jeudi 24 septembre 2026
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[Lyrique en Provence] « Permettre à chacun de rencontrer sa voix »

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Sophie Pondjiclis © Célian Ramis

Avant de revenir fonder à Martigues un lieu de transmission, Sophie Pondjiclis a mené une carrière internationale d’une rare ampleur. Plus de quatre-vingt-dix rôles à son répertoire, de Mozart à la création contemporaine, chantés sur quelques-unes des plus grandes scènes lyriques : la Scala de Milan, Vienne, l’Opéra de Paris, Genève, Hong Kong, Bruxelles, Berlin, Munich, Pékin, Londres ou encore le Théâtre des Champs-Élysées… Une artiste de grand répertoire, donc, formée au Conservatoire de Marseille, et jamais assignée à une seule case.

Lyrique en Provence fête ses dix ans. Comment est née cette aventure ?
Nous avons commencé par l’Académie. L’idée était de permettre à de jeunes talents de venir se former auprès de nous, dans une logique de transmission de notre expertise. Au départ, il y avait cette académie vocale d’été, à Martigues, sur le site Pablo Picasso. Puis, peu à peu, cela a donné naissance à un mini-festival. Pour fêter ces dix ans, j’ai eu envie de réunir des musiciens présents dès le début, comme le pianiste Stéphane Petitjean, mais aussi Alexandre Beer-Demander à la mandoline, Fred Ladame au violon, et quatre chanteurs, dont moi-même. Les trois autres sont de jeunes talents que j’ai fait travailler au sein de l’Académie.

Votre parcours vous a menée sur les plus grandes scènes. Que représente ce retour régulier à Martigues ?
Je suis native de Martigues. J’ai fait mes études de piano ici, j’y ai ma maison, ma famille, mes amis, mes racines. Je vis depuis longtemps à Paris, mais aujourd’hui je considère que j’ai deux résidences principales. Martigues est une ville d’une richesse incroyable, par son territoire, sa population, ses publics. Il y a ici une forme d’ouverture aux autres à laquelle j’ai envie de contribuer. Lyrique en Provence n’est pas seulement un projet artistique : c’est aussi une manière de travailler en transversalité avec les personnes et les associations du territoire.

Quelle est la vocation de l’Académie internationale d’art lyrique ?
Elle accompagne la professionnalisation de jeunes artistes lyriques, mais elle s’adresse aussi à des amateurs. Nous organisons des masterclasses, notamment au Conservatoire, qui n’a pas de classe de chant. Ce qui m’intéresse, c’est de transmettre des outils. Je crois à deux universalités : celle du langage musical, et celle de l’instrument vocal, puisque nous avons tous une voix. C’est aussi pour cela que Lyrique en Provence propose, à la fin de l’été, un stage pour les amateurs : on leur donne les mêmes conseils, les mêmes outils que pour les professionnels. Il s’agit de permettre à chacun de rencontrer sa voix.

Cette année, l’Académie travaillera sur La Flûte enchantée pour sept voix. Pourquoi Mozart ?
Mozart est un fondamental. Et La Flûte enchantée s’inscrit exactement dans ce que nous défendons : désacraliser l’opéra, mettre la culture à la portée de tous. Lorsque Mozart compose cette œuvre, il écrit en allemand, pour un autre public, avec l’idée de déplacer l’opéra vers ce qu’il était : vers le peuple, et non vers une élite. C’est son dernier opéra. On dit même que la dernière phrase qu’il aurait fredonnée, en mourant, venait du duo de Papageno et Papagena. Cette œuvre a une dimension symbolique très forte, mais elle a aussi cette générosité immédiate, populaire, qui nous touche.

Pourquoi proposer une version réduite, “pour sept voix” ?
Nous cherchons des formats plus mobiles, plus pratiques, mais sans trahir les œuvres. L’an dernier, nous avions monté une Quintessence de Carmen : les principaux airs, les principaux ensembles, dans une version d’une heure et demie, mise en scène. Pour La Flûte enchantée, c’est la même idée : ne pas proposer un ouvrage de trois heures, mais garder ce qui est essentiel, les plus beaux moments, les lignes fortes. Les jeunes artistes reçoivent les coupures en amont, arrivent en connaissance du rôle, puis travaillent musicalement avec Franck Villard et moi-même, mais aussi vocalement, scéniquement. Il faut mettre un rôle dans les jambes, dans le corps. Un rôle doit rentrer dans les cellules, devenir quelque chose d’organique.

