mercredi 4 novembre 2026
No menu items!
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
cliquez sur l'image pour en savoir plusspot_img
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
Accueil Blog Page 36

ENTRONCAMENTO : Les yeux de Laura

0
@Les Alchimistes

Entroncamendo est une toute petite ville du centre du Portugal à la croisée de deux lignes ferroviaires où les anciennes communautés ouvrières du chemin de fer ont vu arriver d’autres populations fuyant la cherté de Lisbonne. Le réalisateur y a grandi ; il en fait le cadre et le substrat de son deuxième long métrage. Un lieu clos de tragédie où on n’échappe pas à son destin. Où s’exacerbent les tensions entre Portugais et Gitans – une guerre entre pauvres attisée par une extrême droite conquérante. Où les rivalités commerciales entre dealeurs se règlent à l’arme blanche, au coup de poing ou de feu. Et où, surtout, triomphent le conservatisme, les préjugés racistes, la misogynie, la masculinité toxique de gros durs sans cervelle. C’est là qu’arrive Laura (Ana Vilaça). Visage rond, moue boudeuse, un sourcil coupé et des yeux qui semblent en avoir trop vu. Une maturité qui lui fait voir les mâles du cru, tels qu’ils sont : des gosses inconséquents. Peu de mots. Pas d’effusions. Laura pratique la boxe et ne s’en laisse pas conter. Des ecchymoses sur le corps, entr’aperçues au miroir, laissent imaginer la violence récente qu’elle fuit. Elle est accueillie par son cousin Bruno ( Sergio Coragem), père d’une fillette, et séparé de la mère de l’enfant, Nadia ( Cleo Diára), une « Noire » qui s’est « mise » avec un Gitan, Gilinho (Henrique Barbosa). Le couple est ostracisé par le quartier tout entier, rejeté par leur propre famille. Nadia et Laura se rapprocheront inévitablement.

Dans la cité, tous dealent hasch ou coke. Cash compté à l’euro près, comptes-rendus aux boss et règlements de compte quand le compte n’y est pas. « Tout est permis/La loi de la rue/une lame sur la nuque » rapent les jeunes du quartier

Laura essaie un travail « honnête » : magasinière dans un supermarché pour 450 € par mois. Bien vite elle rejoindra le trafic de la dope.

Immersion et distanciation

Sur ce sujet exploré par nombre de documentaires et de fictions, le jeune réalisateur de 33 ans, assume ses références :  Le Prophète de Jacques Audiard, le Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin, les plans de Cristian Mungiu et le cinéma guérilla, caméra à l’épaule, laissant une part d’improvisation. Il y apporte son expérience et sa singularité : Entroncamendo est un film de gangsters, sociologique et féministe, qui joue à la fois de l’immersion documentaire et de la mise à distance.

La plongée dans la vie du quartier et de cette jeunesse portugaise se fait par le choix du  casting mêlant pros et non pros, par la multiplication des trajectoires des personnages, par le réalisme des conversations ordinaires de bistrot ou de discothèque, xénophobes et sexistes. Le réalisateur précise que la présence de gitans sur les plateaux a dû parfois être cachée pour obtenir les autorisations du tournage.

La ville se découvre surtout grâce à Laura, venue de l’extérieur. La mise en scène travaille les cadrages, fenêtres ou portes, dans des espaces resserrés. Ou ouvre la nuit interlope aux lumières diffuses. Beau travail de la chef op Leonor Teles.

On entend la musique des quartiers : techno, rap et morceaux populaires mais c’est Debussy qui accompagne la jeune femme.

ELISE PADOVANI

Entroncamento de Pedro Cabeleira en salle le 1er juillet

L’amer, toujours recommencé

0

Le 20 juin au Mucem, SOS Méditerranée n’a pas « célébré » ses 10 ans. Pourtant en dix ans d’existence l’ONG a sauvé 43 418 vies. Soit l’équivalent de la population de Martigues, d’un stade Vélodrome au trois-quarts plein, d’un tiers de la ville d’Aix, d’un arrondissement de Marseille. 43 418 personnes à qui les sauveteurs ont tendu la main pour que, une par une, elles montent à bord et ne finissent pas noyé·es au fond de notre mer amère. Des missions de sauvetage presque artisanales dans les moyens mis en œuvre, mais au résultat massif. Et désespérant. 

