dimanche 8 février 2026
No menu items!
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
Accueil Blog Page 19

Chaillol fête ses 30 ans

0
Julien Grassen Barba © Cyril Onon

Cet anniversaire se déroulera sans faste : « Cela ne nous ressemblerait pas » estime Michael Dian, directeur de cette scène conventionnée devenue une institution culturelle alpine. « Plutôt qu’une célébration spectaculaire, nous avons choisi de faire de ce moment un jalon, un bilan pour explorer et approfondir ce qui fait notre essence : un projet de territoire »,tissant des liens subtils entre musique, humain et ruralité. Pour « revérifier ce nord magnétique, comme une boussole qu’on recalibre, un engagement qu’on souhaite réaffirmer », une enquête sera menée auprès des bénévoles, dont certains sont fidèles depuis l’origine. Le but : recueillir leur parole, comprendre ce que le festival a transformé dans leurs vies et réinterroger les valeurs de partage, de coopération et de lien social, au cœur du projet.

Développer les coopérations

L’espace culturel de Chaillol se distingue par sa capacité à faire circuler la musique vivante dans des communes rurales parfois très isolées. Il mêle musique classique, jazz de création et traditions populaires, avec une attention constante au territoire qui l’accueille. Dans un contexte anxiogène et de baisse des budgets qui peut inciter au repli, au « rabougrissement », le festival veut à l’inverse « étaler et aérer la pâte ». Cette orientation se manifestera cette année par un engagement renforcé en matière de production déléguée. Chaillol fait désormais le choix d’accompagner des démarches artistiques sur le long terme.

Le pianiste et compositeur de jazz Julien Grassen Barbe en bénéficiera avec ¡Adios Toledo !, création puisant dans les traditions musicales indiennes et la liturgie judéo-portugaise. Après une résidence au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris, celui-ci s’installera du 26 au 31 janvier au Studio Alys de Manteyer pour poursuivre ce voyage rendant hommage à Garcia da Orta, médecin séfarade ayant fui l’Inquisition vers Goa au XVIe siècle. Chaillol est également lauréat d’un programme européen autour du Duo Ourika, en partenariat avec des festivals au Kosovo et en Allemagne. « Plus que jamais, il faut resserrer nos forces, développer les coopérations », estime Dian.

En attendant l’été et ce festival anniversaire qui prévoit quelques belles surprises, la saison de Chaillol se déploiera jusqu’en juin – une proposition par mois et plusieurs concerts dans une trentaine de communes hautes-alpines – avec son éclectisme caractéristique : musique de chambre avec les solistes de l’Orchestre national d’Avignon-Provence autour de Brahms et Beethoven (16 au 18 janvier) ; jazz vocal intimiste avec le Mood indigo de Jody Sternberg et Frédéric Loiseau (19 au 22 février) ; puis Raga résonance, voyage en Inde du Nord (27 au 29 mars) avec trois maîtres de la tradition hindoustanie.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Zoom sur la nature

0
© Maxime Briola

La région regorge de trésors cachés. À travers leurs clichés, visibles jusqu’à fin janvier, Maxime Briola, Franck Follet, Annabelle Chabert et Laurent Fiol donnent à entrevoir la nature subtile camarguaise.Avec son association Regard du Vivant, Maxime Briola présente une exposition sur l’aigle de Bonelli, à découvrir aux Jardins de la Tour (Port Saint Louis du Rhône). Rapace provençal discret, le prince des garrigues songe souvent sur les rochers ensoleillés lorsqu’il n’est pas dans les airs. La dizaine de clichés le montrant sous divers angles offre une immersion inédite au cœur de ses habitudes et de son mode de vie. 

Amoureux de la Camargue, Franck Follet photographie quant à lui les oiseaux aquatiques des lagunes salées. Ses photos, présentées au Domaine de Méjanes, à Arles, plongent le regard dans un univers poétique et s’amuse des contrastes et des silhouettes des flamants roses. Si la nature regorge d’habitants terrestres et aquatiques, elle est également habitée par de multiples phénomènes. 