Le gala Voix & Passions ouvre donc cette année anniversaire. Que souhaitez-vous y faire entendre ?
Ce gala est une fête, mais pas seulement. Chaque année, j’aime ouvrir par un concert construit autour d’un thème précis, avec une vraie ligne artistique. Voix & Passions réunit des artistes confirmés et des jeunes chanteurs issus de l’Académie : c’est exactement l’esprit de Lyrique en Provence. Il y aura le plaisir du répertoire, la rencontre entre les générations, mais aussi cette idée que l’opéra peut se partager simplement, dans une proximité réelle avec le public.

Entretien réalisé par SUZANNE CANESSA

Voix & Passions
1e juillet
Site Pablo Picasso – L’Amphi

La Flûte enchantée pour sept voix
31 juillet et 1e août
Site Pablo Picasso – L’Amphi

Retrouvez nos articles Musiques ici

Ceci n’est pas un festival

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© Jean-Michel Blasco

Zébuline. Comment sont nés les Fadas du Monde ?
Florian Salazar-Martin.
D’une réflexion sur les politiques publiques, et d’une volonté de créer un espace commun, avec les personnes, dans l’espace public. C’est en quelque sorte le terme d’une longue démarche, particulière à la ville…

qui est communiste depuis 1959. Est-ce que vous qualifieriez cette démarche de communiste ?
Disons que comme tout le monde on veut mettre en place des choses pour notre territoire. Mais on est là depuis longtemps, et on défend des valeurs, une histoire. La culture à Martigues est indissociable, et indissociée, de la défense du littoral et de sa préservation. Et de la défense de l’industrie, une industrie elle-même respectueuse de ce littoral. Notre ressource culturelle, ce sont nos peuples. Comme Marseille nous sommes une ville de migrations, où se sont installés des Arméniens, des Méditerranéens, mais aussi des Européens du nord venus travailler dans la sidérurgie… Dans des villes aux populations aussi diverses deux options sont possibles : construire des espaces culturels fragmentés, communautaires, et une culture de divertissement ; ou construire des espaces communs avec les habitants, et une culture d’émancipation.

Trois en fait, on peut aussi nier la diversité et défendre une culture immuable…
[rire] ça, c’est vraiment pas une option pour nous… Et construire une politique d’émancipation ne signifie pas qu’on n’aime pas le divertissement ! Mais les Fadas du Monde, ça n’est pas un festival où l’on viendrait consommer la programmation ; c’est un espace créatif, vivant, où on reçoit des paroles inattendues, et qui crée des dynamiques entre différentes sphères de la société.

Le Village des Fadas est le point névralgique de cette démarche. Pendant une semaine on crée un espace commun. Des choses sont programmées, mais il s’agit de connecter les gens ensemble, en faisant des jeux, des ateliers pour que les familles soient là, des repas partagés, des karaokés. Sans protocole, mais avec la proposition de choses plus pointues, aussi.

Avec du foot et du théâtre…
Oui. Nous sommes des êtres complexes, chacun d’entre nous. Le foot n’est pas pour certains et le théâtre pour d’autres, on peut entrer dans le village par un champ et s’approcher des autres… Prendre un repas en commun, c’est très important. En fait ce qu’on fabrique là, c’est une fête de village, mais qui parle du monde. Bien sûr qu’on s’est demandé s’il fallait retransmettre la coupe du monde de foot au Village. On sait que le foot est perverti par l’argent, que cette Coupe aux États-Unis avec ce Trump qui… ne nous ressemble pas [rire] est problématique. Mais au fond la joie populaire provoquée par le foot ne leur appartient pas.

Les artistes que vous invitez sont pour la plupart de Martigues, ou pas loin…
Oui, Martigues, Aix, Marseille, notre territoire. Avoir la responsabilité d’une commune, c’est aussi cela. On reçoit des gens qui viennent d’ailleurs mais on doit veiller à la santé des acteurs de notre territoire, leur donner la possibilité de rencontrer les publics. Dans leur quotidien, et gratuitement : ce ne sont pas leurs publics habituels qui sont là.