Triste record

La Méditerranée vient de vivre en silence ses semaines les plus meurtrières. Le nombre de disparus sur la route de la Méditerranée centrale est sans précédent. En cause, le harcèlement judiciaire que connaissent les navires de sauvetage, qui sont immobilisés ou empêchés d’accoster. Qui subissent des tirs. Chaque jour d’immobilisation tue des hommes, des femmes, des enfants (1/4 des naufragés) qui se noient faute de secours. 

Depuis 10 ans SOS Méditerranée sauve des vies parce que les États côtiers et l’Europe ont illégalement abandonné leurs missions de sauvetage. L’UE finance les garde-côtes libyens pour empêcher les migrants sub-sahariens de franchir la mer. En 10 ans, si 43 418 vies ont été sauvées, ce sont officiellement 35 000 personnes qui ont disparu en mer, et plus 192 000 qui ont été intercepté·es par les garde-côtes libyens, et renvoyé·es dans des prisons où les femmes, et certains hommes, sont systématiquement violé·es. Où tous sont racketté·es  et exploité·es comme esclaves. 

Les ONG de sauvetage pallient les manquements des États européens démissionnaires. SOS Méditerranée, depuis 10 ans, travaille les consciences, éduque, communique, organise des formations, des évènements artistiques de soutien. Prudemment, sans prendre part à la vie politique française, considérant que le sauvetage des vies humaines devrait parler à tous les décideurs publics. 

L’asphyxie des ONG, l’asphyxie du peuple

Mais aujourd’hui les dons privés et publics diminuent. Parce que le secteur associatif s’est massivement appauvri et que tous font appel aux dons pour survivre. Parce que chacun·e croise chaque jour des dizaines de pauvres qui demandent de quoi manger, parce que chacun·e a peur pour son propre avenir. Parce que les médias, qui sont pour une bonne part aux mains de l’extrême-droite en France, ne remettent pas en cause les défaillances de l’État, attisant au contraire la peur des « migrants ». Parce que les politiques d’immigration désignent des boucs émissaires et contaminent les esprits, les discours, et les lois nationales. Non contre la pauvreté, mais contre les pauvres. 

Aujourd’hui il ne s’agit plus, pour les ONG de sauvetage, de faire seulement appel aux dons. Le droit maritime international doit être appliqué, l’Europe doit cesser de financer les garde-côtes libyens et les États côtiers doivent rétablir des mesures de sauvetage à la mesure du désastre humain. Fondées non sur la compassion, ponctuelle et variable, mais sur le droit international. Le droit des peuples.

La main tendue, le poing levé

Tendre la main à ceux qui sombrent, lever le poing contre ceux qui nous abusent. Il ne suffit plus aujourd’hui de faire appel à la solidarité d’un peuple qui s’appauvrit, et moins encore au mécénat d’entreprises capitalistes qui s’enrichissent et spéculent sur l’art, notre santé, notre climat et la guerre. Le sang futur de nos enfants. 

Le secteur culturel, les médias indépendants, les associations humanitaires et sociales, les collectivités mises à l’amende par l’État français au profit des grands groupes capitalistes, peuvent reprendre la main sur ce qui leur est dû, comme le secours est dû à ceux qui viennent ici chercher refuge. 

Car un autre triste record a été battu au premier trimestre 2026. Celui des bénéfices de TOTAL. Grâce à la guerre, le second trimestre sera certainement plus lucratif encore. Ce bénéfice trimestriel net (4,9 milliards d’euros) a bondi de 51% pendant le blocage du détroit d’Ormüz. Cette somme, engrangée sur trois mois, est l’équivalent d’une fois et demie le budget annuel de la Région Sud (3,2 milliards d’euros). Et près d’une fois et demie celui du ministère de la Culture (3,7 milliards d’euros). 

