jeudi 9 juillet 2026
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La Roque d’Anthéron : un piano et un coussin de violons

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Yip Wing-sie à la direction du Hong Kong Sinfonietta. PHOTO VALENTINE CHAUVIN

Au Festival international de piano de La Roque d’Anthéron, dans le cadre des soirées dédiées à l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven, le n° 4 en sol majeur opus 58 était au programme de ce samedi 22 juillet. Toute frêle dans sa robe d’eau tranquille, la pianiste Anne Queffélec habitait l’œuvre avec une élégante simplicité. Les violons disposés inhabituellement de part et d’autre du piano offraient un écrin souple et très intéressant à l’instrument concertant. Soulignant par leur velouté la clarté fluide du jeu de l’interprète, émouvante dans les phrasés descendants réitérés, tels des questions sans réponse.

Faire parler le silence

La grâce de l’instrumentiste réside non seulement dans une technique parfaite, mais aussi, surtout, dans la capacité à nourrir la partition d’une culture fine. Une dentelle aérienne se dessine ici, avec une manière inimitable de faire parler les silences. Le piano engage un réel dialogue avec l’orchestre, espace de paix peuplé des fragrances stridulantes de la nuit de La Roque.

La Symphonie n°7 en la majeur permettait d’apprécier davantage encore la qualité du Hong Kong Sinfonietta, et la direction précise et nuancée de sa cheffe, Yip Wing-sie. Cette pièce publiée en mai 1816 fut considérée par Richard Wagner comme « l’apothéose de la danse […], réalisation la plus bénie du mouvement du corps presque idéalement concentré dans le son. » Sans doute, la disposition des violons nuisait-elle à l’émotion tragique du deuxième mouvement, lui enlevant de sa gravité, mais l’enthousiasme final avec un tempo fort accéléré conquit le public.

Maryvonne Colombani

Concert donné le 22 juillet, dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron.

Quand la solidarité devient un délit

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De gauche à droite : Thibault Patain, David Bescond, Nolwenn Le Doth et Ana Pabst. PHOTO KEVIN BUY

Grand Pays, c’est le combat de simples citoyens qui ne peuvent plus vivre en fermant les yeux. Ils habitent à la frontière franco-italienne et voient passer devant leur porte les migrants qui traversent les montagnes à pied pour venir demander l’asile en France. Parmi eux, de nombreux mineurs isolés en détresse que la police se contente de refouler dans des conditions indignes. Pour retrouver la fierté de leur pays, ils s’organisent en collectif malgré leurs différences idéologiques. Une ode à la solidarité et à l’entraide.

Le collectif Le Bleu d’Armand et ses quatre comédiens se sont inspiré des procès de Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya dans les Alpes-Maritimes qui a aidé pendant plusieurs années des migrants à passer la frontière. Comme Cédric Herrou, Suzanne, Xavier et Cataleya ne sont pas militants, ils le deviennent malgré eux, par humanité. Grand Pays commence d’ailleurs par leur procès, et leurs condamnations pour avoir aidé des migrants ou simplement pour s’être érigé contre l’injuste.

Où est le réel ?

La pièce ouvre le débat. La fraternité est-elle simplement un slogan apposé sur le fronton des bâtiments publics ou une vraie valeur de la France ? Eux vont saisir le Conseil Constitutionnel. De quoi mettre en scène avec drôlerie la rigidité du droit et l’écriture froide et impersonnelle du « Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ». Ils personnifient le texte pour montrer son absurdité et surtout son inadéquation avec la réalité.

La fraternité est finalement reconnue comme valeur constitutionnelle par les « sages ». Une reconnaissance qui a vraiment eu lieu en 2018. Ensuite, la fiction reprend sa place. L’État présente des excuses publiques (!) et réquisitionne de magnifiques villas de la Côte d’Azur pour loger les migrants. Une fin ironique et utopique, mais qui offre une vision d’espoir, dans un présent assez désespérant. Croire au futur ?

Rafael Benabdelmoumene

« Grand Pays » se joue au Théâtre des Carmes jusqu’au 26 juillet.

