jeudi 26 mars 2026
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Longwy-Texas

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Longwy-Texas © Christophe Raynaud de Lage

Créé en février 2016 au Carreau à Forbach, Longwy-Texas estun spectacle écrit, mis en scène et interprété par Carole Thibaut, ancré dans le monde des aciéries de Longwy en Loraine, qui mêle récit intime, mémoire ouvrière et chronique sociale. Sur scène, à la manière d’une conférencière, tout en questionnant la place des femmes dans un univers façonné par les codes patriarcaux de l’industrie, elle retrace le parcours de trois générations d’hommes de sa famille liés aux hauts-fourneaux et aux luttes sociales des années 1970-80. Entrelaçant témoignages personnels, documents d’archives et souvenirs d’enfance, évoquant manifestations, radios libres et un paysage industriel aujourd’hui déserté.

M.V.
13 février
Les Salins, Scène nationale de Martigues

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Pling-Klang

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Pling-Klang © Philippe Laurencon

Une exploration circassienne des méandres de la vie à deux, à travers une métaphore aussi absurde que parlante : le montage d’un meuble en kit. Porté par les artistes Mathieu Despoisse et Étienne Manceau – manipulateurs d’objets, jongleurs et acrobates – le duo tente de dévisser, visser et recoller les pièces détachées d’une légendaire étagère en kit. Les situations cocasses, tensions, moments de complicité et de désaccord surgissent, transformant le bricolage en piste de cirque et en miroir des relations humaines. Une proposition qui fait émerger, entre éclats de rire et gestuelle acrobatique, une vision touchante et profondément humaine du couple contemporain.

M.V.

13 et 14 février
Citron Jaune, Centre national de création des Arts de la rue
Port Saint-Louis du Rhône

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Du singulier au pluriel

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Chavirer de Bord (image de répétition) © Cie des Passages

Il y a deux ans, Wilma Lévy avait présenté à La Criée un spectacle qui réunissait 25 femmes suite à un travail d’atelier dans un centre social. Elle y questionnait la place des femmes dans notre société ainsi que le rapport entre l’Histoire et les histoires individuelles. Cette année elle crée avec la comédienne Charlie Radix un seul en scène qui interroge notre société à travers une histoire personnelle. Il y sera question de deuil et de justice.

La sœur de Camille meurt dans de circonstances non élucidées. L’enquête de la police n’aboutissant pas, c’est une prise de conscience politique qui donnera un éclairage au drame. Le sentiment de révolte débouchera-t-il sur un début de réponse ? La mise en scène épurée de Wilma Lévy saura certainement trouver la voie…

C.B.

11 au 13 février

La Criée, Théâtre national de Marseille

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Aïda Nostrat Trio

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Aîda Nostrat Trio © Mohsen Shahmardi

La musique manouche porte en elle la mémoire de l’exil et des persécutions des communautés Roms dont elle provient. C’est ce que va mettre en lumière le Aïda Nostrat Trio ce vendredi à la Cité de la Musique. Aïda Nostrat est une chanteuse et violoniste iranienne, connue en France pour sa connaissance des répertoires perses, classiques, et jazz. Elle s’entoure sur scène d’Antoine Girard, accordéoniste et musicien de jazz, mais aussi de rock, chanson ou musiques traditionnelles, et Olivier Kikteff, virtuose de la guitare manouche et de la musique d’Europe de l’Est.

L.S.
13 février
Cité de la Musique, Marseille

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Erwan Keravec

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Erwan Keravec © X-DR

Erwan Keravec est un sonneur de cornemuse écossaise, compositeur et improvisateur, il explore depuis de nombreuses années des modes de jeux et des musiques éloignées de la culture d’origine de son instrument. Invité par le GMEM, il présentera ce 17 février trois pièces pour explorer les sonorités multiples de la cornemuse. D’abord N°20/58 écrite par Heiner Goebbels pour Erwan Keravec. Une autre d’Eliane Radigue, qui joue sur la retenue du volume sonore pour instaurer un rapport intimiste et délicat. Et enfin Two Pages de Philip Glass, écrit pour un continuum au piano, exploite le souffle continu par des bourdons pour que l’instrument prenne tout l’espace.

L.S.
17 février
Friche La Belle de Mai, Marseille

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Alexandre Kantorow

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Alexandre Kantorow © Sasha Gusov

Le jeune et brillant pianiste français sera à La Criée le 16 et 17 février pour deux soirées à l’invitation de Marseille Concerts. Un événement exceptionnel en prélude aux quarante ans de l’association, qui marque les retrouvailles avec un artiste que Marseille Concerts accompagne depuis ses débuts. Il n’avait alors que seize ans. Depuis son triomphe au Concours Tchaïkovski de Moscou en 2019 – premier prix et médaille d’or –, le pianiste s’est imposé comme une star internationale. Le public marseillais découvrira un programme ambitieux où dialogueront Bach-Liszt, Medtner, Chopin et Scriabine, avant d’atteindre le sommet avec la Sonate n°32 de Beethoven, ultime chef-d’œuvre du compositeur qui touche à la dimension cosmique.

