mardi 13 octobre 2026
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5 ans après, toujours barré

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Lol & Lalala © Soliana

Du rire, de la musique, à côté du joli village d’Anduze. C’est la bonne idée qu’ont eue GiedRé et Pierre-Emmanuel Barré, qui venaient de s’établir dans le coin. Une édition zéro en 2021 avait lancé la machine, et voilà désormais ce rendez-vous bien installé dans ses Cévennes gardoises, de retour pour une sixième édition du 30 juillet au 1er août.

Lol

Côté rires, le premier soir est marqué par la venue d’Amandine Lourdel. Chroniqueuse à France Inter, beaucoup l’ont découverte pour ses pastilles sur Instagram, où elle joue une trentenaire désabusée, qui boit peut-être trop et cherche l’amour : une Bridget Jones à la sauce bistrot parisien, et à la punchline cinglante. Le même soir, le festival accueille Marine Leonardi, qui, elle, nourrit son spectacle Mauvaise graine non pas de ses frasques célibataires, mais de son couple, et de la maternité. Avec cynisme, et humour noir. La soirée invite aussi le jeune humoriste Esteban Roza, dont on a pu découvrir le talent lors d’une chronique dans La Dernière il y a quelques jours.

Le lendemain, c’est le principal temps fort du week-end, avec un plateau humour XXL : Doully, Greg Duth, Camille Fievez, Babor, JB Diallo, Audrey Baldassare… et très attendus, l’hôte Pierre-Emmanuel Barré accompagné d’Aymeric Lompret, fidèle du rendez-vous. Pour le dernier soir, pas d’humour au programme pour l’instant, mais avec cette bande, on n’est jamais à l’abri d’une surprise.

Lalala

Avant et après les comédiens, il y a donc de la musique. Parmi les artistes invités, Mambo Chick, la DJ tropicale qui mixe tout en vinyle ; de la chanson avec Sacha Maffli ; la pop liégeoise de François Bijou ou l’Avignonnais David Lafore, qui à l’image du festival, sait manier l’humour à la musique.

Des humoristes bien connu·es se cachent aussi dans la programmation musicale : dans le groupe Supersobre, on retrouve un certain Thomas VDB au chant. Et derrière les DJs Rideau et Dr. Love, se cachent en fait Aymeric Lompret et GiedRé.

NICOLAS SANTUCCI

Lol & Lalala
30 juillet au 1er août

Parc des Cordeliers, Anduze

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Aller vers, une dernière fois

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Un cabaret apparaît © Claire Gaby

En cinq ans, le programme Aller vers a proposé plus de 500 représentations gratuites dans 290 lieux des Bouches-du-Rhône : bars, places publiques, établissements scolaires, Ephad, forêts et plages… Des tournées financées par le Département 13, qui prendront fin en novembre 2026. Pour cause de restrictions budgétaires, mais aussi parce que le Théâtre du Gymnase va rouvrir, et que les budgets 2027 seront plutôt fléchés vers sa programmation.

Dominique Bluzet avait mis en place ce processus de décentralisation « jusqu’au dernier kilomètre » non comme un pis aller pour fermeture d’un de ses théâtres, mais par conviction que le processus de démocratisation du théâtre doit se poursuivre. Par la proximité, la gratuité, et des spectacles qui jouent aussi avec les règles des arts populaires.

Ainsi, pour la dernière tournée, Balkis Moutashar, chorégraphe contemporaine marseillaise qui a commencé au music-hall, reprend Un cabaret apparait, petite forme de théâtre musical dansé, à trois, qui joue avec les règles du genre. Les plumes, les strass, la danse, la musique du cabaret sont là, entièrement sincères et dévoilant pourtant les dessous et la rigidité des codes du music-hall.

