jeudi 30 juillet 2026
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Léon, marchand de rêves

Bienvenue dans l'univers loufoque et tendre de Léon. Un hymne réjouissant aux livres et aux libraires

Henri Mariel façonne un personnage attachant, héros de son seul-en-scène Léon le libraire, marchand de rêves. Sous la forme d’une fausse conférence aussi drôle qu’absurde, l’auteur, metteur en scène et comédien nantais livre une réflexion sur un métier trop souvent réduit à son seul aspect commercial.

Fondateur du Théâtre de l’Entr’Acte en 1993 puis de La Ruche, qu’il dirige jusqu’en 2025 avant de se consacrer à sa maison d’édition, La Fabrique du Livre, Mariel construit un personnage insolite : Léon n’écrit pas, ne lit pas, il guide. Il ne vend pas des livres, il provoque des rencontres. Chaque conseil, énoncé avec un sourire malicieux, cache une vraie philosophie du métier, écouter avant de conseiller, ne jamais imposer ses goûts, s’effacer devant les auteurs et les lecteurs.

Le spectacle mêle humour fin, anecdotes truculentes et tendresse littéraire. On y croise, au détour d’un rayon imaginaire, Colette, Proust ou Aragon, embarqués dans des dialogues improbables. Zazie dans le métro engage une conversation cocasse avec le Grand Meaulnes du Domaine sans nom comme si les personnages échappaient à leurs pages pour se répondre d’un rayon à l’autre, signe que, chez Léon, les classiques et leurs héros ne sont jamais figés mais continuent leur vie, autonomes et en liberté. Le ton oscille entre satire douce et poésie, porté par la voix grave et posée d’un Henri Mariel particulièrement émouvant qui incarne un Léon parfois exaspérant avec ses certitudes et ses règles dogmatiques.

À une époque où les librairies ferment et où la lecture recule, cet hommage vivant au livre, aux imaginaires et à ceux qui le font circuler fait du bien. Un petit moment de bonheur, hors du temps au petit goût de madeleine.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Léon le libraire, marchand de rêves
Jusqu’au 25 juillet, au Figuier Pourpre
Maison de la Poésie d'Avignon

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