vendredi 7 août 2026
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Concerts à l’appart’ 

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Macha Gharibian © Laurent Seroussi

À l’époque romantique, il y avait le salon de musique, désormais il y a les concerts en appartement. Initié en 2021 par la Compagnie Piano and Co, dirigée par Nathalie Négro, la saison En Ap[p]arté est une série de concerts proposée dans des lieux atypiques – en l’occurrence chez des particuliers. Volontairement intimistes, ces concerts s’inscrivent dans une démarche qui tend à « faire découvrir le patrimoine marseillais et sortir du cadre [traditionnel] des concerts » et ainsi, « croiser les artistes et les publics » explique la directrice artistique Nathalie Négro. Cette 5e édition propose quatre rendez-vous mensuels entre avril et juillet, et œuvre à la visibilité des femmes dans une programmation qui mêle créations contemporaines, musiques improvisées, électroniques et traditionnelles.

Comme chaque année, la saison En Ap[p]arté accorde une grande place à la jeune génération d’interprètes. Rendez-vous le 21 mai avec la pianiste Mila Gostijanovic, 20 ans, qui se produit pour la première fois pour Piano and Co. Elle va faire résonner les compositions de Sophie Lacaze, Daphné Hejebri, Cécile Chaminade, Debussy et Rameau : une programmation qui inclut de nombreuses compositrices, une volonté de la direction artistique explique Nathalie Négro.

Voyages en appart 

Quelques semaines plus tôt, le 23 avril, c’est Macha Gharibian et Lionel Suarez qui vont ouvrir le bal. Un duo piano et accordéon qui invientent sur scène les danses du monde. Ensemble ils explorent le répertoire de la chanteuse, pianiste et compositrice tissant un fil à travers rythmes balkaniques, mélodies arméniennes et la tradition du bal, de la valse, et du tango. 

C’est un voyage un peu plus distant qui suivra en juin : une rencontre entre le contrebassiste canadien Chris Jennings et la multi-instrumentiste iranienne Shadi Fathi. Eux naviguent entre deux mondes, deux univers musicaux. La contrebasse contemporaine dialogue avec le setâr, le zarb et le daf persans avec une improvisation libre, sensible et audacieuse. 

Pour conclure la saison et continuer à dépasser les frontières esthétiques, le public découvre l’écriture sonore hybride de Clameurs. Le duo formé par Sarah Procissi et JeanChristophe Bournine marie l’oud électroacoustique à la contrebasse à cinq cordes et explorent textures expérimentales, effets, amplifications, et riffs, le tout composé avec l’élégance de la musique de chambre. Un conte musical proposé un extérieur – avec pique-nique – et parfait pour s’évader vers un monde imaginaire.

LAVINIA SCOTT

En Ap[p]arté
23 avril, 21 mai, 11 juin et le 8 juillet Divers lieux, Marseille

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Le Nestlégate sur la scène du Zef

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© Sylvain Chabloz

Le public s’installe dans une ambiance de fumée, et au son d’un jazz Nouvelle Orléans. Puis on entend dans l’obscurité une voix enregistrée accélérée, pendant qu’un castelet lumineux dessiné par des néons s’avance tout seul sur la scène, bientôt rejoint par les deux actrices manipulant ensemble une marionnette. Dans un playback amusant, la marionnette livre un prologue remettant en contexte le « Nestlégate » : en Suisse dans les années 2000, des agentes, recrutées par un certain Gérard de la société Securitas pour le compte de la multinationale de l’agro-alimentaire, s’introduisent sous les noms de Sara Meylan et Shanti Müller dans des milieux militants (la première chez Attac, au moment de l’écriture d’une brochure Attac contre l’empire Nestlé,  la seconde dans le GAR – Groupe Anti-Répression) pour les espionner. 

Doutes et manipulations

Les deux actrices Joëlle Fontannaz et Claire Forclaz continuent ensuite le spectacle en duo, dans un décor minimal qu’elles manipulent à vue, en restituant les témoignages recueillis auprès des militant·e·s victimes de ces infiltrations. Décrivant certains faits, moments-clés, leurs étonnements d’avoir été ainsi manipulé·e·s, leurs ressentis, leurs certitudes et leurs doutes. Les deux actrices n’incarnent pas les personnages, mais font circuler leurs voix, parfois fermes, parfois hésitantes, déroulant une histoire en fragments, organisés successivement autour des trois personnages de l’opération d’espionnage, dont les prénoms s’allument successivement sur des enseignes lumineuses.

