mardi 29 septembre 2026
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Agwuas

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Agwuas
Mains Pierre© Bettina Blanc Penther

En 2019, durant les manifestations contre le gouvernement à Santiago de Chili, la danseuse et chorégraphe Marcela Santander est marquée par l’action de centaines de manifestants qui se relaient pour taper en rythme sur la surface métallique d’un bâtiment avec des pierres arrachées des trottoirs. 

De cette scène vécue nait Bocas de Oro en 2022 autour des pierres et des histoires qu’elles peuvent renfermer, premier volet d’une trilogie autour des éléments pierre-terre, eau et feu. Agwuas en est le deuxième volet, un dialogue avec les eaux : les océans, les glaciers, mais aussi les liquides corporels. Un spectacle écrit et interprété par Marcela Santander en collaboration avec Gérald Kurdian, musicien·ne, performeur·se et DJ protéiforme. 

MARC VOIRY

30 mai 
Vélo Theatre, Apt

Les Musiciens du Louvre

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Les Musiciens du Louvre © DR
Les Musiciens du Louvre © X-DR

Pionniers dans l’interprétation historiquement informée, les Musiciens du Louvre explorent depuis presque quarante ans un répertoire de musique ancienne de plus en plus large, du crépuscule de la Renaissance à un Romantisme bourgeonnant. 

Les revoilà sur leur terrain de prédilection : le baroque pur et dur, celui de Haendel et de ses concerti grossi. Forme propice aux dialogues et aux jeux de miroirs entre instruments aux timbres radicalement différents, le concerto grosso incarne un tournant dans l’histoire de la musique instrumentale, embrassé avec passion et génie par le plus Allemand des compositeurs anglais – à moins qu’il ne s’agisse du contraire. L’intégralité de l’opus 3 sera proposée à un public qui s’annonce nombreux – le concert affiche presque complet ! 

SUZANNE CANESSA

28 mai
Théâtre des Salins, Scène nationale de Martigues 

Il Trovatore

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Il TROVATORE
Angelique Boudeville soprano photo © Orlane Photographie

Opéra verdien davantage célèbre pour ses airs, sublimes, que pour son intrigue, proprement inepte, Le Trouvère continue de fasciner les amateurs d’opéra romantique, d’envolées hugoliennes et de tessitures sombrées. Nul doute que cette production, créée à Saint-Étienne en 2023, rassemblera un public nombreux et enthousiaste, prêts à entonner ses plus célèbres ritournelles. 

Mis en scène par Louis Désiré, le spectacle rassemblera des solistes également habitués des lieux : Angélique Boudeville, Aude Extrémo, Laurence Janot côté rôles féminins, et TeodorIlincăi, Şerban Vasile et Patrick Bolleire côté masculin. À la tête de l’orchestre, le chef maison Michel Spotti. 

SUZANNE CANESSA

Du 1er au 10 juin
Opéra de Marseille

Armée noire

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Armée Noire-La Compagnie Populo
© X-DR

« L’Armée Noire » est le nom d’un groupe fondé en 2007 par le poète et performeur Charles Pennequin dans le Nord de la France, pour créer, entre poètes, « gens pas très fréquentables et laissés pour compte » un espace de liberté, de parole, d’improvisation, de poésie pour tous. S’inspirant de cette démarche, Clara Koskas et sa compagnie Populo, fondée en 2021 à La Ciotat, crée le projet Armée Noire en mai 2024 pour « lutter contre les formes d’ostracisme que pose notre société capitaliste envers les personnes handicapées ». 

Le premier volet de ce projet, développé avec le Foyer Matira de La Ciotat est présenté ce dimanche 8 juin à La Chaudronnerie : une lecture- perfomance d’une quarantaine de minutes, menée par six résident·e·s du foyer, autour d’extraits du texte Comprendre la Vie de Charles Pennequin. 

MARC VOIRY

8 juin 
La Chaudronnerie, La Ciotat

En attendant Godot

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En attendant Godot
© Jacques Osinki

Avec sa compagnie l’Aurore boréale, le metteur en scène Jacques Osinski s’associe à nouveau au comédien Denis Lavant après l’enthousiasme engrené autour de leur reprise de quelques travaux de Samuel Beckett, pour remettre sur pied son œuvre théâtrale la plus renommée, En attendant Godot. 

