mercredi 3 juin 2026
No menu items!
cliquez sur l'image pour faire un donspot_img
AccueilArts visuelsLe désert comme archive vivante

Le désert comme archive vivante

À la Friche la Belle de Mai, l’artiste-chercheur marocain Abdessamad El Montassir présente Sur les ruines, les pierres fleurissent, une exploration des mémoires enfouies du Sahara

Présentée par Fraeme à la Tour de la Friche la Belle de Mai dans le cadre de la Saison Méditerranée, l’exposition d’Abdessamad El Montassir s’inscrit dans la continuité d’une recherche qu’il mène depuis plusieurs années. Une recherche autour des récits empêchés du Sahara occidental, d’où il est originaire, et objet de conflits depuis 50 ans entre Maroc et Algérie.

Le plus souvent représenté comme un lieu de silence, d’immobilité ou d’oubli, l’artiste envisage le désert, ses montagnes, ses plantes, son sable, ses pierres ou le vent comme des témoins capables de conserver des événements. Une approche liée notamment aux réflexions écologiques actuelles, qui repense les relations entre humain et non-humain.

Harratines

Tout l’espace d’exposition est plongé dans le noir, d’où rayonnent les halos lumineux des œuvres présentées en archipels par l’artiste. Un environnement dont le caractère immersif est accentué par la diffusion en continu de Athar Dakira, pièce sonore enveloppante, composée par l’artiste en collaboration avec Matthieu Guillin : « Une plongée dans les chants des Harratines, littéralement “les autres libres”, nom donné aux esclaves et affranchis dans le Sahara au Nord et à l’Ouest de l’Afrique, accompagnés de sons tirés de plantes et d’instruments façonnés à partir de la flore saharienne ». Pour l’artiste, un échange entre l’humain et la plante, « la terre et la voix se prolongeant l’une l’autre ».

Graines et perles

L’entrée de l’exposition est occupée par une série d’écrans présentant des images filmées en noir et blanc d’arbres. Intitulée Sadra Kodia, toute une forêt d’acacias, présences fantômatiques à travers laquelle on peut déambuler pour se diriger ensuite vers d’autres lumières : celles qui émanent notamment de 10 sculptures en verre soufflé réalisées par l’artiste au Cirva. Une série de formes oblongues, précieuses, fragiles, couchées à hauteur de mains sur des socles verticaux. Regroupées sous le titre Âabide l’kadia, il s’agit de « formes de graines du Sahara, connectées à celles de perles autrefois tressées dans les coiffures Harratines ». Des indices territoriaux qui permettaient à ces populations « de s’orienter, de se retrouver, et de transmettre des trajectoires de résistance ».

Terre de l’ouest

Juste à côté, des projections vidéo grand format : l’une est une triple projection simultanée sur un mur titrée Trab’ssahl, qui signifie la « terre de l’ouest » et désigne une large part du territoire Sahraoui. On y suit trois protagonistes « dont les vies sont façonnées par la distance et la discipline du silence » : des visages, des mains, des plantes, des paysages, des gestes, des objets domestiques modestes, une silhouette qui marche. L’autre vidéo présentée juste en face Galb’Echaouf (2021) se déroule autour de Khadija, née dans une famille nomade, qui s’est installée en ville pour échapper au conflit. Elle invite à être à l’écoute des ruines et des plantes, pour retracer des événements que les mots ne peuvent exprimer.

MARC VOIRY

Sur les ruines, les pierres fleurissent

Jusqu’au 27 septembre

Friche la Belle de Mai, Marseille

Retrouvez nos articles Arts Visuels ici

ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

L’absent(e)

La compagnie Begat Theater propose une nouvelle version de son spectacle déambulatoire. Le principe : pendant une semaine, un·e auteur·ice créé·e une histoire...

Waku Doki

En japonais, waku doki désigne la montée d’adrénaline avant de réaliser quelque chose d'excitant. Le prolifique danseur et chorégraphe niçois Éric Oberdorff et sa...