Salle comble à la Baleine ce lundi 8 juin pour assister à l’avant-première de Du Fioul dans les artères, sélectionné à la 65e Semaine de la critique et récompensé par le Prix Révélation de la Queer Palm. Présent dans le cadre de la reprise de la Semaine à Marseille, Pierre Le Gall a parlé de la genèse de son premier long métrage, de ses recherches, du choix de ses acteurs, des difficultés de production et du tournage de ce film singulier, dont l’unique objectif était de « raconter une histoire d’amour toute simple. »
Etienne est un routier dont la vie est rythmée par le travail, longs trajets, chargements, livraisons dans les entrepôts, pauses sur les aires d’autoroute douches dans les toilettes, repas dans la cabine de son camion bleu. Solitaire, concentré sur sa route, il s’accorde des moments de plaisir avec des amants de passage, le temps d’une éteinte furtive dans les bois ou les toilettes des stations service. Jusqu’au jour où sa rencontre avec un routier polonais, Bartosz (Julian Świeżewski) va tout changer. Un coup de foudre pour ce quadragénaire solitaire dont les seules attaches affectives étaient sa sœur et son neveu. Jusque là, il partageait, avec ses collègues chauffeurs, repas, pauses entre deux voyages, quelques coups de fil. Il se disait que son métier, épuisant, contraignant l’empêchait, en tant que routier homosexuel, de rencontrer l’amour. Désormais, Étienne ne pense qu’à une chose, retrouver Bartosz et guetter son camion rouge Mais leurs routes ne se croisent pas toujours car son amour polonais, chauffeur international sillonne toute l’Europe alors qu’Etienne ne roule plus qu’en France et en Angleterre. Alors on se fait des appels vidéo, on se fixe des rendez vous, parfois on se trompe d’aire d’autoroute et on risque sa vie pour se rejoindre, on se dispute, on se quitte pour se retrouver… peut –être plus tard….
« Le milieu routier est l’un des milieux ouvriers français où les gens travaillent encore avec beaucoup de passion et qui se transmet de génération en génération. J’aimais beaucoup l’idée de filmer un milieu ouvrier peu représenté au cinéma » confie le cinéaste qui s’est beaucoup documenté, qui a pris la route lui-même avec un ami routier pour « faire le film le plus haletant et excitant possible tout en restant le plus juste possible sur ce milieu. »
Un scenario bien ficelé coécrit avec Camille Perton et Martin Drouot. Des dialogues qui sonnent juste. Le directeur de la photo Antoine Cormier a filmé avec beaucoup de soin, aussi bien les grands espaces où circulent les mastodontes de la route, les vastes entrepôts que les repas entre collègues, les scènes de sexe dans les bois ou les cabines des camions. Il a su saisir les moments de tendresse sur les visages des deux acteurs, tous deux excellents. Julian Świeżewski , acteur polonais de cinéma et de théâtre et Alexis Manenti qu’on avait beaucoup aimé dans Le Mohican (https://journalzebuline.fr/le-mohican-quand-un-berger-dit-non/) dont on retrouve ici le coté taiseux, déterminé, sensible, s’ouvrant à l’amour.
Un film réussi, touchant qu’il ne faudra pas louper au moment de sa sortie en salle le 2 décembre 2026
Annie Gava