AGNÈS FRESCHEL

Un cabaret apparaît
Du 14 au 24 juillet
Cours, Châteaux et Campings Carry le Rouet, Trets, Carro, Martigues, La Ciotat, Rognes, Allauch, Arles, Mallemort

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Violetta s’invite à Salon

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Sylvaine Vannier

Chaque été, la cour Renaissance du Château de l’Empéri à Salon-de-Provence se métamorphose en théâtre à ciel ouvert pour accueillir des grandes pages du répertoire lyrique. Tout commence en 2006 avec une représentation de Don Giovanni. Dans la fosse, un chef au regard vif et à la baguette précise : Stefano Giaroli. La rencontre aurait pu n’être qu’une parenthèse estivale. Elle est devenue un rendez-vous fidèle. Le maestro est revenu chaque année, accompagné de l’Orchestre Symphonique des Cantieri d’Arte et du Chœur de l’Opéra de Parme. De Rigoletto à La Bohème, du Barbier de Séville à Madame Butterfly, de Tosca à Carmen, les chefs-d’œuvre du répertoire ont tour à tour résonné dans la cour médiévale, portés par des voix venues des quatre coins de l’Europe.

Verdir son été

Pour cette édition anniversaire, c’est La Traviata de Verdi qui sera à l’honneur le 22 juillet, avec une distribution de tout premier ordre. Pour incarner Violetta, on retrouvera Mihaela Dinu, soprano roumaine formée à l’Académie de Musique de Bucarest. Sa carrière l’a menée des scènes espagnoles aux théâtres italiens les plus prestigieux. Professeure de chant au Conservatoire de Salon-de-Provence jusqu’en 2016, elle est aujourd’hui l’une des chevilles ouvrières du festival qu’elle contribue à façonner.

À ses côtés, Danilo Formaggia prêtera sa voix à Alfredo. Ténor milanais lauréat du prix Enrico Caruso, il a fait carrière sur les plus grandes scènes mondiales – la Scala de Milan, la Fenice de Venise, le Sydney Opera House – formé notamment auprès du légendaire Alfredo Kraus. La critique salue en lui un chanteur de la grande école italienne, au timbre viril et au legato soigné.

L’inflexible Germont père sera quant à lui campé par le baryton bergamasque Marzio Giossi, l’une des basses profondes du chant verdien contemporain. Primé dès ses débuts aux concours Bastianini et Voix Verdiennes, il a parcouru les scènes du monde entier, de la Scala au Théâtre des Champs-Élysées, en passant par le Regio de Parme et les Chorégies d’Orange sous la direction de Claudio Abbado, Riccardo Muti et Myung-Whun Chung.

Auparavant, Les festivités auront débuté le 20 juillet par une projection à l’Auditorium de l’Atrium consacrée à la vie et à l’œuvre de Verdi. Le 23, place à la légèreté avec une soirée pétillante consacrée à Jacques Offenbach : On retrouvera Mihaela Dinu, aux côtés de la soprano Stéphanie Portelli, le baryton Mickaël Guedj et le ténor Vincent Alary accompagnés au piano par Noéli Lantin.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Festival d'Art Lyrique de Salon-de-Provence
Du 20 au 23 juillet
Château de l’Empéri à Salon-de-Provence

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Face au RN, Les Arts Éphémères vont voir ailleurs

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Sonsonz, Arts Éphémères Salvator © Claudia Goletto

Chaque printemps depuis 2009, des folies artistiques s’installaient dans le parc de Maison Blanche. Des œuvres créées pour l’occasion par les jeunes artistes des Beaux-arts de Marseille, comme d’autres artistes déjà reconnus. Mais Les Arts Éphémères au parc de Maison Blanche, c’est terminé. Les dernières élections municipales ont vu le secteur passer à l’extrême droite avec Éléonore Bez comme nouvelle maire d’arrondissements. Impossible pour la direction des Arts éphémères de poursuivre ce partenariat historique : « Cela n’avait plus de sens » souffle Martine Robin, qui assure le co-commissariat de l’événement. Même constat du côté d’Isabelle Bourgeois, l’autre commissaire, qui explique qu’il n’y avait pas de « volonté partagée » de continuer ensemble.

Rester dans le secteur

Si le parc de Maison Blanche ne sert plus de « maison mère », la manifestation reste tout de même dans le secteur des 9/10. Elle s’est installée le 24 juin dernier dans un autre jardin, celui de l’hôpital Salvator, sur le boulevard Sainte-Marguerite. Pas un point de chute pour autant signale la direction des Arts Éphémères, puisque sa venue était déjà actée avant les élections.

