vendredi 4 avril 2025
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Des chimères dans la tête

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Sylvain Groud © Hervé Plumet

Créé en 2023, le spectacle Des chimères dans la tête fusionne les aquarelles de Françoise Pétrovitch et la danse de Sylvain Groud dans un dispositif où la vie surgit de l’écran… Lorsque des créatures imaginaires à la tête de lion et à la queue de dragon s’animent sur scène, le public est transposé dans un monde qui superpose fantaisie et réalité, le trait du dessin et les contours des corps réels, le cadre et le hors-champ.  Le chorégraphe, ancien du Ballet Preljocaj et directeur du Ballet de Lorraine depuis 2018, donne vie aux rêves d’une enfant. Trois danseur·euse·s articulent leurs corps en osmose avec la musique d’Hervé Plumet. Les sonorités donnent du relief aux chimères qui prennent vie sous les ébauches singulières de la plasticienne. 

LILLI BERTON FOUCHET

30 et 31 janvier
Pavillon Noir, Aix-en-Provence

Fusées

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Fusées © Jean-Louis Fernandez

Actrice, metteuse en scène, co-directrice du théâtre de l’Aquarium à Paris, Jeanne Candel a créé avec Fusées un spectacle tout public (à partir de 6 ans) autour des aventures galactiques de deux astronautes égarés dans l’univers. Inspirées du film Out of the Present (1995) d’Andrej Ujica, ces aventures se déploient avec trois bouts de ficelle et se nourrissent des échanges à la fois hilarants et inquiétants, triviaux et poétiques entre Kyril et Boris (Vladislav Galard et Jan Peters), assistant de loin à l’agonie de la planète. Boris en pleure, tandis que Kyril en rit. Le tout est accompagné des mélodies de Schütz, Bach, Tom Waits ou Schumann, qui gravitent sur les notes d’un piano retourné ou d’une cithare bricolée. 

MARC VOIRY

31 janvier 
Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

Soutien à la Plaine du Rock

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Garces Kelly sur la scène du LAM à Marseille © X-DR

À Marseille, il y eut d’abord La Rue du Rock, une journée pendant laquelle Phocéa Rocks faisait remonter en surface le rock caverneux du centre ville. C’était une rue Consolat résonnant aux sons des guitares saturées, des cordes vocales hurlantes et des batteries vivifiantes. Quelques bâtons mal placés et autres conditions virales farfelues plus tard, les roues de Phocéa Rocks se hissaient un étage plus haut, en offrant l’an dernier une première édition de La Plaine du Rock. Une scène à chaque coin, des heures de musique, la crème de la scène rock locale en accès libre et avec le sourire. Genre d’événement qu’on aime tant dans le Marseille associatif de toujours. Alors, on soutient et on enfile ses godillots pour aller écouter Gari Greu et ses jeunes amis du rock, les gentils punks de Garces Kelly (quel nom !) et le garage pop de 52 Hertz. 

LUCIE PONTHIEUX BERTRAM

31 janvier 
L'Intermédiaire, Marseille

Le Revizor

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La Compagnie Populo, fondée en 2021 à La Ciotat, inscrit sa démarche dans un théâtre pluridisciplinaire explorant la marionnette, le chant et la danse. Une compagnie qui a obtenu en 2022 le soutien du Théâtre des Calanques lors des Tremplins Théâtre et qui a rejoint les artistes en compagnonnage. Elle propose ces 31 janvier et 1er février sa version du classique de Nicolas Gogol, Le Revizor, écrit en 1836, qui, pour Clara Koskas, directrice de la compagnie et metteure en scène, permet d’aborder des sujets comme la déshumanisation, la montée du fascisme, et la lutte pour la liberté – très contemporains. 10 comédien·ne·s sur scène pour interpréter cette histoire se déroulant autour d’un jeune oisif, profitant, à la faveur d’un quiproquo, des largesses de notables veules d’une petite ville. 

