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	<title>Annie Gava, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Annie Gava, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Un Cinemed mémorable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Oct 2026 11:38:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le sort s’est acharné sur Cinemed&#160;: le Corum inondé devenu inutilisable, la fermeture, le 17 octobre, des cinémas de repli, le Gaumont et le Rabelais… Puis les violentes pluies les lundi et mardi, et pour finir l&#8217;annulation par la préfecture, le 24, des projections après 14 h et de la cérémonie de clôture.&#160; Malgré cette [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le sort s’est acharné sur Cinemed&nbsp;: le Corum inondé devenu inutilisable, la fermeture, le 17 octobre, des cinémas de repli, le Gaumont et le Rabelais… Puis les violentes pluies les lundi et mardi, et pour finir l&rsquo;annulation par la préfecture, le 24, des projections après 14 h et de la cérémonie de clôture.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cette incroyable conjonction de difficultés, le public fidèle au rendez-vous a patienté dans de longues files d&rsquo;attente, parfois sous les parapluies. Un public qui a ovationné l’équipe au moment de la dernière projection, en avant-première, de <em>7h40 ce matin-là,</em> de Nicole Garcia. Qui a malheureusement annulé sa venue en raison du changement d’horaire et du mouvement social. Un film réussi grâce à sa mise en scène, à l’interprétation des acteur·ices, en particulier <strong>Marion Cotillard</strong> et <strong>Théodore Pellerin</strong> et à la musique d’<strong>Amine Bouhafa</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Jury de la compétition longs métrages a dû choisir son Antigone d’Or parmi les films d’une compétition d’une très grande qualité : il l’a attribuée à <em>Dua</em>, le beau film de la réalisatrice kosovare, <strong>Blerta Basholli</strong> qui suit une jeunesse en pleine tourmente dans la guerre. <em>Chronicles from the Siege</em> d’<strong>Abdallah Al-Khatib</strong> a obtenu le Prix de la Critique<em>.</em> La fiction chorale, divisée en cinq récits, est inspirée par le vécu du réalisateur dans le camp de réfugiés de Yarmouk, mais aussi par ce que vivent les Palestiniens depuis de nombreuses années.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jeunes et vieilles, we matter</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeunesse qui se bat, comme un écho à notre actualité, était très présente sur les écrans. Dans <em>I Matter. We Matter. Ne l&rsquo;oubliez jamais ! </em> de la réalisatrice rom <strong>Alina Serban</strong>, inspiré par sa propre histoire, Rebecca (<strong>Denisa Farcaș</strong>), élevée dans un foyer à Bucarest, attend avec impatience la sortie de prison de son père (<strong>Sorin Mihai</strong>). Elle a réussi le concours d’entrée dans une grande école d’art dramatique et a du mal à assumer sa condition, face à des jeunes qui ont plus de chance qu’elle dans la vie ; elle va se battre pour accepter et revendiquer fièrement son identité rom. Un film très touchant qui a remporté le Prix des Activités sociales de l’énergie.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Inspiré aussi par ce qu’il a vécu avec sa compagne, <strong>Rami Kodeih</strong> raconte dans son film <em>Furies,</em> qui représentera le Liban aux Oscars 2027, le braquage audacieux d’une banque par deux sœurs dont l’une doit se faire opérer rapidement d’un cancer de l’utérus. Pour cela, il faut de l’argent, à un moment, octobre 2019, où le système bancaire gèle les comptes courants et bloque l&rsquo;accès des citoyens à leurs propres économies. Un thriller de braquage, plein de rebondissements, habilement mis en scène, et superbement interprété par le duo d’actrices, <strong>Rym Mroue</strong> et <strong>Maria Nakouzi</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier film autorisé par la Préfecture, le 24 octobre avant 14 h, résonnait avec la situation politique&nbsp;: dans <em>Mon fils président</em> <strong>Mathias Mlekuz</strong> suit la quête de son fils cadet, Manolo, âgé de 19 ans qui veut se présenter à l’élection présidentielle et doit donc récolter les 500 parrainages d&rsquo;élus : il a raté son permis et c’est donc avec, son père, son frère Josef, l’ami de toujours <strong>Philippe Rebbot</strong> sans oublier le chien Lucky, qu’il parcourt en fourgon l’Est de la France. À la fois road movie, odyssée familiale, captation de l’atmosphère politique des petites communes, le film de Mathias Mlekuz a suscité de nombreuses questions sur la frontière entre fiction et documentaire. Notamment celles de <strong>Dominique Cabrera</strong> dont le dernier film, <em>Des femmes comme les autres,</em> une fiction émouvante inspirée par le réel, s’attache à rendre visibles deux vieilles dames montpelliéraines, transfigurées par <strong>Hélène Vincent</strong> et l’incroyable <strong>Yolande Moreau</strong>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse">Le festival <em>Cinemed</em> s’est tenu à Montpellier du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">16 au 24 octobre</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/"><em>cinéma</em> ici </a></p>