Des témoignages qui décrivent du côté de Gérard le processus de recrutement d’un agent, et de Sara et Shanti la manière dont elles ont construit la légitimité de leurs personnages respectifs. Des militant·e·s se sentant après coup tout à fait trahi·e·s, s’en voulant de leur crédulité, fragilisé·e·s.

Contrastant avec ces paroles sensibles, le spectacle se termine sur un épilogue froid et informatif : un texte projeté sur un écran, amené sur le devant de la scène, qui résume les suites judiciaires (non-lieu au pénal en 2009, condamnation au civil en 2012 – quelques petites amendes) et les zones d’ombre persistantes : notamment des questions qui peuvent se poser sur la collecte de noms de syndicalistes colombiens par Sandra Meylan et une autre espionne découverte en 2008 au sein d’Attac, communiqués à Nestlé, dont certains ont ensuite été assassinés. Aucune enquête en cours.

MARC VOIRY

Une bonne histoire a été présenté au Zef, Scène nationale de Marseille, les 9 et 10 avril.

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Dvořák en Amérique

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Antonin Dvorak © X-DR

Antonin Dvořák quitte à cinquante ans sa Bohême pour un poste prestigieux au Conservatoire de New York : de cet exil naîtront de nombreuses œuvres – la Symphonie du Nouveau Monde, le Quatuor « Américain », parmi les plus célèbres – tournées vers le pays natal comme vers la terre d’accueil. Pour donner corps à ces œuvres nourries par cet exil à la fois souhaité et douloureux, Marseille Concerts organise à La Criée un programme retraçant cette traversée esthétique et musicale. Pour ce faire, la chanteuse Cristina Pasaroiu, le pianiste Sélim Mazari, mais également, au quatuor, Cyprien Brod, Charlotte Chahuneau, Issey Nadaud et Caroline Sypniewski s’empareront d’extraits partitions emblématiques, contextualisées par Olivier Bellamy, directeur artistique de Marseille Concerts tenant ici le rôle de récitant.

S.CA.
27 avril
La Criée, Théâtre national de Marseille

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Putting it together

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Jasmine Roy © X-DR

Pour sa saison pensée hors les murs, l’Opéra de Toulon s’installe une fois de plus au Liberté avec un programme alléchant. C’est de nouveau Stephen Sondheim qui sera mis à l’honneur avec Putting it together, assemblage inspiré réunissant de nombreux tubes et airs du dernier maître de la comédie musicale interprétés par Jasmine Roy, Olivier Breitman, Kelly Mathieson et Dov Milstein. La mise en scène, signée Olivier Bénézech, et la chorégraphie de Johan Nus mettront l’accent sur l’esthétique « revue » et farouchement méta, proche de la tradition française du cabaret, puisque l’action de ce Putting it together se concentre sur les coulisses de gestation d’un spectacle.

 S.CA.
Du 24 au 28 avril
Théâtre Liberté,Scène nationale deToulon

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Zygel et Beethoven

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Jean-François Zygel © Thibault Stipal

Le pianiste Jean-François Zygel s’empare de l’univers de Beethoven avec fantaisie et intelligence, aux côtés de la cheffe Débora Waldman et de l’Orchestre national Avignon-Provence. Entre récital, conférence et performance improvisée, le spectacle Mon Beethoven à moi revisite les grandes pages du compositeur allemand – sonates, symphonies – mais aussi ses opus plus rares, détournés et réinventés en temps réel. Fidèle à son style qui a fait sa renommée, Zygel dialogue avec le public, déconstruit les idées reçues, s’amuse et révèle la modernité d’un génie souvent figé dans le marbre. Un rendez-vous aussi pédagogique qu’inventif, accessible aux initiés comme aux curieux.

A.-M.T.
28 avril
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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La Boucle des secrets

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La Boucle des secrets © X-DR

Si les enfants ont tendance à se placer au rang de simples spectateurs, La Boucle des secrets inverse la tendance en leur proposant une performance interactive qui les place au cœur de la création. Dans une ambiance nocturne et chaleureuse, trois comédien·nes ouvrent un espace de jeu et d’exploration où les bambins sont invités à confier leurs émotions, à travers un long tube de communication (s’ils, elles le souhaitent), à l’oreille d’un mystérieux personnage. À travers ce dispositif, les enfants deviennent acteurs et explorateurs de leurs émotions : joie, peur, souvenirs. Les deux autres interprètes transforment cette matière, dans l’objectif de créer ensemble une Boucle des Secrets collective et colorée. Une œuvre rassembleuse qui célèbre les émotions et invite à construire un monde, où chacun peut s’exprimer librement, petit comme grand.

