En 1969, sortait Space Oddity, de David Bowie. Près de soixante ans plus tard, le quintet de Fanny Martin propose également une odyssée spatiale tout aussi novatrice que le folk-rock psychédélique de la légende britannique, mais dans un style assurément jazz. C’est à ce voyage intergalactique qu’a convié le quintet de Fanny Martin depuis la salle Audoli du Conservatoire Pierre Barbizet de Marseille pour clôturer le festival des Émouvantes.
Mais avant le grand départ, il y avait d’abord le trio Journal Intime. Composé de Sylvain Bardiau à la trompette, Frédéric Gastard au saxophone basse et Matthias Mahler au trombone, le trio a traversé les époques et les styles. Passant de Jimi Hendrix à Chostakovitch ou même les mélodies du Livre de la jungle, Journal Intime reprend le tout avec les éclats du jazz. Puis la formation cuivrée s’oriente vers le bruitisme. Les notes se mutent en sons aux accents comiques, où les instruments évoquent tour à tour des voix de personnages de dessins animés, un scratch de vinyle ou encore des gargouillements lorsque le saxophoniste verse de l’eau dans son embouchure.
Puis arrive, dans un tout autre style, le projet Jet Wistle de Fanny Martin, accompagnée de Jules Regard (trombone), Adlane Aliouche (claviers), Théo Fardèle (basse), et Sacha Souêtre (batterie). Avec sa flûte traversière, la leadeuse bouscule les codes du classique grâce à des effets de reverb ou les recherches harmoniques sonores. La flûte est déchaînée et scintillante, portée par des esthétiques électro, rock, ou bruitiste.
Il y a aussi des passages doux, qui laissent place à une voix aérienne ou un solo de trombone à la reverb appuyée. La performance multiplie les éclats d’énergie pour mieux suivre un personnage perdu dans l’espace, cherchant la « planète des poissons ». Major Tom ne retrouvera pas sa planète bleue, mais Fanny a certainement trouvé la sienne et le public aussi.
LAVINIA SCOTT
Concert donné le 12 septembre au Conservatoire Pierre Barbizet.
Une proposition du festival les Émouvantes.