Dans cette pièce en deux actes, Estragon et Vladimir, deux vagabonds, attendent le fameux « Godot » au pied d’un arbre dévêtu de ses feuilles. Inscrit dans le théâtre de l’absurde, l’énigmatique Godot ne viendra jamais, mais voilà le public transporté dans un dialogue réflexif sur la nature de la réalité et sur la condition humaine. Mais c’est surtout un éternel questionnement sur la raison pour laquelle cet étrange personnage, dont ils ne connaissent que le nom, devait les rejoindre… 

LILLI BERTON FOUCHET

5 juin 
Théâtre des Halles, Avignon

Mort d’une montagne

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mort d'une montagne
Mort d’une Montagne © Alain Doucé

La compagnie Les Non-Alignés propose une pièce du metteur en scène Jérôme Cochet et du dramaturge et réalisateur François Hien, Mort d’une montagne. Comme son nom l’indique, on suit la désintégration d’une montagne qui se décompose sur les sommets à proximité. Plusieurs parcours se dessinent autour de cet incident, celui d’un chargé de mission de la transition climatique, d’une voyageuse téméraire qui veut grimper en haut du sommet le plus haut de la région, la Grande Reine. 

Une pièce qui avance au même rythme que l’imagination du spectateur, au sein du massif imaginaire des Hautes-Aigues. Spectacle potentiellement déclinable, il sera très certainement présenté sous sa forme « tout-terrain » puisque donné hors-les-murs à l’aérodrome de Romanin. 

LILLI BERTON FOUCHET

5 juin
Aérodrome de Romanin, Saint-Rémy-de-Provence
Une proposition de l’Alpilium 

GR31

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GR31 © Olivier Quéro
GR31 © Olivier Quéro

L’Ensemble 31, entendez la 31e promotion de l’Ecole régionale d’acteurs de Cannes et Marseille (l’Eracm, qui comme son acronyme ne l’indique pas est une école supérieure d’art dramatique), arrive au terme de sa formation. Émilie Prévosteau et Amine Adjina (compagnie du Double), eux-mêmes issus de l’Eracm, mettent en scène les 14 jeunes comédiens dans une pièce qu’Amine Adjina a écrite pour eux, et qui est une allégorie de leur apprentissage. 

Partis sur un sentier de randonnée,  ils expérimentent le trajet, la vie ensemble, la fatigue, l’exaltation, les petits groupes dans les groupes, les dissensions, les révélations… Tout ce qui fait la vie d’une école d’acteurs, qu’il faut quitter, mais dont chaque « Ensemble » a donné naissance à des compagnies actives et précieuses. 

AGNÈS FRESHCEL

Du 29 au 31 mai
Friche la Belle de mai
, Marseille

Les Prémices

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LES PREMICES © Alos Martinent
LES PREMICES © Alos Martinent

On connaît le soin que porte La Garance pour proposer des spectacles consacrés au jeune public. La Scène nationale de Cavaillon a collaboré avec un collège et cinq lycées qui comprennent une option théâtre ou propose des ateliers artistiques, afin de les introduire à l’art de la représentation. 

Les Prémices est l’aboutissement du travail qu’ils ont mis en place cette année donnant lieu à une représentation publique sur le plateau de La Garance, le 3, 4 et 5 juin. Accompagnés par des professionnels du théâtre : comédien·nes et metteur·euses en scène, tels que Marion Bajot, Olivier Barrère, Catherine Monin, Mylène Richard et Alexia Vidal, ces derniers leur ont transmis les règles d’or du théâtre, mais également le chemin pour créer et penser par eux-mêmes. 

LILLI BERTON FOUCHET

Du 3 au 5 juin
La Garance, Scène nationale de Cavaillon

Nuits de juin

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nuits
Centroamérica © Ulises Ávila

Le CNES, Centre national des écritures du spectacles, propose chaque année un festival conçu avec les étudiants et proposant lectures, visites diurnes et nocturnes de la Chartreuse, nuit sous les étoiles, ateliers, échanges et spectacles. 