Il y a aussi une majorité d’artistes femmes, ce qui n’a pas toujours été le cas…

Oui, c’est vrai. Pour cela, il faut avoir conscience que nos générations sont attachées à des figures tutélaires masculines, qui occupent notre imaginaire comme étant les meilleures. Et il faut lutter contre ce réflexe. Les femmes ne sont pas aux Fadas par souci de parité, qui est une vision technique du problème, mais parce qu’aujourd’hui elles parlent différemment des hommes, qu’elles ont des choses à dire, que cette diversité nous est nécessaire, comme toute « bio » diversité.

Cette diversité était à l’œuvre au Festival de Martigues, qui a précédé les Fadas. Pourquoi ce changement ?
Le Festival de Martigues était un grand festival, qui faisait venir le monde, et des grands artistes, à Martigues. Un festival de folklore, de tradition, mais qui était aussi très ouvert dans les échanges de musiques, de cuisines, de langues… On a au fond voulu perpétuer cet esprit de mondialité mais en le confrontant au présent, à l’idée que la liberté et la diversité se construisent dans des espaces citoyens, des agoras politiques.

D’où la présence de Nora Hamadi au Village ?
Oui, il s’agit, avec la journaliste, de questionner simplement les gens, en commençant par « Comment ça va ? ». Cela nous a permis de recueillir des paroles très intéressantes, parce que c’est fait dans l’espace public, sans attitude surplombante, sans obligation de résultat. Un peu comme au bar. Ça a permis de générer un corpus sur l’histoire quotidienne, mais aussi sur des problématiques plus politiques, la guerre, la montée du RN.

On poursuit ce travail en ajoutant cette année « Comment ça va le monde ? » parce qu’on sent bien les tensions actuelles, ces inquiétudes qui sont dorénavant très puissantes. C’est pour cela qu’on accueille au village le voilier Hétérotope qui accompagne la Flotille de Gaza et en constitue la mémoire. Pour penser le monde ensemble, y compris dans ses endroits les plus douloureux.

Les Fadas du Monde ne veulent ni grossir, ni devenir un festival. Pourquoi ?

Au-delà d’une certaine échelle on ne se rencontre plus. On peut le regretter et vouloir attirer plus de public mais nos jauges sont volontairement réduites : 1000 personnes par jour au Village, même si on peut aller un peu au-delà ; 400 dans la Cour de l’Ile pour les concerts gratuits ; 150 à 200 pour les séances de cinéma en plein air. Rien de massif, mais beaucoup de choses profondes !

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL

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Le Tétrodon, un drôle de poisson globe

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Le Tétrodon, habitat mobile et modulaire © Ville de Martigues

Le Village des Fadas a la chance de disposer d’un des plus grands Tétrodons encore vivants. Ques aco ? Un poisson globe qui se gonfle se dénomme bien le Tetraodon, mais il a aussi donné son nom à un habitat modulaire : le Tétrodon, conçu dans les années 1970 pour abriter les travailleurs nomades, en particulier les ouvriers venus construire les usines de sidérurgie à Fos-sur-Mer. Des petits bijoux d’architecture appliquée tout en plastique, dont la production a été stoppée par la crise pétrolière de 1973.

Aujourd’hui protégé et labellisé Patrimoine du XXe siècle, le Tétrodon de Martigues s’est transformé en résidence d’artiste, gérée par l’association Par ce Passage infranchi.

Joan Bennàssar, peintre et sculpteur de Majorque, habitera le Tétrodon du 1er au 14 juillet. Il propose un projet participatif où chacun·e pourra dessiner, peindre, teindre ou intervenir sur des supports transparents qui seront ensuite projetés sur les structures modulaires, transformées en écrans. Un récit collectif qui évoquera sans doute autant la mémoire du Poisson globe, que de la sidérurgie et des industries pétrolières.

L’atelier est ouvert aux adultes comme aux enfants.

A.F.

Atelier Poisson globe

Du 1e au 14 juillet

Tetrodon

Base nautique de Tholon

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Les jeunes Martégaux ont du talent !

