mercredi 28 octobre 2026
No menu items!
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
cliquez sur l'image pour en savoir plusspot_img
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
Cliquez sur l'image pour vous abonnerspot_img
AccueilÀ la UneCamerata Figarella : Corse et Renaissance, l’accord parfait

Camerata Figarella : Corse et Renaissance, l’accord parfait

Voix de paghjella, cornet et sacqueboute dialoguent dans une église près de Bastia. Premier album de la Camerata Figarella, qui paraît le 30 octobre

Imaginez une église baroque perchée au-dessus de Bastia, à l’entrée du Cap Corse. Des chanteurs y côtoient un cornet à bouquin, une sacqueboute, un saxophone et une clarinette. C’est dans l’église de Santa Maria Assunta de Mandriale que la Camerata Figarella a enregistré son premier album, Cantà in cumpagnia. Le titre vient d’un traité vénitien de 1584 : « chanter en compagnie ». Et, en l’occurrence, en excellente compagnie.

D’un côté, les chants, du Trecento (XIVe siècle italien) à la Renaissance ; de l’autre, la paghjella, ce chant polyphonique corse aux voix d’hommes entremêlées, notamment présent pendant la Semaine sainte. Autour du cornettiste William Dongois et du baryton Enea Sorini, également percussionniste, trois chanteurs corses, Jean-Étienne Langianni, Michel Paoli et Daniel Gonet, dialoguent avec Stefan Legée à la sacqueboute, Fausto Sierakowski au saxophone alto et Ange Sierakowski à la clarinette.

Les deux traditions partagent le goût de l’ornementation et de la variation. Dès la première piste, Avà vene lu veranu & Ecco la primavera, un même printemps amoureux se chante presque dans les mêmes mots, chez le Florentin Francesco Landini, au XIVe siècle, et chez un berger-poète du village corse d’Osani.

Savantes et traditionnelles 

Mention spéciale pour le Da pacem Domine d’Orlando di Lasso, d’une ferveur magnifique, ainsi que Nell’apparir del sempiterno sole, entraînant comme un air de fête villageoise ancienne. Il bianco e dolce cigno séduit par sa douceur, tandis que les plages instrumentales, comme Alcenagina, laissent respirer les vents. Autre découverte, U lamentu à Ghjesù, chant de la Passion créé pour les mystères de la Semaine sainte de Calvi, s’appuie sur l’ancienne basse de la Follia d’Espagne, thème musical également présent dans le chant processionnel corse Perdono mio Dio. 

Le programme réserve de belles découvertes, dont Entrava Phebo con lucenti raçi de Iacopo da Bologna, enregistré ici pour la première fois, et deux créations : Oimè lasso e freddo lo mio core de Michel Paoli et Spirito sancto glorioso. La figure de Saint François d’Assise, mort en octobre 1226, traverse l’album, notamment à travers la laude Laudar vollio per amore, du poète franciscain Jacopone da Todi. 

Créée en 2019, la Camerata Figarella est à la fois un festival annuel et un laboratoire de création dédié aux rencontres entre musiques savantes et traditionnelles. Fondé en 2024, l’ensemble prolonge cette démarche en réunissant musiciens confirmés, solistes internationaux et jeunes talents, avec des actions pédagogiques en Corse, une ouverture vers la Méditerranée et l’Europe et maintenant un disque. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Cantà in cumpagnia, Camerata Figarella
Carpediem Records, distribution Outhere Music
Sortie le 30 octobre
ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

La « Tantazione » au goût amer de Nicolangelo Gelormini

Librement adapté de la pièce de théâtre Se non sporca il mio pavimento, inspirée de l'histoire vraie d’une enseignantepiémontaise assassinée en 2016,le deuxième long...

CineHorizontes : sortie de l’emprise avec « Un Cœur Fidèle » de Julia de Paz Solvas

Un Cœur Fidèle de Júlia de Paz Solvas raconte la vie de Carmela, une adolescente de 12 ans qui vit chez sa grand-mère et sa...