mardi 7 avril 2026
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Métamortem

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Métamortem
© Ludovic Rozec

Dans une société désertée par le religieux, les rites funéraires ne répondent plus aux besoins des endeuillés et l’invention de vraies cérémonies laïques reste à investir. Si des coopératives viennent ces derniers temps suppléer les classiques pompes funèbres, les artistes de rue s’emparent eux aussi de la thématique depuis plus d’une dizaine d’années – Elsa Mingot, Rara Woulib, Les trois points de suspension… Avec Métamortem, le collectif Grand dehors propose une « contre-célébration » pour fêter dignement nos disparus, un rassemblement cathartique n’excluant pas une certaine forme de joie réparatrice, dans les pas de la maîtresse de cérémonie Maryne Linaro. Après deux semaines de résidence, la compagnie vous convie au Citron Jaune pour la présentation d’une étape de travail, suivie d’un apéro. 

JULIE BORDENAVE 

7 mars
Citron Jaune, Port-Saint-Louis-du-Rhône

For gods only

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Le chorégraphe Olivier Dubois, souhaitant répondre à l’appel du Sacre du Printemps, célèbre pour la musique révolutionnaire de Stravinsky et la chorégraphie avant-gardiste de Nijinski, s’est rendu compte qu’il ne pouvait le faire par une seule et unique pièce. C’est donc une « collection » de Sacre(s) du Printemps qu’il a créée, avec Prêt à baiser, premier volet, montéen 2012 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, puis Mon élue noire en décembre 2014, avec la danseuse de 70 ans Germaine Acogny. Le troisième volet s’appelle For gods only, créé en novembre et décembre dernier au Théâtre du Rond-Point : une déclaration d’amour à la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot, qu’il a imaginée « en samouraï, assise, elle attend, on l’observe. Elle danse son Sacre… ». 

MARC VOIRY

6 au 15 mars
Théâtre des Bernardines, Marseille

Orphans

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Orphans
© Kurt Van der Elst

Orphans est une pièce qui interroge les tendances malveillantes de la nature humaine. Le texte du dramaturge britannique Denis Kelly, raconte une histoire entre trois personnages : Helen, son mari Danny et son frère Liam. Ce dernier perturbe l’annonce de la seconde grossesse d’Helen, en débarquant couvert de sang… et l’air coupable. Progressivement, les spectateurs plongent dans leur quotidien familial parfois empreint de méchanceté et de peur, où meurtre et mensonge se dévoilent à travers un dilemme moral mis en scène par l’écrivain anglais. Et, où les tourments du monde, violence au sein cercle familial, racisme, discrimination et dislocation sociale se dessinent entre les lignes du scénario. Le tout porté par les comédiens du collectif belge tg STAN, dont sa co-fondatrice Jolente de Keersmaeker. 

LILLI BERTON FOUCHET

10 et 11 mars 
Bois de l’Aune, à Aix-en-Provence

Winter in Maussane

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Winter in Maussane
© X-DR

Quelle drôle d’idée. Allier rock et littérature le temps d’un festival. C’est pourtant dans cette aventure que se sont lancé en 2023 Olivier Chantraine (écrivain édité chez Gallimard) et Pablo Pouillot (neurochirurgien), avec leur association Carré du Centre. Si à l’origine le rendez-vous ne durait qu’une journée, il s’installe désormais pendant deux jours, les 7 et 8 mars, à l’espace Agora de Maussane. Côté musique, passent les New Yorkais de Nada Surf, les Parisiens de Howlin Jaws, ou les (excellents locaux) de Tessina et Parade. Côté livre, quatre tables rondes et une conférence sont prévues, avec au menu un hommage à Paul Aster, autour de Françoise Nyssen, Didier Flamand et Laure Adler. Et une rencontre avec Émilie Mazoyer, Gabrielle Crawford, Sophie Rosemond et Stan Cuesta sur la place des femmes dans l’histoire de la musique. 

NICOLAS SANTUCCI

7 et 8 mars
Espace Agora, Maussane

Céline 

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CELINE - Juliette Navis ©Philippe Couture 2
CELINE - Juliette Navis © Philippe Couture

Une femme aux allures de l’icône québécoise Céline Dion, mais pas tout à fait identique, apparait sur la scène avec un justaucorps à paillettes, des bottines à plumes et vêtues d’un blazer chic confectionné par la costumière Pauline Kieffer. Céline mis en scène par Juliette Navis, est un spectacle qui s’inscrit entre humour et émotivité, dans lequel cette femme mène une quête sur le sens de la vie dans laquelle la mort s’invite à sa réflexion. Interprétée par Laure Mathis, qui porte une perruque blonde et parle avec un accent québécois, la pièce est produite par la compagnie Regen Mensen. Une histoire aux airs de stand up, que la comédienne à l’énergie débordante raconte avec humour, incluant des scènes impromptues passant d’un accouchement dans un stade à une grotte en pleine forêt. 

