mardi 30 juin 2026
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Le Bal imaginaire 

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Bal imaginaire © Lea-Sallustro Princia Car,

Pour Noël, le théâtre de La Criée accueille l’Agence de voyages imaginaires, la fameuse troupe de théâtre de l’Estaque. Co-dirigée par Valérie Bournet et Philippe Car, ils parcourent les scènes avec des pièces toujours très visuelles, en détourant certains grands textes du répertoire : Le Cid, Dom Juan, Roméo et Juliette… Pour son Bal imaginaire, la compagnie se prépare à faire danser tout le monde : en couple, en farandole, en solo… Au son de la clarinette basse, de la guitare et du saxophone en passant par les percussions, le piano, les accordéons, on retrouve les influences métisses où se côtoient rock’n’roll sixties, rumba cubaine, slow langoureux, valse musette, swing de Broadway…

Lilli Berton Fouchet

20 décembre 
La Criéethéâtre national deMarseille

Roger Muraro 

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Roger Muraro © Jean-Baptiste Millot

C’est un invité d’exception que la salle Musicatreize accueillera ce jeudi 19 décembre : le grand pianiste Roger Muraro, célébré par toutes les générations de pianistes classiques comme un représentant incontournable de l’école française. Élève d’Olivier Messiaen, immense interprète, entre autres, de son maître et de Ravel, Roger Muraro s’attaquera ce 19 décembre à Chopin et à ses Préludes op.28, miniatures poétiques et tragiques. Avant de se tourner en seconde partie de concert vers Granados : Quejas o la Maja y el Ruiseñor, El Amor y la Muerte, trois pièces emblématiques de l’Espagne romantique. En clôture, la fougueuse Fantaisie Bétique de Manuel de Falla, hommage à l’Andalousie, révèlera l’étendue des talents d’un pianiste se frottant à tous les répertoires.

SUZANNE CANESSA

19 décembre 
Salle Musicatreize, Marseille

Yé ! 

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© Metlili

Autour d’un seul accessoire symboliquement fort – la bouteille en plastique –, le collectif Circus Baobab s’empare à bras le corps des questions écologiques, tout en s’amusant à détourner les valeurs viriles prônées par certaines performances sportives. Toujours irrévérencieux et sur des charbons ardents, Yann Ecauvre, directeur artistique de la compagnie Inextremiste, met en scène les 13 acrobates du collectif guinéen en revisitant les classiques du genre – main à main, pyramides humaines, danses de masques… Explosif et sacrément pertinent ! A noter que le metteur en piste travaille actuellement sur la prochaine création de la compagnie, autour de l’excision.

JULIE BORDENAVE

20 et 21 décembre
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence 

Le Murmure des songes 

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LE MURMURE DES SONGES © Benoîte Fanton

On le sait depuis les concerts dessinés, l’association entre illustration et spectacle vivant peut faire des miracles. Les ballets s’enrichissent désormais eux aussi de scénographies mouvantes : le souffle de vie animant les dessins se combine alors à la fluidité des mouvements chorégraphiés. En collaborant avec l’illustratrice Jessie Désolée et le vidéaste Yves Kuperberg, Kader Attou enrichit son univers d’une donnée onirique, piochant dans la puissante évocation du cinéma d’animation. Au plateau, quatre artistes donnent vie à un bestiaire chimérique, sur fond d’abysses ou de cosmos étoilé. Ces tableaux dansés s’adressent à toutes les générations, sur la musique du compositeur Régis Baillet.

JULIE BORDENAVE 

18 décembre
La Colonne, Miramas 

En attendant le grand soir 

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© Grand Jean

Ces derniers temps en festivals, les compagnies de rue et de cirque s’attellent à revisiter avec espièglerie les espaces temps de convivialité, usant des points forts de leur discipline : un rapport au public immersif, une célébration du collectif, une remise au goût du jour des traditions populaires. Le doux supplice repense avec virtuosité le concept de bal, -entre bavardages facétieux et portés chorégraphiques : au coeur du public, sur un plateau apparenté à une piste de danse vitaminée par un DJ, 6 acrobates vous entraînent imperceptiblement dans le tourbillon de la danse – rock, valse, jazz…. Possibilité de réserver un pass La grande soirée, incluant le spectacle Le Cabaret renversé de La faux populaire, à 19h.