AGNÈS FRESCHEL


Retrouvez nos articles Société ici

Nuits Métis

0
Widad Mjama et Khalil Epi du duo Aïta mon amour © X-DR

Chaque année depuis 33 ans, le festival Nuits Métis transforme Miramas en carrefour culturel. S’y retrouveront du 24 au 27 juin des artistes venus de cinq continents et huit pays différents. Au programme, concerts, batucadas aux marionnettes géantes, déambulations circassiennes, spectacles jeune public et fanfare. Sur scène : Widad Mjama, pionnière du rap féminin au Maroc, et Khalil Epi, figure emblématique de la scène électronique arabe. Il y aura aussi le reggae hip-hop de Ky-Mani Marley ; le rock de Bab L’bluz ; la kora d’Ablaye Cissoko ou encore la Grèce de Mélina Vlachos.

Du 24 au 27 juin
Théâtre La Colonne et Plan d’eau Saint-Suspi

Miramas
Un article complet est à lire dans notre magazine paru le 12 juin et encore en kiosque.

Retrouvez nos articles Musiques ici

Dub Station Festival

0
Omega Nebula © X-DR

Rendez-vous de la culture dub de l’été, le Dub Station Festival revient les vendredi 26 et samedi 27 juin au Stadium de Vitrolles. Au programme comme chaque année. Le festival s’arme de sonos béton avec la scène « The Arena » sonorisée par le collectif Blackboard jungle et « The Yard » par et le Lion’s Den sound system venu de berlin. De quoi faire briller Aba Shanti-I, Joe Yorke et Dubkasm ; mais aussi des artistes innovants, comme les Anglais Omega Nebula qui reprennent des codes de la musique électronique sur des rythmes Drum & Bass, ou les Écossais de An Dannsa Dub et leurs mélanges entre dub et musique traditionnelle écossaise. Sur place, il y aura une petite aire de bivouac pour ceux qui ne veulent pas en perdre une miette, un bar, un stand de restauration et un village de stands d’artisanat et de vinyles.

P.L.
26 et 27 juin
Stadium de Vitrolles
Un article complet est à lire dans notre magazine paru le 12 juin et encore en kiosque.

Retrouvez nos articles Musiques ici

Carmen, l’Opéra Rock

0
Carmen, opéra rock © X-DR

La Carmen de Carmen, l’Opéra Rock parcours nos rues, écoute nos musiques et fait la fête comme nous. Car son histoire, finalement, n’a pas d’âge. Jeanne Noyelle et Mikhael Piccone mettent en scène cette réécriture en « comédie musicale » de la pièce de Bizet dans un langage artistique accessible à tous, mélangeant celui de l’opéra et de la culture populaire. Ainsi, on passe des airs mythiques de Bizet à des chansons de Stromae, Dalida, et Céline Dion, alors que s’invitent danseurs de modern jazz et de K-Pop. Le spectacle est l’occasion de se produire pour de nombreux artistes en herbe : les grands élèves du Forum, ceux de la classe de chant du Conservatoire de Marignane, du pôle vocal et des ateliers jeunes musiciens.

P.L.
27 juin
Forum de Berre

Retrouvez nos articles Musiques ici

Au Large

0
© X-DR

Festival à l’air libre et salé, Au Large revient pour une 6e édition du 25 au 27 juin. C’est sur la scène centenaire du Théâtre Silvain que se produiront une dizaine d’artistes venus d’univers différents. La programmation, même s’il accueille de grandes têtes d’affiche, reste fidèle à l’ancrage local du festival. Il s’ouvre avec le « rock céleste » du duo féminin marseillais Tessina, les mélanges éclectiques de DJ Christian et les chansons douces de Pomme. Le lendemain s’annonce électronique avec aux platines NTO, Ditter, Bonne Nuit, Mila Necchella et Big Buddha. Enfin, les compositions électro-créoles de David Walters et les chansons françaises aux touches martiniquaises du groupe Tifol réchaufferont un dernier coucher de soleil, que rejoindra Gaël Faye en remplacement de Kery James.

P.L.
Du 25 au 27 juin
Théâtre Silvain
, Marseille
Un article complet est à lire dans notre magazine paru le 12 juin et encore en kiosque.

