jeudi 16 avril 2026
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Une Sirène à Aix-en-Provence

La Petite Sirène, opéra de Régis Campo, sera au Grand Théâtre de Provence les 24 et 25 avril, avec l’ensemble Télémaque dirigé par Raoul Lay

Régis Campo a reçu, parmi ses nombreux prix, la Victoire de la musique pour la composition, saluant la carrière de ce compositeur formé au Conservatoire de Marseille dont la musique sait être contemporaine sans abandonner le fil mélodique ou l’épaisseur harmonique. Elle sait aussi susciter l’émotion, essentielle pour les bambins, se faire drôle, triste ou onirique, ou figurative, mimant le son des profondeurs marines. 

Sa Petite Sirène, produite par la Région Sud et les opéras régionaux – qui pratiquent enfin la coproduction qui permet de baisser les coûts, et la commande contemporaine qui est dans leur cahier des charges – a vu le jour à l’Opéra de Nice, dans une scénographie qui a la couleur des profondeurs marines.

Elle a tourné dans les opéras de Toulon et Avignon, puis de Marseille, et s’est déclinée en une forme instrumentale légère jouée par l’ensemble Télémaque (piano, clarinette, flute, percussions, violon violoncelle) à Martigues, à Carros ou Mougins… C’est cette version, précise et plus visuelle encore parce qu’elle donne à voir les musiciens en action et les gestes du chef, qui sera sur la grande scène du Grand Théâtre de Provence. 

La leçon du conte

Quelle que soit la version, cette petite sirène reçoit un accueil enthousiaste des enfants : des réactions de joie quand le Prince déploie sa voix, de frayeur quand la sorcière sortie d’une armoire allonge ses tentacules et coupe la langue de la Sirène… les percussions s’amusent, les voix se déploient, accompagnées tendrement par les bois, les cordes, le piano véloce.

Le livret, que Régis Campo a écrit lui-même, reprend la fin cruelle du conte d’Andersen, et la sirène privée de sa queue et de sa voix par amour pour son Prince se fond en écume… Les spectateurs, habitués aux fins heureuses que les réécritures des contes leur réservent, encaissent le coup.

On se souvient alors qu’Andersen, homosexuel et genderfluid, avait imaginé une fille dotée d’un appendice dont elle devait se défaire pour être aimée… Régis Campo habile, a enrobé le conte trans  d’un récit cadre qui l’actualise, où une très  jeune fille se défait d’une dangereuse domination exercée par textos, échappant ainsi à la castration.

Agnès Freschel

La Petite Sirène

24 et 25 avril
Grand Théâtre de Provence
Aix-en-Provence

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