A.-M.T.
16 et 17 février
La Criée, Théâtre national de Marseille

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Révolte ou tentative d’échec

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Revolte © Kalimba

Un fil. Une roue. Et une question: « Comment donner corps à tout ce qui nous indigne »

Dernier volet d’un triptyque (après Résiste et Respire), Révolte ou tentative d’échec offre un ultime manifeste politico-acrobatique. Sur scène, cinq femmes : une funambule, une danseuse aérienne et une acrobate se retrouvent prisonnières de leur agrès et tentent de s’en libérer à travers voltiges et cascades. Tandis que l’une cherche à garder l’équilibre, suspendue dans les airs, une autre lutte pour s’extraire du piège d’une roue qui la propulse dans une course effrénée. Les lois de la gravité sont en permanence mises à rude épreuve, mais le désir de liberté demeure plus fort.

Accompagnées par deux musiciennes, la performance est portée par une musique rock jouée en live. Habituée à défendre des messages forts, la compagnie Les Filles du Renard Pâle livre une création audacieuse et engagée, une invitation au dépassement de soi et à la prise de risque même lorsque tout semble s’effondrer…

CL
11 et 12 février
Châteauvallon Liberté, Ollioules

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Audiovisuel public : le Phénix ? 

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La braise couve encore, et l’audiovisuel public peut renaître de ce qui ressemblait pourtant, plutôt, à des cendres. La loi Dati sur le regroupement « France médias », prévoyait la fabrique d’une hydre infinie qui aurait résulté de la fusion de toutes les chaînes nationales et régionales de France Télévisions, de toutes les stations nationales et régionales de Radio France, de l’Institut National de l’Audiovisuel, de France Médias Monde, d’ARTE France et des chaînes parlementaires (LCP et Public Sénat). Combattue par le secteur et contestée par tous ceux qui tiennent au service public d’information, la loi regroupait et appauvrissait en particulier les antennes régionales et locales de télé et de radio, essentielles pourtant à la démocratie locale. 

Le projet Dati semble faire définitivement flop, enfin. La ministre de la Culture va bientôt quitter son ministère pour ses affaires parisiennes sans avoir fait passer ce qu’elle présentait comme une réforme essentielle et nécessaire. Mais cet abandon suffira-t-il à sauver nos radios et télés publiques qui essaient encore d’échapper à l’asservissement idéologique et capitalistique des médias privés ? 

Mettre en concurrence l’intérêt public 

La fin de la redevance décrétée par Macron en 2022 a mis à terre un audiovisuel public qui ne dépendait pas des fantaisies budgétaires des gouvernements, mais d’un reversement de taxes automatique. Mais dès les années Mitterrand et la privatisation de TF1, la mise en concurrence entre des médias privés, qui n’ont pas de cahier des charges, et des médias publics, qui ont des missions d’intérêt général non rentables, fragilisait le secteur. Puis l’arrivée des médias numériques et autres plateformes a fait exploser la concurrence dans un domaine où elle ne devrait pas avoir sa place. Car, il est presque incongru de le rappeler aujourd’hui, un service public n’a pas à être rentable, sa raison d’être étant de remplir des missions d’intérêt général.

En effet, les services publics ont été créés après la Seconde guerre mondiale par le Conseil national de la Résistance, pour faire nation et préserver du retour de l’horreur fasciste. La Radiodiffusion télévision française, RTF qui deviendra ORTF, a été créée en 1949 sur le principe du reversement d’une redevance par les usagers. Il est dans la logique du système capitaliste que ce système de solidarité soit systématiquement attaqué par les riches, qui ont un intérêt économique à engranger eux-mêmes l’argent public, mais surtout un intérêt idéologique à diffuser une pensée de la concurrence et de l’inégalité. Cet intérêt privé doit être contrebalancé, et non appuyé, par la puissance publique.

Or le principe entrepreneurial est à la base des réformes successives de l’audiovisuel public, dont la loi Dati devait parachever l’œuvre. Une bataille semble gagnée avec son enterrement, mais les menaces continuent de planer sur l’information et la création libres et de détruire la création audiovisuelle. 

Résister aux attaques

La menace est triple : 

  • le budget 2026 prévoit une coupe de 86 millions, dont 80 millions pour France Télévisions, qui doit couper dans ses antennes locales et dans la création 
  • la commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », créée et présidée par des députés Ciottistes, s’attaque, durant ses auditions encore en cours aux opinions -non exprimées à l’antenne- des journalistes et humoristes de « gauche » sans remettre en cause l’autorisation d’émettre des chaînes privées multi-condamnées de Bolloré et consorts 
  • l’IA est une gigantesque fabrique de fakenews plus vraies que nature provenant des dictatures d’extrêmes droites qui s’emparent du monde. Seule une digue très solide, faite de services publics, de médias indépendants, de régulation et d’éducation à l’information, pourra l’empêcher de submerger nos esprits.

