Le cinéma comme terrain d’expérimentations, d’explorations pour « dire le monde autrement », c’est ce que propose AVIFF en croisant des regards d’artistes bien loin des formatages.
Au menu, 24 courts métrages, regroupés en séances d’environ deux heures, accompagnés par leurs réalisateurs-trices ou leur producteur.
Ouverture le 7 mai par une soirée apéritive et une performance de Dalila Mahdjoub : « Sous les yeux de l’Occident ». Membre du jury cette année, cette artiste d’origine algérienne, bien connue à Marseille, nourrit son engagement politique et social par son histoire intime et familiale. Clôture et palmarès le 10 mai à 16H30.
La sélection 2026 offre à la fois des narratifs tout public comme A Snake in the grass (Fu Le) qui raconte un amour interdit dans l’Inde du sud, et des films expérimentaux comme Ghost Noon de Ting-Kin Chan, dérive spectrale et subversive sans dialogues. De nombreux cinéastes-vidéastes brouillent les genres : Baccanti de Emma Scarafiotti, mêle chorégraphie et récits à partir des Ménades d’Euripide. Les frontières s’effacent entre documentaire, témoignage et fiction dans I was there de Kamila Kuc, plongée dans une mémoire transgénérationnelle. Ou dans Suspended Cinema d’Andrea Grasselli qui nous transporte en Toscane à l’intérieur d’un cinéma temporairement fermé.
Des points de vue toujours surprenants : celui de Marco Santos qui brosse en deux minutes avec kind Procedures, un portrait du fascisme sur fond des images d’un abattage de porcs. Celui de Yannis Karpouzis qui, avec Frozen Time, suit la quête d’une Allemande dans l’Europe d’après-guerre pour photographier le vent. Ou encore celui de Pablo Cabel qui, dans Chair Adolescent, fait pousser des éclats de verre sur le corps d’un lycéen harcelé. Mathieu Sauvat quant à lui, explore Les Mystères de l’horizon. Et Alex Nevill s’attarde en plans lents et vagabonds sur les chemins des Migrants (News From Brook House)
Les films étudiants sont bien représentés. Aussi divers que Satan New Year de Benjamin Wizman, une animation qui parle d’enfer et d’amour et Brain Fog de Marion Moana David, road trip chaotique au fil d’une mémoire qui se dérobe.
Le 9 mai sera consacré à un cycle iranien en cinq propositions. On abordera entre autres la répression du pouvoir (Death Closes the Eyes d’Afshin Soufian et The Third Dream de Mohammad Hossein Nikzad), la question des travailleurs immigrés en Iran (Nabi de Hamed Golshahi) comme l’histoire d’un amour caché au sein d’une mosquée (Ker de Sajad Soleymani).
ELISE PADOVANI



