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Uma Luz Cordial

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Uma Luz Cordial, Carolina Bianchi & Cara de Cavalo © Luisa Callegari

En 2023, la performeuse brésilienne Carolina Bianchi marquait les esprits en créant au Festival d’Avignon, A Noiva e o Boa Noite Cinderela (« La Mariée et Bonne nuit Cendrillon », surnom donné au GHB au Brésil). Chaque soir, sur scène, elle s’auto-sédatait, et, alors que la drogue faisait progressivement effet, elle donnait une conférence sur les violences faites aux femmes. Il s’agissait de la première partie de sa Trilogie Cadela Força (« Force des chiennes ») dont le dernier chapitre, Uma Luz Cordial (« Une lumière cordial ») sera également créé à Avignon, lors de cette 80e édition.

Le titre est inspiré d’un vers d’Emily Dickinson écrit du point de vue d’un fusil faisant un parallèle entre le processus d’écriture, et l’usage d’une arme. Bianchi nourrit de cette comparaison sa réflexion sur la violence et la sexualité, s’accompagne de textes de Dickinson mais aussi de Hilda Hilst (en particulier son livre pornographique Le Cahier rose de Lori Lamby), et cherche, peut-être, une résolution.

En plus des représentations de Uma Luz Cordial, la trilogie sera présentée dans son entièreté à deux reprises.

C.M.

Uma Luz Cordial

Du 4 au 7 juillet

Trilogia Cadela Força

12 et 13 juillet

Opéra Grand Avignon

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À l’ombre du réverbère

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© Vincent Berenger - Cha teauvallon-Liberte , sce ne nationale

Redwane Rajel, ancien détenu « longues peines », offre une mise à nu, pudique et subtile, de son parcours de violence. Comédien sous écrou puis professionnel, il était bouleversant dans le Macbeth d’Olivier Py ou le Marius de Joël Pommerat parce qu’il laissait transparaitre, au-delà de ses personnages, la violence, la culpabilité, l’horreur de l’enfermement, le désir fou de liberté. Dans ce seul en scène autobiographique il procède à un examen sans fard, reflété de tous les côtés dans les miroirs qui l’encerclent. L’acteur commence par le récit de sa garde à vue, des premiers coups, de l’isolement, puis le corps qu’il endurcit par des courses sur place, des entrainements de boxe qui l’aident à ne pas sombrer. Entre ces scènes, le récit d’une enfance sans homme où il grandi trop vite, même si « tatie » lui a ouvert la voie de l’imaginaire.

Jusqu’à la rencontre, en prison, du théâtre. Dès qu’il l’évoque son corps se détend, ses muscles s’adoucissent, son débit se fait plus fluide, sa voix s’éclaire et s’enrichit de timbres insoupçonnés. Les paysages traversés, les personnages joués, tout défile : sa véritable libération n’est pas sa levée d’écrou mais celle où il refuse la provocation d’un détenu qui veut en découdre.

AGNÈS FRESCHEL

Du 4 au 25 juillet à 10h

Relâche les 8, 15 et 22 juillet

Théâtre des Carmes

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Tonight

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© Claire Gaby

Ils avaient fait mourir de rire le In en 2023 avec L’Addition, ils reviennent avec Tonight, dans le Off cette fois, à la Manufacture. Bertrand Lesca et Nasi Voutsas, alias Bert&Nasi, font de la banalité d’une scène au restau, ou d’une description du big bang initial, un enchainement de dérapages parfaitement contrôlés qui vous envoient pourtant à l’autre bout de l’univers. Difficile de définir ce qui fait la force de ce duo burlesque franco-anglais, qui jongle avec les mots, les concepts et les serviettes et s’interroge, dans ce nouveau spectacle, sur l’idée absurde de jouer chaque soir un spectacle qui s’appelle « ce soir ». La force des bons clowns est toujours de distordre les cadres sans volonté apparente de révolution, et sans questionnement ontologique. Du moins, pas directement. Car ce qui reste après les spectacles de Bert&Nasi c’est, outre les bienfaits d’un grand éclat de rire, le doute persistant sur la cohérence du réel, et de nos relations sociales.

