mercredi 4 novembre 2026
No menu items!
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
cliquez sur l'image pour en savoir plusspot_img
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
AccueilCinémaUne école haut perchée

Une école haut perchée

Le nouveau documentaire de Pascal Plisson nous immerge dans une petite école de montagne

Ils s’appellent Guerlain, Hugo, Elina, Enora, Charly, Aron, Lisa, Léonora. Ils ont entre 4 et 10 ans et ce sont les huit élèves de la plus petite école de France, celle du village de La Gurraz, perché à 1600 mètres d’altitude, en Haute Tarentaise où vivent une quarantaine d’habitants.  C’est eux dont on va partager la vie durant une année scolaire dans le dernier film de Pascal Plisson, Ma toute petite école. Sylvie Mercier, l’enseignante gère tous les niveaux de cette classe unique, de la moyenne section de maternelle au CM2. Une classe qui risque chaque année d’être fermée si l’effectif d’élèves baisse et c’est un combat permanent pour les habitants et son maire, Alain Emprin : chercher des solutions  pour éviter ce qui risquerait d’affecter la vie même du village. On trouve des dispositifs culturels comme « Orchestre à l’école », qui permet l’accès à la musique malgré l’isolement du village. On assiste donc aux cours d’instruments, pas toujours réussis mais qui donneront lieu à un concert de Noel devant tout le village.

 « Je ne voulais pas faire un film militant ou historique sur la fermeture des écoles rurales. Ce sujet est présent, évidemment, mais ce qui m’intéressait avant tout, c’était le regard des enfants » précise Pascal Plisson qui a choisi de racontercette histoire à hauteur d’enfant. Au fil des saisons, on voit donc, les huit élèves dans la classe faire des exposés sur le métier de charpentier, sur les animaux de la ferme, sur les abeilles, les tenues traditionnelles ; à l’extérieur, visiter une ferme, entendre la professeure lire une histoire après une marche en montagne… Chacun.e est suivi.e individuellement par Sylvie Mercier selon son niveau et l’entraide entre les enfants participe aux progrès de chacun. Pas d’ordinateurs à l’écran. Réalité ou choix du cinéaste de ne pas les filmer ? On se souvient que cette question s’était posée à propos du film de Nicolas Philibert, Être et avoir.  « Ils n’ont pratiquement pas de téléphones portables, regardent très peu la télévision et vivent dehors en permanence. Résultat : ce sont des enfants qui connaissent parfaitement la montagne, les animaux, les saisons. Ils font du ski, du biathlon, passent leur temps dans la nature » précise le cinéaste ; il les a vus vivre, ayant passé six mois sur place, sans caméra, avant de commencer le tournage qui a duré environ 80 jours, réalisé à deux seulement : Simon Watel, le chef opérateur à la caméra et Pascal Plisson au son, pour devenir « invisibles »   et capter tout ce qui se passait.  C’est réussi : le plus souvent tous semblent oublier qu’ils sont filmés et on s’attache à eux, en particulier au petit Guerlain qui est « craquant » Un documentaire qui réconciliera avec l’école ceux et celles qui sont faché.e.s et donnera à tous l’envie d’y retourner.

Annie Gava

Ma toute petite école sort en salles le 4 novembre

© Jour2fête

ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

« Notre Salut » et les bégaiements de l’Histoire : un débat avec l’association Promemo au Festival d’automne de Gardanne 

Sorti le 30 septembre dernier, Notre Salut d’Emmanuel Marre revient sur l’histoire de son propre arrière-grand-père, fonctionnaire sous le régime de Vichy. Projeté à...

Théâtre de Nîmes : Regarder le passé pour ouvrir l’avenir

Les mises en scène de Guy Cassiers sont toujours bouleversantes. Une fois encore il ne s’agit ici d’adapter un roman mais de le déployer,...