mercredi 6 mai 2026
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L’Amour à crédit

Le premier long métrage de  Catherine Cosme ; Sauvons les meubles, une chronique familiale pleine d’émotion

Munie de son appareil photo canon, une grande femme brune. C’est Lucile, une photographe reconnue qui vit à Paris et s’est éloignée de la province où elle a grandi. « J’ai le sentiment que le revenu universel est un appui pour consommer autrement au-delà d’un recours contre la grande pauvreté. Au fond, le revenu universel pour l’immensité de la population, çà changerait tout »  conclut celui dont elle tire le portait, Benoit Hamon (dans son propre rôle)  Séance photo interrompue par des appels téléphoniques. Lucile doit venir au plus vite auprès de sa mère, très malade.  Ce retour dans la maison familiale, encombrée, comme figée, dans un village du sud, est un choc pour Lucile. Elle y retrouve, son père (Jean- Luc Piraux), lunaire, complètement perdu, son frère Paul (Yoann Zimmer) et sa nièce (jouée par la fille de la cinéaste) Ainsi que tous ses souvenirs d’enfance. Les objets, les photos, les herbes folles du jardin, l’atelier boutique dont sa mère, alitée, ne peut plus s’occuper. Elle apprend par l’infirmière, Nadège (Ophélie Bau) que Colette n’en a plus pour longtemps et qu’on doit l’accompagner. Quand frère et sœur découvrent que leur mère a fait des prêts à la consommation, usurpant l’identité de sa fille, c’est un choc, surtout pour Lucile. Que révèle ce geste de leur lien ? Que dit-il de l’amour ? Et comment « sauver les meubles » ?  Regarder la réalité en face ? Affronter l’huissier qui va tout saisir ? Trouver une solution pour ne pas payer les 40 000 euros que Lucile doit : prêts que Colette a contractés pour un voyage scolaire, pour renflouer les caisses de la boutique, pour les études ; tout cela pour faire bonne figure … Pour sauver les meubles, il faudrait que Lucile porte plainte pour usurpation d’identité, et s’explique avec sa mère avant qu’il ne soit trop tard. Au fil des heures passées dans la chambre ; les tensions s’apaisent, des choses se disent : « Pourquoi tu as fait ca ?-  C’est pour vous protéger ». Une mère qui aurait aimé étudier l’histoire de l’art, qui ne s’est pas permis d’être plus dans la joie. « On n’a pas réussi à se parler toutes les deux » C’est par la photographie que mère et filles se disent enfin qu’elles s’aiment Une séquence bouleversante qui se conclut par un selfie et une parole qui permettra à Lucile de lâcher prise   « Je t’aime ma fille. Ma fille, ma beauté » et de vivre désormais  plus dans la joie.

Guilaine Londez incarne Colette ; c’est la propre mère de  Catherine Cosme, à qui elle dédie son film,  qui a inspiré ce personnage: « une femme très élégante, et rien dans son apparence ne laissait transparaître la difficulté financière dans laquelle elle vivait. C’est cette dualité que j’ai voulu transposer dans le personnage. » confie la réalisatrice.

La talentueuse Vimala Pons, qui est de tous les plans du film, joue délicatement, avec nuances,  Lucile, cette fille, tour à tour froide, dure, fragile.

La directrice de la photo Caroline Guimbal a su capter la lumière du Sud, dans les rues du village, le jardin, la rivière, en parfait contraste avec les couleurs en demi -teinte de la maison et de la chambre où tout se dénoue. 

Ce premier  long métrage de Catherine Cosme,  à la fois chronique familiale et dénonciation du système bancaire qui enfonce toujours un peu plus les personnes fragiles et en difficulté va résonner en chacun.e, faisant resurgir des émotions enfouies ou /et renaitre l’espoir de liens à recréer.

Annie Gava

© New  story

En salles le 6 mai 2026

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