lundi 6 juillet 2026
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Tanguy de Williencourt

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Tanguy de Williencourt © Jean-Baptiste Millot

Après le week-end d’ouverture qui a accueilli Philippe Jarrousky puis Bruce Liu, le festival La Vague Classique fait sonnet la baie de Six-Fours en continuant d’inviter, chaque semaine, des grands concertistes. Tanguy de Willliencourt livrera, sans fioritures mais avec un sens exceptionnel du phrasé et du tempo juste, quatre sonates de Beethoven parmi les 32 qu’il a écrites pour le piano : deux sonates de jeunesse (opus 10) et deux de la maturité (opus 109 et 110.
Le lendemain Renaud Capuçon, Laurence Ferrari et leurs « friends » (de jeunes solistes virtuoses) livreront quelques pépites musicales pour les enfants : le Carnaval des animaux de Saint-Saëns et la Truite de Schubert.

 A.F.
28 et 29 mai
Maison du Cygne
, Six-Fours-les-Plages

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Hourvari

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Hourvari ©Ryo Ichii

Face aux bizarreries du monde, à ses dichotomies et ses contradictions, que faire ? Épouser le mouvement, suivre les lignes, ou bien défier les règles, les contester, voire les tromper. Du russe, « hourvari » fait référence à une ruse animale où le gibier revient sur ses traces pour tromper les chiens. Avec Hourvari, la voltigeuse et metteuse en scène Marie Molliens pousse le geste circassien, ruse, défie les règles et s’affranchit des codes, semant la confusion… Pas de narration, seulement des tableaux fragmentaires évoquant le passage du temps et la fugacité de l’existence. La création promet d’embarquer le public dans un cirque contemporain ; une aventure peuplée de corps marionnettiques, figures à la fois de désobéissance et de liberté. Acrobaties, voltige et accordéons porteront cette ode à la résilience.

 C.L.
30 et 31 mai
Chapiteaux de la mer,
La-Seyne-sur-Mer
Une proposition du Pôle, arts en circulation.

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L’écriture ou la vie

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L’Écriture ou la vie © X-DR

Qui porte la mémoire quand tous les survivants ont disparu ? Avec L’Écriture ou la vie, Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass s’emparent du théâtre pour raconter l’expérience des camps et faire vivre cette mémoire sur scène. À partir des mots de Jorge Semprún, rescapé du camp de Buchenwald, le spectacle interroge l’indicible : comment dire la mort, raconter l’horreur ? En 2025, 25 jeunes français·es et autant de jeunes allemand·es ont joué L’écriture ou la vie à Buchenwald même, faisant de la création un véritable témoignage et acte de mémoire. Depuis, cette forme participative continue en impliquant des comédien·nes amateur·ices pour transmettre le récit Jorge Semprún et le faire résonner partout jusqu’au Salin. Un projet mémoriel pensé à la fois comme un espace de rencontre et de transmission.

C.L.
29 mai
Site Pablo Picasso, Martigues
Une proposition des Salins, Scène nationale de Martigues.

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À chœur ouvert

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Sébastien Daucé ©Jean-Baptiste Millot

À l’invitation du chœur Soléa et de l’association Cantatrix, dirigés par Anne Périssé dit Préjacq, le chef de chœur et claveciniste Sébastien Daucé animera à Marseille deux répétitions publiques. Figure majeure de la musique ancienne, Daucé a fondé en 2009 l’Ensemble Correspondances, formation de référence dédiée au répertoire baroque français des XVIIe et XVIIIe siècles. Son exigeante direction artistique lui a valu une reconnaissance internationale, couronnée récemment par une production de La Calisto de Cavalli au Festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence saluée unanimement par la critique. Ces deux soirées offriront au public une occasion rare d’assister en direct au travail de répétition d’un grand chef, une plongée dans les coulisses de la création musicale.

 A.-M.T.
1er et 2 juin, 18h
Église Saint-Laurent, Marseille

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Köln concert

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Köln Concert © Reto Schmid

La célèbre improvisation de Keith Jarrett à Cologne, sur un piano dont il n’aimait pas la sonorité trop « classique », met en scène, de l’intérieur, par ironie, la fabrique du style sonore. C’est cette impro, entremêlée de mélodies de Joni Mitchell, qui accueille les sept danseureuses de Zürich sur sept tabourets de piano : la dernière création du chorégraphe américain Trajal Harrell, directeur artistique du ballet suisse, embrasse tous les styles contemporains : de toutes les rues, de toutes boîtes et de toutes les traditions, explorant le détail des figures, doucement. Ce Köln concert chorégraphique emmène vers la langueur lente et le détail, mais toujours dans l’ampleur et la profondeur du geste, du mouvement et du contact.

