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AccueilÀ la UneLe « Tandem » chic et choc de Josette Baïz

Le « Tandem » chic et choc de Josette Baïz

Fondatrice de la compagnie Grenade, Josette Baïz, a mis en scène ce duo parlé-dansé, joyeux et virtuose, qui déroule deux belles histoires de danse

Les enfants sont un public formidable. Cette séance de l’après-midi qui leur était consacré au Pavillon Noir, à Aix-en-Provence, en a fait une nouvelle démonstration. Yam Omer et Maxime Bordessoules, deux danseurs de la compagnie Grenade, présentaient Tandem. Un spectacle à forte dimension pédagogique puisqu’on y apprend comment on devient danseur, avec ses joies, ses doutes et ses rencontres.

Tout commence par O Fortuna de Carmina Burana. Cheveux longs, jupe noire, Maxime signe un solo classique somptueux, qui s’achève en ronde de derviche tourneur, l’étoffe dessinant une corolle autour de lui. Yam explique que son prénom signifie « mer » en hébreu. Née en Israël, quatrième d’une fratrie de cinq, elle découvre la danse de salon à 5 ans, le hip-hop à 11, et décroche à 16 ans le titre de « danseuse d’excellence » avec Nishbar, un solo d’Idan Sharabi. Maxime, lui, vient de Saint-Jean-d’Angély. Un petit film le montre à ses débuts, seul garçon, franchement malhabile, au milieu de fillettes de 5 ans : la salle se tord de rire. Admis au Conservatoire de Lyon, il doit y créer son propre solo pour un examen. Ce sera Indomptable, sur Run Boy Run de Woodkid. Sa vidéo est projetée derrière lui, et il danse la même pièce sur scène : un vertigineux jeu de miroirs.

Les tableaux s’enchaînent comme des bulles de champagne : ragtime façon comédie musicale, Danses grecques de Béjart, solo de William Forsythe que Maxime décompose avec humour en imitant les consignes que son professeur lyonnais lui donnait lors de son apprentissage, trio d’Eyal Dadon réduit à deux, extrait de Garden of Minutes de Noa Zuk. Les applaudissements fusent entre chaque numéro. Une vingtaine d’enfants montent sur scène pour un cha-cha-cha, et la salle bat la mesure. Plus tard, une courte initiation à la méthode de soin par le mouvement d’Ilan Lev dont Yam est praticienne fait respirer et vocaliser tout le monde.

Les deux danseurs ont rejoint Grenade en 2020, sur un appel de Josette Baïz. Au sein de la compagnie ils ont interprété Kamuyot d’Ohad Naharin, puis Phoenix. Ils en donnent un extrait : un duo d’amour aux portés magnifiques que la salle acclame. Le spectacle s’achève sur une ronde israélienne endiablée, extraite d’une pièce de Barak Marshall, sous les ovations du jeune public. Nul doute qu’il fera naître des vocations.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le spectacle a été donné au Pavillon Noir le 12 octobre.

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