Une première pour les Arts éphémères, une première aussi pour cet hôpital spécialisé dans la psychiatrie infanto-juvénile. Les groupes d’adolescents peuvent visiter les œuvres présentes au pied de l’hôpital, et « des liens se créent entre les artistes et les ados » explique Martine Robin, qui se réjouit également que ce lieu « offre plus d’espace pour les artistes ».

Cette année dans le jardin, huit pièces sont présentées au public. Sous la thématique de la « vibration », on peut y voir les photos grand format de Lucie Etna Lefebvre-Hawthorne ; une installation en frêne monumentale de Julien Cordier Klée ; ou encore la sculpture en matières recyclées, aux allures de cerf-volant, de l’artiste Sonsonz.

Itinérances

Sans son lieu de repli, Les Arts Éphémères optent sur l’itinérance pour son futur, et voient loin. Déjà cette année, la manifestation a inauguré ce printemps une exposition à Istres , mais s’installera ensuite à Port-de-Bouc, Plan de Cuques et Chateauneuf-le-Rouge. L’année prochaine, de nouveaux partenariats devraient voir le jour. Avec le musée international de la parfumerie de Grasse, et son jardin classé remarquable. Avec de nouvelles écoles d’art aussi. Les Beaux-arts d’Aix-en-Provence, de Toulon et la Villa Arson (Nice) devraient rejoindre l’aventure. Une aventure qui change de nom : finis les Arts Éphémères, qui deviendront Itinérances Arts Éphémères à partir de 2027.

NICOLAS SANTUCCI

Une mairie qui fait déjà parler d’elle
Tout juste élue à la mairie des 9/10, Éléonore Bez s’est distinguée en refusant d’approuver plusieurs subventions à des associations de son secteur. La Marseillaise expliquait le 25 juin que le conseil d’arrondissement avait bloqué les délibérations pour Les Petits débrouillards, qualifiée de « structure hautement politisée sous couvert d’animation scientifique » par Guil Darmon, délégué à la santé-recherche. Même finesse concernant Les Rencontres tziganes « qui s’illustrent en encourageant l’occupation illégale de terrains publics » selon le conseiller d’arrondissement Rahym Debiane… la foudre est tombée aussi sur la Ligue de protection des oiseaux « qui s’est éloignée depuis longtemps de sa mission d’observation de la faune pour se transformer en officine d’extrême-gauche », renchérissait Yannick Drayon, une autre conseillère RN. Des décisions qui n’ont pas empêché le conseil municipal, réuni quelques jours plus tard, de voter ces subventions. N.S.

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Un soleil pop à Porquerolles

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Fondation Carmignac. Derrick Adams, Floater 104, 2020 © 2025 Derrick Adams Studio, courtesy de l’artiste et Gagosian Photo : John Berens

L’exposition estivale Sea, Pop and Sun est consacrée au pop art, mouvement dont les figures tutélaires, Roy Lichtenstein et Andy Warhol, appartiennent depuis longtemps à l’imaginaire collectif. Mais à Porquerolles, la proposition des curateur·ices va au-delà de ces deux figures tutélaires en convoquant notamment des artistes féminines qui donnent une tournure plus politique aux œuvres présentées. La scénographie se décline en trois parties : « Sea », « Pop » et « Sun », chacune subdivisée en espaces nommés d’après un morceau culte de la période. L’immersion se fait également par le son, qui enrobe la spectatrice dans l’atmosphère colorée et hédoniste des années 1960/70.

Les sérigraphies d’Andy Warhol, variations chromatiques autour d’un coucher de soleil, ouvrent le parcours. Dans la salle suivante, la célèbre Crying Girl de Roy Lichtenstein demeure enfermée dans sa bulle émotionnelle tandis que les reproductions gonflables des Nanas de Niki de Saint Phalle, punaisées au plafond, incarnent une féminité conquérante. Cette réappropriation du corps féminin traverse également les œuvres d’Evelyne Axell et de Marjorie Strider. Chez cette dernière, l’érotisme assumé de Welcome — tableau en trois dimensions où une bouche rouge monumentale semble prête à engloutir le ou la spectateur·ice — donnent corps à une féminité maîtresse de son désir.