À Salagon, de la poésie rurale

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Expo Duy Anh Nhan Duc ©JMDAgruma

Le musée de Salagon est avant tout un musée ethnologique de territoire, dédié au patrimoine de la Haute-Provence. Son fonds, constitué de quelques 10 000 objets de la vie quotidienne rurale, offre un champ d’étude et de témoignage exceptionnel qu’il met en valeur par de nombreuses expositions.  

Le champ des possibles



Expo Duy Anh Nhan Đức ©JMDAgruma

L’église du prieuré accueille les installations du plasticien du végétal, Duy Anh Nhan Duc, artiste vietnamien né en 1983 à Ho Chi Minh-Ville et vivant à Paris. « Les créations que j’imagine, explique l’artiste, mettent en lumière des végétaux que nous connaissons tous, mais que parfois nous ne regardons plus ». Il cueille pissenlits, salsifis, chardons, blé, trèfle, seigle, chardons, allium, muscari, carottes, plantain, scabieuses, et crée des œuvres poétiques à partir de ces matières. La fragilité de l’instant, l’équilibre fugace des plantes, trouvent ici une expression sensible. La nature devient objet de contemplation au cœur de ces assemblages délicats. Le Champ des possibles, titre de l’une des œuvres est aussi celui de l’exposition, il présente une architecture étonnante formée des cypsèles des fleurs de pissenlit, sur une vaste étendue de fruits séchés. Le parloir des Souhaits invite à la méditation : une cabane/serre contient des milliers de graines prêtes à s’envoler dès que le vent actionné par une manivelle s’élève, nous incitant à nous rappeler les vœux de l’enfance.  

Olivers et jouets

L’arbre méditerranéen par excellence est l’objet d’une autre exposition, L’olivier, notre arbre. Arbre nourricier, arbre de paix, il habite les imaginaires. Sa force symbolique se retrouve dans une multitude de représentations. Son bois est employé pour des usages décoratifs et utilitaires. Son fruit est source alimentaire. Le parcours de l’exposition conçue en partenariat avec Avignon Université dans le cadre du programme européen Olive4ALL, conduit une réflexion sur les relations qu’entretiennent les sociétés méditerranéennes et cet arbre. 

Une autre exposition, Jouets retrouvés, met en valeur une partie méconnue du fonds du musée de Salagon. La définition du sujet ouvre des pans de réflexion : qu’est-ce qu’un jouet ? Certes, il sert à amuser un enfant, mais il dessine pour lui une image particulière du monde et le prépare à y participer, construisant une image mentale de son imaginaire et de la société dans laquelle il prendra place. C’est ainsi que le jouet permet de dessiner un panorama d’une époque et de son univers. Ceux de la première moitié du XXe évoquent avec éloquence un monde en pleine mutation. On voit la tôle remplacer le bois, le celluloïd apparaît (les poupons en cette matière commencent à être commercialisés en 1910), puis le plastique qui révolutionne dès les années 1950 l’univers du jouet, le démocratisant mais sexuant davantage encore ses destinataires, les préparant à une vie adulte compartimentée et normée.

MARYVONNE COLOMBANI

Le champ des possibles
Jusqu’au 30 novembre
Jouets retrouvés
Jusqu’au 15 décembre 2024
Musée de Salagon
04 92 75 70 50
musee-de-salagon.com

Attention poètes

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Voix vives 2022©️Gilles Hutchinson

L’édition 2022 du festival Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée avait attiré plus de 72 000 spectateurs à Sète. Du 21 au 29 juillet, Maïté Valles-Bled, fondatrice de la manifestation, y invite soixante-dix poètes, représentants d’une culture méditerranéenne dans toute sa diversité. De l’Algérie à Israël, du Portugal ou de l’Espagne au Liban en passant par la Palestine, la Syrie et bien évidemment la France. Ils font entendre la multiplicité de leurs voix. Pendant neuf jours et plus de 600 rendez-vous, la poésie investit les rues, les places, les jardins, le port, sur des bateaux… Avec des lectures, des lectures musicales, des ateliers d’écritures ainsi que des rencontres en langue des signes. Mais aussi toute une programmation jeunesse et de nombreux spectacles gratuits où la poésie se fait musique, chant, conte ou théâtre. De quoi donner à entendre pour tous les publics. Sans oublier un grand Marché du livre de la poésie, regroupant 110 éditeurs sur la place Léon Blum. Il sera possible d’y trouver une anthologie du festival, avec des textes des poètes invités, éditée en partenariat avec les éditions Bruno Doucey. Surtout ne pas rater le temps fort du festival au Théâtre de la Mer (et seul événement payant), le 27 juillet : le spectacle de Catherine Ringer, inoubliable voix des Rita Mitsouko. Accompagnée par le pianiste et compositeur Grégoire Hetzel, elle reprend les mots de la poète Alice Mendelson, 97 ans, laquelle a publié récemment L’Érotisme de vivre, son premier recueil de textes écrits entre 1947 et nos jours. Une ode à la vie, sensuelle et voluptueusement poétique. 

