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AccueilÀ la UneÀ Éguilles, Cathy Heiting pique au vif

À Éguilles, Cathy Heiting pique au vif

La chanteuse présentait son trio « Au féminin » au domaine Camaïssette. Un concert à l’engagement féministe, et à l’esprit subversif

L’inlassable contre-diva provençale Cathy Heiting présentait ce soir-là son nouveau projet en trio consacré à la condition féminine avec la pianiste la plus swinguante des alentours, Maryline Ferrero, et la batteuse Aurélie Agullo, issue d’univers plus rock. Croisant des extraits de « Convenances et bonnes manières », un manuel de « savoir-vivre » à l’usage des femmes paru en 1964, qu’elle a retrouvé dans les affaires de sa mère, avec des standards de jazz agrémentés de quelques incartades hors-piste, le trio déroule un set féministe et narquois du meilleur aloi. 

Revendication et joie de vivre

C’est une lecture musicale délicieusement subversive qui se déploie et les thèmes interprétés font écho aux extraits choisis, telle cette livraison de A Child Is Born lors du tableau rétrospectivement hilarant consacré à l’éducation des enfants. Pendant que la leadeuse lit avec une conviction débordante de second degré, la pianiste égraine quelques notes bleues, et la batteuse, elle, développe quelques piques percussives bien senties. La fin du programme se dirige vers l’émotion, avec quelques mots personnels adressés par Heiting à sa mère, soulignés par une interprétation de Piensa en mi (ce boléro composé en 1935 revigoré par l’interprétation de Luz Casal dans Talons Aiguilles d’Almodovar en 1991). 

La prestation se termine entre revendication (You don’t owe me « Je ne t’appartiens pas » de Lesley Gove en 1963 : le premier hit féministe étatsunien) et joie de vivre avec notamment James Brown… une sorte de braquage bien senti sur un monument de soul écrit par un vieux macho que l’on dirait masculiniste de nos jours.

LAURENT DUSSUTOUR

Concert donné le 22 août au domaine Camaïssette, Éguilles. 

À venir
23 septembre
Hôtel C2, Marseille

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