mardi 10 février 2026
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Projections arlésiennes

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© Jafar Panahi

Dans l’espace Croisière, les Arlésiens et tous ceux qui visitent cette cité, pourront découvrir des films en avant-première et en parler avec les cinéastes et/ou des membres de l’équipe des films.

Alex Lutz sera là pour son dernier opus, Connemara, adapté du roman éponyme de Nicolas Mathieu, qui réunit Mélanie Thierry et Bastien Bouillon. Le film nous plonge dans la vie d’Hélène. Issue d’un milieu modeste, après un burn-out brutal, elle revient dans sa ville natale qu’elle a quittée depuis longtemps et tombe par hasard sur l’un de ses amis de lycée.

Vincent Maël Cardona qui avait obtenu en 2022 le César du meilleur premier film pour Les Magnétiques présentera Le Roi Soleil : un bar-pmu à Versailles, Le Roi Soleil, un ticket de loto gagnant de plusieurs millions d’euros, un drame et des témoins avec Pio MarmaïLucie ZhangSofiane Zermani

Il y aura aussi Marcel et Monsieur Pagnol, le biopic animé où Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville) retrace la naissance d’une figure des lettres et du cinéma, mêlant regard intime, narration inventive et hommage au cinéma parlant. 

Et le Grand Prix au dernier festival de Cannes, Valeur sentimentale de Joachim Trier dont on avait aimé Julie en 12 chapitres. L’histoire de Nora (Renate Reinsve) et de sa petite sœur Agnès (Inga Ibsdotter Lilleaas) qui voient leur père, réalisateur de renom (Stellan Skarsgard)débarquer après de longues années d’absence. Il propose à Nora, comédienne de théâtre, de jouer dans son prochain film, mais celle-ci refuse avec défiance

On pourra aussi voir la Palme d’Or, avant sa sortie en salles le 1er octobre, Un simple accident :près de Téhéran, un banal trajet en voiture mène à un vertigineux engrenage. Un film tourné clandestinement comme sait si bien le faire Jafar Panahi, un cinéaste engagé, persécuté depuis de longues années. Pour la première fois en 15 ans il a pu être présent à Cannes pour défendre cet autre Iran qui n’abdique pas face au despotisme.

ANNIE GAVA

Rencontres cinématographiques d’Arles 
Du 28 juillet au 1er août 
Espace Croisière, Arles

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La vie de Château

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© Lyodho Kaneko

Au sein d’un écrin, la beauté.  Ce jeune festival, créé en 2021, se déroule désormais sur sept jours.  Une programmation signée du pianiste Christophe Bukudjian.

La journaliste Anna Sigalevitch et la pianiste Célimène Daudet, pétillantes et érudites, ouvrent le bal avec « Mozart et nous ». La première avec ses mots, la seconde avec ses notes retracent l’univers du petit génie de Salzbourg. (21 juillet)

Le lendemain, un récital d’une rare poésie attend le public. Il fera dialoguer deux « rossignols », Natalie Dessay et l’étonnant chanteur d’oiseaux Johnny Rasse autour du piano de Shani Diluka déroulant des airs de Grieg, Fauré, Ravel et Debussy.  C’est aussi comme des oiseaux, migrateurs cette fois, que nous traverserons la Méditerranée le 23 juilletpour une croisière sur les côtes espagnoles, grecques et italiennes, en compagnie de la théorbiste Christina Pluhar et de son Arpeggiata.

Tableaux musicaux

En cette année qui fête et Cézanne à Aix et les 150 ans de la naissance de Ravel, contemporain du peintre, l’Orchestre national de Montpellier, viendra déclarer son amour au compositeur français avec Ravel for ever. (24 juillet). Le trio Pantoun fêtera aussi Ravel au Musée Granet le 25 juillet avec des également des œuvres de Lili Boulanger  et une création mondiale de Bruno Mantovani qui s’inspire de tableaux de l’exposition Cézanne au Jas de Bouffan

Peinture et musique s’entrelaceront encore lors de la soirée Study of the Invisible à l’Église saint Joseph. Vanessa Wagner dont on connaît le goût pour les répertoires contemporains, y conviera du beau monde : Philip Glass, Brian Eno, Sakamoto, Moondog, Bryce Dessner, Meredith Monk, John Adams et leur maître à tous…  Jean-Sébastien Bach (26 juillet).