Du 4 au 12 juillet à 20h

Relâche le 9

La Manufacture/ L’Extra

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Felicita

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© Thibault Feychene

Vous l’avez compris dans le titre, vous allez entendre des chansons italiennes. Mais attention, le titre est aussi un prétexte pétexte : ce spectacle de Boulègue production est  surtout une jolie comédie, un road movie intime, entre amour et désir de succès, où les ersonnages veulent devenir ce qu’ils ne sont pas.

Bref, c’est drôle et frais, mais attention ! Une fois encore ! il y a dedans la belle ligne de force sur les vies qu’on s’invente, sur le passé qu’on transfigure pour mieux réaliser ses idéaux contrariés.

Didier Landucci y est un chef de troupe tranchant avec des failles terribles ; Nelly Bêchétoille une sublime chanteuse et une amoureuse qui se libère ; et Martin Mabz joue sa musique comme un clown qu’on ballote. C’est léger, c’est une création, et la mise en scène de Marc Pistolesi est lumineuse, pleine de cirque, de tours et de surprises.

RÉGIS VLACHOS

du 3 au 25 juillet à 19h

relâche les 6, 13, 20 juillet   

Épiscène théâtre

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Poïesis

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© Gilles Rammant

Ce spectacle des Arpenteurs de l’invisible peut être joué dans une salle de classe -où nous l’avons vu- mais aussi soyons fous dans une forêt, une clairière, un dehors, un dedans, avec des portes, sans portes, une rue, une chambre, mais vraiment n’importe où ! N’importe quel théâtre plus ou moins fermé ou naturel dans lequel puissent courir les comédiens qui vont transpirer les mots. Mots de qui ? La liste est belle et exalte une forme de dispersion exhaustive, exotique, plurielle de la magie poétique depuis 5 siècles.

Kae Tempest, Rimbaud, Marguerite de Valois, N. Scott Momaday, Pierre Reverdy, Walt Whitman …pour ne citer qu’elles, pour ne citer qu’eux. Pendant 50 minutes à leurs côtés on se laisse emporter par le vrombissement ou le murmure, le corps qui crache ou qui susurre, de deux comédiens qui nous transportent, sans aller, sans retour, sans départ, sans arrivée ; juste le beau du voyage.

Comme il est bon de se faire envoûter par la langue et les sons. Allez, plongez, rêvez, laissez l’intellect aux vestiaires, gardez le cœur en éveil, faites-vous saouler, soyez ivre… d’ailleurs il y est, le bateau d’Arthur !

R.V.

du 6 au 23 juillet à 11h30

relâche les 10 et 17

le 11., espaces Mistral

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Laisse-moi partir

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© X-DR

Le spectacle de la compagnie Camélia, mis en scène par Aurélie Camus, réactive l’expression mort de rire : son tragique absolu s’insère dans des vannes hilarantes et une esthétique de comédie. Le cadre est celui d’une petite pièce de boulevard, avec son salon, son canapé, sa table, ses chaises et ses cloisons. Mais on est vite happé par une histoire familiale qui nous saisit et nous fait naviguer entre le rire et les larmes.

Les trois comédien.ne.s sont exceptionnel.le.s de justesse, de rythme, de sens de la rupture. Cécile Covès possède un instinct de la comédie qui explose derrière son personnage souvent sec et tranchant. Christine Gagnepain est la maman qu’on aimerait tous avoir, avec des secrets amoureux désopilants. Et enfin Romain Poli, qui est aussi l’auteur, bouleverse par son naturel, avec ses répliques ciselées qu’il a très justement écrites pour lui-même.

R.V.

du 4 au 25 juillet à 19h20

relâche les 5, 12, 19 juillet

Espace Saint-Martial

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Gratte Gratte

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© Léa Fritsch

La Compagnie 22h22 a du talent ! L’intelligence et la folie du texte de Margaux Lebrun et de la mise en scène collective se conjuguent, et Gratte Gratte est un vrai régal. On y découvre la la promesse d’une compagnie, créée en 2023, qui fait jongler l’art théâtral en commençant par un sobre théâtre de tréteaux, peu de chose sur scène, trois comédiennes et un comédiens brillant·es, des fulgurances à hurler de rire, des danses et musiques qui vous emportent. Il est question de la jeunesse rurale, de ces jeux de hasard que l’on gratte jusqu’à l’addiction, de ces amis d’enfance qu’on laisse, puis qu’on revoit avec chaleur, et distance Et de conflit de classe aussi. Les comédien·nes Zoé Lignac, Clara Navarro, G-Hogo Samperiz et Emmanuelle Taton, en alterbnace avec l’autre-ice Margaux lebrun, sont brillant.es. Bref allez-y…