MARC VOIRY

31 janvier et 1er février
Théâtre des Calanques, Marseille

Celles qui émergent

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Nina Boughanim © Marine Guzman

Diplômée à la fois d’un brevet des métiers d’arts et de l’École des Beaux-Arts de Marseille, Nina Boughanim pratique la gravure, la sculpture, le dessin, le verre, la céramique, le béton et l’écriture. Son travail est souvent conçu en mettant en jeu son rapport intime à l’eau. On peut notamment se rappeler sa sculpture Liquide, liquide présentée l’année dernière au Château de Servières dans le cadre de l’exposition collective La Relève 6. Pour Celles qui émergent au 3bisf, organisée en partenariat avec le festival Parallèle et le Frac Sud, il s’agit « de (re)faire surface, de (re)prendre son souffle et de se tenir coûte que coûte au-dessus du niveau de l’eau ». Une exposition dans laquelle les éléments et matières sculptés proviennent du domestique, de la maison et de son jardin. 

MARC VOIRY

Du 1er février au 12 avril
3 bis f, Aix-en-Provence

Tamara Al Saadi  : La jeunesse a la parole 

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Taire © Christophe Raynaud de Lage

Zébuline. Beaucoup de Marseillais·e·s vous ont découvert avec votre première pièce, Place [Lire ici], dans laquelle vous embrassiez toutes les possibilités du théâtre pour mieux alimenter votre propos. Cette dimension ingénieuse est-elle de nouveau présente avec Taire ? 

Tamara Al Saadi. J’aime l’artisanat du théâtre et faire confiance à son ludisme, son pouvoir d’imaginaire qu’il peut offrir. J’aime le coté astucieux des choses. Dans Taire, c’est une production beaucoup plus dotée [financièrement, ndlr], mais j’ai gardé le ludisme du « faire ». Par exemple dans le bruitage ou la construction des images, c’est génial ce qu’on peut fabriquer avec « pas grand chose ». Ce qui m’intéresse, ce n’est pas d’avoir une voiture sur scène parce que j’en aurais les moyens, mais de la raconter de façon ludique et amusante.

Tamara Al Saadi © Geoffrey Posada-Serguier

Avec Taire les sujets abordés sont difficiles, est-il possible de s’amuser tout de même ?  

Je m’empare de réalités graves oui, mais malgré la gravité des sujets que j’aborde, Taire reste un spectacle. Si on veut dire quelque chose aux gens, la moindre des choses c’est de les aimer, donc il faut prendre soin de comment on les dit. Cela passe par l’humour, la musique, la mise à distance que peut produire le théâtre, et l’imagination. J’espère que les gens sortiront de Taire en ayant l’impression qu’on leur a donné quelque chose, et pas qu’on leur a pris.

Le sujet c’est le mal-être chez les adolescents ?

Pas exactement. C’est plutôt l’endroit d’impuissance dans lequel on met les enfants, la manière dont on les réifie. L’étymologie de « enfant » c’est « infans », celui qui ne parle pas. Et le fait de déposséder un enfant de sa trajectoire jusqu’à ce qu’on estime qu’il soit maitre pensant, pour prendre des décisions et sauver l’humanité, je trouve ça très bizarre.

Comme dans vos pièces précédentes, il y a une force politique dans Taire ?

Absolument. Toutes les pièces sont politiques, sinon c’est du divertissement, mais c’est empoigné de façon très claire ici. C’est une réécriture d’Antigone qui fait écho à des réalités politiques contemporaines : la trajectoire d’une enfant placée à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et la réalité de cette crise humanitaire qui a lieu dans l’Hexagone, et qui concerne 400 000 enfants. 

Que vous mettez en lien avec les enfants en Palestine. 