Piscine et coquillages

Au centre de l’exposition, In the Year 2525, ouvre une parenthèse plus contemplative autour d’une monumentale sculpture de sable de Théo Mercier qui associe des coquillages à des éléments issus de l’industrie et des loisirs pour composer un paysage figé sous la lumière du plafond d’eau de la Villa

La galerie Desire dévoile une lithographie de David Hockney représentant une piscine après un plongeon, où l’absence du corps n’en rend que plus sensible sa présence. Roy Lichtenstein met en scène un baiser entre deux femmes, traité dans son langage graphique caractéristique des points Ben-Day.

À l’étage, la salle Respect met en lumière les combats des femmes pour leur émancipation. Les œuvres d’Evelyne Axell, révélation de cette édition 2026, La Belle Endormie et L’Herbe tendre, célèbrent une femme sujet de sa propre jouissance… Keith Haring y revendique avec une énergie communicative un puissant désir homosexuel. La galerie voisine, You Don’t Own Me, poursuit cette réflexion. Les performances de Judy Chicago affirment la présence féminine dans l’espace public comme un geste politique, tandis que Martha Rosler détourne les codes de la publicité pour dénoncer la marchandisation et l’hypersexualisation des corps féminins véhiculées par les médias.

Le parcours s’achève avec The Times They Are A-Changin’ qui célèbre une époque de profondes mutations culturelles et sociales. Entre mer, soleil et culture pop, Sea, Pop & Sun montre que le pop art n’est pas un mouvement figé dans les années 1960, mais un langage toujours vivant, capable d’interroger notre rapport aux images, au désir et à la liberté.

ISABELLE RAINALDI

Sea, pop & sun
Jusqu’au 1er novembre
Villa Carmignac, île de Porquerolles

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Chaillol, 30 ans d’histoires

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Festival de Chaillol 2025 © Alexandre Chevillard

Tout commence en 1996 sur la place de Saint-Bonnet-en-Champsaur. Un concert, une poignée de musiciens, des moyens inexistants. Régis, bénévole rapporte les souvenirs de ceux qui étaient déjà là : « Tout le monde se demandait ce que ça allait donner. Et 30 ans après, c’est une scène conventionnée. » Odile, 73 ans, bénévole également, se souvient d’un concert « jazzy à la façon du festival, c’est-à-dire avec des influences diverses ». Cette façon de mêler, croiser, ouvrir c’est la « patte Chaillol ».

Ce qui a rendu cette aventure possible, c’est d’abord un homme : Michaël Dian, directeur de l’Espace Culturel depuis les origines, dont la vision artistique et la capacité à tisser des liens avec les artistes, les territoires, les publics, les élus, ont permis de développer l’événement, saison après saison. C’est aussi une équipe « qui a l’amour du partage », témoigne Thierry, spectateur régulier.

Ce qui distingue Chaillol, c’est son ancrage à un territoire : le Champsaur-Valgaudemar, le Buëch-Dévoluy et Serre-Ponçon. Églises, châteaux, kiosques, écoles, ou alpages, le festival fait de ses contraintes des atouts : « Aller dans les vallées, les petites communes, jouer dans des endroits improbables. C’est génial », s’enthousiasme Thierry. Jean-Marie Amar, ancien vice-président de la communauté de communes se félicite : « C’est du haut de gamme qu’on voit d’habitude dans des théâtres, à Marseille, à Paris. Et là, c’est chez nous. »

« Proximité » est le mot qui revient dans toutes les bouches : avec les musiciens qu’on croise à la sortie, verre à la main, avec les œuvres – Marielle, fidèle depuis 20 ans, se souvient avoir été émue aux larmes par une création de Georges Bœuf –, avec le public enfin, qui forme une communauté. Thierry le confirme : le festival « n’est pas snob », il est « ouvert à tous ». Les tarifs le prouvent, l’atmosphère le confirme. Dans un paysage festivalier fragmenté en « esthétiques », Chaillol a fait le choix de l’éclectisme et de la création avec des commandes d’œuvres désormais au cœur du projet.

