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AccueilÀ la UneAflam #13, la mémoire ressuscitée

Aflam #13, la mémoire ressuscitée

Du 12 au 18 octobre après un week-end préambule au Polygone étoilé autour de la restauration des vieux films en péril, Aflam déploiera la 13ème édition de son festival dans huit cinémas de la ville.

Une programmation de courts et de longs métrages essentiellement documentaires. Des tables rondes, des ateliers, des rencontres.

S’inscrivant dans la Saison Méditerranée, un des axes majeurs de l’édition sera : « Réparer l’image ». Au sens technique pour sauver les pellicules détériorées. Au sens métaphorique pour reconstruire une mémoire amputée ; inverser le narratif colonial, ne pas être raconté par les autres, reconstituer ses propres récits en explorant la complexité de l’Histoire chaotique et souvent tragique des pays arabes. La mémoire comme jalon – de courtes archives précéderont chaque projection. Et comme matériau dont les films contemporains, font parfois un élément essentiel de la compréhension du présent.

Côté patrimoine, les films coups de poing du cinéaste irakien Kassem Hawai, le 14 octobre au Videodrome2, dont Pourquoi nous plantons des fleurs, pourquoi nous portons des armes, témoignant de l’engagement du cinéaste auprès des Palestiniens dès 1974. Ou Les Marais (Al Ahwar, 1977) dénonçant la catastrophe écologique de l’assèchement des terres sumériennes par le gouvernement irakien et dont une seule bobine fut sauvée du feu. Une fiction de Jocelyne Saab : L’Adolescente, sucre d’amour (1985) imaginant la rencontre dans un Beyrouth dévasté d’un artiste et d’une adolescente fan de cinéma égyptien. Et bien d’autres.

Côté films récents, signalons sans exhaustivité, le superbe Yunan de Ameer Fakher Eldin  (2025) réflexion existentielle sur l’exil et la mort, sur une île perdue en mer du nord avec une Hanna Schygulla d’une grande intensité. Un Bonheur hydroélectrique d’Alexander Markov (2024) au temps où les soviétiques entreprenaient des entreprises utopiques en Egypte. Cotton Queen de Suzannah Mirghani (2026) où une adolescente se trouve au centre d’un conflit entre un projet porté par un ingénieur étranger pour la plantation au Soudan d’un coton génétiquement modifié et la préservation de son village 2026.

Ouverture le 12 octobre au MuCem avec un film de 1993 produit par la société de Youssef Chahine : Alham Saghira  Petits rêves). Première mondiale pour cette version restaurée en partenariat avec Aflam, en présence du réalisateur Khaled El Hagar, qui situe son histoire pendant la guerre des six jours et met en scène un adolescent fan de Nasser, figure de substitution d’un père mort en 56 lors de la crise de Suez. C’est le regard de ce jeune garçon que met en avant l’affiche du festival.

Clôture le 18 octobre à 20h dans la même salle pour (re)voir Souraya mon amour présenté par la protagoniste du film et par son réalisateur Nicolas Khoury, un documentaire de 2025 qui fait le portrait de Souraya, veuve du grand cinéaste libanais Maroun Badhdadi, héritière d’une quantité d’archives qu’elle entretient vives comme son amour pour l’Absent.

Et entre les deux, tout un espace ouvert où s’exprimera « une résistance obstinée à l’effacement des êtres et des mémoires »

ELISE PADOVANI

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