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Révolte 

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Révolte © Kalimba
Révolte © Kalimba

Face au danger que faut-il faire ? Abdiquer ou affronter ses peurs ? Johanne Humblet et ses acolytes du collectif féminin Les Filles du renard pâle ont un avis, et le font savoir, tout haut, dans Révolte, le dernier épisode de la trilogie des airs (après Résiste et Respire). Elles sont cinq sur scène, deux musiciennes et trois circassiennes, tour à tour sur un fil, perchées sur une immense toile, ou dans une roue giratoire. Du grand spectacle, mais certainement pas un simple divertissement tape à l’œil. Ici, c’est un cri de rage et d’espoir qu’elles professent, face à un monde toujours plus répressif et incertain. 

NICOLAS SANTUCCI

18 et 19 février 
Les Salins, Scène nationale de Martigues

Sous la surface 

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Sous la surface Cie ecailles © A. Aubry
Cie ecailles © A. Aubry

C’est du théâtre d’objets, et d’ombres, que propose le Jeu de Paume ces 5 et 6 février à Aix-en-Provence. Il accueille la compagnie Écailles et leur spectacle Sous la surface, mis en scène par Coralie Maniez. Sur le plateau, des boules de papiers froissés, des brouillons destinés à la poubelle sont jetés… mais ici ce ne sera pas le cas. Avec l’aide de jeux de lumières (assurés par Michaël Phillis et Pascal Nougier), voilà que les boules de papiers prennent vie dans l’ombre, et un monde poétique se crée sous les yeux du jeune public (à partir de 7 ans). À eux de se méfier, parfois, des apparences. 

NICOLAS SANTUCCI

5 et 6 février
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence

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Ça ne pass pas

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Non mais on croyait quoi ? Que Rachida Dati, nommée ministre de la Culture par trois premiers ministres successifs (honneur que seuls Malraux et Jack Lang ont connu), allait comprendre l’inanité du pass Culture, dispositif extrêmement coûteux pour l’État et son ministère ? Et qu’elle allait donc le réformer pour que l’argent public cesse d’alimenter des intérêts privés sans réellement enrichir et diversifier les usages culturels des jeunes ? 

Las, comme disaient des poètes que plus personne n’achète, c’était faire crédit à la ministre d’un sens du bien public, du bien commun, qu’on est en droit d’attendre d’un serviteur de l’État. Las, (je persiste), nous avions, dans l’affolante dégringolade internationale vers une intense nazification décomplexée, presque oublié les petits antécédents judiciaro-capitalistiques, somme toute véniels, de la ministre. Certes, elle est mise en accusation, à la demande du parquet national financier pour « corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale » avec le très aimable, honnête et courageux Carlos Ghosn. Cela n’augure pas vraiment d’un amour illimité pour le bien public et d’une absence d’intérêt pour les capitalistes français, souvent dénigrés. Sérieux, on pensait vraiment que Rachida Dati allait sacrifier les intérêts de la Fnac, de Pathé et d’Hachette pour défendre le service public de la culture et les dispositifs d’éducation artistique et culturelle ? 

Financer les bénéfices privés

Le scandale du pass Culture repose sur deux aberrations dénoncées par la cour des comptes. Sa gestion par un organe privé d’un budget presque exclusivement public, et sur lequel l’État n’a pas de droit de regard, en particulier sur la hauteur des rémunérations de ses 190 salariés ; son absence de fléchage des dépenses de la « part individuelle », celle que chaque jeune décide d’utiliser comme il le veut, y compris pour acheter une PS5, faire un escape game ou voir un navet interstellaire. L’argent public, le nôtre, sert donc les intérêts des industries culturelles sans changer les usages culturels, pauvres ou riches, de nos jeunes.

Pourquoi donc se plaindre du brutal arrêt du dispositif ? Parce qu’aux marges de la gabegie les librairies indépendantes constatent aussi un accroissement de leurs ventes grâce au pass Culture, même si une part se concentre sur les mangas et les bestsellers. Mais aussi, surtout, parce que la « part collective » gérée par les professeurs permet aujourd’hui de financer les sorties des élèves, et est devenue importante pour les recettes des théâtres et lieux culturels qui mettent en place des dispositifs à destination des jeunes. En ces temps de disette, cette part de recettes n’est plus négligeable.