JULIE BORDENAVE

20 et 21 décembre
Le Pôle, La Seyne-sur-Mer

Monaco Dance Forum : Eugénie Andrin bouleverse avec son « Dance Marathon » 

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© Lela Bobart/Ballets de Monte-Carlo

Dance Marathon, programmé dans le cadre du Monaco Dance Forum [Lire ici], est un spectacle cynique et bouleversant. La chorégraphe Eugénie Andrin nous entraîne dans les années 1930 aux États-Unis. La crise est à son comble. L’extrême pauvreté pousse les participants, attirés par l’appât d’une somme modique et d’un repas chaud, à danser de façon ininterrompue – une seule pause de 10 minutes toutes les deux heures pour dormir, manger ou se laver – pendant des jours, voire des mois. Ils se produisent devant des spectateurs avides de sensations fortes, qui se délectent devant cette souffrance, excités par des organisateurs qui leur promettent du « sang et des larmes ». Ces marathons ont été immortalisés par le roman glaçant de Horace Mac Coy On achève bien les chevaux, écrit en 1935, deux ans seulement avant l’interdiction de ces spectacles macabres, et magistralement porté à l’écran par Sydney Polack en 1969 ; deux œuvres qui restent le symbole de l’anéantissement du rêve américain. 

Effondrement

Sur la scène, 23 danseurs avec des numéros sont en mouvement, en mouvement perpétuel. Fringants dans des démonstrations virtuoses de charleston, de fox-trot et de rumba sur des airs de Gershwin, Piazzola ou Scott Joplin, ils s’épuisent peu à peu. Arrive le moment redoutable du derby. Les couples doivent courir autour de la scène le plus rapidement possible. Ceux qui tombent sont éliminés sans pitié, humiliés par l’animateur et chassés sous les quolibets du public. 

Conçue au ralenti dans une vision très cinématographique, le moment est intense, le spectacle de ces corps instrumentalisés, « marchandisés », livrés en pâture, est presque insupportable. Peu à peu, les danseurs s’effondrent comme s’écroulent la société et la bourse américaine de l’époque. Des couples se disputent, en viennent aux mains, se défont, se reforment avec les « survivants », les hommes portent les femmes, les femmes, les hommes. Certains deviennent fous, hallucinent, d’autres poussent à terre les plus « faibles » et les achèvent. 

Au-delà des qualités immenses de ce ballet, Eugénie Andrin réussit la prouesse artistique et pédagogique – transmettre est une de ses grandes passions – de réunir sur scène sept danseurs professionnels et seize amateurs dont les évolutions moins académiques rajoutent au réalisme et à la dramaturgie. L’orchestre, composé de 15 élèves musiciens et chanteurs du Lycée Apollinaire de Nice est impressionnant de maturité. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Dance Marathon a été donné le 17 décembre au Théâtre des variétés, Monaco

Chiara Caruso 

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CHIARA CARUSO © X-DR

L’artiste transalpine Chiara Caruso, originaire de la « Marseille italienne » qu’est Naples (officiellement jumelée à la cité phocéenne en octobre dernier), est invitée, pour la clôture du festival Tous en sons, à offrir à petits et grands ses talents mêlés de la musicienne et marionnettiste. Dans la création Novella, l’artiste s’inspire de contes oraux napolitains et les étire vers les thématiques propres à notre ère : discriminations de genre, dominations, inégalités. Sur scène défilent des tapisseries brodées par la main de Chiara Caruso, qui chante et joue les histoires de marionnettes hautes en couleur qui transcendent les époques, nous contant ainsi l’utopie d’une société idyllique où chacun est accepté tel qu’il est.

