Alger, juin 1955. Khadidja, 9 ans, rejoint son frère Malek, militant clandestin du FLN. Mais il est arrêté par la police coloniale et Khadidja se retrouve seule. Elle est repérée par 3 garçons au statut différent dans l’Algérie coloniale : Lyes, Philippe et Ahmed l’aider à libérer Malek. Depuis les terrasses de la Casbah, les quatre enfants apprennent à se connaitre, et enquêtent…
Issu d’une série parue d’abord en bande dessinée puis en dessins animés télévisuels, le passage au long format sur grand écran est plus qu’une réussite. Il y a comme un côté myiazakien dans le récit écrit à hauteur d’enfants, le réalisme des décors de la capitale algérienne (la Casbah, Bab-El-Oued, la ville européenne) ainsi que dans le dessin des personnages, les grands yeux des enfants notamment.
La touche singulière, avec des traits continus pour les personnages, discontinus pour les accessoires, confère au film des vibrations positives alors que les échos de la guerre d’indépendance s’amplifient. Les subtilités de l’animation, du récit et des dialogues, permettent aux autrices et au réalisateur de donner à saisir les fractures d’une société coloniale qui imprègnent jusqu’à l’innocence enfantine, mise à mal par ces dernières.
Une décolonisation des imaginaires est à l’œuvre dans ce film d’une grande tendresse, aux échos intergénérationnels, et qui donne une belle place aux militantes de l’indépendance. Un antidote puissant au nostalgérisme, qui peut éclairer les garçons et les filles marqué·es par cette histoire, longtemps censurée, qui est aussi une histoire française.
LAURENT DUSSUTOUR
Petite Casbah
Sorti le 14 octobre