Pour les lève-tôt, l’Aube musicale est de retour avec les musiciennes du Quatuor Magenta qui accueillent au lever du soleil au Domaine Saint Joseph, avec des œuvres de Debussy, Ligeti et Wiancko. En nocturne, l’Ensemble I Giradini, associé au festival depuis sa création clôturera cette belle édition à l’Église Saint Joseph avec Le temps des Lilas programme d’œuvres d’Ernest Chausson (27 juillet).

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Les Musicales de la route Cézanne
Du 21 au 28 juillet
Le Tholonet 

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Aux sons des guitares et des rythmes latinos

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© X-DR

Petit changement cette année. Si l’an dernier le festival Jazz à Toulon se terminait le 26 juillet, c’est à cette qu’il commence cette fois, jusqu’au 9 août. Mais la ligne directrice est toujours la même : l’itinérance, de la place de la Liberté à la place Martin-Bidouré, jusqu’aux plages du Mourillon. Et le festival s’appuie toujours sur ses deux jambes : le Off à 19h – mettant en lumière les talents locaux et régionaux – et le In à partir de 21h30 – des concerts nocturnesavec des artistes de renom.

Le « Off »

En ouverture, le Off accueille la fusion be-bop-funk-soul du Kareem Kandi 4tet. Puis sur la place Camille-Ledeau Andrea Caparros & Emile Melenchon proposent un duo guitare et voix aux influences brésiliennes. La chanteuse revient le jour suivant parmi le sextet féminin d’origine toulonnaise, What Elle’s qui réunit vents, piano et batterie. Pour clôturer le festival, le quartet de David Guttierez anime la place Marie-Curie avec un jazz nourri de pop et de rock.

Le In

Côté « In », le trio légendaire composé de Bireli LagrèneMartin Taylor et Ulf Wakenius : ensemble ils reforment The Great Guitars – groupe de guitaristes jazz formé en 1973 par Charlie Byrd, Herb Ellis et Barney Kessel, avant que Martin Taylor ne les rejoigne dans les années 1980. 

Parmi les autres têtes d’affiches, le pianiste virtuose Roberto Fonseca rend hommage à l’âge d’or de la musique cubaine, comme il l’avait déjà fait dans son album La Gran Diversion. Eric Serra & RXRA Group vient revisiter ses compositions écrites pour le cinéma – de Léon au Grand Bleu. Autre jazzman de renom à monter sur scène Joshua Redman, le saxophoniste qui présentera son nouvel album Words Fall Short tout juste sorti.

Côté scène émergente, Tyreek McDole, qui a remporté le concours international de jazz vocal Sarah Vaughan vient de sortir son premier album, intitulé Open up your senses. Le lendemain,le festival accueille Carmen Souza, que l’on nomme l’Ella Fitzgerald du Cap-Vert. Chanteuse, elle est la première à mêler dans sa musique dialectes en créole et rythmes traditionnels. Pour finir, The Amazing Keystone Bigband investit les plages du Mourillonpour réinventer le répertoire de George Gershwin.

LAVINIA SCOTT

Jazz à Toulon
Du 26 juillet au 9 août
Divers places et plages, Toulon

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Les mômes à la fête

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© Natacha Guilitte

Festimôme, « un aller simple pour l’imaginaire ». C’est peu de dire que l’on en a bien besoin, à tout âge, en ces temps troublés ! Aussi l’équipe et les bénévoles du Festival international du cirque et des arts de la rue s’investissent pour faire de cette 24e édition un rendez-vous propice à rêver. En maintenant, « malgré un contexte difficile, où la culture fait les frais de lourdes coupes budgétaires, des tarifs accessibles », explique Teresa Tigrato, fondatrice de la manifestation. La soirée d’ouverture, le 24 juillet, est même gratuite, avec du stand up au programme, car ce n’est pas le moment d’oublier de rire. Et les journées suivantes sont à 5 € pour les enfants, 10 pour les adultes, (pass trois jours à, respectivement, 10 et 20 €). De quoi permettre, y compris aux familles ayant un budget limité, de profiter amplement des nombreuses propositions du festival.