Alors que le Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle est violemment attaqué par le Sénat, que les subventions aux associations culturelles et sociales sont en baisse drastique, que les adultes relais sont supprimés par l’État, que les services civiques sont suspendus, c’est toute une chaîne patiemment construite entre les générations, les cultures et les pratiques qui est attaquée, de toute part. 

Les capitalistes ont-ils oublié que souffler sur les braises des guerres sociales ne peut, à terme, que desservir leurs intérêts, et nous entraîner tous ensemble vers un nazisme réinventé, que seuls des esprits libres, démocratiques, éduqués, cultivés, savent combattre ?  

AgnÈs Freschel


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Pépin

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Pépin © XDR
Pépin © XDR

La Criée sait comment lancer les vacances d’hiver. Du 6 au 9 février, la Scène dramatique nationale de Marseille propose le spectacle jeune public Pépin (à partir de 9 ans), écrit par Kariam El Kharraze et Christelle Harbonn, qui en assure aussi la mise en scène. Dans cette fable aux allures de dystopie très humide – la quasi-totalité de la planète est recouverte par les eaux – ne survit qu’un petit territoire appelé Ville, tenu de main de fer par un régime autoritaire : on n’a même pas le droit de pleurer pour ne pas rajouter de l’eau ! On y suit les aventures de Pépin et Baba, en quête d’un avenir meilleur pour le monde. 

NICOLAS SANTUCCI

6 au 8 février 
La Criée, Théâtre national de Marseille  

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Black Lights 

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Black Lights © Marc Coudrais, les danseurs en mouvement
Black Lights © Marc Coudrais

Parler des femmes face à toutes les violences, qu’elles soient physiques ou morales. C’était le point de départ de la série H24, diffusée sur Arte, qui s’appuyait sur 10 textes écrits par autant d’autrices à travers le monde. De cette série coup de poing, la chorégraphe Mathilde Monnier en a fait le spectacle-manifeste intitulé Black Lights. Ici la littérature se fait danse, et les huit interprètes incarnent à travers leurs mouvements les paroles de ces écrivaines. Le plateau devient alors l’espace de lutte, où colère, joie, impuissance, et détermination se bousculent. Au plus près du spectacle, et du vivant. 

NICOLAS SANTUCCI

6 et 7 février
Bois de l’Aune
, Aix-en-Provence

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Babïl

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les deux comédiens pour BABIL
Babïl © Fred Saurel

Tohu et Bohu parlent, l’un vite et trop, l’autre moins… Agnès Régolo, directrice de la compagnie marseillaise Du jour au lendemain, met en scène la pièce de Sarah Carré avec un formidable duo d’acteurs : Raphaël Bocobza et Antoine Laudet plongent vers les prémices du langage, ceux d’enfants qui apprennent à babiller, ceux des civilisations qui construisent la Tour de Babel et sa multitude de langues… Parler, est-ce se comprendre ou se séparer ? Babïl, simplement, affirme que nous sommes des êtres de langage, et du plaisir de babiller, chacun à son rythme, chacun dans sa langue, mais ensemble. Un spectacle réjouissant, pour tous et toutes dès 5 ans. 

AGNÈS FRESCHEL

11 février à 10h30 et 14h30
Forum de Berre, Berre-l'Étang

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7 secondes d’éternité 

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Hedy Lamarr en noir et blanc
Hedy Lamarr Ziegfel Girl © XDR

Hedy Lamarr, de son vrai nom Hedwig Kiesler, est une actrice, productrice et inventrice autrichienne naturalisée américaine, et dont l’incroyable vie a inspiré le dramaturge autrichien Peter Turrini. C’est de cette vie, et de ce texte, que s’empare la compagnie Animal 2nd pour Sept secondes d’éternité, présentée ce 7 février à Mornas à l’invitation de Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse. On se balade, entre Europe et Amérique, au plus près de ce personnage plus qu’étonnant : Elle est la première femme à apparaître nue sur un grand écran, elle aurait inspirée le personnage de Catwoman… et est à l’origine de la Wi-fi. Rien que ça ? 

