Donner de la visibilité aux talents locaux et offrir de belles soirées concerts sur le territoire. Voilà les missions que s’est donné l’association Aix’Qui depuis 1989 avec son tremplin Class’Eurock d’une part, et avec son festival TPA d’autre part. Si cette association connaît depuis quelques années des difficultés financières [lire interview ci-dessous], elle tient son cap, et propose cette année encore son événement automnal du Festival TPA. Au programme du 17 au 31 octobre, cinq soirées dans autant de villes provençales – et métropolitaines –, pour une douzaine d’artistes ou groupes accueillis. Des têtes d’affiche et des talents émergents qui proposeront du rap, du rock, du métal et des musiques du monde… le tout à des prix conscients.
Une balade en Métro
Le top départ est donné le 17 octobre à la maison, dans la salle des Arcades d’Aix-en-Provence, avec une affiche rap. La soirée accueille trois artistes émergents : le Sétois/Aixois Dag Topor, le collectif alpin Zbraaa, et le groupe Jetsetfucker de Guillestre. Si le premier reste dans la tradition brute du hip-hop, les deux autres groupes mêlent à leur rap des influences électro.
Quelques jours plus tard, on se rend au Portail Coucou de Salon-de-Provence. Dans cet ancien cinéma, une soirée sur-mesure a été prévue par le TPA. Les Presque Çak proposent un ciné-concert autour de l’univers d’Ennio Morricone. De la musique live, jouée synchro sur une projection de scènes mythiques de western-spaghetti. Le même soir, on verra le groupe martégal C-302, dernier lauréat du tremplin Class’Eurock.
Dans cette ville qui aime le flamenco, les cultures gitanes sont à l’honneur le 24 octobre à Aubagne. On y verra Titi Robin, et son répertoire qui mêle musiques tziganes, orientales, et occidentales. Puis Poum Tchak, groupe de jazz manouche aixois qui a déjà répandu dans le monde entier son swing et son humour.
Le 30 octobre aux Rallumeurs d’étoiles de Martigues, la Provence est à l’honneur. Les Cigales Engatsées n’ont décidément pas fini de chanter, et le groupe fêtera la sortie de son nouvel album La Fiho de l’Estelan. En première partie, on écoutera avec intérêt l’autre lauréat du Class’Eurock 2026, le trio aixois After Mary.
C’est du métal qui fera ensuite trembler Vitrolles le 31 octobre. Quatre groupes, et non des moindres, sont à l’affiche : les Niçois de Messalina, les Marseillais de Yarostan, et les Gardannais de Butterknife. Une soirée qui vient clôturer dans un joyeux fracas cette nouvelle édition du TPA, dont on soulignera quand même le manque évident d’artistes femmes cette année au programme, à la différence d’autres années.
NICOLAS SANTUCCI
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Aix’Qui, une asso historique en difficulté
Baisse des subventions, retards de paiement… l’association Aix’Qui connaît ces dernières années des difficultés financières. Entretien avec Patrick Daraji, son président-fondateur
Zébuline. Vous avez alerté la presse il y a quelques semaines sur la situation financière de votre association. Que se passe-t-il ?
Patrick Daraji. On a deux actions qui sont soutenues par les institutions. Le TPA, qui est aujourd’hui quasiment une commande métropolitaine, et notre tremplin Class’Eurock, subventionné depuis très longtemps par la Région et le Département. Mais depuis l’arrivée de Martine Vassal et Renaud Muselier, nos subventions ont presque été divisées en deux. On a aussi un problème avec le rythme des institutions. Aujourd’hui, en octobre, le Département a voté la moitié seulement de notre subvention et à la Région on passera en novembre. Il a aussi fallu attendre juillet 2026 pour recevoir le solde de 2025. On se retrouve à la fin avec un bilan équilibré… mais avec 10 000 euros de frais bancaire ! C’est vraiment du sabotage pour moi…
Un bilan à l’équilibre mais vous avez dû faire plusieurs licenciements.
En 2024, on a viré tout le monde. La totalité de la gestion de l’association – moi y compris – est aujourd’hui bénévole.
Qu’en est-il de la Métropole, dont le budget est pour l’instant bloqué ?
On a eu beaucoup de chance. Sur plus de 200 projets culturels qui lui ont été présentés, 17 sont passés au mois de décembre 2025 dans le budget primitif pour l’année 2026, et on en fait partie. On reste solidaire des autres acteurs culturels, pour qui cette situation est catastrophique, même si l’on doit quand même s’interroger sur l’affectation de certains fonds. Je pense notamment au Delta Festival, dont je ne vais pas pleurer la disparition, bien au contraire.
Vous avez lancé un appel aux dons il y a quelques semaines.
Ce sont les associations avec qui on travaille qui nous ont proposé de faire cet appel. Le résultat est vraiment surprenant : des gamins qui ont fait Class’Eurock cette année nous ont donné 5 euros, et certains parents 300… Mais moi qui viens de l’éducation populaire, je trouve ça scandaleux qu’une mission qui relève quasi du service public soit financée par les gens eux-mêmes…
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR N.S.
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