Dans La nature dans tous ses états, au Parc Ornithologique de Pont de Gau (Saintes-Maries-de-la-Mer), Annabelle Chabert arpente collines et bois pour photographier les phénomènes naturels cévenols. Pour elle, la photo est un prétexte à la balade : elle aime se perdre en forêt tout en restant à l’affût des moindres mouvements. Ses clichés immortalisent : forêts givrées, brumes, orages, et partagent sa fascination pour «cette nature qui change, qui évolue au fil des saisons. » 

Un outil de sensibilisation

Maxime Briola et Annabelle Chabert soulignent l’importance de préserver les lieux photographiés. Une pensée partagée par Laurent Fiol qui, dans La petite faune du Sud, montre que la Camargue ne se limite pas aux flamants roses et aux chevaux, mais qu’elle abrite une biodiversité foisonnante, à tous les niveaux. « La Camargue sèche est très intéressante, on y retrouve de nombreux insectes : l’empuse, les odonates, le grand fourmilion. » 

Pour ce passionné, photographier un sujet, c’est avant tout chercher à le comprendre et à identifier les menaces qui pèsent sur lui. Depuis une vingtaine d’années, Laurent Fiol passe une grande partie de son temps allongé dans l’herbe,« à observer le monde à hauteur d’insectes ». Dans un monde où tout s’accélère et où certaines espèces se font de plus en plus rares voir disparaissent totalement, aller chercher le sensible à travers l’image, créer l’émerveillement, inviter chacun·e à être plus attentif·ve à ce qui l’entoure reste un travail essentiel.

CARLA LORANG

La photographie « nature » a le vent en poupe
Sur les réseaux sociaux, certaines publications comptabilisent des milliers de likes. La baisse des prix du matériel a favorisé l’essor de la pratique. Certains agents de l’OFB constatent toutefois une « pression photographique » dans des territoires abritant des animaux sauvages, parfois protégés. Derrière certains clichés se cachent des mises en scène ou l’utilisation d’appâts. Face à ces dérives qui perturbent la biodiversité, la Ligue pour la Protection des Oiseaux a publié une charte visant « à ne pas perturber les espèces et les milieux ».
Regard du Vivant, Aigle de Bonelli, Le prince de la garrigues
Jardins de la Tour, Port Saint Louis du Rhône
Laurent Fiol, La petite faune du sud/ Annabelle Chabert, La nature dans tous ses états
Parc Ornithologique de Pont de Gau, Saintes-Maries-de-la-Mer
Franck Follet, Zénitude Crépusculaire

Domaine de Méjanes, Arles
Jusqu’au 31 janvier

Retrouvez nos articles Politique culturelle ici

Feydeau, la tête dans le sable

0
L'Hotel Du Libre Echange © Jean-Louis Fernandez

M. Pinglet, mécontent en mariage, fait des avances à la femme de son ami, Mme Paillardon, qui se sent également délaissée par son mari. Ensemble, ils décident de se rendre dans un hôtel de passe pour y avoir une liaison. Mais malheur ! Ils y croisent M. Paillardon, son neveu, une domestique, un ami bavard et ses quatre filles… L’Hôtel du Libre-Échange est un Feydeau des plus classiques, avec ses personnages et ses enjeux d’un autre temps. On peut alors se demander ce qu’y trouve Stanislas Nordey, plus connu pour son travail sur des textes contemporains. « Feydeau inventait des machines, ce sont le démontage et lassemblage de ces mécanismes qui mintéressent », écrivait-il en 2004 à propos de sa mise en scène de La Puce à l’oreille. Vingt plus tard, son approche semble inchangée. 

Son Feydeau tient de l’exercice formel : sans altérer le texte, ni chercher à en moderniser le sens, il en décale l’interprétation. À rebours des conventions, cet Hôtel du Libre-Échange est porté davantage sur le texte que sur les péripéties. Ce parti pris a un impact évident sur le rythme, bien moins enlevé qu’il n’est d’usage. Mais cela est contre-balancé par les ingénieux choix formels de Nordey. La sobriété du décor – peu de meubles, des murs blancs couverts d’indications de Feydeau – et le jeu brillamment incohérent des comédien·nes, dont aucun·e ne semble jouer dans la même pièce, renforce sans lourdeur l’absurde de la situation. Cyril Bothorel (Pinglet), est particulièrement marquant avec son jeu sur-expressif qui rappelle le personnage de dessin animé La Linea. L’hilarante Anaïs Muller propose pour Victoire (domestique du couple Pinglet) une interprétation si cérémonieuse qu’elle en devient intimidante – renversant les rapports de pouvoir jamais remis en question par Feydeau.