Thierry s’en félicite avec humour « parfois, il faut se mettre en danger, […] se décrasser les oreilles ». Pour son anniversaire le festival aurait pu imaginer un grand événement. Pas son style. La célébration prendra la forme d’une édition riche mais classique avec, du 17 juillet au 8 août, une vingtaine de concerts dans une dizaine de lieux.

Découvrir le monde

Top départ à Chaillol avec la scène ouverte, prélude convivial pour musiciens amateurs. Dès le lendemain, Baptiste Bailly et son trio proposent Amour Courtois, répertoire fondé sur les mélodies profanes du XIVe siècles réinventés en dialogue avec le jazz et les musiques du monde, portées par un baryton et un oud. Puis le même Baptiste Bailly reviendra seul pour Suds, récital d’improvisation où Albéniz côtoie Bill Evans.

L’une des lignes de force de cette édition repose sur les croisements et les hybridations. Clément Janinet réunit violon, trompette, accordéon et nyckelharpa, instrument suédois à cordes frottées, pour Garden of Silences, traversée au carrefour du jazz et des musiques baroques. Julien Grassen Barbe, lui, relie avec ¡ Adios Toledo ! les traditions de l’Inde et la liturgie judéo-portugaise du Sud-Ouest avec sitar, tablas, guitare et piano, de Bayonne à Jérusalem en passant par Calcutta. Diana Soh, compositrice singapourienne, imagine pour le Quatuor Présages Sous notre peau, où Hildegarde de Bingen côtoie Stravinsky et des chants bulgares. L’organiste Thibaut Duret à la Cathédrale de Gap fait dialoguer Liszt et une création de la coréenne Selim Jeon, commande de l’Espace de Chaillol.

Autre fil rouge : les voix du monde et ses mémoires qui résonnent en forêt d’abord : la maison forestière du Sapet à La Bâtie-Neuve accueille un atelier d’écriture avec Caroline Audibert suivi d’un concert de Claire Menguy, violoncelle et voix mêlés. Puis avec Les Transformations, le Trio Nóta puise dans les chants de tradition orale pour retrouver ce temps où animaux, végétaux, fées et loups-garous habitaient le même monde. Christine Zayed, virtuose palestinienne du qanûn, dialogue avec Habib Meftah et Sylvain Barou entre maqâmât et improvisation. Et pour clore le festival, l’ensemble Yamma et la voix de Talya G.A. Solan cheminent entre diwan yéménites, romances en ladino et nigunim hassidiques, transmettant l’héritage des diasporas juives de Méditerranée.

Il y aura aussi les redécouvertes. Marie Vermeulin joue au Château de Montmaur Das Jahr de Fanny Mendelssohn. Mandy Lerouge, chanteuse originaire des Hautes-Alpes, investit la cour du château de Tallard avec les Fleurs Noires, dix musiciennes pour un hommage aux compositrices de folklores ou tango argentin

Entre deux concerts, le Zythos Quintette joue en plein air au kiosque de Gap, et le Musée Départemental ouvre ses portes à la violoncelliste Mayu Shviro et au percussionniste Nur Bar Goren. On pourra aussi retrouver le duo dans un concert nourri de rencontres en Asie et au Moyen-Orient.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Festival de Chaillol
Du 16 juillet au 8 août

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Une promenade électronique

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Les Électros d'Uzès © X-DR

Événement majeur de la scène électronique en France, Les Électros d’Uzès attirent chaque année des milliers de spectateurs venus du coin et d’ailleurs. Les 7 et 8 août, il se déroulera cette fois encore sous les platanes centenaires de la belle Promenade des Marronniers, près du parc du Duché, dans la cité gardoise.

Le festival présente une fois encore une programmation éclectique, réunissant des artistes venus d’univers différents pour une grande diversité de styles : de la techno à la house, en passant par la trance et l’électro-pop. Comme les précédentes, cette édition mêle têtes d’affiches internationales, artistes locaux et talents émergents.