ALICE ROLLAND

Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée
Du 21 au 29 juillet 
Divers lieux, Sète
sete.voixvivesmediterranee.com

Sous bonne chapelle

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Antoine Pierlot © DR

À Sainte-Maxime, l’amphithéâtre de la chapelle de la Nartelle accueille cinq concerts classiques qui scandent les débuts de l’été par un rendez-vous hebdomadaire (le jeudi). Les Nuits de la Nartelle convoquent ainsi une phalange d’artistes internationaux de haute volée. Formations chambristes et solistes se croisent à l’ombre des pins qui offrent leur écrin au dialogue d’œuvres classiques et contemporaines. Au récital de piano de Simon Ghraichy qui arpente les scènes internationales, du Festival d’Aix-en-Provence au Carnegie Hall, répondront les accents du Trio Érable (Claire Sciacco, Kévin Moren, Gabriel Bille), de l’Ensemble Contraste et sa « sérénade viennoise » (trio à cordes, Hugues Borsallo, Arnaud Thorette, Antoine Perlot). Tandis que le duo à quatre mains composé par Anne Wischik et Emmanuelle Maggesi déclinera le thème de l’amour passion et que la mezzo-soprano Chani Bauza (Duo Hoza) sera accompagnée pour un « opéra sous les étoiles » par le guitariste Pascal Hoyer puis par la pianiste Catherine Sternis

MARYVONNE COLOMBANI

Les Nuits de la Nartelle
Jusqu’au 3 août
Amphithéâtre de la Chapelle La Nartelle, Sainte-Maxime
04 94 79 97 10 
sainte-maxime.com

Le mardi c’est Grimaldine

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© Cyril Carpentier

Les mardis de Port-Grimaud vont rythmer l’été du golfe de Saint-Tropez lors de quatre soirées qui offriront chacune une ambiance particulière. Le 18 juillet sera placé sous le signe de l’Amérique du Sud et du Brésil grâce à des animations de la ville par cinq troupes de rue « tudo bem » puis au concert très attendu de Lúcia de Carvalho qui présentera son dernier album, Pwanga ni Puy (lumière et obscurité) dans lequel l’artiste « enracine la lumière ». Eagle-Eye, acteur, batteur, chanteur, compositeur, collectionne les succès et défend son septième CD, Back on Track le 25 juillet. Départ au Mali avec Oumou Sangaré, souvent baptisée la Aretha Franklin subsaharienne en raison de son engagement dans la lutte pour le droit des femmes, et qui revisite les chants traditionnels de son pays avec une voix ample et chaleureuse. Enfin, Al Mckay, membre fondateur du groupe jazz-funk Earth Wind & Fire, s’empare des plus grands tubes de cette formation avec Earth Wind & Fire Experience… « Do you remember September ? » Port-Grimaud va danser !

MARYVONNE COLOMBANI

Les Grimaldines
Du 18 juillet au 8 août
Concerts au château, Port-Grimaud
les-grimaldines.com

Voyages musicaux 

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Alexis Kossenko est le directeur artistique du festival © X-DR

Festival singulier, les Rencontres Musicales de Haute-Provence mettent à l’honneur autour de Forcalquier pour leur 35e édition le thème du voyage, sous la direction artistique du flûtiste Alexis Kossenko. Comme chaque année, le festival s’ouvre par une « journée continue » de musique de chambre le 23 juillet en la cathédrale de Forcalquier. 