A.F.
28 mai
Pavillon Noir
, Aix-en-Provence

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En attendant Marcel

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En attendant Marcel © X-DR

Un condensé des répliques les plus connues de Marcel Pagnol. Le spectacle En attendant Marcel nous plonge au cœur d’un tournage de cinéma. Au programme : une troupe de techniciens et comédiens attendant l’arrivée du cinéaste Marcel Pagnol. Une attente qui laisse place à la discussion. Entre anecdotes de tournage et répétitions de scènes, le spectacle donne un aperçu des coulisses et permet au public de revoir les scènes de Marius, Manon des sources, Naïs ou La fille du puisatier… Créé par la compagnie La cour des grands, ce spectacle mis en scène par Olivier Cesaro prend la forme d’une randonnée théâtrale. Une manière de redécouvrir Pagnol au plus près de ses racines provençales.

F.L.

30 et 31 mai

Port-Saint-Louis-du-Rhône et Cornillon-Confoux

Une proposition de Scènes & Cinés.

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Garden of chance

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Garden of Chance © Christophe Raynaud de Lage

Depuis la création de sa compagnie CUBe il y a 20 ans, le chorégraphe Christian Ubl se plaît à croiser la danse avec d’autres arts et pratiques. En 2019, dans le cadre du dispositif « Vive le sujet ! » du Festival d’Avignon, il est invité à créer un duo avec le mentaliste Kurt Demey, poussant cette question du croisement des disciplines encore plus loin.

Dans Garden of Chance, les deux artistes fusionnent leurs univers, investissent leur friction comme leurs intersections, et font dialoguer leurs sensibilités. D’étonnantes situations émergent, souvent avec le concours du public.

C.M.

Du 1er au 5 juin

Mison, Le Lauzet, Le Brusquet, Villars-Colmars, Peyruis

Dans le cadre de la programmation Hors-les-murs du Théâtre Durance, Scène nationale de Château-Arnoux-Saint-Auban.

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Zaman, o ya zaman

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© X-DR

En arabe, le terme « zaman » désigne le temps qui passe, une époque révolue pour laquelle on éprouve de la nostalgie. Cette nostalgie est, pour l’auteur et metteur en scène franco-syrien Fida Mohissen, au cœur des cultures arabes, une source d’inspiration jamais épuisée pour les artistes auxquels il ne fait pas exception : sa nouvelle création partagée avec les étudiant·es d’Aix a y est entièrement dédiée.

L’époque révolue dont traite ce spectacle, c’est celle durant laquelle a vécu Warda Al-Jazairia, diva de la chanson arabe, et son amant le compositeur Baligh Hamdi. Leur histoire d’amour, leur vie, que découvrent les personnages de la pièce dans un manuscrit trouvé dans un squat, se rejoue sur scène, imprègne le présent de sa musique.

C.M.

30 et 31 mai

Théâtre Joliette, Marseille

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COCOTTE, les tribulations d’une poule en Grèce

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Tout est affaire de point de vue et pourquoi ne pas adopter celui d’un animal pour regarder le monde sous un autre angle ? Le Polonais Jerzy Skolimowski l’avait fait avec un âne (EO, 2022), dans Cocotte, le Hongrois György Pálfi le fait avec une poule !

Gros plan sur un cloaque en pleine action de ponte et d’expulsion d’un œuf : le film commence par une « origine du monde », version gallinacée. Puis, élargissant les plans, révèle un élevage industriel intensif : poules pondeuses immobilisées et encagées, milliers d’œufs puis de poussins entraînés sur des tapis roulants, dans des rouages, façon Charlot dans Les Temps Modernes. Images organiques contre univers mécanique. Serions-nous dans un documentaire dénonçant la souffrance animale ? Que nenni ! Dans l’uniformisation jaune de la masse, un poussin noir se différencie. Il devient une belle poule de même couleur.

Notre héroïne sera incarnée par huit spécimens différents – en raison des impératifs du tournage, dont Feri, l’Intrépide, Anett, l’Imperturbable et Nóra, l’Expressive. Vraies stars, plumage sombre soyeux, yeux d’or énigmatiques.