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		<title>La « Tentazione » au goût amer de Nicolangelo Gelormini</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Librement adapté de la pièce de théâtre Se non sporca il mio pavimento, inspirée de l&#8217;histoire vraie d’une enseignantepiémontaise assassinée en 2016,le deuxième long métrage du réalisateur napolitain Nicolangelo Gelormini, La Tentazione, dépeint la rencontre de deux êtres blessés par la vie.&#160; Goia (Valéria Golino) la cinquantaine, aux tenues strictes et vieillottes, vit toujours chez [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Librement adapté de la pièce de théâtre <em>Se non sporca il mio pavimento,</em> inspirée de l&rsquo;histoire vraie d’une enseignantepiémontaise assassinée en 2016,le deuxième long métrage du réalisateur napolitain <strong>Nicolangelo Gelormini</strong>, <em>La Tentazione</em>, dépeint la rencontre de deux êtres blessés par la vie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goia (<strong>Valéria Golino</strong>) la cinquantaine, aux tenues strictes et vieillottes, vit toujours chez ses parents, entre un père muet souffrant de la maladie d’Alzheimer et une mère, Gisella (<strong>Betti Pedrazzi</strong>) qui contrôle tout. Pour s’échapper de cette prison familiale, son travail d’enseignante de français et ses lapins.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son cours depuis un mois, un jeune homme, Alessio (<strong>Saul Nanni</strong>) qui, fuyant le cours où il s’ennuie, se blesse à la cheville. Goia le raccompagne en voiture, troublée par un geste et un regard. Elle accepte de lui donner les cours particuliers qu’il est venu lui demander débarquant chez elle. Peu à peu, ce jeune, beau comme un dieu – on pense au Tadzio de <em>Mort à Venise</em> – va bouleverser sa vie&nbsp;: il lui fait mettre du rouge à lèvres, lui avoue qu’il se travestit, lui parle de son père, la fait danser.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le Lingotto pour décors </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alessio est habitué depuis l’enfance à se faire exploiter par Cosimo (<strong>Francesco Colella</strong>), l’ami de sa mère, qui le vend à des hommes aux désirs troubles. L’argent ainsi gagné sert à satisfaire les caprices de sa mère Carla (<strong>Jasmine Trinca</strong>), 38 ans qui le voit comme son «&nbsp;chef d’œuvre&nbsp;» mais n’hésite pas à le presser comme un citron. Alessio séduit et manipule, les seules choses qu&rsquo;on lui a appris à faire. Goia est la première qui s’occupe de lui, l’écoute, lui fait des lectures de textes en français, lui fait prendre conscience qu’il pourrait faire autre chose. Il propose à Goia de l’emmener à Monte Carlo où il veut monter une affaire. Il lui manque 220 000 euros… et Gioia a pas mal d&rsquo;économies de côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;«&nbsp;<em>Gioia et Alessio sont deux personnages fruits de notre imagination transférée cinématographiquement, pour donner corps au sentiment de solitude, d&rsquo;isolement et de vide qui caractérise le temps présent</em>&nbsp;», précise Nicolangelo Gelormini. Cette fable sombre, d’où émergent des moments de lumière, des séquences surréalistes comme le baiser dans un arbre, Goia suspendue par les lèvres, nous laisse effectivement un goût amer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Valéria Golino interprète avec beaucoup d’intensité cette femme qui sort de son cocon, et Saul Nanni, au visage d’ange, ce jeune déjà brisé par la vie. Le directeur de la photo <strong>Gianlucca Rocco Palma</strong> filme avec talent aussi bien les visages que les fêtes débridées auxquelles Alessio participe, sans oublier les superbes vues du Lingotto de Turin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Tentazione</em>, de <strong>Nicolangelo Gelormini</strong><br>En salles <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 28 octobre</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Cinemed : « Dua » de Blerta Basholli, une adolescence dans la guerre </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 09:36:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022, sortait en France Hive (La Ruche), un film touchant de la cinéaste kosovare Blerta Basholli sur le combat d’une femme après la guerre du Kosovo. La réalisatrice revient cette année avec Dua, inspiré de sa propre adolescence dans un pays en guerre, et déjà récompensé du prix SACD à la Semaine de la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2022, sortait en France <em>Hive</em> (<em>La Ruche</em>), un film touchant de la cinéaste kosovare <strong>Blerta Basholli</strong> sur le combat d’une femme après la guerre du Kosovo. La réalisatrice revient cette année avec <em>Dua</em>, inspiré de sa propre adolescence dans un pays en guerre, et déjà récompensé du prix SACD à la Semaine de la Critique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dua Gashi a 13 ans et, comme toutes les adolescentes, parle des garçons, d’un futur premier baiser. Cadette d&rsquo;une fratrie de quatre enfants, elle attend avec impatience que son corps se transforme. On danse, on écoute de la musique. Mais on est à Pristina au Kosovo, à la fin des années 1990, et les tensions grandissent entre Serbes et Albanais.