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Deux jours de jazz à Vitrolles

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Maria Grand, Avishai Cohen, Yaron Herman ou Gonzalo Rubalcaba viennent fouler la scène de la salle Guy Obino de Vitrolles ces 7 et 8 novembre

Le Rendez-vous de Charlie, concocté par l’association Charlie Jazz, nous gâte cette année avec deux soirées consacrées aux expressions parmi les plus abouties du jazz contemporain.

Le 7 novembre, la salle Guy Obino verra le retour dans nos contrées du pianiste Yaron Herman. Après son passage en solo sur la scène vitrollaise pour son projet Alma, ce créateur aux inclinations pop revient avec un quartet pour jouer son nouveau répertoire, Radio Paradise (Naïve 2025) avec, entre autres, la saxophoniste Maria Grand, l’une des nouvelles égéries mondiales d’un jazz résolument féministe.

Le trompettiste Avishai Cohen, à ne surtout pas confondre avec son homonyme contrebassiste, viendra, lui, donner sa suite Ashes to gold (ECM, 2025). Une œuvre pacifiste écrite à Tel-Aviv à la suite des attentats du 7-Octobre, et des crimes de génocide commis par l’armée israélienne qui s’ensuivirent à Gaza – il a toujours un mot pour ce bout de planète martyrisé. Son jeu de trompette, aux sonorités tendres et acides, intimes et collectives, ouvre des horizons poétiques et politiques universels rares. À ses côtés, le pianiste Yonathan Avishai, avec qui il a commis de sublimes duos discographiques, déploie un art du contrepoint en trilles swinguantes, voicings furtifs et gammes cosmopolites.

Le second soir, lui, sera placé sous le signe de la créolisation contemporaine. Le trio Sélène, lauréat Jazz Migration 2024, déploiera ses improvisations poétiques débridées : trois jeunes musicien·nes (Mélanie Bladal, violoncelle/voix ; Blaise Cadenet, guitare ; Maesh Vingataredy, batterie/percussions) originaires de La Réunion pour un répertoire aux atours surréalistes.

Enfin, place à un duo tropical allstars avec le pianiste d’origine cubaine Gonzalo Rubalcaba, as du latin jazz (il a travaillé, entre autres, avec Dizzy Gillespie, Ron Carter ou Jack de Johnette -récemment décédé) et le mandoliniste brésilien Hamilton de Holanda (chez qui Wayne Shorter avait puisé lors de ses incursions dans les musiques cariocas).

Encore une fois Vitrolles, grâce à l’association Charlie Jazz, sera l’épicentre d’un évènement musical porteur de fraternité et de sororité universelles essentiels en ces temps de matins bruns sur la Provence et l’Hexagone.

LAURENT DUSSUTOUR

Le Rendez-vous de Charlie

7 et 8 novembre

Salle Guy Obino, Vitrolles

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Sous la fumée suédoise

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L’Espace Julien a accueilli le chanteur suédois Jay-Jay Johanson, de retour en France pour la sortie de son 15e album Backstage

Ce 29 octobre, la grande salle de l’Espace Julien était pleine, avec – chose rare – un public assis pour un concert alliant pop au jazz en passant par l’électro et le trip-hop. En première partie, un artiste du coin, Geiste, investit la scène avec une pop-électro qui emplit la scène. Son style est marqué par les influences d’Aurora, Lorde ou Florence + The Machine, avec des paroles poétiques comme pour Ocean – son premier titre sorti.

Ensuite, c’est au tour de Jay-Jay Johanson, et ses musiciens, qui plongent le public d’entrée dans son univers mélancolique et mystérieux. Il était déjà venu à Marseille et rappelle que la ville l’avait accueilli chaleureusement. Dandy, Jay-Jay se tient avec un verre de whisky à la main, un esthétique « film noir » qui se prête à ses musiques jazz teintés de rythmes trip-hop et aux atmosphères similaires.

Impro et solo

D’une voix douce, il chante en anglais les balades d’amour planantes de son répertoire – dès la deuxième, il interprète So tell the girls that I’m back in town de son tout premier opus, Whiskey, en 1996. Juste après, une chanson plus jazzy où le batteur utilise un balai pour marquer la pulsation plus lente de Ten little minutes – un single de son dernier album Backstage (sorti en mai).

Parfois le chanteur se met en retrait pour laisser place à ses deux instrumentistes, comme pour conclure Smoke. A la fin de Where’s the cat ?, le batteur improvise seul avant de lancer The Girl I love is gone où le claviériste, Erik Jansson, se distinguera avec un solo.