R.V.

du 4 au 25 juillet  à 20h50

relâche les 9, 16, 23 juillet

Théâtre des Béliers

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Marjoline

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© Serge Gutwirth

Marjoline est comme un castelet rechapé d’une brocante. Dans cette boîte à extravagances de la compagnie avignonnaise Deraïdenz, une étonnante épopée s’entreprend. Précisons qu’au départ, la Marjoline en question est plutôt sédentaire. Des accords de guitare sans lendemain, des lectures vite délaissées, rien ne résiste au carré de verre auquel elle accorde l’essentiel de son attention.

À tel point que survient l’inévitable : la gamine est si accaparée qu’elle finit absorbée de l’autre côté de l’écran. Dans ce nouveau pays des merveilles, la geek en herbe devient une figurine manipulée, face à des créatures plus ou moins avenantes.

Lewis Carroll côtoie le mythe de Narcisse dans cette fable picaresque, imaginée par ses interprètes. Marjorie Pagliai et Coline Agard dessinent et animent cette suite de mésaventures bigarrées. Les précipices de l’ignorance virtuelle, le désarroi de la solitude numérique se matérialisent au fil d’une odyssée bariolée d’illusions à vue et de fantasmagories bidouillées. Face à la froide bêtise algorithmique, Marjoline brandit une fantaisie artisanale, une inspiration iconoclaste, servies avec élégance, sans baisse de rythme et 100 % à la main.

MICHEL FLANDRIN

du 4 au 12 juillet à 10h

relâche le lundi

L’Éveilleur

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La Fileuse de nuit

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© X-DR

La Fileuse de nuit est une partition qui jongle avec les mots et leurs acceptions. La proposition se double d’un ravaudage mémoriel, au fil duquel une retoucheuse aussi intrépide qu’indécise, s’efforce de combler, voire de masquer, les trous et les béances qui mitent son récit familial.

Donc, on serait dans un conte, un tâtonnement erratique, qui s’amorce au fond d’une grotte. Une spéléologue tente de frayer dans l’obscurité. Plus avant, se devinent des portes qui ouvrent sur des placards à silence. Comme dans toute fable, l’héroïne croise des ogres, certains avec une longue barbe bleuâtre, d’autres perclus de croix gammées. Elle côtoie encore des monstres d’autant plus terribles qu’ils respirent l’ordinaire.

Le travail relève d’un rafistolage dramatique à la fois subtil et échevelé, brodé par une petite main qui finit par méditer en compagnie de Tchekhov. Le chroniqueur fataliste la pousse à admettre, qu’au-delà de les réparer, il est encore possible d’embrasser les vivants. En points universels, Elsa Rozenkop et son équipe reprisent le théâtre en une tapisserie artisanale, couturée en majesté.

M.F.

Du 4 au 25 juillet à 15h50

Relâche le dimanche

Artéphile Théâtre

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Le clown comme un poème

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© Christophe Raynaud de Lage

Alors que son Entreprise fête son quarantième anniversaire, François Cervantes monte au plateau. Une table, une chaise, quelques notes et c’est parti pour un récit-conférence. Il revient sur son entrée en théâtre : la création de sa compagnie, la recherche collective, le premier spectacle synonyme de succès.

Ne pas paresser, explorer de nouvelles voies. D’où le recours aux masques, puis l’apparition du clown, cet étranger qui vient de l’intérieur. Ainsi advint Catherine Germain, ainsi surgit son clown Arletti, en lice dans 6 des 19 spectacles créés par L’Entreprise. L’apparition de la dame-clown, toute en espiègle spontanéité, tourneboule et enrichit l’exposé. Dans un troisième et dernier temps, Catherine reviendra au naturel.

Le spectacle tient d’une masterclass, avec son chapelet d’anecdotes et d’enseignements. Il relève encore d’une leçon gesticulée et d’un dialogue complice qui agrègent les paroles explicatives à de ravissantes démonstrations. Finalement, au bout du conte, Le Clown comme un poème se résume en une indéfectible et scintillante histoire d’amour.

M.F.

Du 4 au 25 juillet à 19h

relâche le mercredi

Théâtres des Halles

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