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la salle de classe, on accueille de jeunes réfugiés d’une zone de combat. Humiliations ordinaires, contrôles policiers, répression féroce des manifestations étudiantes&nbsp;: le climat de peur s’installe et des familles quittent le pays. La mort de la sœur d’une de ses amies, abattue dans une rue de Pristina par la police serbe, rend la menace encore plus présente pour Dua.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Conscience et insouciance&nbsp;</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle se lie d’amitié avec Maki (<strong>Vlera Bilalli</strong>), réfugiée d’une autre région qui l’initie au judo. Son conseil pour gagner&nbsp;: «&nbsp;<em>Pense à la bête qui est en toi</em>&nbsp;». Dua et son frère Vegim (<strong>Andi Bajgora</strong>) pensent à rejoindre l’UÇK, l’armée de libération du Kosovo. «&nbsp;<em>Tout le monde n&rsquo;est pas né pour se battre</em> », rétorque la mère (<strong>Yllka Gashi</strong>). Mais Dua a la rage…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour son premier rôle, <strong>Pinea Matoshi</strong> insuffle à Dua une présence saisissante. Son regard en dit long sans qu’elle ait besoin de parler. La caméra de la talentueuse directrice de la photo <strong>Lucie Baudinaud</strong> ne la lâche pas, scrutant son visage comme un paysage changeant au fil des émotions, la suivant dans les rues de la ville en de longs plans séquences.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène où, après la fermeture forcée de l’école, avec sa sœur Tina (<strong>Kaona Sylejmani</strong>), elle chante et danse dans leur chambre au rythme de <em>Brazen</em> de Skunk Anansie &#8211; «<em>&nbsp;Pourquoi ne pleures tu pas quand je te blesse et quand la colère grandit en toi&#8230;</em> » &#8211; traduit la rage et la soif de vivre de cette jeune adolescente. Et les oscillations entre l’insouciance et la conscience du danger se plus en plus prégnant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;Je voulais montrer la complexité de la vie d’adolescents en temps de guerre,</em> […] <em>montrer qu’ils sont comme tous les ados du monde. Ils ont leurs rêves et leurs problèmes</em>&nbsp;», précise Blerta Basholli. C’est réussi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Dua</em> a été présenté <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 18 octobre </mark><br>dans le cadre du <a href="https://www.cinemed.tm.fr">festival Cinemed</a> au Centre Rabelais, Montpellier</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/"><em>Cinéma</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Cinemed : « Black Medusa », la terrifiante beauté d’Ismaël et Youssef Chebbi </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 09:30:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un conte en neuf nuits. Et quelles nuits&#160;! Et quel conte&#160;! En off, une voix de femme. Il était une fois … Un homme tombé dans un trou très profond et qui ne se souvient de rien. Première nuit&#160;: une femme, belle, brune, toute de noir vêtue, assise dans un bar. Échanges de regards. Un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un conte en neuf nuits. Et quelles nuits&nbsp;! Et quel conte&nbsp;! En off, une voix de femme. Il était une fois … Un homme tombé dans un trou très profond et qui ne se souvient de rien. Première nuit&nbsp;: une femme, belle, brune, toute de noir vêtue, assise dans un bar. Échanges de regards. Un homme, ivre, qu’elle raccompagne chez lui, le soutenant dans les rues de la ville. Elle le couche, le déshabille et le… viole avec un bâton. Le visage de la femme en gros plan montre sa jouissance qui augmente au rythme des coups de butoir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle, c’est Nada, (fascinante <strong>Nour Hajri</strong>), une jeune Tunisienne monteuse vidéo dans la journée, Méduse noire la nuit. Au cours des neuf nuits, la même méthode, attirer un homme, le droguer et le tuer. Pourquoi ? On ne le sait pas vraiment. Est-ce un traumatisme ancien ? Une séquence surexposée nous la montre traversant un bois, suivie par un homme dont elle semble d’abord accepter, d’abord accepter la présence, avant de le repousser, sans succès. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un couteau mythique qu’elle trouve par hasard, un couteau vieux de deux siècles qui appartenait à un assassin, devient sa nouvelle arme. <em>Black Medusa</em>, le film d’<strong>Ismaël</strong> et <strong>Youssef Chebbi</strong> n’est pas un film psychologique. C’est à chaque spectateur de construire son histoire à partir de ce qu’il voit ou ne voit pas. Beaucoup de trous, beaucoup d’ellipses dans ce film qui réinterprète le mythe de la Méduse. D’autant que Nada, mutique et peut-être sourde, communique très peu et seulement par l’intermédiaire de son téléphone, même avec Noura (<strong>Rym Hayouni</strong>), une collègue algérienne, graphiste avec qui se noue une relation ambigüe.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des nuits, la colère et la haine qui habitent Nada augmentent. On parle désormais d’une serial killeuse à Tunis, qui déambule, perchée sur ses hauts talons, dans les rues de la ville filmées par <strong>Imed Aissaoui</strong> dans un intense noir et blanc, d’une beauté aussi terrifiante que le <em>Cat people</em> de Jacques Tourneur. Un film envoûtant qui nous questionne.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Black Medusa</em> a été projeté dans le cadre du <a href="https://www.cinemed.tm.fr">festival <em>Cinemed</em> </a><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 19 octobre</mark> au Pathé Comédie, Montpellier</pre>



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		<title>Cinemed : « Les Fraises » de Laïla Marrakchi, l’exploitation en plein champ</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 09:25:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des femmes font la queue. On les contrôle, on les interroge. Elles quittent le Maroc en bateau pour rejoindre l’Espagne. Un paysage blanc, des serres à perte de vue, puis des baraquements vétustes où ces femmes, les bras chargés de sacs sont installées. Parmi elles, Hasna (Nisrin Erradi) qui partage le baraquement avec Meriem (Hajar [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Des femmes font la queue. On les contrôle, on les interroge. Elles quittent le Maroc en bateau pour rejoindre l’Espagne. Un paysage blanc, des serres à perte de vue, puis des baraquements vétustes où ces femmes, les bras chargés de sacs sont installées. Parmi elles, Hasna (<strong>Nisrin Erradi</strong>) qui partage le baraquement avec Meriem (<strong>Hajar Graigaa</strong>), nouvelle comme elle, et deux habituées : Zineb (<strong>Hind Braik</strong>), là depuis deux ans et Khadija (<strong>Fatima Attif</strong>) depuis cinq ans. Elles sont toutes venues au domaine de «&nbsp;Fresa del Carmen&nbsp;» pour ce travail pénible&nbsp;: récolter des fraises cultivées sous serres. Chaleur étouffante, gestes rapides et répétitifs, pour une promesse de 35 euros par jour – qui n’est pas toujours tenue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans oublier le harcèlement des petits chefs et même du patron, le bel Yvan, que chacune regarde avec admiration, espérant attirer son regard. C’est ce qui arrive à Miriam qui va être «&nbsp;recrutée&nbsp;», emmenée dans la maison pour du ménage et le lit du maitre.&nbsp;Hasna, ex-championne de taekwondo n’accepte pas la situation&nbsp;: Que faire&nbsp;? Subir et se taire&nbsp;? Résister&nbsp;? Après un drame, elle contacte Pilar (<strong>Itsaso Arana</strong>), une jeune avocate travaillant pour une ONG, prête à les aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est par les yeux d’Hasna que nous découvrons l’exploitation des femmes migrantes. Partie de sa ville avec l’espoir de gagner l’argent qui lui permettrait de soigner sa mère, de mieux vivre, elle découvre l’horreur d’un travail inhumain, dans lequel les ouvrières ne sont que des numéros. Dénoncer leurs conditions de travail, c’est risquer de perdre leur emploi et d’être renvoyées au Maroc. La caméra du chef-opérateur <strong>Tristan Galand</strong> saisit les émotions d’Hasna sur le visage de <strong>Nisrin Erradi</strong>, et nous fait ressentir la chaleur étouffante des immenses serres autour de Huelva.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Librement inspiré par un fait réel, tourné en 25 jours seulement, <em>Les Fraises</em> de <strong>Laïla Marrakchi</strong>, qui était en compétition à Cannes dans la section « Un Certain Regard », pointe l’amère réalité de l’injustice, et l’exploitation au service de la rentabilité économique. En 2011, dans <em>Sur la planche</em>, Leïla Kilani filmait déjà de jeunes femmes travaillant dans une usine de crevettes à Tanger. Un film réussi qui sortira </p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Fraises</em> a été présenté en présence de la réalisatrice <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 18 octobre</mark> <br>dans le cadre du<a href="https://www.cinemed.tm.fr"> festival <em>Cinemed</em></a> au Pathé Comédie, Montpellier</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/"><em>Cinéma</em> ici</a></p>
