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À Martigues, l’histoire du peuple

Du 28 au 31 mai se tenait la 3e édition de Pop Histoire, une Fête populaire de l’Histoire qui se penchait cette année sur l’histoire de la misogynie, et sur le Front populaire

À Martigues, ville communiste depuis 67 ans, il va de soi que l’histoire du peuple se vit en commun, et que les multiples conférences, conversations, projections, spectacles et balades sont en entrée libre, suivis d’un pot tout aussi offert, et de longs bavardages des convives. Conçu avec les partenaires de la ville, culturels (Théâtre des salins, Librairie Alinéa, Cinéma la cascade…) et scientifiques (Aix Marseille Université, le CNRS, la Maison méditerranéenne des sciences humaines et sociales…) le festival invite des chercheureuses très pointu·es, mais attentifs à rester accessibles. Et remarquablement ouvert·es aux remarques et questionnements !

Ainsi Michèle Riot-Sarcey a ouvert le festival en faisant parlant de « l’histoire discontinue des femmes », qui, génération après génération, doivent affirmer leur émancipation et leur liberté, et le lendemain Laure Verdon analysait la construction de la misogynie au Moyen Âge. Les femmes, très majoritaires dans le public, réclamaient d’aller plus loin, pour la prochaine édition, dans cette exploration de l’histoire populaire des femmes.

Sur tous les Fronts

Comme pour illustrer cette éternelle lutte, l’autre focus, sur le Front populaire, était majoritairement masculin en tribune, et féminin dans les salles, même si c’est Ludivine Bretigny parlait des limites du gouvernement de 36 (pas de remise en cause du joug colonial, pas d’intervention en Espagne…), Le front populaire à Marseille et en Provence, l’histoire des grèves a été abordé par des hommes, qui parlaient aussi des femmes. La Ciné conférence menée par Tanguy Perron permettait de voir des images documentaires marquantes, mais aussi La Marseillaise de Renoir, qui parle autant le la Révolution française que de l’époque du tournage, en plein Front populaire.

Car une autre des spécificités de Pop Histoire est de confronter l’histoire avec des œuvres : des livres, des films, l’exposition Ernest Pignon-Ernest , du théâtre avec L’Écriture ou la vie de Semprun mis en scène par Jean-Baptiste Sastre , ou encore le documentaire de Fanny Molins (2022), Atlantic Bar, sur les personnages touchants et cabossés d’un bar populaire d’Arles, marqués par l’alcool, la misère, la violence, mais surtout par la tendresse.

Un film très beau, de photographe : Fanny Molins a découvert l’Atlantic bar durant les rencontres de la photographie dont elle était l’invitée. Elle raconte sa disparition et la cité arlésienne, en laissant à peine dans le cadre, une fois, les arènes et la tour de Gehry. Et elle s’attarde sur les visages burinés, les mains déformées et alertes, les pieds qui dansent, et touchent au cœur.

AGNÈS FRESCHEL

Pop histoire s’est tenu du 28 au 31 mai à Martigues

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