Des journées bien remplies

Car Festimôme, ce sont une petite dizaine de spectacles chaque jour, sous les arbres du parc Jean-Moulin. Avec des artistes locaux, tels que le jongleur Nicolas Longuechaud, qui fait « son » cirque dans Le Block. Certains sont des voisins, comme 90’20 Soap, groupe marseillais enchaînant les reprises des inénarrables années 1990, quand les boomers étaient encore jeunes et naïfs, pour ressusciter tubes et faces B d’époque. Si jamais les Spice Girls vous manquent et que vous avez rêvé de faire découvrir leur univers musical à vos enfants, c’est « the place to be ».

D’autres compagnies viennent de plus loin, emportant la bonne humeur dans leurs valises. Les adeptes de prouesses physiques apprécieront, par exemple, le trio montpelliérain Les Triphasés, ses portés acrobatiques et sa bascule hongroise, un agrès de cirque spectaculaire. Ne ratez pas, surtout, La Dyane du collectif belge Sitting Ducks. Un numéro hilarant de déboires avec une vieille voiture, belle métaphore des impasses de notre civilisation, quand la surenchère de technologie ne fait qu’aggraver les problèmes qu’elle a suscités.

Village d’activités

Du 25 au 27 juillet, de 10 h à midi et de 14 h à 17 h, La Grande Récré, un village d’activités, s’installe dans le parc en marge des spectacles. L’occasion de s’initier au hip-hop, avec les danseurs de la Cie En Phase, suivre les ateliers proposés par les bibliothécaires de la ville d’Aubagne, se lancer dans une chasse au trésor, ou s’accorder un temps pour soi dans l’espace bien-être. 

L’association Les ami(e)s de Romy assurera aussi une sensibilisation aux différentes formes de violences (psychologiques, verbales, sexuelles, en ligne…) qui peuvent frapper les enfants, y compris dans des lieux ou institutions censés les protéger. Notez, enfin, que le parc Jean-Moulin est facilement accessible en transports en commun ou à pied, et que plusieurs parkings sont situés à proximité.

GAËLLE CLOAREC

Festimôme
Du 24 au 27 juillet
Parc Jean-Moulin, Aubagne

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La danse prend l’hélico

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© Yang Wang

Après une soirée de danse & mapping vidéo dansée par le G.U.I.D. et mappée par L’Espace Vide le 4 juillet, le Ballet Preljocaj sera de retour les 24, 25 et 26 juillet pour Helikopter & Licht. Créé cette année et donné, entre autres, au Pavillon Noir et à La Criée, le diptyque prendra ses quartiers en plein air puisqu’il retrouvera, après son passage à Châteauvallon, la scène du Théâtre de l’Archevêché d’Aix-en-Provence. L’inimitable pièce créée au tournant des années 2000 sur la pièce éponyme de Stockhausen, Helikopter célèbre le mariage de l’abstraction et de la physicalité, des indivualités et des mouvements de groupe, à partir de la mécanique obsédante de ce quatuor interprété, il faut le rappeler, par des instrumentistes isolés dans quatre hélicoptères en pleine ascension. 

Grand cru également que ce Licht apposé à Helikopter après un émouvant entretien entre le chorégraphe et le compositeur. La partition électronique pur jus de Laurent Garnier et les élans verticaux plus posés et cadrés des danseurs, vêtus de joggings multicolores, semblent amener la pièce davantage sur le terrain, certes très revisité, de fresques hip-hop. Mais l’explosivité et l’organicité de la chorégraphie revient faire écho à la lumière convoquée par le titre, et irradiant déjà sur Helikopter. Plus de vingt ans plus tard, les corps débordent d’une énergie et même d’un bonheur tangible, et précieux.