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		<title> « Une femme aujourd’hui », un portrait singulier signé Robert Guédiguian </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 09:04:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme au 23e étage d’une tour. Elle surveille la variation des flux financiers. Un appel de sa mère qu’elle n’a pas vue depuis trois semaines, trop occupée par son travail. Elle rentre chez elle, prend un bain, nue, dans sa piscine sous le regard de son voisin (Jean Pierre Darroussin) qui passe son temps [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Une femme au 23<sup>e</sup> étage d’une tour. Elle surveille la variation des flux financiers. Un appel de sa mère qu’elle n’a pas vue depuis trois semaines, trop occupée par son travail. Elle rentre chez elle, prend un bain, nue, dans sa piscine sous le regard de son voisin (<strong>Jean Pierre Darroussin</strong>) qui passe son temps à l’espionner pour la protéger des « méchants » ! C’est Juliette.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand elle débarque dans la fête d’anniversaire de ses parents, avec des kimonos achetés lors d’un voyage professionnel au Japon, le regard de sa mère (<strong>Ariane Ascaride</strong>) révèle le fossé entre la réussite de cette fille que ses parents ont poussée dans les études et sa famille&nbsp;: « <em>Je me sens comme une étrangère ; ils me regardent comme un animal de foire !</em> »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, Juliette a un métier prestigieux dans la finance, une maison luxueuse ; elle a des aventures avec des hommes, parfois des femmes. Tout semble lui réussir. Jusqu’au soir où elle se fait violer par un de ses collègues, Hervé, qu’elle tape pour se défendre. Très choquée, elle a un accident de voiture devant un foyer de jeunes femmes enceintes, « La Maison ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Juliette a beaucoup de mal à porter plainte, elle sait qu’elle risque de ne pas être crue. Elle s’est douchée : pas de preuves ! Hervé, lui, porte plainte pour coups et blessures. « <em>Sa queue est entrée !</em> » hurle-t-elle au commissariat. La direction demande à Juliette de démissionner. Elle est effondrée. Son existence parfaitement maitrisée est complètement fissurée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement la rencontre avec Christian (excellent <strong>Grégoire Leprince Ringuet</strong>) qui fait un atelier dans le foyer de filles mineures enceintes venues de tous horizons, lui ouvre les yeux et va donner un nouveau sens à sa vie.&nbsp; Elle apprend par un cahier retrouvé par sa mère que sa grand-mère est algérienne&nbsp;: elle lui doit peut-être le don de guérisseuse qu’elle se découvre…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Fine équipe</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve dans <em>Une femme aujourd’hui</em> les thèmes chers à Guédiguian, les gens dont on parle peu, les damnés de la terre, le malaise de la société d’aujourd’hui, la difficulté de mener des combats collectifs, le racisme. Ici le racisme des filles du foyer entre elles, celui d’un des frères de Juliette (<strong>Robinson Stévenin</strong>) qui associe son chômage à la présence des immigrés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&rsquo;effondre chez Juliette n&rsquo;est pas seulement une vie personnelle. C&rsquo;est une croyance. Celle selon laquelle avoir les moyens de choisir sa vie suffit à être libre. Comment se reconstruire lorsque ce que l’on croyait être sa liberté révèle soudain ses fragilités ? Comment retrouver une place dans le monde quand le regard des autres, le travail, les rapports de pouvoir et même les relations amoureuses ont perdu leur évidence ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est <strong>Marilou Aussilloux</strong> qui incarne avec beaucoup de talent Juliette, dernière venue dans la troupe guédiguianienne aux côtés d’Ariane Ascaride, <strong>Gérard Meylan</strong>, Jean-Pierre Darroussin, <strong>Robinson Stévenin</strong> et <strong>Lola Naymark</strong>. Et comme d’habitude, à l’image <strong>Pierre Milon</strong>, au son, <strong>Laurent Lafran</strong>, au montage <strong>Bernard Sasia</strong>. On ne change pas une équipe qui gagne, une vraie bande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et <strong>Robert Guédiguian</strong> de préciser&nbsp;: « Une femme aujourd’hui <em>n’est pas une œuvre théorique. C’est l’histoire de Juliette, ce n’est pas forcément celle d’autres femmes.</em> […] <em>Comme Pasolini, je veux chercher les petites lucioles qui restent.