LILLI BERTON FOUCHET

5 au 9 mars
À Apt, L’Isle-sur-la-Sorgue, Maubec, 
Mérindol, Châteauneuf-de-Gadagne
Une proposition de La Garance, Scène nationale de cavaillon

Les Suds, en Hiver 

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Les Suds
© X-DR

Le festival Les Suds, en Hiver, fait vibrer Arles et Châteaurenard pour une huitième édition. Mêlant concerts, stages immersifs et cinéma, la diversité et la créativité sont une nouvelle fois au cœur de la programmation. Le 7 mars, deux artistes emblématiques de l’île de La Réunion prennent place à la Rotonde de Châteaurenard. René Lacaille, poly-instrumentiste, et Maya Kamaty, qui chante avec sovaz, expression créole révélant la brutalité et l’authenticité, le tout porté par ses rythmes syncopés. Le 8 mars, à la Chapelle du Méjan à Arles, le trio britannique Les Triaboliques fait preuve de créativité musicale en brassant musiques traditionnelles et électriques. Pour clôturer cette Journée internationale des droits des femmes, Asna, la DJ ivoirienne passera à la POP d’Arles. 

Parmi les stages proposés, Xavier Rebut animera les Polyphonies d’Italie. Maria Robin, quant à elle, invite à une initiation des techniques du tournoiement et des danses indiennes, notamment la danse kalbeliya. Enfin, le stage d’Arthur Bacon, qui initie au style roumain du lautaresca. Les films Festa Major de Jean-Baptiste Alazard et Un Parfait Inconnu de James Mangold seront également projetés. 

LAVINIA SCOTT

Les Suds, en Hiver aura lieu du 6 au 9 mars 2025 entre les communes d’Arles, de Châteaurenard, de Saint-Martin-de-Crau et de Fontvieille.

Ciocarlie 

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Dana Ciocarlie © Bernard Martinez

En 2018, Dana Ciocarlie fait partie des trois finalistes des Victoires de la musique classique dans la catégorie « Enregistrement de l’année », avec son Intégrale pour piano seul de Robert Schumann (Dolce Volta, 2017). Les 13 CDs issus de captations lors de 15 concerts, reçoivent un accueil unanime de la critique. Sur France Musique, la pianiste d’origine roumaine a consacré un cycle de quarante émissions au compositeur. C’est peu dire que Dana Ciocarlie est une experte de Schumann. Son expressivité profonde, son immense générosité, font d’elle l’interprète idéale des riches paysages intérieurs du pianiste romantique. Invitée par Marseille Concerts, en partenariat avec la Ville et l’Opéra de Marseille, elle interprètera PapillonsCarnaval et Scènes d’enfants. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

9 mars 
Opéra de Marseille

Vitrolles Dub Station 

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DUb
© X-DR

L’été en extérieur, l’hiver en intérieur. Après avoir occupé en juin dernier les alentours du Stadium de Vitrolles à l’occasion du Dub Station Festival, l’association Musical Riot pose cette fois-ci ses enceintes à l’intérieur, le temps d’une soirée qui s’annonce épique pour les oreilles. Elle accueille ce 8 mars un des plus gros sound system reggae d’Europe, celui de Blackboard Jungle (réuni, il fait 16 mètres de long !). On écoutera aussi Mikey Dread du Channel One sound system, actif depuis 1979, et le producteur allemand Toroki. Ce n’est pas la première fois que le Stadium de Vitrolles ouvre ses portes depuis sa fermeture, déjà il y a 2 ans, il avait accueilli une soirée à l’occasion du Festival d’Aix-en-Provence

NICOLAS SANTUCCI

8 mars
Stadium de Vitrolles

« Anna », l’indomptée

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Anna© MACT Productions

C’est un fait divers qui a retenu l’attention de Marco Amenta, ancien photojournaliste : un petit paysan de Sardaigne s’est battu jusqu’au bout pour garder sa terre et il a réussi dans une région où, en général, ce sont les forts qui gagnent. Le réalisateur, qui venait de faire un documentaire sur une bergère décide d’écrire une fiction, Anna, qu’il tourne en langue sarde. Le portrait  d’une femme, sauvage, viscéralement attachée à sa terre qui s’engage dans une lutte totale.