Le 24, le public du prieuré de Salagon entendra le Septuor op. 9 de Sibelius et le quatuor à cordes avec clarinette de Mozart. Le lendemain à l’aube, la citadelle de Forcalquier accueillera la luthiste Klaudyna Zolnierek pour un récital bien-nommé « Le réveil du Roi-Soleil ». Le soir, la mezzo Anne Reinhold plongera le public dans la Venise des années 1630, accompagnée sur instruments d’époque par Emmanuelle Dauvin et Charlotte Spruit notamment. Saut de plusieurs générations le 26 à 12h avec le récital gratuit de clavecin d’Anastasie Jeanne, consacré à Bach père et fils : le soir-même, un beau programme sera donné avec les Bagatelles de Dvorak et la Sonate pour flûte, alto et harpe de Debussy, interprétée par Alexis Kossenko, Loan Cazal et Yaleria Kafelnikov.

Le 27, les Fables de la Fontaine seront mises en musique à midi ; le soir, un programme réjouissant d’œuvres chambristes comprendra l’Ouverture sur des Thèmes Juifs de Prokofiev ou la Revue de cuisine de Martinu. Le 28, pour la soirée de clôture, tous les musiciens du festival interprèteront un répertoire moderne (Ravel, Debussy, Poulenc), puis de la musique baroque écossaise. À noter que tout au cours du festival, les répétitions seront publiques et gratuites !

PAUL CANESSA

Rencontres Musicales de Haute-Provence
Du 23 au 28 juillet
Forcalquier et alentours
rmhp.fr

Citadelle éternelle

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© HO Chao-Sheng

Voilà près d’un centenaire que le festival établi à Sisteron ravit un public fidèle et nombreux, séduit par son accessibilité et la diversité de sa programmation. La musique en demeure l’attrait principal : l’ouverture du festival, le 21 juillet, accueillera les musiciens de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, à peine sorti du Festival d’Aix-en-Provence. Au programme : une création, Medinea, et les Variations sur un thème égyptien de Gamal Abdel-Rahim, mais aussi Betsy Jolas, Saint-Saëns, Ravel et Jacques Ibert … 

Bach sera à son tour célébré le 29 juillet par Théotime Langlois de Swarte, officiant à la tête de l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles à la fois en tant que violoniste concertiste et que chef d’orchestre sur différentes pièces maîtresse du Cantor de Leipzig. La star des contre-ténors Jakub Józef Orliński proposera une sélection d’arias baroques lyriquissimes, auxquels il sait insuffler une bonne dose d’énergie, de profondeur et d’humour. Wayne Morris mettra enfin en scène Rigoletto, grand opéra verdien, le 8 août. Les amateurs de théâtre et d’épopée auront de quoi faire avec le Lawrence d’Arabie d’Éric Bouvron, donné le 31 juillet. Et les férus de danse seront également servis : l’adaptation de l’Alice de Lewis Caroll trouvera dans la chorégraphie de Po-Cheng Tsai et la musique de Rockid Lee un écrin nouveau. Les nuits barbares ou premiers matins du monde, pensé comme un « requiem urbain et sauvage » par le chorégraphe Hervé Khoubi et sa compagnie, conclura le 12 août cette série d’appels au rêve.

SUZANNE CANESSA

Nuits de la Citadelle
Du 21 juillet au 12 août
Sisteron
nuitsdelacitadelle.fr

Au K’fé Quoi !, ça joue à domicile

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Electro Faune © DR

Finie la Goguette et place à la Guinguette ! Après sa tournée dans les Alpes-de-Haute-Provence (la fameuse « goguette ») pour se rapprocher de ses publics, entre Forcalquier, Lardiers, Pierrerue et Saint-Martin-les-Eaux, le K’fé Quoi revient dans ses locaux pour ouvrir sa terrasse à plus d’un mois d’apéro-concerts. Il y en aura en tout plus d’une dizaine, et pour tous les goûts : pour les amateurs·ices de funk et de rock, de jazz manouche et New Orleans, de musique kabyle et de rumba congolaise, entre autres. 

