mardi 24 mars 2026
No menu items!
Cliquez sur l'image pour vous abonnerspot_img
Accueil Blog Page 46

À Aix, une histoire de regard

0
© Culturespaces : Thomas Garnier

Le parti pris d’une exposition peut être monographique, chronologique, thématique. Elle peut aussi être la mise en lumière du travail d’un mécène, d’un riche collectionneur. La nouvelle exposition du centre d’art Caumont, à Aix-en-Provence, présente une sélection de la collection d’un riche industriel du caoutchouc, Oscar Ghez. 

Né en Tunisie il a constitué à partir de 1955 une importante collection, avant d’ouvrir en 1968, un musée dédié à Genève, le Petit Palais. Un tableau renvoie d’ailleurs à la figure du collectionneur, critique d’art en la personne de Thadée Natanson de la Revue blanche, peint par Vallotton. Et Ghez lui-même, dans la première salle apparait dans le tableau de Trèves comme figure tutélaire de l’événement.

Portrait avant tout 

Le choix des acquisitions dévoile des lignes de force : Ghez aime avant tout les portraits. Portrait de femmes, en liseuse chez Guillaumin, en dame horrifique à la voilette de Manet, en nu chez Vallotton, Lempicka ou Valadon, en pied chez van Dongen, en funambule poétique chez Marie Laurencin. 

Le portrait revient à l’intérieur de scènes familiales dans un jardin ou dans l’œuvre phare de Caillebotte, le pont de l’Europe. Ce grand format structure plusieurs éléments : des personnages isolés comme un ouvrier en blouse, un soldat dans l’arrière-plan et surtout un couple bourgeois qui avance dans la direction du visiteur, au premier plan, cachant en fait un autoportrait de l’artiste, en redingote et haut-de -forme. 

Ghez semble moins sensible au paysage, peu représenté dans la collection. Quelques réalités plus sociales apparaissent comme l’Aciérie de Maximilien Luce. Quant à au cubisme, l’abstraction qui ont marqué l’histoire de l’art des années contemporaines de la vie du collectionneur, ils sont quasiment absents. Le seul et unique tableau non figuratif, est une œuvre d’Artur Segal et les deux Picasso présents à la fin du parcours sont eux aussi rattachés à une représentation humaine, dont l’Aubade. Ghez est donc un collectionneur au goût sûr mais assurément pas un découvreur, ni un aventurier de l’art de son vivant.

MARIE DU CREST

Regards d’un collectionneur
Jusqu’au 22 mars 2026
Centre d’art Caumont, Aix-en-Provence

Retrouvez nos articles Arts visuels ici

Splendeurs et misères de la cité phocéenne  

0

Alèssi dell’Umbria est né et a grandi à Marseille, à la Plaine. Il lui fallut douze ans pour rassembler la documentation nécessaire à la rédaction de l’Histoire universelle de Marseille de l’an mil à nos jours. Cette nouvelle édition est complétée par un épilogue évoquant les transformations de la ville dans les vingt dernières années. Celles-ci semblent confirmer les réflexions pessimistes de l’auteur face à un urbanisme jugé incohérent et au processus de gentrification. Il est question bien sûr de la réponse municipale à l’effondrement de la rue d’Aubagne. 

L’ouvrage est rédigé dans un style clair qui facilite la lecture tout au long de ses quelque 812 pages. La présence d’un cahier d’illustrations rassemblant plans de la ville et tableaux, ainsi que d’un index et d’un glossaire (explicitant notamment certains termes provençaux), permet également de plonger dans ce cheminement du Moyen-Âge au XXIe siècle qui, selon l’auteur, n’a pas uniquement pour but de constituer une somme de savoir historique, mais vise à contribuer à « nourrir certains gestes de résistance à la dépossession brutale » que vivent les Marseillais depuis le début des années 2000. 

L’auteur est particulièrement critique envers la tradition de centralisation à la française, qui tend à imposer un système politique, économique et culturel, d’abord par l’intégration dans le royaume de France (longtemps, Marseille n’a été qu’une « terre adjacente » à celui-ci), puis dans le culte d’une nation construite autour de sa capitale. Il expose a contrario la richesse des liens culturels et linguistiques au sein de l’aire occitane et avec les régions limitrophes (Catalogne, Piémont, etc.). 