Oui, la question de la violence coloniale israélienne, et l’oppression faite aux enfants au cours du génocide, est en écho très direct dans ma réécriture d’Antigone. Avec le début du génocide, j’ai voulu abandonner l’idée, je ne m’en sentais pas capable, mais c’est finalement apparu par une autre porte. Je me suis rendue compte que l’invisibilisation des enfants de l’ASE qui sont le plus souvent racisés, issus d’anciens espaces coloniaux, vivent un sort en écho avec l’invisibilisation d’une enfance palestinienne génocidée en direct. Ce sont des réalités encombrantes, à l’origine d’histoires de défiances. On crée une mythologie autour des enfants palestiniens, qui seraient des terroristes en devenir, tout comme les enfants de l’ASE des délinquants en devenir. On développe un imaginaire dans l’esprit des gens qui est de même nature. 

NICOLAS SANTUCCI

Taire
Du 29 janvier au 7 février
La Criée, Théâtre national de Marseille

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Le chœur licencié : L’Opéra de Toulon reste sans voix

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Le Chœur de l'Opéra de Toulon © X-DR

« Nous sommes le chœur de l’opéra de Toulon… » Dans les milieux d’art lyrique, le slogan blanc sur fond noir a envahi les réseaux sociaux accompagné de mots de révolte ou d’incompréhension : « abasourdi », « sidéré », « dégouté », « stupéfait »… et de messages de soutien après l’annonce du licenciement des 21 choristes d’un ensemble vieux de plus de 40 ans. C’est jeudi 23 janvier, lors du conseil d’administration (CA), que le directeur de l’Opéra Jérôme Brunetière, a annoncé brutalement et sans concertation préalable la suppression du chœur « pour raisons économiques ». Comble, ni le directeur musical Victorien Vanoosten nommé, il y a tout juste un an – il a été l’assistant principal de Daniel Barenboim au Staatsoper Unter den Linden à Berlin en 2018 et 2019 –, ni le chef de chœur Christophe Bernollin n’avaient été mis au courant. 

Le soir même au Palais Neptune, en ouverture du concert Les grandes pages de l’opéra allemand, l’orchestre prenait la parole devant plusieurs centaines de spectateurs pour s’insurger contre cette décision inique. « Contrairement aux CA habituels, nous n’avons eu accès à aucun documents comptables écrits, déplore Richard Garnier, représentant du personnel et basse dans le chœur. On nous a annoncé un déficit de 100 000 euros pour 2024. Pour autant les comptes seront à l’équilibre car lors du confinement, les subventions ont continué à être versées. Aucun spectacle n’ayant eu lieu, l’Opéra a engrangé un pécule important. » 

Un chantier colossal 

Les choristes mettent en cause une mauvaise gestion financière et des choix artistiques contestables. Ainsi, l’été dernier, la production maison Cavalliera Rusticana de Pietro Mascanien clôture de la saison lyrique à Châteauvallon aurait coûté un million d’euros, une somme sans proportion avec les moyens de la maison. Dans le même temps, la direction a lancé en 2024, avec le soutien de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, un chantier colossal de rénovation globale de l’Opéra comprenant la restauration et la modernisation de l’intégralité des intérieurs du bâtiment : escalier d’honneur, grande salle avec ses sièges et ses décors, espace scénique, fosse d’orchestre, aménagements techniques ainsi que la terrasse du troisième étage afin d’améliorer le confort des publics, des artistes et du personnel  pour un budget de… 39 millions d’euros. 

L’association Unisson, qui représente les professions d’artistes lyriques, de pianistes accompagnateurs et de chefs de chant, a réagi elle aussi, estimant que le « souci de conservation du patrimoine » d’une ville ne peut se réduire à rénover ses bâtiments. Et d’ajouter que « la décision du CA montre une fois de plus une logique où l’humain est la seule variable d’ajustement, où l’art est devenu un simple produit de consommation ».

Pour les élus du personnel et les choristes, le motif économique ne peut être invoqué. Ils comptent donc demander un audit et saisir la justice. Quid de l’avenir pour les programmations de l’Opéra ? Pour Richard Garnier et ses collègues, la direction pourrait décider de faire appel à des ensembles vocaux externes ou à des coquilles vides embauchant au coup par coup en fonction des besoins d’une œuvre des intermittents du spectacle avec des statuts de plus en plus précaires et même, pourquoi pas, et pourquoi pas à des chœurs amateurs comme cela se pratique à Paris dans de nombreuses productions professionnelles y compris à la philharmonie.