Autruches de la farce

L’absurdité de cette version repose également sur son humour au premier degré très assumé, en particulier au cours du deuxième acte, qui se déroule dans le fameux Hôtel du Libre-Échange, où se retrouvent accidentellement la majorité des personnages. Tous sont vêtus du même accoutrement, une grosse robe en plume qui laisse leurs jambes nues, leur donnant l’air de grosses autruches. Et si l’analogie n’était pas assez claire, Nordey décide à plusieurs moments de projeter la photo d’une autruche en fond de scène, suggérant que peut-être les quiproquos qui se succèdent tiennent en partie du refus de la part de ces drôles d’oiseaux de voir l’évidence. 

CHLOÉ MACAIRE 

L’Hôtel du Libre-Échange a été donné du 17 au 19 décembre à La Criée, théâtre national de Marseille.

Retrouvez nos articles On y était ici

Don Pasquale prend l’air du temps

0
Don Pasquale - Opéra de Toulon © Aurélien Kirchner

Deux représentations de l’opéra Don Pasquale, écrit par Donizetti, ont été données au Zénith de Toulon pendant les Fêtes, en programmation hors les murs de l’Opéra de Toulon. La cheffe d’orchestre coréenne, Sora Elisabeth Lee, signait la direction musicale aux côtés de Tim Sheader à la mise en scène et une répartition solide des premiers rôles, avec David Bižić en tête d’affiche pour incarner un Don Pasquale dépassé par les événements.

Une belle distribution

Le rideau s’ouvre sur un « building » où est inscrit en grand « Pasquale » – on y devine les bureaux de son empire. La cheffe fait démarrer l’orchestre, d’un geste soucieux et précis. L’ouverture est marquée par un passage lyrique au violoncelle solo, repris par les flûtes, instaurant un climat presque cinématographique pendant qu’entre le docteur Malatesta, incarné par le baryton argentin, Armando Noguera

Celui-ci incarne à la perfection ce manipulateur rusé et charismatique qui manigance tout le complot, en jouant sur les désirs des uns et des autres. Il boit son café, observant l’immeuble comme si c’était le sien, puis surveille les employés qui entrent, dont la belle Norina, interprétée par Lauranne Oliva. La soprano brillera tout le long dans son rôle d’héroïne stratège et vive, avec une grande agilité dans la voix lorsqu’elle parcourt les mélodies rapides et pétillantes de Donizetti. Face à elle, l’arrivée d’un Ernesto hipster et babos, guitare sur le dos, écouteurs dans les oreilles, avec casquette et banane autour du torse. Il reste ici amoureux mais assez enfantin et naïf, et pourri gâté. La voix de Jonah Hoskins, ténor lumineux animé d’un beau vibrato, porte les différents états de son personnage. 

Mise en scène contemporaine

La scénographie repose sur un cube mobile et, de scène en scène, on passe de la devanture des bureaux où apparaissent les employés de bureau, tantôt au téléphone, tantôt devant leurs ordinateurs, même si les interprètes se retrouvent souvent au-devant d’un espace un peu trop étroit.

Puis apparaît la demeure luxueuse de Don Pasquale, ornée de lustres, d’artefacts et de trésors, un sol en marbre et une dernière disposition permet de voir le côté du building comme l’espace pause-clope des employés. Ici, on y retrouve la scène où Norina chante l’air So anch’io la virtù magica où elle se vante de son tempérament séducteur et de sa « larme trompeuse ». Lorsque Malatesta vient lui proposer le plan pour berner le vieux chef, elle lui démontre qu’elle sait parfaitement jouer le jeu en exerçant ses charmes sur lui. 

Dans un moment comique et contemporain, ils referment la porte du garage derrière eux et se se livrent à un acte sexuel. Cet ajout questionne le public sur les intentions de Norina, est-elle réellement amoureuse d’Ernesto ou cherche-t-elle, comme Malatesta, à renverser sa position de pouvoir ? On comprend par là également l’interprétation du metteur en scène, qui affirme trouver « tous les personnages antipathiques ». Une vision peut être cynique, mais qui paraît adaptée au drame.

LAVINIA SCOTT

Don Pasquale a été joué au Zénith de Toulon dans le cadre de la programmation de l’opéra hors les murs les 31 décembre et 2 janvier.

