mercredi 6 mai 2026
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Joulik : un nouvel album aux « rivages » enchantés

Pour son sixième album, Joulik élargit sa palette sonore avec une formule en quartet et des compositions nourries d’influences multiples

Rivages marque une nouvelle étape dans le parcours de Joulik. Le groupe, formé autour de Mélissa Zantman, Robin Celse et Claire Menguy, accueille désormais la batterie d’Arnaud Le Meur sur plusieurs titres, apportant une assise rythmique plus présente et ouvrant les arrangements vers des formes plus actuelles.

Depuis ses débuts, Joulik travaille autour du croisement des langues, des timbres et des traditions vocales. Rivages poursuit cette démarche avec des chants écrits ou adaptés en bulgare, provençal, créole réunionnais, italien, turc, persan ou français, auxquels s’ajoute une langue imaginaire sur « Sangue dela ». Cette diversité linguistique nourrit les compositions sans chercher la reconstitution traditionnelle ni sombrer dans l’exotisme. Le groupe puise dans différentes cultures musicales pour construire un répertoire original dans lequel le « son Joulik » est immédiatement identifiable par la belle cohérence de ce mélange des voix, de cordes, d’instruments acoustiques et de rythmiques contemporaines.

Traditions du monde

L’album s’ouvre avec Zhivotŭt (« la vie »), inspiré d’un chant bulgare, qui installe immédiatement le travail vocal du groupe. Maragi, construit autour d’une tradition provençale qui aurait rencontré l’orient, mêle chants jubilatoires et sonorité du kaval. Ti larme, émouvante complainte en réunionnais, auquel le violoncelle apporte toute sa gravité, prolonge cette circulation entre influences populaires et création originale.

Plus rythmique, Sangue dela introduit une couleur latino et un motif proche du chacha qui donne immédiatement envie de quitter sa chaise et d’inviter son voisin à danser, tandis que Comme tel, porté par le texte puissant de Mélissa Zantman, privilégie une écriture plus intime. Parmi les morceaux marquants figure également Bacino di libertà, dédié aux femmes qui dansent et chantent la liberté et Dünya, (le monde en turc) qui résume bien tout l’esprit du disque.

Autour du quatuor, plusieurs invités participent à l’album. Le percussionniste Bijan Chemirani, qui intervient sur Dala et Ambivalencia, apporte son approche des rythmiques persanes et méditerranéennes. Nicolas Canavaggia signe la contrebasse sur Bacino di libertà tandis que Lilia Ruocco fait sonner son tambourin. Une fois goûté à ces Rivages enchanteurs, on peine à les quitter.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Rivages, de Joulik
La Clique productions

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