Joli mélange des genres

Ça commence fort le vendredi 7 août, avec notamment le producteur Mandragora qui débarque à Uzès avec ses mélanges de tech house et de psytrance aux influences latines et aux ambiances mystiques. L’artiste mexicain, basé à Toulouse après avoir vécu au Brésil, est reconnu pour avoir créé le « #futureprog », un sous-genre de la trance Goa basé sur l’idée d’une musique en constante évolution. Ce soir-là, il y aura aussi l’autodidacte Carla Schmitt, l’une des DJ et productrice les plus prometteuses et innovantes de sa génération. Multidisciplinaire, elle accompagne ses créations sonores mélodieuses et groovy d’un univers visuel sensuel et sombre, offrant une expérience immersive unique. On retrouvera également les « bidouilleurs électroniques » Black Accord, et la techno-house du sudiste Soubeiran, tombé dans la marmite quand il était petit.

Samedi 8 août, les festivaliers passeront d’un univers à l’autre, comme celui de Bambounou, en constante évolution. Figure clé de la scène parisienne et internationale, son style éclectique et expérimental bouscule les codes de la techno britannique, de l’IDM et des musiques tribales. Sur un autre ton, le mélange de Tatyane entre rythmes traditionnels camerounais et contemporains enflammera le dancefloor, comme il a enflammé ceux du Boiler Room Paris, du Berghain et de la clôture des JO. Il ne risque pas de se refroidir ce soir-là, car il y aura aussi la reine de la techno brésilienne Anna et l’explosivité de Kiara, techno house aux influences funk et hip-hop. De quoi repartir avec quelques courbatures…

PAULINE LIGHTBURNE

Les Électros d’Uzès

Les 7 et 8 août
Promenade des Marroniers

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Le jazz dans toute sa virtuosité

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Marion Rampal © Sylvain Gripoix

C’est un festival qui se joue dans un cadre somptueux, les carrières du Bon Temps. Un bijou patrimonial désormais relié à Jazz à Junas qui l’occupe chaque été depuis une trentaine d’années avec sa myriade d’artistes connu·e·s, souvent au delà des cercles d’initiés les plus pointus.

Le 22 juillet, tout commence sur la place de l’Avenir avec un concert en accès libre de Prima Kanta, un gang de musiciens·nes se revendiquant de la musique minimaliste, conduit par le multi-instrumentiste Laurent Rochelle (sax soprano, clarinette…). Un « jazz de chambre » délicieusement foutraque. Puis direction les carrières, pour le set de Marcin Wasilewski Trio, une des meilleures formations du genre en Europe. En fin de soirée, place à la vocaliste Marion Rampal qui, avec ses musiciens, propose une livraison de Songs For Abbey – un hommage d’une originalité confondante à la légendaire chanteuse et activiste des droits civiques Abbey Lincoln.

Le lendemain, rendez-vous est encore donné sur la place de l’Avenir pour un apéro au son de Duo Brady, deux violoncellistes qui, au-delà de leur parité genrée, déploient une musique malicieuse et étrangement groovy. Direction les carrières pour Adam Baldych Quartet : le violoniste polonais, avec son groupe, propose un voyage aux confins des folklores européens sans jamais se départir d’un profond sens du swing le plus épuré. En seconde partie de soirée, la batteuse Anne Pacéo défendra son nouveau répertoire, Atlantis, dédié à la vie océane si essentielle à notre avenir commun – avec à ses côtés notamment la chanteuse Cynthia Abraham et le sémillant pianiste Gautier Toux.

Une fin en fanfare

Le 24 juillet, les carrières accueillent Motion Trio – trois accordéonistes pour un set détonnant, aux confins des rythmes du monde et des improvisations les plus débridées. Ensuite, Léon Phal quintet proposera son univers singulier aux confins du jazz modal le plus exigeant et du groove le plus immersif. Puisant son inspiration aussi bien chez Coltrane que dans le dance-floor, le saxophoniste suisse est l’une des étoiles montantes du jazz en Europe.