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C302 © Kaki Valverde

Au Village des Fadas, la tradition veut qu’une soirée soit consacrée aux jeunes talents de la région. Cette année, les projecteurs seront braqués sur C302. Le groupe punk de lycéens martégaux a non seulement imaginé la programmation de l’événement, mais montera également sur scène pour défendre ses compositions. Car s’ils se sont vu confier l’organisation de la soirée, hors de question pour les quatre amis de ne pas se produire sur la scène des Fadas !

Du lycée à la scène

Au départ, tout part d’une salle de répétition du lycée Jean-Lurçat à Martigues. La C302. C’est ici qu’Oscar (basse, chant) et Clément (piano) commencent à jouer ensemble, mais aussi qu’ils rencontrent Loris (batterie) et Angelo (guitare). Depuis, le groupe développe un univers nourri par les influences de chacun, sans jamais chercher à s’enfermer dans des cases. « On ne s’est pas mis de restrictions. On joue ce qui nous plaît. Sur le papier, il y a plein de genres différents, mais il y a quand même une base. On appelle ça du punk fusion », explique Oscar. Et leur style a déjà conquis le public. Depuis leurs débuts, il y a un peu plus d’un an, les quatre amis, aujourd’hui en première et en terminale, n’ont pas attendu d’avoir un album pour franchir le pas de la scène. « On a énormément joué avant même de penser à enregistrer. On a été formés par la scène et ça se ressent. On met l’ambiance, c’est notre point fort. »

Les Fadas

Habitué des plus petites salles, C302 avait déjà enflammé la scène des Fadas l’an dernier. Une première expérience bien réussie qui les avait particulièrement marqués. « Les Fadas, c’était notre première vraie scène professionnelle. Ça changeait vraiment. On s’est dit : là, on est sur une vraie scène. »Cette année, le groupe passe aussi de l’autre côté du rideau en prenant en charge la programmation de la soirée. Les lycéens ont choisi de mettre à l’honneur d’autres jeunes groupes de la région défendant eux aussi leurs compositions. Sont déjà annoncés Mezcal Wizard, formation marseillaise de sludge metal, et Lost, groupe de rock progressif. Le mystère demeure autour du dernier groupe qui viendra compléter l’affiche de cette soirée Jeunes Talents. À suivre…

CARLA LORANG

8 juillet

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Solstice, un voyage en trio

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Solstice réunit Victor Moune, Pauline de Almeida et Élise Ungerer autour d’un concert pop orchestral porté par le piano, à découvrir le 22 juillet place de la Libération. Entre chansons intimistes, envolées orchestrales et énergie de comédie musicale, les trois artistes proposent un voyage sensible à travers les relations humaines, les rêves et les souvenirs. Avec des couleurs festives et émouvantes à la fois, Solstice mêle piano, voix et instruments de l’orchestre dans un univers solaire. Un concert vivant comme une traversée musicale pour petits et grands, au cœur de l’été martégal.

2 juillet
Place de la Libération

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Siska, la sister de Marseille

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Siska © Clement Puig

Elle a été l’illustre chanteuse du groupe Watcha Clan. Qui a connu le succès bien au delà de Marseille, parcourant le monde avec plus de 100 dates annuelles. Puis Sista Ka, comme on l’appelait alors, a commencé sa carrière solo et est devenue Siska. Changement de rythme – dans la musique et dans la vie – et voilà que le succès lui sourit encore. Pas étonnant, faut écouter la qualité de la production musicale, le sens de la mélodie, et le charisme de la chanteuse dès le premier album. Fini la jungle et la drum and bass de Watcha Clan, place désormais à une trip-hop lancinante empreinte de soul. Une musique qu’elle compose dans une maison proche de la mer, loin des tumultes du centre-ville.

C’est pourtant dans le centre-ville de Marseille que tout a commencé pour elle. Native des quartiers Nord, elle s’installe « en communauté » disait-elle à Zébuline en 2022 et rencontre une bande musiciens avec qui elle fonde son premier groupe Axxam. C’est toute cette histoire marseillaise, et tout ce talent, qui attend le public le 13 juillet, pour une des nombreuses belles soirées martégales de l’été.