Plus tard, la salle de l’Espace Julien se tait, laissée en suspens quand Jay-Jay chante la mélodie hantée et répétitive de Whispering words a capella. Avant de terminer son set, le trio joue Heard somebody whistleet plusieurs membres du public sifflent en chœur le refrain. En bis, c’est une chanson qui fait plaisir…p uisqu’elle est en français : une reprise de L’amour est plus fort mêlée à son It Hurts me so.

LAVINIA SCOTT

Concert donné le 29 octobre à l’Espace Julien, Marseille.

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Le Cirqué Emboité se dévoile à Archaos

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La jeune compagnie circassienne portée par Johan Stockmar présentait un avant-goût de sa prochaine création Quand ça lâche

Cet automne, le pôle national cirque de Marseille, donne rendez-vous chaque mois au public pour découvrir des sorties de résidence. L’occasion de suivre le travail de compagnies de cirque contemporain qui y dévoilent des étapes de leurs créations, avant un plateau ouvert.

Le jeudi 30 octobre, le public a pu découvrir Quand ça lâche, une étape de création de la jeune compagnie Cirque Emboîté. Une fois le public installé, Yohan, jeune artiste danois, prend la parole pour présenter son travail. Le spectacle, qui doit voir le jour en 2026 à l’Académie Fratellini, se construit par étapes, dont la résidence à Marseille dessine les premiers contours d’un univers singulier.

Ça lâche ou pas ?

Tout de suite, les rires des enfants fusent face au personnage qu’incarne Yohan. Un personnage maladroit, tendre, un brin lunaire, dont la gestuelle flirte avec le clown contemporain. Son terrain de jeu : des colonnes de boîtes qui défient les lois de la gravité et deviennent tour à tour alliées ou adversaires, au gré des équilibres, contrepoids et interventions d’une partenaire. Yohan nous confiera lors du bord plateau avoir délibérément choisi de laisser la machinerie à vue afin que le public « s’attende à ce que ça lâche, mais soit quand même surpris. »

La scénographie fait partie intégrante de la représentation tandis que l’on suit avec plaisir les mésaventures de ce personnage, titillé par un esprit farceur et invisible. Les boîtes semblent peu à peu prendre vie, tandis que les numéros de jonglage s’enchaînent au rythme des contorsions du circassien. Son clown, oscillant entre ravissement, colère et désespoir, enchante les minots, dont les rires vont crescendo. L’enfance est d’ailleurs au cœur de cette proposition : « l’enfant dans le personnage contrôle tout », explique Yohan. En fin de présentation, le public est invité à attribuer un âge à ce drôle de clown encore en construction via des post-it, clin d’œil participatif qui laisse entrevoir un spectacle en évolution prometteuse.

ISABELLE RAINALDI

Spectacle donné le 30 octobre à Archaos, pôle national du cirque, Marseille.

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Khatia Buniatishvili

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Khatia Buniatishvili © Julia Wesely

Icône du clavier, la pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili électrise les scènes du monde par sa virtuosité ardente et sa présence magnétique. Invitée à l’Opéra par l’association Marseille Concerts, elle y promet de traverser de nouveau Schubert et Liszt comme un ouragan : la Sonate en si bémol majeur et les Impromptus se mêlent aux transcriptions de pages lyriques mythiques, de Marguerite au rouet à Ständchen, marquées de ce toucher inimitable et de ce goût du rebours qui ont toujours fait sa singularité. Avant que la très ardue Rhapsodie Hongroise n°6 ne conclue ce récital romantiquissime. Entre grâce, fougue et clair-obscur, la musique devient matière vive, élan pur.

S.C.
5 novembre
Opéra de Marseille

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Falstaff

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Michele Spotti © Marco Borrelli

Dernier éclat de Verdi, Falstaff pétille d’une insolence juvénile. À 80 ans, le maître signe un adieu rieur, porté par la verve et l’esprit de Shakespeare : « Tout au monde est bouffonnerie. » Sous la direction alerte de Michele Spotti, la farce devient fable humaine, cruelle et tendre à la fois. Denis Podalydès, à la mise en scène, en situe l’action dans un hôpital, univers où la démesure du vieux chevalier résonne étrangement avec la fragilité des corps. Costumes de Christian Lacroix, décors d’Éric Ruf,et un plateau vocal étincelant — de Salome Jicia à Florian Sempey. Un immanquable !