Retrouvez nos articles Musiques ici

Cette autre chose… 

0
Cette autre chose de Bruno Meyssat © Jean-Pierre Estournet

Depuis près de 45 ans, Bruno Meyssat expérimente, au sein des Théâtres du Shaman qu’il a créés, une forme de théâtre singulière, fait d’écriture au plateau et ne reposant que très peu sur du texte. 

Dans Cette autre chose…, sa dernière création, Bruno Meyssat reconduit une nouvelle fois sa formule : presque pas de texte ou de mots, seulement un dialogue subtile et allégorique entre les comédien·nes et les objets avec lesquels ils interagissent. Ici, le metteur en scène pousse d’ailleurs cette formule à son paroxysme, car il n’y a même pas de sujet qui apparaît de manière évidente. Prémisses intrigants, qui  rendent nécessaires un rôle actif de la part des spectateurs·ices pour faire sens de cette narration abstraite.

CHLOÉ MACAIRE

12 et 13 janvier 
Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence  

La Plateforme du Rock

0
Technopolice © X-DR

L’association Phocea Rock a toujours à cœur de réunir et mettre en valeur la vigoureuse scène rock de Marseille. Elle le fait au printemps – avec L’Intermédiaire – pour La Plaine du Rock. Elle le fait désormais en plein hiver à l’occasion de la Plateforme du Rock. Pour cette première édition, elle invite sept groupes : Jim Younger’s Spirit, Sovox, Binaire Oai Star, Avee Mana, Wake The Dead et Technopolice, tous réunis dans l’ancien Dock des Suds. De quoi faire une belle photo de la grande famille du rock phocéen.

NICOLAS SANTUCCI 

10 janvier
La Plateforme, Marseille 

Jean-Baptiste Doulcet

0
International Competition Long-Thibaud-Crespin, piano category, semi-finals ( Salle Cortot ) and finals at the Auditorium of Radio France, under the artistic direction of Bertrand Chamayou and Martha Argerich, President of the Jury. November 8, 2019 to November 16, 2019. Concours International Long-Thibaud-Crespin, categorie piano, demi-finales ( Salle Cortot ) et finales a l’ Auditorium de Radio France, sous la direction artistique de Bertrand Chamayou et Martha Argerich, Presidente du jury. 8 Novembre 2019 au 16 Novembre 2019.

Marseille Concerts invite Jean-Baptiste Doulcet au Conservatoire de Marseille, pour un concert interactif dans la tradition de l’improvisation « dans les styles ». Le pianiste, pro de l’impro, invite le public à choisir son programme, et joue les thèmes qu’il propose en les adaptant aux styles et systèmes harmoniques de divers compositeurs, des bons vieux classiques aux plus jazzy, des minimalistes aux échevelés. Un exercice jubilatoire, virtuose, et complice, dont le public raffole.  Avec raison !

AGNÈS FRESCHEL

8 janvier 
Conservatoire Pierre Barbizet, Marseille
Dans le cadre de la programmation de Marseille Concerts

Abysses

0
Abysses © Sylvie Granotier

Abysses est un texte de l’auteur sicilien Davide Enia, qui, marqué par ses nombreux séjours à Lampedusa, s’est intéressé à la manière dont la crise migratoire transforme le quotidien des habitant·es de l’île. Et a recueilli les voix des habitant·es, des sauveteur·ses, des pêcheur·ses et des médecins confronté·es chaque jour aux traversées dangereuses et aux vies bouleversées par l’exil. 

Sur scène, entre récit intime et matière documentaire, dans une mise en scène de Sara Amrous, Jacques et Léon Bonnaffé donnent vie à ce récit où se tisse le lien complexe entre un père et son fils, une relation faite de non-dits, de contradictions et de fragilités. Loin des grands discours, ce sont des histoires de survie, de solidarité et de détresse, qui questionnent profondément notre humanité.

MARC VOIRY

13 et 14 janvier
Théâtre Liberté, Scène nationale de Toulon

Les Nubians 

0
Les Nubians © Nubiatik Music

En 2019, elles avaient fait l’ouverture du Makeda. 6 ans plus tard, elles sont de retour, dans cette même salle, qui porte le nom d’un de leur premier succès. Originaires de Bordeaux, Les Nubians est duo de chanteuses composé de deux sœurs, Hélène et Célia Faussart. Elles ont grandi entre la France, le Tchad et le Cameroun, ce qui a profondément marqué leur style, mélange de soul, r&b, jazz, hip-hop et sonorités afro. Un style que l’on retrouve dans leur premier tube, Makeda, sorti en 1998. En 2003, elles sortent leur deuxième album One Step Forward, qui finit d’asseoir leur renommée. Rares sur scène ces dernières années, elle n’avaient pas joué depuis presque trois ans – le 16 mai 2023 au New Morning (Paris) – leur passage à Marseille est donc un événement qui ne se loupe pas.