NICOLAS SANTUCCI

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Moloch/Monolyth

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Moloch/Monolyth © Lily Bineau

Le groupe bordelais de folk-rock Moloch/Monolyth sera lui aussi en concert sur la scène de la Cours de l’Île le 27 juillet. Influencés collectivement par le rock des années 90-2000, leurs chansons rappellent les Pixies, Nirvana, ou encore Eel avec des mélodies qui restent dans la tête et des textes très intimes sur l’amour, la mort, la parentalité, à la manière de Sufjan Stevens. Nostalgie assumée et relève assurée pour ce groupe d’amis formés il y a quinze ans, qui a évolué depuis sa création.

Des titres comme I can’t be yours ou Suns, aux sons de guitare électriques saturées, sont accompagnés par les voix de la chanteuse/batteuse Ita, grave et envoûtante et du fondateur originel du groupe, Michaël Martin. La balade How strange is it to miss you when you’re right next to me, chantée par Ita, plonge dans un état de triste rêverie, avant de revenir sur des sons plus rock avec le nihiliste Thérèse nothing after. Attention à ne pas tomber dans la molocholie !

M.L.
27 juillet

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Le Livrodrome au bord de l’eau

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Actions mediation © Les Beaux Yeux

Le Livrodrome, « grand parc d’attractions littéraires itinérant », est de retour à Martigues, étape finale de son Tour de France 2026, parti le 18 juin de Savigny-sur-Orge. Le 1er juillet, rendez-vous est donné aux adolescents et aux pré-adolescents de 10 à 18 ans ainsi qu’à leurs familles, non plus au camping de l’Arquet comme précédemment, mais dans le jardin de Ferrières, ombragé de grands arbres, le long de l’étang de Berre. En cas de pluie, tout le monde pourra se replier à la médiathèque Louis Aragon.

Des animations en continu de 10h à 18h

Le Livrodrome, c’est l’occasion de faire la rencontre d’auteurs, d’illustrateurs, et découvrir toute la richesse du secteur du livre jeunesse. L’éditeur Thierry Magnier, dont le catalogue compte de beaux romans tels que Star-crossed lovers, Un ours dans la bergerie ou Pieds nus dans la nuit, sera présent. Les bibliothécaires martégaux seront bien-sûr mobilisés pour animer cette journée, avec de nombreux ateliers et attractions. Au programme : boîte à tatouages et cabine d’ordonnances littéraires, scrabble géant en bande-dessinée, roulette d’écriture créative, bookclub, livre sonore, bibliothèque suspendue… Le public devrait aussi apprécier la pratique du Beach volley littéraire, car oui, on peut allier sport et lecture !

500 chèques-lire seront offerts aux adolescents, qui pourront les utiliser directement dans l’espace tenu par les librairies indépendantes L’Alinéa et L’Argonaute. Par ailleurs, un recueil de six nouvelles signées par des auteurs jeunesse (Baptiste Beaulieu, Mickaël Brun-Arnaud, Lily-Belle de Chollet, Olivier Gay, Anne Goscinny et Adèle Tariel) sera distribué gratuitement au format papier. Chaque nouvelle étant accompagnée d’une bande son créée spécialement pour le Livrodrome par le compositeur Jérôme Hoffmann (Braquage Sonore & Cie).

Toutes et tous héros

Cet événement s’inscrit dans le cadre de la 12e édition de l’événement Partir en livre, organisé par le Centre national du livre. Comme le défend Régine Hatchondo, présidente du CNL, en appelant à une mobilisation collective pour transmettre le goût de la lecture, « lire est un temps essentiel, un temps pour soi, qu’il faut absolument préserver ». D’après la dernière étude publiée par l’institution (Les jeunes français et la lecture, 14 avril 2026), elle connaît un recul préoccupant chez les jeunes de 7 à 19 ans : ils passent dix fois plus de temps sur leurs écrans (3 heures par jour) qu’à lire des livres (18 minutes par jour). Alors que ses bienfaits ne sont plus à prouver : la lecture améliore la concentration, le développement cognitif, la mémoire, l’imagination, l’ouverture d’esprit, la capacité d’empathie, le raisonnement, l’apprentissage, l’esprit critique… Autant de facultés nécessaires à une vie riche et bonne, ainsi qu’à l’exercice démocratique, pour ces citoyens en devenir.