LILLI BERTON FOUCHET

7 février
Salle des fêtes de Mornas
À l’invitation du Centre dramatique des Villages du Haut Vaucluse

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Un Boléro / Récital

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un-bolero_credit_laurent-paillier François chaignaud en mouvement
Un Boléro © Laurent Paillier

Les chorégraphes François Chaignaud et Dominique Brun présentent deux solos de danse ce 6 février au Pavillon Noir (Aix-en-Provence). D’abord Un Boléro, qui revisite l’œuvre de Ravel, avec Sandrine Legrand et Jérôme Granjon derrière les pianos. Traversant les cultures et les époques, le danseur prend inspiration dans la figure de Bronislava Nijinska, la première et unique femme chorégraphe des Ballets russes ; mais aussi dans le butō de Tatsumo Hijikata ; ou La Argentina, fondatrice des ballets espagnols. Puis Récital, le second solo, s’immisce dans l’univers d’Isadora Duncan, pionnière oubliée de la danse moderne et libératrice du corset et du tutu. Une performance ardente pour le danseur, dans laquelle son corps sculpté et sa longue robe s’alignent au rythme du récital, alternant mouvements rapides et lents, tournoiements, spirales et courses effrénées. 

LILLI BERTON FOUCHET

6 février
Pavillon Noir, Aix-en-Provence

Parallèle : du geste en ouverture

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PARALLÈLE
Davi Pontes et Wallace Ferreira © Fe Avilla

Ce sont les performeur·euse·s brésilien·ne·s Davi Pontes et Wal­lace Fer­rei­ra qui ouvraient le bal du Festival Parallèle ce 31 janvier avec leur Repertó­rio N.3, dernier volet de leur trilogie autour de l’autodéfense. Cette performance était donnée dans la salle Seita de la Friche, dont les gradins avaient été recouverts, le public été ainsi invité à s’installer tout autour du plateau, sur des chaises, des coussins déposés au sol et des tables. C’est donc au plus près des spectateur·ice·s que les deux artistes font irruption sur scène, complètement nu·e·s à l’exception de chaussettes et d’une paire de baskets lourdes. Une première image marquante, dans un silence absolu. Après un temps d’attente, où les deux artistes observent longuement le public, iels se lancent dans une étrange déambulation tout autour de la salle, martelant le sol avec leurs semelles, à l’unisson, militaire. Iels s’arrêtent, reprennent. À chaque pause, leur nudité permet de percevoir l’effet de leurs mouvements, simples mais éprouvants par leur répétition, sur leur corps. Parfois, l’un agrémente sa marche d’un mouvement des bras ou du poignet, que l’autre reprend presque immédiatement. Ou alors iels prennent la pose, de manière souvent suggestive. On se croirait face à un rite initiatique dont seul eux connaitraient les codes et auquel le public est bien forcé de s’adapter – voire d’y participer, comme lorsque Davi Pontes fait appel à certains spectateurs pour l’aider à pousser une table sur laquelle Wallace Ferreira prend la pose. Au fur et à mesure de la performance, leurs mines graves laissent place à plus de légèreté, voire d’autodérision, et leur complicité est de plus en plus visible. 

From perf to rock

Après cette performance, direction le Grand Plateau pour une pièce chorégraphique signée Jeremy Neddfrom rock to rock…aka how magnolia was taken for granit se présente comme une exploration formelle et éthique autour d’un pas de danse, le Milly Rock. Un simple mouvement du bras, rabattu en rythme à l’avant du corps, qui fut au centre d’un procès entre le rappeur 2 Milly, qui affirme l’avoir inventé, et le jeu vidéo en ligne Fortnight, qui l’a repris et l’a rendu viral.

Sur scène, les cinq interprètes vêtus d’ensembles de jogging évoluent dans un décor frappé de blanc dont les quelques éléments visuels rappellent l’aspect rocailleux et enneigé des montagnes. En chœur, et sur une bande son qui bat la cadence, iels se mettent à effectuer le Milly Rock. 

La simplicité et le caractère organique de ce geste permet de laisser transparaître la singularité de chacun·e d’entre eux, les différences d’amplitudes, les petites variations individuelles. Jeremy Nedd développe toute sa chorégraphie autour de ce mouvement, qu’il agrémente d’autres mouvements familiers des danses qui fleurissent sur TikTok. Mais au delà de l’aspect répétitif du geste, il incorpore des éléments humoristiques ou absurdes, comme quand l’un des interprètes arrivent sur scène à bord d’un Segway, ou un autre avec des chaussures en granite. Mais ces tableaux, qui détonnent avec d’autres plus poétiques, donnent un aspect parfois décousu à l’ensemble. 