</em> »À nous aussi de les chercher&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Une femme aujourd’hui</em>, de <strong>Robert Guédiguian</strong><em> </em><br>En salles le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 21 octobre</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title> « Marie-Madeleine » de Gessica Généus, la société haïtienne au prisme de la foi </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 08:59:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jacmel, ville côtière d’Haïti. Sur une corniche, une femme rousse qui achète quelque chose à un homme puis se couche sur le parapet. Elle saigne, se tord de douleur et tombe. Un homme lui vient en aide. Dans des rues où se pressent passants et véhicules, un véritable tourbillon qu’accentuent des plans brefs et un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Jacmel, ville côtière d’Haïti. Sur une corniche, une femme rousse qui achète quelque chose à un homme puis se couche sur le parapet. Elle saigne, se tord de douleur et tombe. Un homme lui vient en aide. Dans des rues où se pressent passants et véhicules, un véritable tourbillon qu’accentuent des plans brefs et un montage serré, Jésus est partout : enseignes, affiches, devantures des magasins, corbillard. Regards, silence, proximité des corps. C’est par ces images fortes qu’on entre dans le film de <strong>Gessica Généus</strong>, <em>Marie Madeleine</em>, sélectionné à <em>Cannes Première,</em> un film qui confronte sans cesse Dieu au Diable, le païen au sacré, la sorcellerie à la religion…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie Madeleine, une prostituée que la cinéaste incarne avec une grande intensité, rencontre Joseph (le slameur et écrivain <strong>Béonard Monteau</strong>) un jeune évangéliste. Ils ne se seraient jamais croisés sans la proximité inattendue du bordel où elle officie et l’église qu’il est en train de construire, sous la coupe du pasteur, son père, Jacques (<strong>Édouard Baptiste</strong>). Un père qui lui transmet une forme de masculinité fondée sur le contrôle, la force et le silence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle, au contraire, est une femme libre&nbsp;dans cette société qui refuse toute indépendance aux femmes. Entre Marie-Madeleine et Joseph, que tout oppose, se noue une relation forte, faite d’affection et de camaraderie, de blessures communes et de souci de l’autre. Un lien qui va ouvrir à Frère Joseph un nouveau monde, celui de la nuit que le directeur de la photo <strong>Nicolas Canniccioni</strong> filme en couleurs chaudes au plus prés des corps. «<em>&nbsp;L’objectif c’est&nbsp;que&nbsp;quand le spectateur&nbsp;prend une bouchée de cette soupe,&nbsp;ça fasse exploser&nbsp;ses&nbsp;papilles</em>&nbsp;» précise Gessica Généus.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Qui juge qui&nbsp;?&nbsp;</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les scènes dans l’église montrent la ferveur des fidèles&nbsp;: chants, mouvements des corps, énergie collective créent une atmosphère débordante que capte la caméra nous faisant ressentir la puissance de la foi&nbsp;: croire semble une évidence&nbsp;; celui qui doute ou qui s’éloigne de cette croyance a du mal à trouver sa place. Une séquence particulièrement violente montre ce qui arrive à ceux qui sont victimes d’une accusation collective&nbsp;: un jeune homme accusé d’être un loup garou est jugé et brûlé vif. Jusqu&rsquo;où une société peut-elle aller lorsqu&rsquo;elle transforme une croyance en condamnation&nbsp;? Une séquence qui fait écho au conflit central entre Marie Madeleine et le milieu religieux de Joseph : qui a le droit de juger les autres ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce sujet qu’a voulu aborder Gessica Géneus dans ce film fort et qui laisse des traces&nbsp;: «&nbsp;<em>Je crois que c’est le désir d’explorer notre rapport en tant que peuple&nbsp;avec la moralité, en Haïti.&nbsp;Ce tiraillement entre le bien et de mal, mais aussi ce jugement permanent, découle beaucoup, à mon sens, de la pauvreté du pays : on est tout le temps en train de trouver quelqu’un ou quelque chose à blâmer de ce qui nous arrive.&nbsp;</em>»<em>&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Marie-Madeleine</em>, de <strong>Gessica Généus</strong><br>En salles <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 21 octobre&nbsp;</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/"><em>Cinéma</em> ici </a></p>
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		<title>Les Recommencements : Remonter le temps et l’Amérique avec Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 08:55:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>corélisatrice avec du film Les Recommencements est venue parler de ce documentaire singulier, présenté en avant-première au cinéma La Baleine. Un échange passionnant Le visage en gros plan d’un homme, la nuit. Des lueurs sur l’eau. Des préparatifs pour la pêche des saumons qui ne sont pas au rendez-vous. Les femelles saumons fatiguées. Paysages brumeux [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/les-recommencements-remonter-le-temps-et-lamerique-avec-vivianne-perelmuter-et-isabelle-ingold/">Les Recommencements : Remonter le temps et l’Amérique avec Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">corélisatrice avec du film <em>Les Recommencements</em> est venue parler de ce documentaire singulier, présenté en avant-première au cinéma La Baleine. Un échange passionnant</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le visage en gros plan d’un homme, la nuit. Des lueurs sur l’eau. Des préparatifs pour la pêche des saumons qui ne sont pas au rendez-vous. Les femelles saumons fatiguées. Paysages brumeux où pourraient circuler des fantômes. Une voix-je (voix off à la première personne). C’est celle d’<strong>Al Moon</strong>, un homme qu’<strong>Isabelle Ingold</strong> et <strong>Vivianne Perelmuter</strong> ont croisé dans une laverie automatique en Californie. Un homme qui les a touchées par son désir farouche de s’affranchir de son passé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;De cette rencontre fortuite, est né le désir de l’approcher, de le suivre, de partager sa route vers l’Est, juste l’inverse de la conquête l’Ouest. Al Moon est un vétéran amérindien : il appartient à la nation Yurok et vit en solitairesur les terres de sa tribu, vivantes mais ravagées, dans le nord de la Californie. La violence qui traverse son territoire, la disparition progressive des saumons et les blessures laissées par la guerre font remonter son passé. Alors il prend la route à la rencontre des hommes de son ancien bataillon, mais surtout à la rencontre de celui qu’il était.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Tel un saumon </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long de ce voyage, dans des paysages âpres, souvent crépusculaires, qui semblent parfois émerger d’un temps enfoui, on le suit aux cotés des deux cinéastes qui ont partagé une partie de son quotidien, vivant avec lui dans des conditions précaires. À travers ses yeux, ses silences, ses mots et ses rencontres, comme cette femme qui a froid et cherche en vain un manteau, ou cette jeune fille qui évoque son enfance et sa fuite à 11 ans.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film laisse entrevoir une Amérique contemporaine fracturée et malade. La caméra est là, tout prés de cet homme qui remonte le cours de sa propre histoire, qui a besoin de regarder ce qu’il a été, ce qu’il a longtemps évité, captant son corps, son visage, ses émotions. Pas d’interviews mais des confidences. C’est à partir de ses paroles, de ses mails, de lettres que la voix-je s’est construite&nbsp;: Al Moon est d’ailleurs crédité comme coscénariste aux côtés des deux cinéastes. <em>Les Recommencements,</em> un film singulier qui suggère que c’est en remontant le cours de son histoire, en regardant ce qu’on a toujours évité qu’on peut traverser autrement son passé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Recommencements</em>, de <strong>Isabelle Ingold</strong> et <strong>Vivianne Perelmuter<br></strong>En salles <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 21 octobre<strong> </strong></mark></pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/les-recommencements-remonter-le-temps-et-lamerique-avec-vivianne-perelmuter-et-isabelle-ingold/">Les Recommencements : Remonter le temps et l’Amérique avec Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>Avec « Cotton Queen » de Suzannah Mirghani, le récit d’une jeunesse soudanaise au festival Aflam</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 08:34:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au Mucem, ce jeudi 15 octobre au matin, la salle était bien remplie de collégiens et lycéens, même si deux lycées étaient «&#160;occupés ailleurs&#160;» nous précisait l’équipe d’Aflam. Le film de Suzannah Mirghani qui, en visio depuis le Qatar, a échangé avec les élèves après la projection, les a fortement intéressés, vu le silence attentif [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/avec-cotton-queen-de-suzannah-mirghani-le-recit-dune-jeunesse-soudanaise-au-festival-aflam/">Avec « Cotton Queen » de Suzannah Mirghani, le récit d’une jeunesse soudanaise au festival Aflam</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Au Mucem, ce jeudi 15 octobre au matin, la salle était bien remplie de collégiens et lycéens, même si deux lycées étaient «&nbsp;occupés ailleurs&nbsp;» nous précisait l’équipe d’<em>Aflam</em>. Le film de <strong>Suzannah Mirghani</strong> qui, en visio depuis le Qatar, a échangé avec les élèves après la projection, les a fortement intéressés, vu le silence attentif dans la salle. Et ce n’est pas étonnant : ce premier long métrage de la réalisatrice soudanaise est à la fois un récit d’apprentissage, une chronique familiale, une dénonciation du poids des traditions patriarcales – mariages forcés, excisions – et du colonialisme britannique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les cicatrices du Nil</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un village qui vit au rythme du coton, «&nbsp;<em>du coton vierge cueilli par des filles vierges</em>&nbsp;». Des jeunes filles, dans les champs, éclairées de soleil, qui travaillent et chantent. Parmi elles, Nafisa (<strong>Mihad Murtada</strong>), solaire, à la répartie vive, petite fille d’Al-Sit (<strong>Rahba Mohamed Mahmoud</strong>), la propriétaire des champs de coton, véritable légende&nbsp;: elle aurait lutté héroïquement contre les colonisateurs britanniques. Pas simple pour Nafisa qui l’admire mais subit ses injonctions et ses interdits. Elle écrit des poèmes, rêve de partir avec Babiker (<strong>Talaat Farid</strong>), un jeune homme qu’elle aime et qui construit un bateau au bord du Nil. Le Nil, interdit, où les jeunes filles se baignent en cachette.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour arrive dans le village, M. Tajini, (<strong>Hassan Kamala</strong>) un industriel qui vit à Londres. Il revient sur les terres de sa famille avec l’intention de cultiver du coton génétiquement modifié et d’épouser une fille du village. Un gendre idéal pour la mère de Nafisa qui va… cuisiner pour lui. La résistance commence pour Nafisa…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra de la chef opératrice <strong>Fridah Marzouk</strong> a su capter les émotions de la jeune fille, son visage rayonnant, sa joie de vivre, ses éclats de colère mais aussi filmer les bords du Nil, le village aux couleurs ocres, les tenues blanches, les mains d’Al-Sit, marquées de cicatrices qui nous rappelle que l’excision est toujours pratiquée. Un film superbe que la musique d’<strong>Amine Bouhafa</strong> accompagne subtilement. Un film que Suzannah Mirghani voulait tourner au Soudan, comme son court <em>Al-Sit</em> (2020) mais qu’elle a dû tourner en Egypte à cause de la guerre civile qui a éclaté dans son pays en 2023. «&nbsp;<em>Je souhaite que ce film soit un message d’espoir pour la jeunesse du monde entier&nbsp;!</em>&nbsp;» a lancé Suzannah Mirghani. Espérons-le&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse">Séance donnée <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 15 octobre</mark> au <strong>Mucem, Marseille. </strong></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les Recommencements : revenir là où tout a commencé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le visage en gros plan d’un homme, la nuit. Des lueurs sur l’eau. Des préparatifs pour la pêche des saumons qui ne sont pas au rendez-vous. Les femelles saumons fatiguées. Paysages brumeux où pourraient circuler des fantômes. Une voix-je. C’est celle d’Al Moon, un homme qu’Isabelle Ingold et&#160; Vivianne Perelmuter ont croisé dans une laverie [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le visage en gros plan d’un homme, la nuit. Des lueurs sur l’eau. Des préparatifs pour la pêche des saumons qui ne sont pas au rendez-vous. Les femelles saumons fatiguées. Paysages brumeux où pourraient circuler des fantômes. Une voix-je. C’est celle d’<strong>Al Moon</strong>, un homme qu’<strong>Isabelle Ingold</strong> et&nbsp; <strong>Vivianne Perelmuter</strong> ont croisé dans une laverie automatique en Californie. Un homme qui les a touchées par son désir farouche de s’affranchir de son passé. &nbsp;De cette rencontre fortuite, est né le désir de l’approcher, de le suivre, de partager sa route vers l’Est, juste l’inverse de la conquête vers l’Ouest. Al Moon est un vétéran amérindien : il appartient à la nation Yurok et vit en solitairesur les terres de sa tribu, vivantes mais ravagées, dans le nord de la Californie. La violence qui traverse son territoire, la disparition progressive des saumons et les blessures laissées par la guerre font remonter son passé. Alors il prend la route à la rencontre des hommes de son ancien bataillon, mais surtout à la rencontre de celui qu’il était. Et tout au long de ce voyage, dans des paysages âpres, souvent crépusculaires, qui semblent parfois émerger d’un temps enfoui, on le suit aux cotés des deux cinéastes qui &nbsp;ont partagé une partie de son quotidien, vivant avec lui dans des conditions précaires..À travers ses yeux, ses silences, ses mots et ses&nbsp; rencontres, comme cette&nbsp; femme qui a froid et cherche en vain un manteau ou cette&nbsp; jeune fille qui évoque son enfance et sa fuite à 11 ans, le film laisse entrevoir une Amérique contemporaine fracturée et malade. La caméra est là, tout prés de cet homme qui remonte le cours de sa propre histoire, qui a besoin de regarder ce qu’il a été,&nbsp; ce qu’il a longtemps évité,&nbsp; captant son corps, son visage,&nbsp; ses émotions. Pas d’interviews mais des confidences. C’est à partir de ses paroles, de ses mails, de lettres que la voix-je s’est construite&nbsp;: Al Moon est d’ailleurs crédité comme coscénariste aux côtés des deux cinéastes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les recommencements,</em> un film singulier qui suggère que c’est en remontant le cours de son histoire, en regardant ce qu’on a toujours évité qu’on peut traverser autrement son passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film sort en salles le 21 octobre</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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