Le thème de Partir en livre cette année, « Nos petits et grands héros », est parfait pour inspirer les adolescents : la littérature foisonne de figures héroïques auxquelles s’identifier, des Trois mousquetaires aux héroïnes subversives de Marion Brunet, en passant par les anti-héros des plus improbables, comme le Tobie Lolness de Timothée de Fontebelle, qui ne fait que 2 millimètres de haut mais reste dans la mémoire de tous ses lecteurs.

GAËLLE CLOAREC

Livrodrome
1er juillet
Jardin de Ferrières

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Liquid Jane et Lwanbe : double talent

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Liquid Jane © Lénaïc Lannoy

Le dernier jour d’août, la cour de l’Île recevra l’ultime double concert d’un été martégal complètement fada. L’occasion de réunir deux artistes féminines qui mêlent chacune dans leurs univers propres la puissance de leurs voix et auras.

Artiste marseillaise, la chanteuse et musicienne Jeanne Carrion, Liquid Jane à la scène, ne cesse d’affuter le talent brut que l’on avait joie à découvrir dans le duo rock féminin Claude Fernand. Se lançant il y a quelques années dans une carrière solo accompagnée de son frère, Jules Carrion, et de Théo Panchevre, l’artiste creuse avec son tout frais deuxième EP – On a passé le pire – un sillon néo-soul profond. Forte d’une voix remarquable par son coffre et sa maîtrise, Liquid Jane, accompagnée de sa guitare, étoffe ses compositions de textes nourris à l’expérience réaliste et cathartique de l’amour. Ainsi, les quatre titres de ce nouvel opus se savourent encore mieux en live, et développent l’impatience de découvrir la suite.

Dans un autre registre, la chanteuse d’origine réunionnaise Lwanbe invente une musique entre rap et chanson dans un kréol ilien qu’elle qualifie d’« imparfait et personnel ». L’artiste s’accompagne sur scène d’un kayamb – instrument de percussion idiophone (dont le son est produit par la matériau lui même) utilisé traditionnellement dans le maloya, et tisse des chansons – interprétées seule en scène ou en trio – profondément teintées du genre musical et enrobées de flow hip-hop, synthétiseurs et autres machines. Ainsi va la singularité de son style. Joies, rages, sujets politiques comme personnels nourrissent la prose de Lwanbe, dont la musique ne semble souffrir d’aucuns carcans.

LUCIE PONTHIEUX BERTRAM
31 août

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Léonie Pernet et Ayo Okakita : électronique introspective

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Léonie Pernet © X-DR

Festival aux esthétiques variés et éclectiques, les Fadas de musique proposent une soirée singulière, aux couleurs de la musique électronique. Ce 20 juillet dans la Cour de l’Île, le public aura l’occasion de découvrir les compositions pop de l’étoile montante, Léonie Pernet, et en première partie, l’atmosphère captivante de l’artiste japonaise, Ayu Okakita. Compositrices et multi-instrumentistes, les deux artistes puisent dans l’électro, le piano, la voix et des textes raffinés qui parlent de leurs vies intérieures.

À la croisée de l’électro et de la chanson pop, Léonie Pernet présentait en 2025 son 3e opus, Poèmes Pulverisés, un titre inspiré par le recueil de poésie de René Char. La chanteuse reprend le leitmotiv de l’eau, un aspect qui coule toujours à travers ses textes, ici, un élément qui constitue la traversée. Dans la chanson finale, elle relie son lieu de naissance à la patrie de son père biologique, « du Niger au ciel calcaire du 51 ». Le public tend alors l’oreille à une musique tant pop que mélancolique, un langage poétique et toujours introspectif.

Autant de caractéristiques qui marquent les projets d’Ayu Okakita, des compositions à la fois éthérées et énigmatiques. En 2025, elle sortait Yumekura, composé avec Marc Teitler et Bernd Wuertz. L’opus mêle une rythmique texturée à une ambiance sombre, indéterminable, gravitant entre électronica, post-punk et pop Japonaise. Un concert au bord de l’étang de Berre, qui transporte le public aux rives du Japon jusqu’au frontières du Niger.

LAVINIA SCOTT
20 juillet

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