CHLOÉ MACAIRE 

Repertó­rio N.3 et from rock to rock… ont été joués le 31 janvier à la Friche La Belle de Mai.
Festival Parallèle 
Jusqu’au 8 février 
Divers lieux, Marseille

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Une jeunesse sacrifiée

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TAIRE © Christophe Raynaud de Lage
TAIRE © Christophe Raynaud de Lage

Jocaste s’est mariée sans le savoir à son fils Œdipe. De cette union sont nés quatre enfants : Antigone, Étéocle, Polynice et Ismène. Quand la vérité est révélée, Jocaste se pend, Œdipe fuit, Étéocle est nommé roi de Thèbes, et Polynice doit s’exiler à jamais. Un pêché originel, aux générations suivantes de s’en dépêtrer. 

C’est avec ce rappel mythologique que commence Taire, la dernière création de Tamara Al Saadi. La metteuse  en scène présente ici un aller-retour entre la jeune Eden, placée à l’Aide sociale à l’enfance, et les vicissitudes d’une Thèbes allégorie de la  Palestine.  

Très vite, c’est à un rendez-vous entre un agent de l’Aide sociale à l’enfance (puissante Manon Combes) et la famille d’accueil d’Eden que l’on assiste. Cette famille, aimante, doit s’installer à Strasbourg pour que le père puisse enfin décrocher un travail. Mais impossible pour l’administration qu’Eden puisse sortir du département où vit sa mère, pourtant totalement absente et atteinte de troubles psychiatriques. L’enfant est donc placée en foyer, puis fait la valse des familles d’accueil, dans une enfance chaotique où violence verbale, pédophilie et racisme sont de la partie. Interprétée par une Chloé Monteiro nerveuse et sensible, elle ne peut que crier sa colère face à l’injustice que les décisions de quelques-uns lui ont causé. 

À côté du bruit d’Eden, il y a le mutisme d’Antigone (Mayya Sanbar). Dans son palais, elle assiste à la guerre fratricide entre Étéocle et Polynice. Le premier est le roi légitime de Thèbes, l’autre est le frère caché – pour que leur origine incestueuse ne soit pas révélée au monde. Mais quand ce dernier apparaît enfin sur scène, joué par le toujours remarquable Ismaël Tifouche Nieto, on apprend qu’il n’a d’autre désir que retourner vivre chez lui, comme l’indique  la clef qu’il porte en bandoulière autour du cou – le même symbole utilisé en Cisjordanie par les Palestiniens délogés par les colons israéliens. La guerre éclate tout de même, largement encouragée par oncle Créon, qui se régale du chaos, et prend enfin le pouvoir. 

Un art maîtrisé de la scène

C’est la première fois que l’on voyait, à Marseille, Tamara Al Saadi sur un plateau aussi grand que celui de La Criée. Mais s’il reste vaste, il est tout juste suffisant pour accueillir l’ingéniosité de sa scénographie. Des structures métalliques mobiles et modulables servent à matérialiser les différents décors et temporalités, et sont également sonorisées, ce que l’on découvre stupéfait quand Bachar Mar Khalifé tapote sur un des bancs, et que toute la salle résonne de ses battements. Même effet virtuose avec la présence sur scène de la bruiteuse Éléonore Mallo, qui avec un ballon de baudruche fait entendre les oiseaux, et avec un coussin nous embarque en voiture. Il y aussi la guitare de Fabio Meschini, qui ponctuera les scènes de sonorités orientales, ou franchement rock voire métal. 

Tout dans cette pièce en dit long sur la maîtrise de Tamara Al Saadi. Parfois, un simple geste de la tête d’un comédien provoque frissons ou rires. La lumière aussi, qui offre des tableaux d’une rare élégance. Et puis il y a le propos. En ouverture, un grand tableau noir sépare le public de la scène, sur lequel est rappelé l’étymologie du mot enfant « celui qui ne dit pas » en latin. Et c’est justement la parole aux enfants, d’ici et d’ailleurs qu’elle donne. Les laissés pour compte en France, 400 000 enfants placés en France à l’ASE et dont la communauté nationale ne se soucie guère. Les milliers d’enfants tués et délogés en Palestine dont la communauté internationale ne se soucie pas davantage. 

NICOLAS SANTUCCI 

À venir
jusqu’au 7 février
La Criée, Théâtre national de Marseille
du 5 au 8 mars
Théâtre national de Nice
les 13 et 14 mars
Scène nationale de Châteauvallon 

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