Dans tous les cas, ce serait la fin de la pâte musicale unique que fabrique chaque chœur par un travail régulier. Toulon pourrait aussi se transformer en simple théâtre d’accueil pour des productions extérieures. Déjà, les deux recrutements prévus pour l’orchestre ont été annulés. « Fini aussi les interventions dans les écoles et les hôpitaux que seul le chœur effectuait » déplore une choriste.

La solidarité en tout cas est totale. Le chœur de l’Opéra de Marseille a déjà prévu des actions conjointes avec son homologue toulonnais. Les chœurs des opéras de Montpellier, Toulouse, Nancy, Bordeaux et Lyon ont prévu d’entonner Va pensiero, le célèbre chœur des esclaves hébreux du Nabucco de Verdi. Du côté des administrateurs et de son président l’amiral Yann Tainguy, adjoint à la maire de Toulon en charge de la culture, c’est la grande muette. Le chœur de l’Opéra devrait cependant finir la saison avec Nabucco de Verdi (1 et 3 avril, Palais Neptune), La belle Hélène (13,15,16, 18 mai, le Liberté, scène nationale) et Norma de Bellini (26,28 juin, Châteauvallon, scène nationale).

ANNE-MARIE THOMAZEAU


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Une autre origine du monde 

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Arrivée à Paris en 1991, la jeune camerounaise Léonora Miano a connu la précarité, mais s’est brillamment adonnée à des études littéraires qui ont fait d’elle une écrivaine reconnue et primée. Ses ancêtres africains avaient imaginé une origine avant l’origine, sous l’apparence d’une étendue d’eau. C’est d’une caresse intime à laquelle se livra la déesse que naquirent rivières et fleuves : « la mouille sacrée » permit à la vie de se développer de partout. Puis la déesse se mit en marche, et sous ses pas jaillissait la vie. Ensuite elle créa « son alter ego » masculin. Une hardiesse revigorante ! Après cette entrée en matière, proche de la légende et de la sorcellerie, se succèdent neuf petits récits dont les narratrices sont des femmes africaines qui assument leur négritude et revendiquent le droit au plaisir à tout âge y compris quand elles ont dépassé celui de procréer. Le rôle de l’homme est analysé : il a le droit de vieillir, il peut, lui, procréer sur une plus longue durée que la femme, il est dominant, il choisit ses femmes, il peut pratiquer le viol.

Affirmation de soi et émancipation

Léonora Miano © X-DR

Avec un regard acéré et un langage cru, chaque narratrice évoque la nécessité de la libération et de l’autonomie de la femme noire. La colonisation avait fait de leur corps « une demeure haïssable » et méprisée. Elles ont dû se reconstruire après avoir tenté de ressembler aux femmes blanches, d’éclaircir leur peau, de défriser leurs cheveux. On leur a appris qu’il fallait souffrir pour être belle et choisie. La rage avec laquelle certaines se sont acharnées à vivre et jouir est vivifiante, et la langue de l’autrice, audacieuse et flamboyante, réjouit.

CHRIS BOURGUE

Les aventures de la foufoune, de Léonora Miano
Seuil - 17 €  

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Les fantômes des Abruzzes

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Il est de ces romans que l’on peine à lâcher lorsqu’on les a commencés. Pourtant, il ne s’agit pas d’un polar, même s’il est question de crimes. Il ne s’agit pas non plus d’un thriller, même si le suspens tient en haleine de bout en bout. C’est l’histoire de Lucia, kinésithérapeute quinquagénaire qui vit dans une petite ville des Abruzzes qu’elle n’a jamais quittés et de sa fille Amanda. Cette dernière, partie étudier à Milan, revient chez sa mère pour y passer le confinement lors de la crise du Covid. En grande dépression, elle ne quitte plus sa chambre, ne se lave plus, ne s’alimente plus, ne parle plus vraiment, sans que l’on ne sache vraiment ce qui a provoqué cet effondrement. 