Le gouvernement Lecornu 2 a-t-il pris conscience que la destruction de l’audiovisuel public précipitait la France dans les bras du RN ? Veut-il revenir en arrière et laisser enfin place à une information et une création audiovisuelle libres et d’intérêt général, fondées non sur des objectifs de rentabilité mais d’intérêt commun, de valeurs républicaines ? Rien n’est moins sûr, et il faudra que le nouveau ministre de la Culture en ait la conscience, et le souci. Que la gauche devra veiller à lui rappeler… 

Agnès Freschel


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The dog days are over

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The Dog Days Are Over 2.0 © Stefanie Nash

En 2014, Jan Martens proposait déjà The Dog Days Are Over. Une décennie plus tard, nouvelle génération, nouveaux acteurs : le chorégraphe est de retour avec The Dog Days Are Over 2.0, dans lequel on retrouve le même dispositif. Une horde de danseur·euses, surnommée les doggies, saute pendant près de 70 minutes. Pas de pause, les mouvements s’enchaînent avec une symétrie quasi millimétrée.
Dans cette pièce, la notion d’épuisement est au cœur du propos : jusqu’où les corps sont-ils capables de sauteer ? À force de répéter le même geste, qu’en reste-t-il ? Pas de musique, le bruit des pieds qui tapent le sol et les respirations se suffisent à eux-mêmes. Avec ce remake, Jan Martens tente une nouvelle fois le pari risqué de transformer des sauts en une œuvre artistique. Sauter devient un acte de chute, de lâcher-prise, de cohésion et de résistance.

C.L.
11 et 12 février
Le Zef
,Scène nationale deMarseille

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Trahisons, une histoire d’hommes

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Trahisons © Caroline Bottaro

Un homme et une femme, debout, un verre à la main. En quelques phrases, entrecoupées de silences pesant, on comprend que ce sont d’anciens amants, qu’elle a révélé leur liaison à Robert, son mari et ami de son amant, et qu’ils vont sans doute divorcer.

Cette conversation entre Jerry (Swann Arlaud) et Emma (Maria Kauffmann) est la première scène de Trahisons de Harold Pinter et mis en scène par Tatiana Vialle, mais c’est la fin de l’histoire. Une histoire d’adultère des plus banals, retracée à l’envers, de l’aveu à l’affront, de la rupture à la rencontre.

Grâce à cette narration à rebours, le public a toujours une information d’avance, sait qui cache quoi, qui sait quoi, ce qui lui permet de comprendre ce qui se joue dans chaque scène mieux que les personnages eux-mêmes. Lorsque Robert, ayant découvert la liaison de sa femme, déjeune avec Jerry sans le confronter, on apprécie d’autant plus la subtilité du jeu des acteurs que l’on sait ce que cache le cynisme de Robert (Marc Arnaud) et la lâcheté de Jerry.

Le revers de cette construction est qu’elle élimine toute anticipation car le public connait déjà le dénouement, et la mise en scène sobre et réaliste ne compense pas cela.

Emma au masculin

Le texte est précis, souvent percutant, mais il sonne creux près de 50 ans après son écriture, notamment parce qu’il met de côté le point de vue des personnages féminins. L’épouse de Jerry est régulièrement mentionnée mais résolument absente, et Emma n’a pour sa part pas vraiment de substance en dehors de sa relation avec les deux hommes.

Presque tout ce que l’on sait de son mariage, on l’apprend de la bouche de Robert, dont le cynisme n’a d’égal que sa misogynie. Il assume par exemple, dès la deuxième scène, avoir déjà mis « une branlée » à Emma, ce qui n’a d’ailleurs pas l’air d’alerter Jerry. C’est la seule fois que le sujet est mentionné : si Robert est régulièrement sur scène lors de scènes privées entre Emma et son amant, ce qui est un choix pertinent de Vialle pour signifier la menace qui plane, aucune scène de violence physique n’est montrée ou abordée.

Des trois protagonistes, seulement deux semblent intéresser l’auteur : Robert et Jerry. Emma est relégué à un rôle d’objet plus que de sujet, ce qui donne peu de chances à Maria Kauffman de briller. Cela est rendu abondamment clair lorsqu’après la confession d’Emma, son époux lui dit qu’il aime sans doute plus Jerry que ce qu’il l’aime elle.

La mise en scène de Tatiana Vialle ne prend pas la mesure de la misogynie inhérente à la pièce et passe donc à côté de l’opportunité de la déconstruire, ou ne serait-ce que de l’interroger.

CHLOÉ MACAIRE

Trahisons a été donné les 3 et 4 février à Châteauvallon, scène nationale d’Ollioules

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