Friche la Belle de Mai, Cité de la Musique, abbaye Saint-Victor, La Criée, le Zef, l’Opéra, le 3bisf… le festival Propagations, porté par le GMEM, investit les lieux les plus enclins à accueillir une musique créative, ludique et volontiers expérimentale. Fidèle à sa ligne, il propose du 2 au 10 mai moins une succession de concerts qu’un ensemble de situations d’écoute, du dispositif immersif à la forme scénique, en passant par l’installation et la performance.
Dès l’ouverture, le vendredi 2 mai à la Friche, les propositions se déploient à partir de 17 h : City Life de Steve Reich, porté par OSAMU&Co et l’ENMD, superpose pulsations instrumentales et échantillons urbains enregistrés, instaurant une mécanique rythmique continue sur la place des Horizons, tandis que Infinite Pendulums de Virgile Abela met en jeu des pendules sonores amplifiés dont les oscillations produisent des variations acoustiques dans l’espace dès 17h30 au Module. Pendant que Sonobox de Philippe Gordiani, Nicolas Boudier et Benjamin Furbacco propose, au Foyer, une cabine d’écoute immersive fondée sur la spatialisation binaurale.
À 19 h, La Nòvia fait dialoguer Jessica Ekomane et Colnlon Nacarrow en transposant les études pour pianos mécaniques en textures instrumentales et électroniques, avant Julien Claire, création de Julien Desprez et Terrine dès 21 h sur le Grand Plateau, performance saturée autour de la guitare électrique, du bruit et de la répétition.
Le dimanche 3 mai marque un premier déplacement : à 15 h, le Couvent accueille Émergence, avec le Conservatoire Pierre Barbizet et Louise Rossiter, programme de pièces contemporaines porté par de jeunes interprètes, tandis qu’à 17 h, l’abbaye Saint-Victor propose L’orgue, répertoires avec Henry Fourès, conçu comme une traversée d’œuvres liées à Georges Boeuf, entre écriture et mémoire.
Circulations et régimes d’écoute
Le mardi 5 mai à 20 h, le Zef accueille Qui m’appelle ? de Maguelone Vidal, pièce vocale fondée sur l’adresse, le souffle et la projection de la voix dans l’espace scénique. Le lendemain, mercredi 6 mai à La Criée, Un pays supplémentaire de Claudine Simon articule théâtre d’ombres, narration et diffusion sonore (15 h et 19 h), suivi à 20h30 de Guêpes, Grenouilles et Monstres d’Aurélie Saraf et Alexandros Markeas, partition inspirée de figures animales et de leurs traductions sonores.
Le jeudi 7 mai à 19 h, le 3bisf propose Rage d’Anna Gaïotti, solo performatif mêlant voix, texte et gestes sous tension, avant un temps consacré à la Cité de la Musique le vendredi 8 mai. À 19 h, Murmurations de Lorenzo Naccarato, composition fondée sur des motifs répétitifs évoquant les dynamiques de groupe, puis à 21 h Natures par l’Ensemble Cairn et Lin-Ni Liao, programme articulant pièces contemporaines autour des relations entre phénomènes naturels et écriture sonore.
Le samedi 9 mai, retour à la Friche : Prologos de Lucia Peralta et Marco Suárez-Cifuentes à 19 h, forme mêlant voix, électronique et structures ritualisées, suivi de Gravity de TOVEL et Matteo Franceschini à 21 h, projet centré sur les tensions rythmiques et la physicalité du son. Le dimanche 10 mai, la clôture se déploie entre l’Opéra, avec Le Parophone à 11 h (Laura Muller, Laurent Camatte, Alain Billard), dispositif instrumental hybride explorant la circulation du souffle et du son, et la Friche à 18 h avec RuptuR, réunissant notamment les Percussions de Strasbourg dans une pièce de grande formation fondée sur l’énergie collective et la masse sonore.
Tout au long du festival, certaines installations restent accessibles sur de larges plages horaires, tandis que concerts et performances ponctuent les journées. Entre écoute collective et expériences immersives, le festival compose une circulation d’un lieu à l’autre, d’un temps à l’autre.
SUZANNE CANESSA
Propragations
Du 2 au 10 mai
Divers lieux, Marseille et Aix-en-Provence
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