Une génération plus tard 

Donatella Di Pietrantonio © X-DR

Lucia est dans le désarroi immense qu’éprouve chaque mère face à un enfant qui sombre et s’autodétruit… Par petites touches subtiles et analytiques, Donatella Di Pietrantonio décrit l’état psychologique de cette mère culpabilisée qui vit au rythme de sa fille unique, à l’écoute du moindre de ses souffles, de ses moindres gestes et des mouvements derrière cette porte qui lui est désespérément fermée. Qu’Amanda se lève ou prenne une douche et c’est déjà une petite victoire qui ensoleille la journée de Lucia. Qu’Amanda ne bouge pas et la maman éponge se dessèche, sombre, disparaît après avoir tenté de menacer, négocier, attendrir. Et voilà que ses propres 20 ans rejaillissent et avec eux ses souvenirs violents de cet été où le drame a frappé et continue d’impacter cette terre des Abruzzes à la nature sauvage, une génération plus tard. 

La narratrice décline avec une maitrise de scénariste les événements de deux époques qui finissent par se rejoindre et s’entrelacer. Car à vouloir trop faire taire les fantômes du passé, le risque est grand qu’ils reviennent hanter les générations suivantes. Donatella di Pietrantonio, qui est sans doute l’une des plus grandes romancières italiennes contemporaines dédie l’âge fragile « à toutes les survivantes ».

ANNE-MARIE THOMAZEAU

L’âge fragile, de Donatella Di Pietrantonio 
Albin Michel - 20,90 €

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Musicatreize : La fin des Travaux

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© Bruno Moussier

Depuis plusieurs saisons, l’ensemble marseillais dirigé par Roland Hayrabédian passe commande et crée des œuvres vocales autour des 12 travaux mythique. Hercule, dernier acte donné le 21 janvier dans le cadre des Modulations du GMEM (Centre National de création musicale) en est un des multiples accomplissements et ne signe pas la fin de l’aventure, puisque d’autres commandes sont en cours.

Il s’agit plutôt ici de la fin du mythe : Hercule est absent, puis muet, ne s’exprimant que par sous titrage, puis avec la voix numérisée d’un vieux robot fatigué. Ses travaux ? « Il n’a rien fait pour nous », répète le chœur moderne. Le héros antique a déserté et la planète est en feu, en guerres, en assèchements. La Méditerranée antique est un terrain de mort, et les vidéos enchainent les routes désertiques qui peinent à se colorer.

Zad Moultaka déploie le livret de Bruno Messina opposant chœur qui chante et coryphée qui déclame (Patrice Balter), instruments enregistrés et voix vivantes, images vidéos et voix enregistrées qui dupliquent mal le réel et introduisent des décalages, disant toute l’impuissance du virtuel. Car l’absence du dieu laissera les humains face à leur propre responsabilité, invités à prendre en main les questions politiques, environnementales, humanitaires qui ne peuvent être résolues par des puissances désincarnées et inhumaines.

L’interprétation est au cordeau, les chanteurs jonglant avec la bande, l’image, leurs déplacements parfois maladroits, et réservant, chacun de beaux morceaux vocaux, sous la direction précise de Roland Hayrabédian qui déclenche aussi la bande, et donne, oreillette en tête, les tempos. Des difficultés musicales qui empêchent sans doute des incarnations plus sensibles : la partition offre peu d’émotions musicales, malgré sa gravité, et des embryons de souvenirs d’Orient qui affleurent parfois, et les beaux aigus d’Émilie Husson, les beaux graves d’Alice Fagard. Comment prendre conscience que ce monde sombre si on ne désire pas la couleur ?

AGNÈS FRESCHEL

Hercule, dernier acte a été donné le 21 janvier sur le grand plateau de la Friche La Belle de Mai, Marseille.  

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