LUCIE PONTHIEUX BETHAM

19 décembre 
Cité de la Musique, Marseille

Retrouvez nos articles sur le festival Tous en sons ici

Tenir debout

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Tenir Debout © Jean-Louis Fernandez

Suzanne de Baecque, sur les planches et les écrans depuis son adolescence, a interrogé avec pudeur, pertinence et tendresse d’autres professionnelles du spectacle, en s’inscrivant au concours de Miss Poitou-Charentes en 2020. Que signifie ce concours à l’heure où les femmes s’affranchissent enfin massivement du male gaze et dénoncent les prédations qu’elles subissent dans leur vie et les représentations ? Pour y répondre, Suzanne de Baecque et Raphaëlle Rousseau (au jeu et à la chorégraphie) se penchent sur les parcours singuliers, s’amusent des séances d’essayage, se moquent du système et non des gens. Tenir debout, engoncée sur des talons, en faisant tourner un hula hoop, en normant chaque partie de son corps, est un combat tragique plus que grotesque. Mais très drôle, aussi !

AGNÈS FRESCHEL

Du 18 au 20 décembre
La Criée, théâtre national de Marseille

Une Maison de poupée

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Maison de poupée © Johan Karlsson

La mise en scène et en marionnettes de Yngvild Aspeli est saluée unanimement par la critique depuis sa création il y a un an par la compagnie Plexus polaire. La metteuse en scène norvégienne, formée à l’École nationale supérieure de la marionnette de Charleville-Mézières, connaît bien Henrik Ibsen et la figure de Nora, femme enfermée dans un univers patriarcal si étroit qu’elle préfère, après avoir tenté de briser les murs, s’en échapper. Une connaissance et une identification au personnage central de la Maison de poupée si forte qu’elle a voulu l’incarner elle-même, prise au piège de ses marionnettes, bêtes et maisons tentaculaires qui la plongent vers l’irrémédiable, dans un univers complètement manipulé où elle reste la seule personne vraiment vivante.

AGNÈS FFRESCHEL

19 et 20 décembre
Le Zef, scène nationale de Marseille

19 et 20 mars 2025 
La Colonne, Miramas

Biennale d’Aix : En mémoire de la bataille  de Beyrouth 

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© X-DR

L’auteure-compositrice-interprète libanaise Mayssa Jallad, par sa performance à la fois musicale et visuelle, a plongé le public dans les origines de l’histoire tourmentée de la guerre civile à Beyrouth.

Sur scène, l’incroyable voix de Mayssa Jallad, accompagnée de sa guitare, Julia Sabra (guitare, claviers) et Pascal Semerdjian (batterie) offrent un mélange de blues et de sonorités trip-hop, folk et ambiant, porté par la puissance des guitares électriques et des percussions profondes.

A l’écran : la création vidéo saisissante du cinéaste Ely Dagher accompagne le groupe et illustre tour à tour l’architecture de la ville, les batailles et les stigmates laissés par la guerre. Le rouge et le bleu des camps opposés se mélangent parfois, symbolisant la complexité d’une histoire violente, où combats et destructions se succèdent inlassablement. 

Mayssa Jallad, architecte de formation, mais également enseignante et chercheuse, ancre son projet artistique dans l’histoire urbaine de sa ville, où s’est déroulée la première bataille urbaine de grande hauteur au monde. Elle explique chacune de ses compositions et retrace ainsi l’histoire de ce conflit qui s’est déroulé pendant plusieurs mois dans le quartier hôtelier de luxe de Minet El Husn, à l’origine de la guerre civile libanaise en 1975.

Son récit, simple, grave et ponctué de soupirs, s’adresse à sa génération et à celles à venir, explique-t-elle en posant ses mains sur son ventre arrondi. « Les livres d’histoire s’arrêtent en 1946 », argumente-t-elle, ressentant la nécessité d’utiliser son art pour transmettre et préserver une mémoire collective, « afin de ne pas reproduire les erreurs du passé ». 

Un voyage émotionnel intense, une proximité émouvante, un véritable moment d’humanité qui a offert bien plus qu’une performance au public : un dialogue entre passé et futur, destruction et résilience. 

CELIANE Peres-Pagès

La biennale d’Aix s’est clôturée les 13, 14 et  15 décembre

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