Direction le Temple ce 25 juillet pour un duo soutenu par le réseau Occijazz, Virage Ravage, soit deux musiciennes croisant les sonorités de la gadulka (vièle bulgare à cordes sympathiques) et d’un accordéon chromatique dans des tourbillons d’émotions improvisées. Même lieu, autre duo : le batteur Daniel Humair et le saxophoniste Vincent Lé Quang proposeront une approche musicale improvisée des plasticiens contemporains les plus renommés.

La dernière soirée aux carrières sera ouverte par la fanfare Wonderbrass Band, à laquelle succèdera la formation polonaise Pink Freud – l’un des groupes les plus novateurs du jazz européen, réputé pour son énergie punk ! Enfin, place à Avishaï Cohen trio, le contrebassiste star qui sait toujours livrer des sets incandescents.

Jazz à Junas, ce sont aussi des stages pour les minots et les adultes, dans un esprit musical exigeant qui ne se départit jamais d’un sens de la convivialité au service d’une ouverture à l’Autre qui ne peut que faire du bien en ces temps de replis identitaires.

LAURENT DUSSUTOUR

Jazz à Junas

Du 22 au 25 juillet

Des notes dans le grand bleu

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Laurent Bardainne © Agnès Dherbeys

Cette année, la 25e édition du festival Jazz à Porquerolles s’amarre sur son île du 10 au 14 juillet. Et ça commence par un bal avec l’ensemble Papanosh : cet orchestre composé d’improvisateurs redoutables, basé en Normandie, n’a de cesse, depuis une quinzaine d’années, de convier les publics à se déhancher sur ses grooves entêtants, ses chansons mexicaines et ses tarentelles enjazzées. L’entrée sera libre pour accéder au somptueux écrin du fort Saint-Agathe. Leur succèdera un set de Yaguara DJ.

Le 11 juillet, carte blanche au saxophoniste Laurent Bardainne pour un concert de sortie de résidence à la Fondation Carmignac – où il aura passé une semaine en création. Le festival s’honore ainsi d’être un laboratoire de création artistique. Le saxophoniste Samy Thiébault, désormais directeur artistique de l’événement, propose, le 12 juillet, un hommage à Weather Report, le légendaire ensemble jazz « progressif » qui compta dans ses rangs le claviériste Joe Zawinul, le saxophoniste Wayne Shorter et le bassiste Jaco Pastorius, entre autres. Ce soir-là, le saxophoniste est accompagné de la pianiste Emilie Aridon-Kociołek, et c’est dans l’épure du duo que le « bulletin météo » sera livré. Le pianiste Shaï Maestro jouera le même soir le répertoire de son nouvel album, The Guesthouse : une maison ouverte à tous les vents de l’improvisation, où l’acoustique se mêle à l’électronique, avec guitare, contrebasse et batterie.

Turbulences

Place, le 13 juillet, à un plateau conviant des métissages tous azimuts. D’abord, le pianiste Sofiane Saidi, pour son projet Zaïr, qui convoque raï et medahates – ces chants féminins traditionnels de l’Oranie – pour un mix aux saveurs résolument contemporaines, confiant le chant à Camélia Jordana – cette varoise de l’étape s’emparant avec délectation d’un propos décolonial. La formation compte aussi dans ses rangs Théo Ceccaldi (violon) et Valentin Ceccaldi (violoncelle), dont les turbulences improvisatrices ont l’art de chambouler les ordonnancements musicaux. Ensuite, c’est au percussionniste multi-instrumentiste Papatef (aka Cyril Atef), que reviendra la jouissive tâche d’amener le public sur les voies de transes tropicales.

« Feu d’artifice » le 14 juillet. En ouverture, le duo Airelle Besson (trompette, auréolée d’une Victoire du Jazz 2026 comme instrumentiste)/Lionel Suarez (accordéon), pour un voyage intimiste aux confins des émotions. Enfin, le dernier concert renoue avec la grande histoire du jazz : c’est au saxophoniste Kenny Garret, un temps compagnon de route de Miles Davis, que reviendra la tâche de, quelque part, rappeler l’ombre portée de la musique classique noire américaine (appellation dont se targuait Archie Shepp, parrain du festival et ami du regretté Franck Cassenti). Le répertoire « Sounds from the Ancestors » convoque les esprits des diasporas africaines transatlantiques dans un maelstrom émancipateur.

