C’est un festival qui se joue dans un cadre somptueux, les carrières du Bon Temps. Un bijou patrimonial désormais relié à Jazz à Junas qui l’occupe chaque été depuis une trentaine d’années avec sa myriade d’artistes connu·e·s, souvent au delà des cercles d’initiés les plus pointus.
Le 22 juillet, tout commence sur la place de l’Avenir avec un concert en accès libre de Prima Kanta, un gang de musiciens·nes se revendiquant de la musique minimaliste, conduit par le multi-instrumentiste Laurent Rochelle (sax soprano, clarinette…). Un « jazz de chambre » délicieusement foutraque. Puis direction les carrières, pour le set de Marcin Wasilewski Trio, une des meilleures formations du genre en Europe. En fin de soirée, place à la vocaliste Marion Rampal qui, avec ses musiciens, propose une livraison de Songs For Abbey – un hommage d’une originalité confondante à la légendaire chanteuse et activiste des droits civiques Abbey Lincoln.
Le lendemain, rendez-vous est encore donné sur la place de l’Avenir pour un apéro au son de Duo Brady, deux violoncellistes qui, au-delà de leur parité genrée, déploient une musique malicieuse et étrangement groovy. Direction les carrières pour Adam Baldych Quartet : le violoniste polonais, avec son groupe, propose un voyage aux confins des folklores européens sans jamais se départir d’un profond sens du swing le plus épuré. En seconde partie de soirée, la batteuse Anne Pacéo défendra son nouveau répertoire, Atlantis, dédié à la vie océane si essentielle à notre avenir commun – avec à ses côtés notamment la chanteuse Cynthia Abraham et le sémillant pianiste Gautier Toux.
Une fin en fanfare
Le 24 juillet, les carrières accueillent Motion Trio – trois accordéonistes pour un set détonnant, aux confins des rythmes du monde et des improvisations les plus débridées. Ensuite, Léon Phal quintet proposera son univers singulier aux confins du jazz modal le plus exigeant et du groove le plus immersif. Puisant son inspiration aussi bien chez Coltrane que dans le dance-floor, le saxophoniste suisse est l’une des étoiles montantes du jazz en Europe.
Direction le Temple ce 25 juillet pour un duo soutenu par le réseau Occijazz, Virage Ravage, soit deux musiciennes croisant les sonorités de la gadulka (vièle bulgare à cordes sympathiques) et d’un accordéon chromatique dans des tourbillons d’émotions improvisées. Même lieu, autre duo : le batteur Daniel Humair et le saxophoniste Vincent Lé Quang proposeront une approche musicale improvisée des plasticiens contemporains les plus renommés.
La dernière soirée aux carrières sera ouverte par la fanfare Wonderbrass Band, à laquelle succèdera la formation polonaise Pink Freud – l’un des groupes les plus novateurs du jazz européen, réputé pour son énergie punk ! Enfin, place à Avishaï Cohen trio, le contrebassiste star qui sait toujours livrer des sets incandescents.
Jazz à Junas, ce sont aussi des stages pour les minots et les adultes, dans un esprit musical exigeant qui ne se départit jamais d’un sens de la convivialité au service d’une ouverture à l’Autre qui ne peut que faire du bien en ces temps de replis identitaires.
LAURENT DUSSUTOUR
Jazz à Junas
Du 22 au 25 juillet