C.L.
29, 30 avril
Théâtre Massalia, Marseille
En co-accueil avec Klap - Maison pour la danse

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L’Abolition des privilèges

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L’Abolition des privileges © Blokaus

Et si nous étions dans un moment de bascule ? Dans une ère où les plus riches accumulent les privilèges, où le peuple ne cesse de réclamer justice en vain. Que faire ? À partir du livre de Bertrand Guillot, L’abolition des privilèges propose de se replonger dans un bouleversement politique d’ampleur : la nuit du 4 août 1789. Sur scène, le comédien et metteur en scène Hugues Duchêne incarne à lui seul une multitude de personnages, dans un dispositif en quadrifrontal où le public prend part en incarnant les États généraux. Le spectacle fait revivre cette fameuse nuit de 1789 où tout semble arrivé à bout : dette, crises, inégalités, et interroge sur les privilèges et s’ils peuvent vraiment disparaître. Un théâtre vivant, une plongée dans l’histoire, qui fait fortement écho avec notre époque.

C.L.
28 avril
L'Usine, Istres
Une proposition du Théâtre de l’Olivier

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Mal de me.r – chapitre 2

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Mal de me.r © Anna Gai-FAI-AR

Impossible de définir le travail d’Anna Gabi, elle-même s’y refuse. Entre performance, théâtre et philosophie, iel explore sans cesse de nouvelles possibilités, de nouvelles manières de faire art. Ses œuvres se construisent dans une écriture en ébullition. Après trois mois de recherche et d’expérimentation sur le campus Schuman, avec des chercheur·euse·s en philosophie, histoire, neuroscience, l’artiste revient avec un nouveau chapitre de Mal de mer. Si iel avait introduit le personnage du Temps, Anna Gabi questionne cette fois-ci la mémoire (individuelle et collective), comme« outil de subversion et frein ou moteur face au monde contemporain ». Dans ce nouvel opus, le corps dialogue avec un live sonore, qui module la voix en temps réel. À la fois questionnant et provoquant, le texte joue avec les sens sans vraiment donner de clés.

C.L.
15 et 16 avril
Campus Schuman, Aix-en-Provence

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Mizu

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Mizu © Théâtre de L’entrouvert

Sur l’Étang de la Bonde, Élise Vigneron et Satchie Noro embarquent le public dans un voyage poétique autour de l’eau. Mêlant danse, glace et marionnette, le spectacle construit un univers sensible et visuel où la matière devient centrale et presque vivante. Au rythme du cycle de l’eau, Mizu dialogue avec les éléments et explore l’eau et ses états. La glace se transforme, s’effrite, disparaît, tandis que la danse l’accompagne dans cette traversée. Entre cirque et performance, Mizu fait de l’eau un espace d’exploration, une expérience en mouvement où le fragile, le liquide et le vivant s’entrelacent, donnant naissance à un tableau poétique et sensible. Une œuvre à la fois mystérieuse et éphémère, qui évoque le temps qui passe et risque de faire écho à l’impermanence de notre monde.

C.L.
18 avril
Étang de la Bonde, Cabrières d'Aigues
Une proposition de La Garance

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About Love and Death

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About Love and Death © Rosa Frank

Avec About Love and Death, le danseur et chorégraphe Emmanuel Eggermont offre au public un solo où l’amour et la mort s’entrelacent jusqu’à devenir danse. Inspiré de quinze ans de collaboration avec son ami et mentor Raimund Hoghe – figure de la danse contemporaine, disparu en 2021 – l’artiste offre une plongée à la fois poétique et mélancolique dans l’univers artistique de celui qui l’a inspiré. À partir de fragments de vie et d’instants dansés, About Love and Death promet une élégie sincère pleine de souvenirs et de références. Avec une bande sonore faite de musiques populaires, Emmanuel Eggermont convoque des figures comme Gene Kelly ou encore Joséphine Baker. Entre douleur et douceur, le danseur se faufile dans les pas de son maestro, partageant un joli héritage.

 C.L.
28, 29 avril
Le Zef, Scène nationale deMarseille

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