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AccueilArts visuelsParéidolie 2026 :  Spectres et flous à l’ouvrage

Paréidolie 2026 :  Spectres et flous à l’ouvrage

En ce dernier weekend d'août se tenait la 13e édition du salon du dessin contemporain au Château de Servières, en association avec une trentaine de lieux partenaires à Marseille, sa région et au-delà

Le Salon International du dessin contemporain, Paréidolie, est un immanquable rendez-vous de la scène artistique marseillaise. L’édition 2026 étonne, une nouvelle fois, par sa justesse de curation et la variété de galeries représentées. Chaque année, chacune met à l’honneur les artistes de son choix pour leur offrir l’opportunité d’une visibilité exceptionnelle propice à la vente, à l’échange de contact, et à l’exposition de leur travail et de leur sensibilité. 

Pour l’occasion, collectionneureuses, artistes et représentant·es culturel·les se sont pressé·es dans le dédale des stands, impatient·es de découvrir la diversité des œuvres sélectionnées par les galerie invitées : Backlash, Binôme, la galerie Heimat qui représentait Steffen Kern, la galerie Eric Dupont, celle de Katarzyna Wiesiolek, La galerie Papillon avec Voidparmi d’autres. 

Visite

On entre au château en traversant le rideau en PVC Les Gros Mots de Juliette Duval puis directement dans le carré des artistes conviées hors galeries. Marguerite Maréchal, l’artiste invitée de cette édition, propose aux visiteureuses une attention au détail, son dessin minimaliste au fil de fer ou au latex déforme le papier et insinue dans la page même des ombres et plissures, conséquences de tensions, dans la continuité de son travail plastique. L’espace d’art interactif qui lui succède était cette année animé par Strokevitch, qui utilise une banque d’animation pour figer des motifs sinusoïdaux altérés par les visiteureuses au moyen de petites bornes d’arcade. 

En s’enfonçant dans l’accrochage labyrinthique, on découvre des œuvres qui se démarquent par des sentiments fantomatiques similaires, pourtant issus de regards différents, des réverbérations plastiques, formées par des pratiques de flous, aux crayons de couleur, au fusain ou à l’encre. 

Parmi la sélection de la galerie Papillon, Void et ses grands formats au noir de fumée, ou encore la très belle série contemplative de Steffen Kern, des paysages d’intérieurs désertés, d’objets délaissés dont la mélancolie est exprimée aux crayons de couleur imitant l’impression risographique. Les Tornades de Katarzyna Wiesiolek aux pigments secs évoquent la photographie argentique. Corinne Mercadier, représentée par la galerie Binôme déploie elle aussi un travail au croisement de la photographie et du dessin, ou des corps volants apparaissent dans des paysages imaginaires superposés à une réalité tangible. 

Au-delà de la visite

Le Prix The Drawer a été décerné cette année à Beraguer&Péjus, représentés par la galerie Papillon, leurs sculptures murales détournent des objets reconnaissables, un couteau suisse, un caillou, pour les transformer en créatures emportés par un mouvement inquiétant, en suspension.

Parmi les diplômés, étudiants et jeunes artistes des Écoles du Sud, les grands formats au fusain de Zakaria El Ouaqoudi se démarquent. 

Les visiteureuses de l’événement ont pu comme chaque année, découvrir les très belles éditions de la rentrée présentée chaque jour : le vendredi, la monographie de Nicolas RubinsteinParoles d’artistes aux Éditions Gilles Fage puis Réparer le monde, avec les textes de Nathalie Amae.

Le samedi, Une saine distance de Leïla Grâce Voight, publié aux éditions Naïma, présentée par l’artiste en présence de Gilles Barbier et de Michèle Sylvander. Le dimanche, How to work together de Tomek Jarolim & Isabella Kohlhuber, par l’Atelier Vis-à-Vis. Et pour finir, Jérémie Setton, artiste invité de la 12e édition du salon, présentait sa monographie publiée par Manuella Éditions.

Parmi ses nombreux lieux et événements partenaires, le Frac Sud proposait une programmation de films par un commissariat de Muriel Enjalran. Le [mac] de Marseille invite quant à lui, à une découverte de l’exposition : La vie climatique à travers une sélection d’œuvres graphiques, spécialement pensées pour la Saison du Dessin 2026 et visible jusqu’au 4 septembre.

Pour finir, les ouvertures d’ateliers de la ville étaient également à l’honneur, les ateliers Boisson, Boulle et Lorette : l’occasion de découvrir les artistes dans leurs étapes de création et de rencontrer leur travail par de multiples moyens, en suivant le parcours tracé cette année par le salon du dessin.

NEMO TURBANT

Paréidolie s’est tenu du 28 au 30 août, au Château de Servières, Marseille 

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