Cocotte, éprise de liberté, obsédée par la volonté de couver les œufs qu’on lui vole, échappe à son destin funeste dans des tribulations qui rejoignent les codes du polar – poursuites et suspense à la clé, du burlesque dans l’enchaînement gaguesque de ses sauvetages miraculeux successifs. A hauteur d’yeux de poule, le monde des hommes se dessine. On est en Grèce, sur une côte sauvage, dans une maison-ferme isolée. Un vieil homme l’a recueillie et enfermée dans son poulailler où l’attendent des congénères hostiles au cou déplumé et un vieux coq dominant. Le Grec propriétaire des lieux, veut ouvrir un restaurant sur le site. Il est flanqué, pour son malheur d’une petite-fille figée devant la télé, d’une fille soumise à la violence d’un compagnon qui se sert de l’endroit pour ses trafics illégaux. Ce gendre stupide s’est accoquiné avec de très méchants mafieux impliqués dans le trafic des Migrants clandestins, pas mieux traités que la volaille. Notre poule, s’évadant tous les jours de son enclos, y mettra le bec, et les pattes dans le plat, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que son règne de poule-mère arrive, sur le cadavre des rêves humains.

Œufs brouillés

Cocotte n’est pas une fable, ne propose aucune morale. Pas un cartoon anthropomorphique non plus. Le défi de faire jouer et cascader de vrais animaux est totalement réussi. Comédie espiègle utilisant la musique en commentaire décalé et humoristique, tragédie par moments, et même love story avec un nouveau coq tout fringuant, le film omnivore comme les poules, picore à droite et à gauche, échappant à toute catégorisation. Les genres et les tonalités coexistent comme les espèces, les éléments et les regards.

ELISE PADOVANI

Cocotte de György Pálfi

Paname Distribution

En salle le 27 mai

Le Pont : Trois jeunes et un ballot

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Le point de départ du scénario est un « classique ». Un quidam désargenté, plutôt honnête et sans histoire, découvre par hasard un pactole. Il cède à la tentation, le garde pour lui. Et le voilà en butte à de vrais ennuis, comme dans le génial No country for old man des frères Coen. La comédie de Walid Mattar ne sera pas aussi sanglante ni aussi grinçante que celle des Américains mais ses protagonistes après avoir cru échapper à leur condition misérable en découvrant 10 kilos de cocaïne, y seront brutalement ramenés.

On est à Tunis. Foued (Mohamed Amine Hamzaoui) est un photographe, vidéaste qui rêve de reconnaissance. Tita (Seifeddine Omrane), un vendeur de téléphones qui vit chez sa mère, fait du rap, rêve de gloire. Safa ( Sarra Hannachi), une étudiante instagrameuse qui voudrait créer et vendre des bijoux. Chacun galère par manque d’argent. Les voilà réunis sur un terrain vague pour le tournage d’un clip commandé par Tita. Foued filme, Safa, engagée comme comédienne, se perche sur une voiture de sport rouge et Tita chante la rébellion de Pablo Escobar. La scène suivante aurait dû se tourner sur un yacht, une modeste barque fera l’affaire. Mais voilà qu’un ballot de drogue frappe la coque comme le destin. Les jeunes gens n’hésitent pas longtemps et décident de garder la précieuse marchandise. Hélas, ils n’ont aucun réseau et on ne s’improvise pas dealer. Safa écoule la poudre, par petites doses, en boîte de nuit, de l’autre côté du Pont Radès dans les quartiers rupins. Le trio inexpérimenté va se faire racketter par la femme de ménage et le videur de l’établissement, gangsters improvisés, tout aussi losers qu’eux. Et rien ne se passera comme ils l’avaient imaginé.

Une jeunesse abandonnée

On est à la fois dans une satire sociale, une comédie de mœurs et de caractère. Tita, le vrai pleutre et le faux dur. Foued, l’artiste idéaliste qui fourre son nez dans la poudre. Safa, la fonceuse, impudente et imprudente. Tous trois happés par la mécanique de l’échec. Naïfs et attachants. La tendresse que leur porte le réalisateur est communicative. Sur fond d’une Tunisie minée par la corruption et les inégalités sociales, ils représentent une jeunesse tunisienne frustrée, facilement sensible aux miroirs aux alouettes du capitalisme mondial.

Une jeunesse abandonnée dont l’énergie, l’imagination sont gâchées.

Le hip hop de la  B.O, composée par Mohamed Amine Hamzaoui et Nejm Eddine Jelassi, traduit ce potentiel perdu et une colère latente.

Foued filme au début et à la fin des chiens errants comme le symbole d’un abandon.

Le pont est ce qui relie et sépare les quartiers riches des quartiers pauvres où nos dealers amateurs vivent. « La classe moyenne est en train de disparaître, dit Walid Mattar, nous vivons dans une société de plus en plus polarisée, où les jeunes, bombardés par les images de richesse sur les réseaux sociaux, veulent tout obtenir rapidement, parfois au prix de leurs principes et valeurs »

ELISE PADOVANI

Le Pont de Walid Mattar

Prix du Meilleur Long métrage aux Journées Cinématographiques de Carthage 2024

Prix du Jury Jeunes au Festival du Film Arabe de Fameck 2025

En salles le 27 mai