Pour lancer son rendez-vous, le festival du cinéma espagnol présentait Los Justos de Jorge A. Lara et Fernando Pérez
C’est à l’Artplexe (Marseille) que, jeudi 8 octobre, s’est ouverte la nouvelle édition de CineHorizontes qui fête cette année ses 25 ans. Une édition sous le signe de la jeunesse, et « la plus queer de toutes » se félicite l’organisation. Après les remerciements traditionnels à tous les bénévoles, à tous les partenaires, au public fidèle et à la fondatrice de ce festival, Jocelyne Faessel, et des représentants de la Région de Séville, nouveau partenaire, ont présenté leur province. Puis aux danseuses du Centre Solea, dirigé par Maria Péres, de danser sévillanes et flamenco avant de céder la place au cinéma.
En ouverture, on a donc découvert le film de Jorge A. Lara et Fernando Pérez, Los justos, un huis clos sous haute tension, une comédie grinçante qui pose une question aussi simple que dérangeante : combien vaut notre morale ? Si l’on nous proposait un million d’euros pour faire quelque chose que nous savons être injuste, que ferions-nous ?
C’est à cette question que doivent répondre neuf citoyens ordinaires, jurés « séquestrés » pour le procès d’un homme d’affaires accusé de corruption. Si tous le croient coupable, les convictions basculent quand chacun reçoit une offre secrète et anonyme : un million d’euros si à l’unanimité le verdict est « non coupable ». Chacun·e a ses raisons pour accepter. Aussi bien la présidente du Jury, Remedios (Carmen Machi) que Javi (Vito Sanz), Cecilia (Pilar Castro) ou Darío (l’Argentin Marcelo Subiotto).
La caméra du directeur de la photo Alfonso Postigo suit de prés les visages, captant la tension croissante, les regards fuyants, hésitants face à la tentation de cet argent facile qui pourrait résoudre leurs problèmes. Les lieux sont d’abord filmés dans des tons froids et austères, du bleu, du gris, du beige puis s’éclairent, créant un univers chaud, saturé et presque suffocant. La musique de Beatrix Lopez- Nogales, voix a cappella, percussions, instruments traditionnels, particulièrement réussie, accentue la tension dramatique tout au long du film.
Quand dans Douze hommes en colère, il s’agissait de savoir si un jeune homme d’origine modeste accusé du meurtre de son père était coupable, dans Los Justos, c’est de savoir jusqu’où les jurés sont prêts à aller pour renoncer à leurs convictions. On rit parfois devant les changements d’attitude brusques et inattendus, on est surpris par les arguments de certains, mais devant ce miroir que le film nous tend, on peut se poser la question : « Et moi, que ferais-je à leur place ? »
ANNIE GAVA
L’ouverture de CineHorizontes a été donnée le 8 octobre au cinéma l’Artplexe, Marseille.






