Habitué aux assemblées, aux débats et aux fonctionnaires en cravate, l’Hôtel de Région accueille un tout autre univers du 27 août au 20 septembre avec l’exposition d’art contemporain Survivances organiséepar Le Cube hors les murs. Après un premier projet, Ce qu’il reste du monde, présenté à la Maison arménienne de la jeunesse et de la culture en mai dernier, le trio de commissaires marseillais – Rebecca Brodskis, Silvio Mildonian et Jean-Philippe Vigneron – poursuit son travail en réunissant une vingtaine de jeunes artistes autour de Survivances. Une exposition qui explore, à travers une diversité de médiums – peintures, sculptures, performances… – ce qui subsiste après les bouleversements, ce qui continue d’exister malgré les ruptures…
Ce qui reste
À l’entrée de l’exposition, l’immense toile au crayon de Julie Darmon, aux allures du Dormeur du val, interpelle. Inspirée par Touching Reality (2012) de Thomas Hirschhorn, Julie Darmon puise dans des images de corps mutilés issues de différents conflits trouvées en accès libre sur Internet. Sur une immense toile, sont représentées trois victimes de morts violentes dépourvues de couleurs et recomposées en une figure anonyme. Avec Survivances, leur mémoire continue de résonner, tandis que d’autres artistes prolongent cette même réflexion sur les traces laissées par les conflits. Avec My Dear Gaza… I Love You, Shareef Sarhan rassemble des photographies prises à Gaza entre 2005 et 2023. Après la destruction de son studio et d’une partie de ses archives, ces images deviennent des témoins directs d’un quotidien ordinaire bouleversé, dont il retranscrit des fragments sur des pierres cubiques couleur ocre.


Place à la couleur
À quelques pas de là, Silvio Mildonian, artiste d’origine arménienne, présente des toiles colorées inspirées de l’expressionnisme abstrait. Des peintures faites de couches successives, faisant écho aux manuscrits arméniens enterrés pendant les invasions pour être préservés. « Les textes pouvaient disparaître, tandis que les couleurs, elles, subsistent. La couleur devient une trace, capable de traverser le temps », explique-t-il. Survivances interroge les formes contemporaines de la mémoire, de la transmission et de permanence, un troisième chapitre intitulé Hypothèse d’un paradis prévoit de prolonger cette démarche.
CARLA LORANG
Survivances
28 août au 9 septembre
Hôtel de Région, Marseille
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