océan Atlantique, arrive jusqu’à nous dans les alentours de Cavaillon ! Organisé par La Garance six représentations itinérantes et en extérieur sont prévues du 9 au 14 juin, en itinérance. Le spectacle, parsemé d’anecdotes glanées aux détours des bistros, invite aussi à l’interaction. Les deux danseuses s’entremêlent et s’entrechoquent, dans une chorégraphie aussi aérienne que les vapeurs d’alcool et rude que le temps breton.

M.L.

9 au 14 juin

À Mérindol, Oppède, Caumont-sur-Durance, Mollégès, L’Isle-sur-la-Sorgue, Saignon
Dans le cadre de la programmation Nomade(s) de La Garance, Scène nationale de Cavaillon.

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Moussu T e Blu

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Mossu T e Blu © X-DR

Membre fondateur du Massilia Sound System, co-inventeur du reggaemarseillais, Moussu T, ou Tatou, balance ses riddim des scènes de marseille jusqu’au bout du monde – et on ne parle pas de Callelongue ! – depuis quelques décennies. Il a aussi fondé le Moussu e lei Jovents, et ce sont les morceaux de cette formation qu’il vient jouer le 5 juin à la Cité de la Musique de Marseille avec le musicien Blu. Ensemble ils reprennent les classiques de ce groupe, mais en version acoustique. Poésie, amour et luttes sont attendus. 

N.S.
5 juin
Cité de la Musique de Marseille

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 La Critique à Marseille

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La Gradiva(C) Tandem

Organisée par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma, la Semaine de la Critique a présenté à Cannes11 longs métrages, 7 en compétition, 4 en séances spéciales et 13  courts métrages .Ils seront presque tous dans notre cité.

Au Variétés

Le 5juin à 20h, Eva Cahen, la Déléguée Générale,  ouvrira la reprise avec le 1er long de Julien Gaspar-Oliveri, La Frappe, un film sur un thème universel,  les liens familiaux. Le lendemain, on pourra voir à 14h 30, le deuxième long de la cinéaste Kosovare Blerta Basholli, Dua, qui nous plonge dans le quotidien de son pays des années 90 : Dua, 13 ans, doit choisir entre les injonctions de ses camarades de classe et ses propres envies. A 19h30, la  directrice de la photo, scénariste et, désormais réalisatrice, Marine Atlan accompagnera son premier film, La Gradiva, «  un film sur l’héritage, l’exil, l’amour ». Dimanche à 15h30, ce sera La deuxième fille de ZOU Jing qui aborde un sujet de la société chinoise des années 80/ 90, peu abordé jusque là : l’abandon et la disparition de nombreuses filles. A 18h, ce sera Viva, le premier opus de la comédienne, réalisatrice, scénariste et productrice espagnole, Aina Clotet ; une comédie douce amère, aux dialogues piquants. On suit Nora, une jeune femme qui se redécouvre et se reconstruit après une grave maladie. A 20h 30, le scénariste, réalisateur et producteur, Félix de Givry présentera son premier film Adieu monde cruel, racontant avec beaucoup de tendresse la jeunesse d’aujourd’hui. On continuera, après le weekend, avec The station, première fiction de la documentariste Sara Ishaq : au Yémen dans un village ravagé par la guerre civile, une station-service exclusivement réservée aux femmes, un havre de paix dans un pays déchiré par la guerre. Et mardi, ce sera Seis meses en el edificio rosa con azulun du Mexicain Bruno Santamaría Razo où le cinéaste convoque ses souvenirs de petit garçon, voilés par le mystère qui entourait la maladie de son père dans les années 90.

A la Baleine

Samedi 6 juin, à 17h, Ava Cohen présentera Tin Castle du documentariste franco-irlandais Alexander Murphy ; une immersion dans une communauté de « Travellers » (« voyageurs ») qui est extrêmement stigmatisée par la société irlandaise. Et le lundi, ce sera une romance dans le milieu routier que nous propose  Pierre Le Gall avec son film Du Fioul dans les artères : «  Je voulais voir deux travailleurs acharnés vivre une grande histoire d’amour. Je voulais offrir à ces deux routiers un droit à la beauté et à la liberté. »  Pierre Le Gall sera à la Baleine pour nous en parler. Et pour clore le 9 juin, en présence des cinéastes,  3 courts métrages dont le documentaire de Laïs Decaster, Love Story 

Annie Gava

La Gradiva de Marine Atlan © Tandem