S.C.
Du 9 au 15 novembre
Opéra de Marseille

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Mozartiana

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Victor Julien-Laferrière © François Le Guen

Sous la baguette inspirée de Victor Julien-Laferrière, l’Orchestre Consuelo célèbre Mozart à travers le prisme ardent de Tchaïkovski. Fidèle complice, Anne Queffélec, pianiste à la grâce défiant tous les répertoires, interprète le lumineux Concerto n°9 dit Jeunehomme, composé par un Mozart de 21 ans, vraisemblablement dédiée à une pianiste française portant un nom de famille avoisinant cette orthographe. Un siècle plus tard, Tchaïkovski lui rend hommage dans sa suite Mozartiana, somptueuse réécriture orchestrale où classicisme et romantisme s’étreignent. En prélude, Mendelssohn et son Ouverture les Hébrides : souffle, lyrisme, éclat. Une soirée pour raviver la filiation musicale et une certaine idée du classicisme.

S.C.
7 novembre
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Ce qui nous traverse

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Avec Ce qui nous traverse, Nawal Aït Benalla poursuit sa recherche sur l’identité en mouvement et signe une pièce intense, où la danse devient un langage vital, un moyen de renouer avec ce qui, trop souvent, échappe : le corps, le souffle, la présence.

Sur scène, six interprètes aux morphologies distinctes déploient son écriture chorégraphique sur une musique d’Olivier Innocenti, mêlant textures électroniques et sonorités organiques, en dialogue avec les lumières sculpturales de Laïs Foulc. Les gestes se répètent, se détraquent, se recomposent, explorant la tension entre la pulsation intime et la mécanique du monde. Une chorégraphie en forme de rituel, une invitation à ressentir avant de comprendre, et à retrouver le corps comme lieu de passage et de lien.

M.V.

7 novembre

Châteauvallon, Scène nationale d’Ollioules

L’écriture ou la vie

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Adapté du livre de Jorge Semprún, L’écriture ou la vie explore la question vertigineuse de la mémoire après l’horreur. Déporté à Buchenwald à vingt ans, l’écrivain espagnol raconte dans ce texte son retour des camps, la difficulté de revivre parmi les vivants, et le long silence (50 ans) qu’il lui fallut avant de pouvoir écrire.

Sous la direction de Jean-Baptiste Sastre, le spectacle transpose cette lutte intime sur scène avec Hiam Abbass, qui incarne la parole de Semprún, son combat intérieur, tandis qu’un groupe de jeunes Français et Allemands fait entendre les voix du présent, rappelant que la mémoire de la déportation se transmet de génération en génération, au-delà des frontières. Un espace de dialogue entre passé et avenir, un hommage à la dignité humaine et à la puissance salvatrice de la parole, où chaque mot qui résonne dans le vide du plateau est un acte de résistance.

M.V.

Du 5 au 8 novembre
Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon

La petite sirène

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La Petite Sirène © Opéra de Nice

Sous la plume espiègle de Régis Campo et inspiré du conte d’Andersen, cet opéra miniature, créé avec l’Ensemble Télémaque dirigé par Raoul Lay, réinvente le mythe de la sirène amoureuse prête à tout pour rejoindre le monde des humains. Mais ici, la féérie prend une tournure singulière : c’est dans une armoire magique, entre chambre d’adolescente, réseaux sociaux et univers marin, que la frontière entre rêve et réalité se dissout. La mise en scène de Bérénice Collet transforme ce classique en une fable pop, où la musique vive et colorée du compositeur dialogue avec des images oniriques, des voix et des rythmes aquatiques. Un petit bijou de mise en scène et de musique autour d’une histoire édifiante pour adolescente.

M.V.
8 novembre
Théâtre Liberté, Scène nationale de Toulon

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Je suis là mais je ne suis pas là

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Un moment de proximité rare, entre confidence et fantaisie avec Pierre Richard, qui revient au théâtre avec un seul-en-scène Je suis là mais je ne suis pas là, écrit et mis en scène avec Christophe Duthuron.

À 90 ans passés, l’acteur prouve qu’il n’a rien perdu de sa grâce et de son autodérision. Sur scène, il se dédouble, confronte l’homme au personnage : celui du « grand blond », distrait, rêveur, qui lui colle à la peau depuis toujours. Et dévoile, derrière sa maladresse légendaire, un regard lucide sur le temps, la célébrité et la mémoire. Un spectacle entre comédie burlesque et poésie douce, où l’humour devient une forme de sagesse.

M.V.

Du 6 au 8 novembre
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence