mardi 21 juillet 2026
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Hair, Paper, Water

Un documentaire poétique qui nous emmène dans une région rurale du Vietnam

Nuit, feu, eau, grotte, abeilles, chauves-souris…des mots inscrits en rouge sur l’écran. Et c’est la voix chaude d’une vieille dame, Mme Hậu, qui nomme, en langue Rục les éléments de la nature, filmés en gros plan. « Dans une grotte, je suis née » confie t- elle. Venue au monde à sept mois, elle y restée jusqu’à ses onze ans. Elle appartient à une minorité ethnique qui a vécu isolée dans des grottes, une communauté découverte en 1959, dans un petit territoire à la frontière du Laos. Mme Hậu transmet sa langue, ses savoirs, ses traditions à la nouvelle génération, en particulier à son petit fils qui partage avec elle son amour de la nature, les yeux émerveillés. Nicolas Graux et Truong Minh Quy qui l’avait rencontrée et filmée dans un documentaire précédent, vont la suivre au fil de l’eau sur sa barque vers sa grotte, mais aussi à Saigon où elle part aider sa fille qui vient d’accoucher. C’est par ses yeux que nous découvrons une ville, un monde dont elle ignore tout.

Tourné avec une caméra Bolex 16mm, avec un son post-synchrone,Hair, Paper, Water se lit comme un livre d’images, une sorte d’abécédaire  poétique  Hair comme les longs cheveux de  Mme Hậu, qu’elle peigne avec soin, qu’elle a coupés trois fois et vendus pour acheter de la nourriture. Paper, fabriqué avec les acacias coupés dans les forêts dévorées par ce qu’on appelle le progrès. Water, l’eau des fleuves et rivières, l’eau d’un pays en crue, symbole du temps qui s’écoule, mémoire mouvante qui pourrait disparaitre et que Mme Hậu transmet à travers mots et gestes. Cueillette de plantes médicinales, herbes qu’on hache, qu’on fait infuser et qui soignent les entorses, macérations dans lesquelles on baigne les bébés. La caméra saisit tous ces gestes qui risquent de se perdre, les visages de la grand mère et de son petit fils, la force de leur lien, mais aussi le souffle du vent dans les arbres, le clapotis de l’eau, le vert pâle des paysages. Un film au grain granuleux, au rythme lent,  entre documentaire et rêverie, qui peut nous emporter ou nous laisser sur la rive.

Annie Gava

Hair, Paper, Water  sort en salles le 10 juin

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