LANA ASTIC

8 janvier
Makeda, Marseille

Marseille au pays des merveilles

0
© Ville de Marseille - Patrick Rodriguez

L’origine d’Aliçe et les drôles d’oiseaux se trouve du côté des jardins du Musée international de la parfumerie de Grasse à Mouans-Sartoux. C’est là que l’artiste Bernard Briançon a installé pour la première fois en 2023, en plein air, sous le titre Aliçe, ses sculptures inspirées par sa lecture du fameux roman de Lewis Carroll, tout en créant un parfum, en complicité avec le nez Corinne Marie-Toselo, le Mirlando (pays des merveilles en esperanto). Des œuvres qui se retrouvent aujourd’hui en compagnie de « drôles d’oiseaux » au musée installé au Palais Longchamp, pour lequel il s’agit de mettre en jeu quelques éléments et thématiques de ses collections sous le prisme de l’univers d’Alice au pays des merveilles, revisité par l’artiste. Car si Bernard Briançon a muni Aliçe d’une cédille, comme dans Briançon, c’est pour signifier que cette Aliçe là est à sa façon.

Boîtes

On est accueilli par des notes de piano en fond sonore, une farandole de cartes à jouer qui parcourent les cimaises et les socles noirs de l’exposition, dont de nombreuses sont glissées parmi les compositions d’objets présentées dans les vitrines, ou dans de petites installations où sont scénographiés des spécimens naturalisés du Muséum. Un espace d’exposition qui peut évoquer à la fois un salon de thé, un cabinet de curiosité ou une boite noire de magicien, de laquelle, comme on le sait, sort souvent un lapin blanc.

D’ailleurs, tout comme les cartes, les boîtes sont l’un des éléments récurrents des œuvres de l’artiste qui explique sur l’un des nombreux cartels de l’exposition : « J’aime l’idée que le socle de la sculpture soit aussi sa caisse de transport (…) Tandis qu’elle protège l’œuvre, la boîte devient son ombre, sa silhouette, son avatar jusqu’à devenir œuvre elle-même ».

On trouve aussi de nombreux plateaux d’échiquier, des tasses et des théières, et l’emploi du cuir de ballons décousus et façonnés en différentes figures évoquant une tête de lapin, une tortue, une silhouette humaine, des plantes…

Points d’appui

La première partie du parcours se déroule autour du parfum créé par l’artiste, dont on peut sentir les différents composants jusqu’à l’assemblage final. Tout autour sont présentées des planches d’herboristerie, et des sculptures de champignons du « myco-artiste » Jacques Frier. Plus loin, on nous montre et on nous parle dans différentes scénographies et vitrines infiltrées par les propositions de l’artiste du dodo, du loir, du flamand rose, du lori, du hérisson, des oiseaux de basse-cour, des tortues, des corvidés… 

On parle aussi de domestication des animaux, des animaux liminaires, des chimères, ou, s’appuyant sur les nombreux jeux de mots de Lewis Carroll dans son roman, sur les façons de nommer tout ce vivant foisonnant, qui, sous ses allures scientifiques n’est pas sans ambiguïté, confusions, etc… Le parcours se termine par une série de vitrines présentant les nombreux assemblages de l’artiste, associant objets, sculptures, textes, dessins, jouant avec les références à Alice au pays des merveilles

Une exposition à la fois ludique et réflexive, une sorte de théâtre d’images qui, en croisant l’approche narrative de Lewis Carroll, les propositions de Bernard Briançon et les pièces d’histoire naturelle invite le visiteur à s’interroger sur le passage du temps, la nature rêvée et la façon dont le réel et l’absurde parfois s’entremêlent. 

MARC VOIRY

Aliçe et les drôles d’oiseaux
Jusqu’au 8 mars
Muséum d’histoire naturelle de Marseille

Retrouvez nos articles Arts visuels ici