Le quartet Nowhere Out – Jean-Michel Pilc au piano ; Gaël Horellou au saxophone alto ; Thomas Bramerie à la contrebasse ; et Thomas Galliano à la batterie – tient plus que ses promesses. Alignant compositions de membres du groupe et standards allègrement déconstruits puis reconstruits, tel un All The Things You Are joué à sept temps, ou un All Blues transcendantal, le groupe sonde les abysses du jazz avec une délectation qui frise l’insolence.
Le pianiste conjugue son esprit scientifique avec une poétique de l’instinct à même de combiner moult éléments de langages jazz avec des inclinations classiques. Autodidacte autoproclamé, ce polytechnicien fut un temps ingénieur en études spatiales avant de se lancer dans une carrière musicale internationale, avec notamment Martial Solal comme mentor.
Horizon improvisé
L’une de ses compositions exhale des effluves de Louis Armstrong sur laquelle le sax d’Horellou prend des accents gospel, alors même que le morceau d’ouverture, au tempo d’enfer, convoquait les esprits du be-bop le plus exigeant. Le contrebassiste, fin mélodiste tant dans son accompagnement que dans ses chorus, tient les murs d’un édifice mouvant avec l’improvisation collective pour horizon.
Les échanges se font funambulesques, convoquant mises en abymes et jubilations subversives. Quoi de mieux qu’une éruption solaire avec un Solar (un blues de Miles Davis) en guise de rappel ? Le groupe sort de deux jours en studio : vivement l’album, annoncé pour l’hiver prochain !
LAURENT DUSSUTOUR
Concert donné le 7 avril au Salon de Musique, Salon-de-Provence.
Une première partie à saluer
Avant Nowhere Out, c’est d’abord un sextet d’étudiant·e·s de l’Institut musical de formation professionnelle (IMFP) qui s’est présenté sur scène. Ensemble, ils ont livré un set de haute teneur artistique, avec une mise en place originale des thèmes par un duo chant – Romane Martin et David Cassini – se frottant à des standards peu joués comme The Peacocks. Subtilité des mises en place et des échanges, improvisations au service du collectif : le public en redemande. L.D.
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