Créée à Paris le 4 décembre 1693 sur un livret de Thomas Corneille, Médée avait surpris son époque par son audace et son intensité dramatique. L’action se déroule à Corinthe, où Jason et Médée ont trouvé refuge auprès du roi Créon. Mais Jason se détourne de son épouse pour Créuse, la fille du roi. Créon annonce à Médée qu’il ne la livrera pas à ses ennemis, mais qu’elle doit quitter Corinthe, tandis que Jason y restera avec leurs enfants. Médée proteste : tous ses crimes, dit-elle, n’ont été commis que par amour pour lui. Les noces de Jason et Créuse sont programmées. Folle de rage, Médée invoque les puissances infernales et prépare sa vengeance. La tragédie se précipite : Créon sombre dans la folie et meurt, Créuse expire dévorée par les flammes et Médée tue ses propres enfants avant de disparaître. Jason, éperdu, crie vengeance. Longtemps éclipsée par l’œuvre de Lully, cette partition est aujourd’hui considérée comme l’un des sommets du répertoire baroque français. Elle compte notamment parmi ses pages célèbres le déchirant air de Médée « Quel prix de mon amour » (acte III).
À la tête de cette production, Stéphane Fuget, claveciniste, organiste et chef, dirige l’ensemble Les Épopées, qu’il a fondé en 2018. Il partage cette soirée avec le Chœur de chambre de Namur, ensemble vocal spécialisé dans l’interprétation historiquement informée. Dans le rôle-titre, la contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux, révélée en 2000 par le premier prix du Concours Reine Élisabeth, fait ses débuts dans le rôle de Médée. Sa voix grave et incisive s’accorde à la violence dramatique du personnage. Face à elle, le ténor tchèque Petr Nekoranec, lui aussi dans une prise de rôle, incarne Jason. La mezzo-soprano Juliette Mey interprète Créuse et la basse Frédéric Caton, Créon. La soprano Camille Poul, habituée des productions de Stéphane Fuget, complète la distribution en Nérine et L’Amour.
ANNE-MARIE THOMAZEAU
Médée
22 septembre
Opéra Comédie, Montpellier
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