Alèssi dell’Umbria démontre à quel point Marseille a été et est encore, malgré tout, une ville profondément tournée vers le bassin méditerranéen et qui doit résister à un processus de « colonisation intérieure », c’est-à-dire d’uniformisation artificielle à partir d’un modèle qui ne correspond ni à sa géographie, ni à son histoire. 

GABRIELLE BONNET

Histoire universelle de Marseille, d’Alèssi dell’Umbria  
Agone -35 €

Retrouvez nos articles Livres et Littérature ici

Marseille Objectif Danse : Naviguer dans l’espace et les mots

0
Georges Appaix © X-DR

Après avoir cessé les activités de sa compagnie La liseuse en 2021, Georges Appaix est passé du studio à la table. Mais on connaît sa capacité d’adaptation, puisqu’il était passé plus tôt dans sa vie des Arts et Métiers à l’apprentissage du saxophone puis à la danse, se fabriquant peu à peu un langage très personnel. L’amour de la langue et des mots le taraude. Mais aussi celui de la musique créant un spectacle hybride dans lequel les mots s’enveloppent de musique et de chansons qui sont à la fois des ponctuations et des ouvertures.

Culture partagée et connivence

Avant d’être écrivain, ou chorégraphe, Georges Appaix est lecteur. Parsemé de références et de citations, son texte s’écoule avec vivacité, enthousiasme et fantaisie. Ainsi parfois un mot lui rappelle un texte connu, s’il dit « chantez » aussitôt lui vient la suite de La Fontaine « Hé bien, dansez maintenant ». 

Les citations de chansons illustrent généreusement son état d’esprit. On passe de Ferré à Trenet, de Nougaro à France Gall qui demande de « résister » à l’affaiblissement. Mais on a commencé par un passage des Variations de Goldberg accompagné par la voix tonitruante d’Appaix et d’amples mouvements de bras, esquissant des déplacements. Tout son texte est animé d’un grand amour du mouvement et de la vie dont le cours est comme un torrent bondissant. Alors il file la métaphore en pagayant. On éprouve beaucoup de plaisir à l’écouter et le voir lisant à la table, citer les différentes définitions du dictionnaire pour le même mot en s’étonnant. Simplicité et professionnalisme le caractérisent et on apprécie son partage amical.

CHRIS BOURGUE

Dans l’écriture de Georges Appaix a été donné le 5 décembre dans le studio de Marseille Objectif Danse

Retrouvez nos articles Scènes ici

Junior ballet de l’Opéra national de Paris

0
Junior ballet de l’Opera national de Paris-© Sebastien Mathe

Un siècle de danse : voilà l’étendue que la jeune troupe parisienne promet de parcourir lors de cet ambitieux programme, donné au Théâtre des Salins de Martigues. Balanchine ouvre la soirée sur Tchaïkovski, dans une écriture précise et aérienne où les jeunes interprètes affirment déjà une maîtrise élégante. Béjart apporte ensuite une énergie plus solaire et pop, avant la délicatesse de Requiem for a Rose, portée par la sensibilité d’Annabelle Lopez Ochoa. Le programme se conclut avec José Martinez, dont la virtuosité contemporaine révèle l’engagement d’une troupe en plein essor.

S.C.
12 et 13 décembre
Les Salins, Scène nationale de Martigues

Retrouvez nos articles Scènes ici

Groupe Grenade – Ulysse

0
Ulysse, Josette Baiz © Laurent Paillier

Avec Ulysse, Josette Baïz transmet aux jeunes danseurs du Groupe Grenade l’énergie fondatrice imaginée par Jean-Claude Gallotta il y a plus de quarante ans. Sur scène, la pièce retrouve une vivacité étonnante : les corps se lancent, tracent des lignes claires, jouent avec le rythme dans une jubilation presque contagieuse. Cette jeunesse met en lumière la dimension joyeuse et élancée du vocabulaire de Gallotta. Costumes blancs, décor sobre, vitesse des enchaînements : tout porte l’écriture vers la fraîcheur et l’épure. Une reprise qui redonne à Ulysse sa force première, portée par une génération qui dirige ses pas vers un horizon nouveau.