SUZANNE CANESSA

Helikopter & Licht
24 au 26 juillet
Châteauvallon, Scène nationale d’Ollioules

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Fevis : interférences musicales 

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© X-DR

Depuis trois ans la Fevis, (Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés)organise au cœur de La Mecque du théâtre, les Interférences dont « L’objectif est de rapprocher création musicale et programmateurs et public du spectacle vivant » explique son délégué général Louis Presset : faire en sorte qu’elle ne reste pas confinée dans les maisons d’opéra ou des festivals d’été pour toucher un plus large nombre de salles et de public.

Que manque-t-il à la musique de création pour qu’elle puisse trouver sa place sur les scènes pluridisciplinaires ? La question a réuni autour d’une table ronde dans le cadre splendide de la Collection Lambert, artistes, programmateurs, représentants du ministère de la Culture, de l’Ircam, de l’Onda… Dans les témoignages, les expériences de terrain, les intuitions partagées, les mêmes constats émergent : tout n’est pas qu’affaire de budget ou de fiche technique mais plutôt de méconnaissance, de récits inadaptés au public.

Stop aux clichés

« La création musicale est jugée aride, abstraite. Comment changer cette perception ? » s’interroge Estelle Lowry, directrice de la Maison de la musique contemporaine. Elle rappelle qu’un travail collectif est initié depuis quatre ans avec « Méridiens » porté par le ministère de la Culture et l’Ircam. Celui-ci a identifié plusieurs leviers : œuvrer à faire sortir ces musiques des clichés qui la présente comme élitiste, à mieux comprendre les publics – en particulier le sentiment d’illégitimité qui les habite face à la création, leur peur de s’ennuyer à un spectacle « barbant » –, à travailler envers des programmateurs qui méconnaissent ces esthétiques.

L’utopie de création

Élise Dabrowski, chanteuse lyrique, compositrice et directrice artistique de Trepak, structure porteuse de projets de créations, croit à la « puissance des œuvres » qui touche les publics. « Il faut arrêter de s’excuser d’être complexe. On doit rester centré sur ce que l’on a à dire. » Elle évoque Tomber sans bruit, création musicale hybride à partir d’archives sonores et visuelles, narrant la chute industrielle et sociale du groupe Vivarte (La Halle, André…) et la liquidation des 30 derniers salariés, fresque qui a suscité « l’envie » chez un large public. 

« Il y a nécessité à créer des œuvres qui font société. Chacune doit être singulière, non reproductible, à rebours des injonctions productivistes. Pas de recette : seul compte le lien entre une œuvre, un lieu, un public. » Elle plaide pour un renouvellement des formats, le temps long, l’utopie de la création dans des résidences faites de rencontres et de cocréations sur un territoire.

À Marseille, l’ensemble C Barré mise aussi sur ce travail en profondeur, au plus près duterrain et en direction des jeunes générations avec des orchestres amateurs dans les écoles et les quartiers. Depuis 2024, l’ensemble a intégré la scène nationale du Zef : « Au départ, la directrice du Zef [Francesca Poloniato] avait peur d’accueillir un ensemble comme le nôtre. Elle ne savait pas bien comment ça fonctionnait. On a travaillé ensemble, appris à se connaître », explique Sylvain Monier, son administrateur.

Car il s’agit de cela : faire tomber les craintes, accompagner les lieux dans leurs initiatives de médiation. Un public n’est pas figé, statique. Il se gagne, s’apprivoise, s’éduque, en particulier lorsqu’il pratique lui-même la musique et s’empare de la création, comme le propose C Barré aux enfants des quartiers Nord de Marseille.

ANNE-MARIE THOMAZEAU.

La rencontre s’est déroulée le 11 juillet à la Collection Lambert, Avignon.

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Réaffirmer la culture de service public

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© X-DR

L’objectif : débattre entre élus, professionnels et syndicats des objectifs des programmes culturels des candidats aux municipales, alors que les chiffres de l’Observatoire des politiques culturelles, sortis le 9 juillet, montrent que plus de 50 % des régions, départements, communes et métropoles ont diminué leur budget consacré à la culture entre 2024 et 2025. 

