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AccueilÀ la UneFerhat Bouda, des quatre coins du monde

Ferhat Bouda, des quatre coins du monde

Jusqu’au 23 décembre à Marseille, la Galerie-librairie Zoème expose une quarantaine de photographies documentaires de Ferhat Bouda, extraites de quelques-unes de ses séries au long cours

Jusqu’au 23 décembre à Marseille, la Galerie-librairie Zoème expose une quarantaine de photographies documentaires de Ferhat Bouda, extraites de quelques-unes de ses séries au long cours

À l’entrée de Zoème, un texte nous permet de faire connaissance avec Ferhat Bouda : membre de l’agence VU depuis 2014, photographe mène des enquêtes au long cours aux quatre coins du monde. Né en 1976 en Kabylie (Algérie), qui s’est investi dans la reconnaissance de l’identité berbère à travers le théâtre et la musique d’abord, puis le cinéma, et enfin la photographie.

Pour cette nouvelle exposition, « il a choisi de revisiter certaines de ses archives en croisant des photographies tirées de diverses séries réalisées entre 2005 et 2023, la plupart d’entre elles en noir et blanc, auprès de minorités : les communautés Berbères en Afrique du Nord et de l’Ouest (Algérie, Burkina Faso, Mauritanie, Maroc, Niger, Tunisie), la communauté rom à Perpignan, les sdf en Allemagne, les paysans dans les Pyrénées ou les nomades urbanisés en Mongolie ».

Des tirages papiers de différents formats margés de blanc, en cadrage horizontal, affichés en constellations d’une dizaine de photographies, sans titres, sans aucune indication de dates ni de lieux, mélangeant portraits posés et clichés pris sur le vif, personnes seules et groupes, jouant d’éloignements et de rapprochements divers. 

Semblables et différents

Ainsi à l’entrée, saisis à travers des encadrements de fenêtres, les visages, entre résignation et interrogation, de passagers d’un transport en commun en Mongolie, placés à côté de ceux, souriants, entre deux barreaux au premier plan, d’une famille berbère, chez elle.

À l’entresol, la constellation est dominée par un portrait grand format d’une jeune personne mongole emmitouflée en capuche, casquette, doudoune, regard absent, un champ à l’arrière-plan. À côté, un ensemble de petits formats pris dans des pays africains et maghrébins, présentant des portraits d’hommes, de femmes, de groupes d’hommes et des groupes de femmes, vaquant à différentes activités, principalement agricoles.

À l’étage, un rapprochement entre deux vieilles femmes à la ressemblance frappante, vivant visiblement dans deux coins du monde éloignés. Le regard flottant d’une jeune femme blonde à la sortie d’une station de métro et plus loin, cadré de la même façon, le regard intense d’un jeune homme à l’extérieur d’un village aux maisons de pierre.

L’exposition se termine par six photos encadrées sous verre, exposées en ligne horizontale : sur la première, une vingtaine de portraits assis et posés de femmes, hommes, enfants, semblables et différents. Sur les cinq autres, les paysages naturels passent au premier plan, simples et majestueux : quatre de montagnes arides, un autre de steppe, accueillant abris modestes et cheminements légers.

MARC VOIRY

Ferhat Bouda

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