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La traversée poétique d’Andrea Laszlo de Simone

Au cœur des structures hexagonales de la Fondation Vasarely, où l’art optique défie nos certitudes visuelles, s'est nichée un moment d'une rare intensité

Dans le cadre de la Biennale d’Aix, Andrea Laszlo de Simone – compositeur césarisé de la BO du Règne animal – a dévoilé Una Lunghissima Ombra, une œuvre totale issue de son dernier album et pensée comme une immersion absolue. Ici, pas d’artifice : seul le mariage sacré de l’image, du son et du verbe compte.

Synesthésie humaniste

Ce n’est pas un concert, mais une expérience organique. Dans cette Fondation où la géométrie règne en maître, le musicien italien a insufflé une vie nouvelle aux parois de béton et de verre. L’expérience repose sur un équilibre fragile et magnifique entre la rigueur des lignes architecturales et la fluidité d’une musique qui semble couler directement du cœur.

La scénographie, jouant sur les contrastes d’ombres et de lumières, répond aux oscillations sonores d’un orchestre de chambre en état de grâce. Le spectateur, placé au centre de ce dispositif, se retrouve enveloppé par une architecture invisible, bâtie de vibrations et de reflets.

Pourtant, cette immersion sensorielle ne serait rien sans la présence de la parole. Dans cette langue italienne si mélodieuse, les textes de de Simone agissent comme un ancrage émotionnel nécessaire et portent des mots simples mais universels — sur le temps qui fuit, sur l’amour, sur la place de l’homme dans l’immensité.

« Le verbe vient ici donner un sens à l’abstraction, transformant une expérience esthétique en une confidence intime. »

En intégrant la poésie des paroles à cette architecture sonore et visuelle, l’artiste crée un pont entre l’immatériel et l’humain, et il semble qu’on écoute une âme.

Un manifeste de la fragilité

Ce passage à Aix-en-Provence est une démonstration de ce qu’un art humaniste peut produire : une invitation à ralentir, à regarder et à écouter vraiment. En faisant fusionner l’œil, l’oreille et l’esprit, Andrea Laszlo de Simone rappelle que l’art est avant tout une affaire de présence. Une ombre très longue, certes, mais qui rassure et qui éclaire.

DANIELLE DUFOUR-VERNA

Ce concert-installation a eu lieu le 25 avril à la Fondation Vasarely, Aix en Provence

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