L’agacement était tangible et la parole franche, mais les appels à l’unité et à la création d’états généraux n’ont cessé de se faire entendre du côté des patrons comme des salariés. Tandis que les élus et candidats rappelaient que si certains, essentiellement à droite, sacrifient la culture, d’autres la soutiennent et la défendent en dépit des attaques budgétaires. Claire Guièze, vice-présidente du Syndeac, comprend les choix difficiles auxquels sont soumis les collectivités avec des budgets réduits de manière globale, mais a aussi affirmé qu’« il y a des endroits où les coupes de budgets de l’état sont un prétexte pour tuer la culture », en prenant l’exemple du pays de la Loire où Christelle Morançais « assume une politique culturelle à la Milei » a renchéri le maire de Montpellier, Michaël Delafosse.

Deux idées clefs se sont ainsi dégagées. D’une part, lutter contre l’offensive de privatisation du monde de la culture et les coupes budgétaires de certains élus de droite. De l’autre lutter contre le remplacement culturel qu’opère l’extrême droite depuis de nombreuses années avec, par exemple, la création de parcs à thème qui réécrivent l’histoire comme le Rocher Mistral. 

Claire Serre-Combe, secrétaire générale du Synptac CGT a voulu rendre aux artistes leur place : « sans les hommes et les femmes qui créent, les infrastructures ne servent à rien ». Les artistes, au cœur de ces institutions ont demandé « la confiance des élus lorsqu’on [leur]confie des budgets pour pouvoir continuer à créer »

Recentrer le débat

Car les reproches, ainsi qu’un appel à la démission, ont pris acte de la déconnexion avec Rachida Dati. L’opposition entre la ministre et les actes des élus locaux a été soulignée, et  Emmanuelle Gourvitch, déléguée générale du Synavi a  noté le rôle contreproductif du dispositif « mieux produire mieux diffuser » qui, piloté par le Ministère, ignore les acteurs de terrain que les villes connaissent mieux.  Des élus de Marseille, de Seine-Saint-Denis et de La Réunion ont témoigné du caractère essentiel « du maillage culturel fait par les institutions culturelles et les associations au sein de leur territoire ». Ils ont donc fait le choix d’y maintenir et même d’augmenter les budgets de la culture pour participer au bien-être de leur population, tout en favorisant la création artistique dans sa diversité hors de ces réseaux. 

Plus généralement, une réflexion « transversale entre tous les services publics » est nécessaire, a expliqué Emmanuelle Gourvitch. Car la culture traverse la société et a un rôle social, économique et éducatif important qui ne peut pas se faire sans le soutien aux hôpitaux publics, aux écoles et à toutes les infrastructures « non rentables». Une aberration que tous et toutes ont relevée : le service public ne doit pas être rentable. Un changement de paradigme s’impose alors : « Il faut remettre le bien commun au centre des débats » ont lancé, tour à tour, de nombreux participants et participantes, lors de cet échange qui a duré près de trois heures.

LOLA FOARO

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Soul des Sixties

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© Clara Fuente

Dans le cadre idyllique de l’amphithéâtre simili antique, le public de Marseille Jazz se rejoint le lendemain pour une « soirée soul », comme l’explique en introduction son directeur, Hughes Kieffer. 

La soirée débute avec le groupe de la harpiste, chanteuse et compositrice parisienne Sophye Soliveau. Le chœur (Slighty Maitrel, David Tshimanga et Rosanne Joseph) introduit la musique. A la basse, Eric Turpaud et à la batterie Sabri Belaïd, les accompagnent. Puis vient Sophye. 

Elle se présente en chantant : sa voix est agile, avec soul dans les graves et légèreté dans les aigus. Elle accompagne à la harpe des runs comme du r’n’b. Le chœur éclate en bavardage pour introduire la  chanson suivante, qui commence avec une instrumentation légère et des rythmes broken-beats. Ensuite, le public baigne dans plusieurs minutes de solo à la harpe. Féérique et rêveuse, elle semble seulement effleurer son instrument qui produit des sons de plus en plus puissants, jusqu’à venir gratter la harpe comme une guitare. Elle continue à chanter en improvisant, cette fois en passant par des cris, des sons stridents, falsettos, puis la musique repart en syncope  aux influences caribéennes voire rock. Avant le salut, le public a droit à un chant a cappella où tous les instrumentistes sur scène bercent les spectateurs une dernière fois …

Hors du temps

Puis place à la tête d’affiche : Thee Sacred Souls. Le trio californien — Josh Lane (chant), Sal Samano (basse) et Alex Garcia (batterie) — originaire de San Diego, s’est rapidement imposé sur la scène internationale avec son esthétique inspirée de la soul des années 60. On pense à Otis Redding, Al Green ou encore Marvin Gaye. 

