« Plus que jamais, il nous semble précieux de cultiver ces moments où l’on se rassemble pour écouter » proclame l’éditorial des Émouvantes. Ce festival, désormais solidement installé dans la salle Audioli du Conservatoire Pierre Barbizet, à Marseille, est l’un des événements musicaux les plus attendus de la rentrée, et invite, du 10 au 12 septembre, à la découverte des expressions du jazz contemporain.
Tout commence par une restitution d’atelier avec la flûtiste et saxophoniste Léa Ciechlelski : inlassable glaneuse de couleurs musicales inédites, gageons qu’elle aura à cœur d’ouvrir les oreilles des élèves du conservatoire vers des horizons débordants de vibrations contrastées.
Elle reviendra en fin de soirée avec Franges, un quintet aux accents cinématographiques lauréat du dispositif Jazz Migration, oscillant entre pulsations synthétiques, énergies rock et improvisations libres. Entretemps, le quartet Abyskiss convie l’auditoire dans les profondeurs sensibles en croisant les fréquences inédites de la guitare baryton (Pierre Tereygeol) et de l’euphonium (Camille Maussion), entre autres.
Le lendemain, Les Émouvantes mêlent poésie et engagement. Avec le projet Unfolding tout d’abord : un quartet conduit par la vocaliste Maria-Laura Baccarini et le batteur François Merville, avec le pianiste Bruno Ruder et le violoncelliste Bruno Ducret, pour une mise en musique de textes de la dramaturge et poète Dorothée Zumstein. Il y est question de faits divers récents, de leur couverture médiatique, et des figures féminines qui se sont retrouvées au centre de ces affaires, souvent réduites au silence ou à l’image que l’on fabrique d’elles.
Panthéon intime
Dans le même élan, on écoutera Unsung Heroes : cinq poèmes musicaux dédiés à des figures d’un panthéon idéal – Nelson Mandela, Vandana Shiva, René Dumont, Frederick Douglass et Albert Ayler – par un orchestre de virtuoses du sensible – Sakina Abdou saxophones, Matthias Mahler trombone, Fabrice Martinez trompettes, bugle, Claude Tchamitchian contrebasse, compositions, Christophe Marguet,batterie.
Ouverture en fanfare le dernier soir avec le trio Journal Intime : ces funambules d’un jazz chambriste, compagnons de route de Vincent Peirani, Thiéfaine ou Calypso Rose déploient la puissance d’un brass band déjanté (Sylvain Bardiau trompette, Frédéric Gastard saxophone basse, Matthias Mahler trombone).
La conclusion du festival est confiée à Jet Whistle qui fusionne avec une énergie débordante jazz, électro, bruitisme, récits aquatiques et rock, autour des compositions de la flûtiste Fanny Martin, leadeuse du groupe désireuse de bousculer l’image de son instrument.
LAURENT DUSSUTOUR
Les Émouvantes
Du 10 au 12 septembre
Conservatoire Pierre Barbizet, Marseille
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