Retrouvez nos articles Musiques ici

What did you expect ?

0
What did you expect ? © X-DR

Difficile de savoir à quoi s’attendre avec Christian Ubl, nom bien connu de la scène chorégraphique marseillaise. Cet artiste formé au patinage, aux danses latines et contemporaines aime à penser des spectacles ludiques et conceptuels, s’articulant autour de la théorie du chaos et de l’enchaînement imprévisible. En compagnie du mentaliste Kurt Demey, et d’un public dont il attendra réactivité et même participation, le chorégraphe présentera sa dernière création What did you expect ? à Klap ce 24 juin, avant de l’emmener à Avignon pour le temps fort (et estival) des Hivernales.

 S.C.
24 juin
KLAP – Maison pour la danse
, Marseille

Retrouvez nos articles Scènes ici

Lovemusic

0
Collectif Lovemusic © X-DR

À l’issue d’une résidence au GMEM, le collectif Lovemusic présente United States of Love 2.0, un concert consacré aux œuvres de jeunes compositrices et compositeurs de l’University of California, Berkeley. Durant plusieurs semaines, les membres de Lovemusic ont accompagné ces créateurs dans un processus de transformation des pièces, nourri par les répétitions et les sessions d’enregistrement. Cette démarche est cœur de l’identité du collectif. Fondé à Strasbourg, celui-ci s’attache à défendre la musique contemporaine à travers des collaborations horizontales et une approche immersive du concert. Sans chef, les musiciennes et musiciens apprennent à développer l’écoute collective et la scène devient un lieu d’interaction directe avec le public. Lumière, vidéo et scénographie participent à leurs propositions, pensées comme de véritables expériences sensorielles.

A.-M.T.
26 juin 
Friche Belle de Mai
, Marseille

Retrouvez nos articles Musiques ici

Chants Libres

0
Sahak Mesrop © X-DR

Du 26 au 28 juin, Bargemon, Callas et Claviers accueillent l’étape provençale de Chants libres, festival national de chant choral. Cette édition 2026 met l’Arménie à l’honneur à l’occasion du jumelage entre Marseille et Erevan. Un fil conducteur qui traverse l’ensemble du week-end et trouve son point d’orgue dans Chanter Paradjanov, présenté au Théâtre de Verdure de Callas. Le spectacle rend hommage à Sergueï Paradjanov, figure du cinéma soviétique du XXe siècle. Né en Géorgie dans une famille arménienne, le réalisateur s’est imposé par une œuvre visuelle singulière, faite d’images symboliques, de références aux traditions populaires et de tableaux inspirés des arts plastiques. Son film Sayat Nova, consacré au poète arménien du même nom, est une œuvre marquante du cinéma d’auteur.

Du 26 au 28 juin

À Bargemon, Callas et Claviers

Un article complet est à lire dans notre magazine paru le 12 juin et toujours en kiosque.

Retrouvez nos articles Musiques ici

Encore Encore

0
Encore Encore ©Thomas Castelas

Le festival électro revient pour sa 7e édition à Correns, dans le Var. Pour ouvrir sa première journée, le rendez-vous accueille Softness et sa flûte traversière, suivi de PPJ qui mélange la samba à la techno. Mai-Linh, Eau Vive b2b Nol et Abstraxion poursuivront entre house, trance et rythmes hypnotiques.

Le lendemain, Sauna Radio w. Renlo & Sean Fender, Schön Paul, Pastel, Gloria et Fabiola navigueront entre sonorités house, techno et surprises sonores. Dj Babatr apportera sa « raptor house », tandis que Deize Tigrona déploiera des sons funk cariocas. Caiman proposera son univers entre folk-rock et dream pop, Balthazar Montanaro fera dialoguer traditions occitanes et musiques contemporaines, et le Club de poésie sortira les mots du papier pour en faire une expérience vivante et joyeuse.

26 au 28 juin

Correns

Un article complet est à lire dans notre magazine paru le 12 juin et toujours en kiosque.

Retrouvez nos articles Musiques ici