© Clara Fuente

Les instruments commencent seuls : clavier, guitare, basse électrique, batterie, guitare, percussions et trio de cuivres (trompette, saxophone et trombone). Puis le chanteur entre en scène, rejoint par deux choristes. Ils enchaînent les titres de leurs albums et quelques nouveautés par des transitions rapides. Josh Lane chante d’une voix agile et suave, et avec charisme il se déplace, se pose à côté de ses musiciens ou en bord de scène. Lors de Running away, il traverse la foule, micro en main, faisant le tour des gradins désormais debout. Pour la plupart des chansons d’amour, ils véhiculent aussi un message d’unité, comme sur One and the Same. Tout le monde chante avec eux lors de I’m so glad I found you baby et leur morceau emblématique Can I call you rose ?

LAVINIA SCOTT

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Tranquille, volubile, musicophile 

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© Clara Fuente

Le Multikulti Trio de Mino Cinelu avec Juan Carmona ouvrait le festival au Silvain, avant la tête d’affiche, le Caravan Palace. 

Dans l’amphithéâtre, les conversations sont animées, et la file est longue devant les stands de boisson. Dans la lumière faiblissante du soir, le temps est à la détente, quitte à oublier un peu la scène elle-même…

Pourtant, le grand Mino Cinelu est là. Il chante, joue de la guitare électrique, des percussions, de la batterie, du triangle, avec l’excellent Bojan Z au piano, la basse groovy de Régis Therese et le toujours inspiré Juan Carmona à la guitare flamenco. Les effusions de batterie de celui qui a joué avec Miles Davis ponctuent un éloquent dialogue guitare-piano, tout en douceur et improvisations.

Mais la plupart attendaient, pour descendre dans la fosse, l’ambiance jukebox et la rythmique endiablée des cuivres de Caravan Palace. L’objectif annoncé était de faire twister la foule : « Dansez pour la paix dans le monde ! » lance la chanteuse Zoé Colotis. De quoi tester son endurance !

GABRIELLE SAUVIAT

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Tout nouveau tout beau

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© Clara Lafuente

Ce soir-là est spécial. La nuit tombe sur le théâtre Silvain, et la nouvelle génération du jazz, Kokoroko, révèle pour la première fois sur scène son nouvel album : Tuff Times Never Last, sorti le jour même. 

Il y a près de 10 ans, le groupe a soufflé sur l’Angleterre une nouveau jazz, avec un groove bien à lui, s’inspirant de l’afrobeat de Fela Kuti et de Tony Allen, et y combinant des influences highlife,funk et R&B/soul. C’est un son presque méditatif qu’ils proposent, simultanément teinté par des lignes mélodiques plus rythmées, livrées par les percussions africaines et la batterie.

Le concert s’ouvre sur Higher, morceau de leur ancien EP. Délicatement, la trompette de Sheila Maurice-Grey, leadeuse, et le trombone d’Anoushka Nanguy, s’accordent pour donner la mélodie. Les morceaux s’enchaînent aisément, comme pressés de présenter tout leur nouvel album. Avec Never Lost, la ligne de basse donne le pas à l’amphithéâtre qui se lève et balance son corps et sa tête en rythme. Ensuite, Closer to Me débute par un clavier au son électronique où se superposent les voix à l’accent so british, et où les rythmes afro sont accompagnés par la guitare ralentie d’Oluwatobi Adenaike Johnson

L’ensemble du concert est une fluide discussion entre instruments, riche en cuivres et au tempo lent, relevée par des harmonies vocales parfaitement à l’unisson. 

LILLI BERTON FOUCHET

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