LAURENT DUSSUTOUR

Jazz à Porquerolles
Du 10 au 14 juillet

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Les 7 couleurs du jazz

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© X-DR

Esprit (de) Django es-tu là ? Le festival Jazz à Sète convie sur la scène du Théâtre de la Mer parmi les meilleurs praticiens du swing manouche pour une première soirée dédiée à l’incontournable Django Reinhardt. Des guitaristes évidemment (Angelo Debarre, les frères Rosenberg, Adrien Moignard…) mais aussi un saxophoniste – Baptiste Herbin, qui a décortiqué sur son instrument le phrasé du légendaire guitariste –, sans oublier l’impeccable Diego Imbert à la contrebasse.

Le plateau du lendemain aligne une première partie incendiaire avec The Getdown, trio issu d’un collectif parisien avec notamment le sémillant Laurent Coulondre aux claviers et le batteur aux inflexions gwoka Arnaud Dolmen. Puis, place à la nouvelle diva du jazz global : Samara Joy, dont les mélismes lyriques de contre-alto convoquent la tradition du gospel et l’héritage des légendaires Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan. Elle défendra un répertoire issu de son dernier album Portrait (Verve).

En ouverture le 17 juillet, la régionale de l’étape : Naïma Girou. Chanteuse et contrebassiste, elle a fondé un quartet à la complicité rare, au son collectif d’où résonne la joie d’être esnmble. Lui succèdera Selah Sue & The Gallands : la reine belge de la soul-pop s’est adjointe les services du batteur Stéphane Galland et de son claviériste-producteur de fils pour un set aux confins du sensible.

Journal de bord

Quatrième soir. Une première partie manouchisante, avec le duo Yeore Kim (harmonica)/Antoine Boyer (guitare) : des textures musicales originales au service d’une musique onirique. En tête d’affiche, une étoile du jazz mondial : Diana Krall, redoutable jazzwoman au swing sans faille, que ce soit au piano ou au chant.

Pour la cinquième soirée, ce sont des formations de blues électrique qui sont proposées. D’abord, Jessie Lee & The Alchemists, qui égrène ses riffs sur les scènes du monde depuis une bonne dizaine d’année. Ensuite, c’est le guitariste Robben Ford, légende vivante de l’instrument, qui a notamment travaillé avec Miles Davis ou George Harrisson, qui s’emparera de la scène.

Le 20 juillet, on attend des formations à la créativité exacerbée. La première partie Influences, Vol.2 livrera un set aux confins de la mélancolie et de la luminosité, grâce notamment aux entrelacs des deux vocalistes Mélina Tobiana et Sophie Darly avec la trompette de Stéphane Belmondo, le tout porté par une section rythmique impeccable. En seconde partie, la contre-diva Cécile McLorin Salvant, servie par le pianiste Sullivan Fortner, le contrebassiste Yasushi Nakamura et le batteur Kyle Poole, devrait ravir l’auditoire avec son art consommé du swing le plus évident, ses incursions dans la chanson française, voire l’occitan et ses expérimentations musicales issues de son désormais avant-dernier album Oh Snap (Nonesuch, 2025).

Pour terminer le voyage, le 21 juillet, la première partie a été confiée à la remarquable flûtiste Ludivine Issambourg, à la tête d’un sextet jazz-funk incandescent tandis que ce sera à la chanteuse et pianiste brésilienne Eliane Elias de clôturer l’édition 2026 du festival – son immense musicalité conjuguée à son art des pulsations cariocas devrait faire monter la température de quelques degrés.

Jazz à Sète, c’est aussi les concerts hors les murs à l’abbaye de Valmagne, au Musée Paul-Valery, à l’Espace Georges Brassens, au Domaine de Massane et Domaine du Grand Puy… Auxquels s’ajoutent les événements du Off avec des conférences-concerts, rencontres artistes, séances ciné autour du jazz, dans divers lieux autour du mont Saint-Clair.

LAURENT DUSSUTOUR

Jazz à Sète
Du 15 au 21 juillet

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