Le 5 juin à 19 h Euphoria, une pièce chorégraphique et sonore de Caroline Breton, conversation entre deux chouettes sur le sens de la vie, euphorique et saugrenue. Les 5 et 6 juin à 20h30 un spectacle accueilli en collaboration avec le Printemps des comédiens [voir p.6] : Centroamérica par le collectif mexicain Lagartijas Tiradas al Sol, entre théâtre et documentaire, plonge dans l’instabilité politique et sociale de l’Amérique centrale. Luisa Pardo porte en scène la parole d’exilés politiques du Nicaragua, de refoulés aux frontières, entre guerre des gangs, exploitation agricole intensive… Musique, mort et joie mêlés, comme toujours au Mexique. 

AGNÈS FRESCHEL

Du 5 au 7 juin
La Chartreuse, Villeneuve-lez-Avignon

Changer de monde

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Il est des victoires et des renversements d’avenir qu’il faut fêter, parce qu’ils sont rares au cœur de nos défaites actuelles. L’échec du RN aux dernières législatives, même s’il n’a pas été suivi des effets politiques qu’on pouvait escompter, relevait du sursaut démocratique, tout comme l’élection de Nicușor Dan en Roumanie ce dimanche. 

Le candidat d’extrême droite George Simion, soutenu par Trump, Meloni, Orban et Poutine, adepte de la colonisation en Cisjordanie, de l’arrêt de l’aide européenne à l’Ukraine et de la restauration d’une grande Roumanie annexant la Moldavie, est battu. Le peuple roumain s’est levé, est allé voté en masse, et a refusé de s’enfoncer dans les sous-sols sombres qui nous menacent, comme ils menaçaient les Français dix mois avant eux.

Mais le danger s’affirme en Europe : au Portugal, en Pologne, en Allemagne, l’extrême droite atteint des niveaux qu’elle n’avait pas connus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En France le RN, Le Pen, Bardella et Mariani en chœur, ont relayé les rumeurs complotistes du candidat antivax, homophobe et antirom. George Simion, qui a un petit air de Bardella – lisse et jeune et propre et beau gosse – a bien failli renverser l’équilibre politique européen. Qui ne tient plus qu’à un fil, dans un monde où les régimes les plus autoritaires et criminels s’installent, et qui a besoin de repères et d’instances démocratiques.

Garants de quoi ? 

Mais que signifie « instance démocratique » dans un « berceau de la démocratie » comme la France ? Dans une république qui s’est construite en tolérant les vestiges de l’esclavage, qui a colonisé, établi des lois racistes et réprimé les révoltes dans le sang ? Dans un pays dont aucun des 25 présidents n’a été une femme, et qui ne leur a accordé le droit de vote qu’en 1945 ? Dans une démocratie où, jusqu’en 1982, une orientation sexuelle non hétéronormée était criminalisée ? 

Les pays européens comme la France, qui laissent mourir en Méditerranée et prolongent les droits écocides des industries pharmaceutiques et agricoles, qui restent si longtemps sidérés face au génocide des Tutsis ou des Gazaouis, ne font que prolonger les pages honteuses de leur histoire. Ils semblent pourtant, aujourd’hui, le seul rempart possible contre la fascisation accélérée du monde.

La révolution est en route

À moins qu’on ne se trompe d’analyse ? L’invention de la démocratie n’a pas aboli le patriarcat et a reconduit, en les ouvrant mais pas à tous·tes, les privilèges. Seules les révolutions renversent l’ordre des classes sociales. Et si aucune grande force politique ne prône aujourd’hui, vraiment, le renversement par la violence, une véritable révolution est indéniablement en route, qui ne cherche pas le changement de régime.

Cette révolution est culturelle, et même anthropologique. Les jeunes femmes refusent aujourd’hui le patriarcat et elles sont nombreuses (1 sur 5 d’après une étude de l’Ined relayée par Le Monde) à mettre en œuvre la boutade lesbienne des années 1970 : « Le féminisme c’est la théorie, le lesbianisme c’est la pratique ». 

Dire radicalement non aux hommes qui ne se sont pas déconstruits, faire la nique à leur domination sexuelle et sociale, refuser l’assignation genrée, la sexualité contrainte, niquer la fatalité, reprendre l’espace public, s’emparer des murs, célébrer Sagan, inviter Preciado, tatouer librement les peaux, faire festin commun, politique commune, est une réponse révolutionnaire aux histoires européennes entachées de sang. 

Agnès Freschel


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