David contre Goliath

Anna (Rose Aste) vit seule dans une petite ferme, avec ses chèvres auxquelles elle est très attachée, sur sol âpre qui l’a vue naître. Elle vend ses fromages sur les marchés. De temps à  autre, elle va danser, boit et a des aventures qui ne durent pas. Une vie solitaire qu’elle s’est choisie pour échapper à une situation qui la faisait souffrir. Quand un hélicoptère survole ses enclos pour y déposer la statue de la Vierge qui va protéger le futur chantier, rien ne sera plus pareil. Les monstres mécaniques vont violer la terre où elle vit. La mairie a accordé le permis de construire un énorme complexe hôtelier, ce qui réjouit les villageois : promesses d’emplois et de profit. Anna n’a pas de titre de propriété : autrefois les contrats se concluaient oralement. La lutte ne sera pas facile. Isolée, boycottée par tous y compris celles qui lui achetaient ses fromages, Anna ne baisse pas les bras bien que l’avocat, qu’on lui a attribué, lui assure qu’elle ne pourra pas gagner. Même si cette situation éveille en elle des souvenirs très douloureux, rebelle jusqu’au bout, tenace, indomptable, la belle Anna se bat pour sa terre, pour la Terre qu’elle ne veut pas voir dévorée par le béton. Elle ne se laisse pas acheter malgré les 600 000 euros que lui proposent les promoteurs. Un combat de David contre Goliath haletant…

Tourné souvent en longs plans séquences, joué par des comédiens et des non professionnels, Anna est un film éminemment politique, sans didactisme ; il soulève des questions de société : respect de la terre et profit, droit de vivre libre, violences faites aux femmes. La comédienne qui incarne Anna, Rose Aste, par son jeu viscéral, animal, est époustouflante et tout au long du film, on aurait envie d’être aux côtés de cette indomptée pour la soutenir.

ANNIE GAVA

Anna de Marco Amenta © MACT Productions

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Au bord des rêves avec « Les Filles du Nil »

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Elles s’appellent Majda, Haidi, Monika… Elles vivent dans le quartier copte de la petite ville d’Al-Bashra, dans le sud de l’Egypte. Elles ont une quinzaine d’années et des rêves plein la tête, dans un moment charnière pour elles. Celui où elles deviennent femmes et où elles vont devoir choisir leur voie ou suivre ce que leur famille ou la tradition impose.

Elles sont un groupe de six, unies par la passion du théâtre et elles ont fondé une troupe de rue. Leur salle de répétition est un local vétuste où elles ont construit elles-mêmes leur scène avec des planches. Leur cheffe de troupe, Majda, rêve d’aller étudier le théâtre au Caire. Monica, au départ blessée par son surnom de « fille à la voix d’homme » assume sa voix grave et rêve de devenir chanteuse. En attendant, ensemble, elles jouent des saynètes dans les rues, font des performances pour exorciser les maux dont les femmes souffrent : enfermement, harcèlement, pressions familiales, mariages précoces et forcés.

Parmi leurs spectacles, La Noce, où elles interpellent les spectateurs, hommes et femmes, qui répondent, parfois agressivement : « Êtes-vous heureux en ménage ? N’avez-vous pas été mariée trop jeune ? Les femmes n’ont donc aucun droit à l’amour ? » C’est le quotidien de ces adolescentes, femmes en devenir, que Nada Riyadh et Ayman El Amir ont filmé pendant quatre ans. À l’extérieur, dans les rues, dans leur salle de travail en plein brainstorming : « Penser à un rêve » ; mais aussi dans leur famille, leur intimité. « Notre idée initiale était de faire un film sur le théâtre, mais les filles ont commencé à nous présenter leurs parents, leurs familles, leurs fiancés, et notre projet a pris une autre envergure », précise Ayman El Amir

On assiste aux fêtes familiales, au mariage de Monica, au baptême de son fils, au découragement de Majda, parfois. Deux séquences en particulier montrent la grande complicité entre filmeurs et filmés. Haidi qui s’est fiancée ne peut plus se rendre à l’atelier théâtre. Et devant la caméra, son fiancé lui ordonne de rompre avec ses amies, de supprimer leurs numéros et lui arrache le téléphone. « Les hommes sont à l’écran comme ils sont dans la vraie vie : ils sont fiers de leur identité, les opinions qu’ils formulent sont les leurs », explique Nada Riyadh. Si cette séquence nous montre à quel point la bataille est rude pour les femmes, une autre scène entre Haidi et son père, en écho, nous donne un peu d’espoir. Il s’étonne que sa fille ait abandonné la troupe qu’elle suit depuis 7 ans et ne sorte plus. Craignant qu’elle ne soit sous l’emprise de son fiancé, il la met en garde : elle n’est pas obligée de se marier si jeune !

On passe presque deux heures et demie en compagnie de ces jeunes femmes, partageant leurs doutes, leurs peurs, leurs joies, leur complicité, leur énergie. Et même si l’on se dit que la route est encore longue, ce documentaire dont le titre arabe est Rafaat einy ll sama et le titre anglais The Brink of Dreams nous remplit d’espoir en l’avenir. Sélectionné à la 63e Semaine de la Critique, il a remporté l’Oeil d’or du documentaire (ex-aequo avec Raoul Peck) attribué par le Festival de Cannes et par la SCAM (Société des auteurs multimédia) au meilleur documentaire toutes sections confondues.

ANNIE GAVA

Les Filles du Nil qui a été projeté le 12 novembre 2024 dans le cadre du festival Africapt sort en salles le 5 mars 2025

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