S.C.
16 et 17 décembre
Pavillon Noir, Aix-en-Provence

Retrouvez nos articles Scènes ici

L’art d’avoir toujours raison

0
L’art d’avoir toujours raison © X-DR

Comment réussir une campagne électorale ? Sébastien Valignat signe une pièce de théâtre nommée L’art d’avoir toujours raison aux côtés de Logan de Carvalho (texte) et Guillaume Motte (mise en scène). Le dramaturge se retrouve sur scène accompagné de Adeline Benamara pour incarner deux conférenciers du G.I.R.A.F.E. (Groupe International de Recherche pour Automatiquement Fédérer les Electeurs). Le duo présente à de futurs candidats leurs travaux : une méthode, qui permet, si elle est suivie à la lettre, d’emporter une élection. Sans se soucier d’éthique, ils transmettent comment avoir toujours quelque chose à dire, comment faire disparaître le conflit et enfin, comme avoir toujours raison.

L.S.
13 décembre
Théâtre des Halles, Avignon

Retrouvez nos articles Scènes ici

Galaxie Provisoire

0
Maguelone Vidal © X-DR

Dans Galaxie Provisoire, la saxophoniste et performeuse Maguelone Vidal construit un univers cosmique à partir du souffle et de son instrument. Grâce à une paille, son souffle se transforme en bulles, qui apparaissent en planètes lumineuses, peu à peu éclatant à leur rythme, révélant leur nature éphémère. L’univers devient sonore et se transforme en bruit pour ressembler à l’érosion de la banquise. Il y a aussi la parole poétique portée par des voix d’enfants – sur un texte signé Olivier De Vleeschouwer. Alors, le saxophone surgit et envahit l’espace de cette odyssée cosmique pour enfants.

L.S.
10 décembre
Espace 233, Istres

Retrouvez nos articles Musiques ici

Sur les pas de Stravinsky

0
Carlos Martin Esteve, bassoniste © X-DR

Le concert, qui se déroule au Foyer de l’Opéra, va s’ouvrir avec Lied ohne Name de Stravinksy. Les bassonistes Carlos Martin Esteve, Stéphane Coutable, Hervé Issartel et Frédéric Baron donnent vie à cette courte pièce pour deux bassons, dense et dépouillée. Ils naviguent alors parmi les XXᵉ et XXIᵉ siècles avec des pièces héritières de son écriture, en passant par des œuvres de Schneider, Désirée Diotte, Paul Hansen et Alan Stephenson. Parmi ces œuvres, ils traversent l’ironie rythmique de Prokofiev (Scherzo humoristique) jusqu’à l’humour musical de Peter Schickele (Last Tango in Bayreuth). Le programme met en lumière les jeux de styles, contrastes et les influences de Stravinsky.

 L.S.
13 décembre
Foyer de l’Opéra de Marseille

Retrouvez nos articles Musiques ici

Lambert Wilson chante Kurt Weill

0
Lambert Wilson - Kurt Weil-Lemanic Modern Ensemble © Frédéric Garcia

Kurt Weill a connu trois vies : celle à Berlin, son exil à Paris et le succès à Broadway. Le compositeur germano-américain s’est fait connaître pour ses œuvres de théâtre musical, à la croisée de la musique classique, de l’opéra et de la comédie. À Berlin, il collabore avec Bertolt Brecht pour L’Opéra de quat’sous et Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny. Il fuit l’Allemagne de 1933 pour Paris où il continue ses travaux avec Bretch dans Les Sept Péchés capitaux. Mais c’est à New York qu’il découvre le cabaret. Sous la baguette de Bruno Fontaine, et avec le Lemanic Modern Ensemble, le comédien Lambert Wilson chante ses œuvres et fait revivre ses musiques.

L.S.
13 décembre
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

Retrouvez nos articles Musiques ici

Nenia Ira

0
Nenia Ira © X-DR

Le trio composé d’Aurélia Nardini (shrutibox, tambourin à cordes, effets, chant) accompagnée de François le Roux (synthétiseur, boîte à rythme, effets) et de Saskia Waledisch (violoncelle, chant) propose une musique qui décloisonne les genres en mêlant musique traditionnelle, pop musique et musique électronique. À l’origine du projet Nenia Ira, dont elle écrit les textes et compose la musique, Aurélia Nardini a dès ses débuts adopté une approche expérimentale combinant les potentialités de sa voix avec celles des instruments acoustiques et des machines électroniques. Sa passion pour les chants traditionnels occitans constitue le dernier ingrédient du syncrétisme musical inédit dont Nenia Ira est le fruit.

A.C.
12 décembre
Cité de la musique, Marseille

Retrouvez nos articles Musiques ici