Sète, ville natale de Georges Brassens, Jean Vilar, Paul Valéry, Hervé di Rosa, Manitas de Plata… et ville d’enfance d’Agnès Varda ou Robert Combas, est clairement une exception culturelle. Mais en célébrant Jean Vilar, la ville rend hommage à celui de ses enfants qui a le plus profondément révolutionné la vie culturelle française. Fondateur du Festival d’Avignon, directeur du Théâtre National populaire, penseur et défenseur acharné du « Théâtre de service public », son empreinte est immense, et ses descendants aussi variés que nombreux.
Le musée Paul Valéry propose depuis juillet et jusqu’au 8 novembre une exposition Les couleurs de Jean Vilar [voir journalzebuline.fr] qui, à travers un parcours d’œuvres majeures, rappelle l’attachement du metteur en scène aux couleurs des costumes et des décors, mais aussi des programmes, des oriflammes et des publications. Le 17 octobre une visite commentée de l’exposition sera suivie d’un débat sur les métiers du théâtre entre Hervé di Rosa et Macha Makeieff, puis une conférence de Violaine Vielmas, docteure en littérature et spécialiste de Jean Vilar, éclairera sur son parcours méconnu d’écrivain. Le lendemain une conférence de Geneviève Winter s’attachera à l’art du comédien. Des lectures et spectacles ponctueront les conférences, en particulier Le Dossier Oppenheim, création du jeune Vilar auteur, et la lecture par Denis Lanoy de sa correspondance avec Georges Perros, que Vilar avait chargé de lui dégotter des auteurs dramatiques, et qui s’est révélé peu conciliant…
Écouter les fantômes des théâtres
Mais c’est au Théâtre Molière que débuteront ces journées le 16 octobre, avec la création Vous êtes ici d’Édith Amsellem. La metteuse en scène marseillaise a pourtant déjà créé ce spectacle [voir journalzebuline.fr], plusieurs fois ! Mais Vous êtes ici raconte l’histoire de chaque lieu où il passe, réécrit avec chaque équipe qui intervient sur scène. Un spectacle toujours formidable, où l’on voit aussi défiler de fausse Angelica Liddell, une Mnouchhkine plus vraie que nature, un très sombre Claude Régy… Sans doute le plus bel hommage que l’on puisse rendre au théâtre public, à Jean Vilar et à la décentralisation !
AGNÈS FRESCHEL
Les Journées Jean Vilar
Du 16 au 18 octobre
Théâtre Molière, Musée Paul Valéry, Sète
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