Du mélange

Les festivités s’ouvrent sur un savant mélange de disco, rock et country, emmené par le quartet Rodéo Spaghetti (11 juillet), pour danser au rythme du groupe et de ses arrangements sur de célèbres bandes son du cinéma de western. Le 13, l’énergie sera encore de la partie mais cette fois grâce au jazz fusion nerveux et libre de Bonkers. Le groupe lauréat du dispositif Quart2Tour a beau avoir sorti son album Coca Chérie en décembre dernier, l’infection est durable et le son toujours aussi efficace ! D’autres professionnels seront présents à la Guinguette, notamment les jeunes participants aux tremplins des Inouïs et Orizon Sud October Baby (27 juillet). Montrant des influences venues de la France et du Royaume-Uni, le groupe s’inscrit dans une tradition rock et y apporte une douceur qui fait du bien à écouter, notamment sur leur dernier titre Tired of Our Love. La programmation se conclut le 17 août avec Jocelyn Balu & Borumba, qui rend hommage dans cette formation aux pionniers et monuments de la rumba congolaise. Une belle fin pour un événement qui entend une nouvelle fois rapprocher les publics, dans la continuité de l’action culturelle salutaire menée par le K’fé Quoi tout au long de l’année.

MATHIEU FRECHE

Le K'Fé Quoi en Guinguette
Du 11 juillet au 17 août
K’fé Quoi, Forcalquier
le-kfe-quoi.com

Martigues, un Village créatif

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La rappeuse KT-Gorique présente pour un concert.

Les Fadas du monde éclairent les étés martégaux depuis 2019. Fada quesaco ?  Simplement 53 événements gratuits, festins, balades commentées, courses de bâteaux… qui relient la terre à la mer, la mer à l’étang, la ville aux habitants. Et à la culture. Tout est gratuit, des projections de films en plein air aux expositions, aux repas partagés, aux concerts et aux spectacles.  

Nouveauté cette année et temps fort de cet été qui dure deux mois, les deux semaines du Village, programmées par les habitants en concertation avec la mairie et les conseils des 8 pillards. Avec comme principe le circuit court, et la programmation d’artistes qui vivent ici.

Ainsi cette quinzaine au village s’ouvre le 24 juillet avec un concert de Medusa, orchestre de cumbia féminin, et féministe, et marseillais, se poursuit le 25 avec un numéro burlesque et virtuose de mât chinois de Florian Méheux (Cie Cahin Caha de Marseille), puis avec une création de la compagnie (marseillaise) Zou Maï les 26 et 31 juillet. De la paille dans la tête, histoire pour distraire ma psy, poursuit l’aventure burlesque et psychanalytique de Christian Mazzucchini, cette fois ci autour de Jean Louis Fournier, auteur de La Noiraude et d’Antivol l’oiseau au sol, et complice de Pierre Desproges. Pour un sit-down, nécessaire contrepoint du stand-up.

Le 31 juillet, c’est Doreen Vasseur (Cie 2 L au Quintal, Marseille) qui proposera son solo de rue Biquette, parole de femme forte et émouvante, qui parle de son rapport à sa mère avec une drôlerie communicative… 

Le 1er août, une entorse à la programmation régionale, mais tout à fait pardonnable : avec Toulouse on est cousins ! Il s’agit d’accueillir Mous et Hakim, les deux frères de Zebda et d’Origine contrôlée, qui réinventent le répertoire inédit de Nougaro, leur « Daron de la Garonne ».

Entretemps des rencontres littéraires autour de Catherine Dufour ou de Michel Maisonneuve, une soirée reggae avec trois groupes de Port-de-Bouc et Martigues, des contes pour enfant, un rougail concocté et mangé tous ensemble…  et un concert de très bon rap : Bobba A$h, La Frappe emmenée par Faf Larage, et le flow de KT Gorique.

Et puis Moon Fou, pour conclure la programmation les 3 et 4 août. Une déambulation qui inclut le public, et repose sur les récits de vie de cabossés de la vie, qui ont retrouvé avec la Cie marseillaise Rara Woulib la dignité qui leur est due. Grâce au théâtre, aux chants, aux rituels, au respect et à la considération. Bref, grâce au partage, et aux arts. Pas si couillon, non ?

AGNÈS FRESCHEL

Le Village des Fadas

Du 24 juillet au 4 août

Martigues

fadasdumonde.fr