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Aux Beaux-arts de Marseille : Le personnel partage ses inquiétudes

Quelques semaines après la fin du mouvement social au Conservatoire, la situation à l’école des Beaux arts de Marseille reste tendue

Le 15 janvier un mouvement social du personnel d’accueil a touché le Conservatoire, rejoint par d’autres revendications portées notamment par des personnels de l’école des Beaux arts – ils font partie du même établissement (Campus Art Méditerranée). Si dès le lendemain un accord a été trouvé pour les agents d’accueil du Conservatoire, plusieurs agents de l’école des Beaux arts rappellent que la situation est inchangée pour eux, et leur dialogue toujours aussi difficile avec la direction de Campus Art Méditerranée.

« Conditions salariales dégradées », « réductions des moyens alloués », « blocages administratifs persistants », ce sont les principaux griefs qui se sont retrouvés début janvier dans une pétition publiée par des membres du personnel de Campus Art Méditerranée, pour « exprimer [leur] vive préoccupation quant à l’évolution de [leur] établissement public depuis la mise en place du projet Campus Art Méditerranée. » Une pétition qui a rassemblé 75% des agents des Beaux-Arts selon les personnels de l’établissement que Zébuline a contactés. 

Des dépenses en question

Premier point d’achoppement entre la direction et les représentants du personnel, les arbitrages budgétaires réalisés par la direction depuis plusieurs années. « Ils dépensent de l’argent pour des projets qui ne font pas partie des missions pédagogiques », affirme Pierre-Laurent Cassière, enseignant aux Beaux-Arts et représentant du personnel au Comité Social Territorial de Campus Art Méditerranée. 

Parmi les dépenses qu’il pointe du doigt, les nombreux recrutements au secrétariat général de l’établissement, et une augmentation conséquente des salaires des catégories A, qui comprend les cadres de Campus Art Méditerranée*. « On s’est doté comme c’était prévu lors de la création de l’EPCC de services qui étaient prévus au tableau des effectifs. Il n’y a pas de surprises, et ce n’est pas aux dépends des activités pédagogiques ou administratives », répond Raphaël Imbert, directeur de Campus Art Méditerranée. 

Autre dépense visée, les travaux réalisés dans l’ancienne école architecture, désormais siège du secrétariat général de Campus Art Méditerranée. “Depuis plusieurs années on réclame le renouvellement des équipements de l’amphithéâtre des Beaux-Arts, qui a été budgétisé à hauteur de 100 000 euros. Et au dernier CA on vient de voter une demande de subvention de 600 000 euros pour rénover celui de l’ancienne école d’architecture », déplore un autre représentant du personnel, enseignant lui aussi aux Beaux-Arts/Ifamm. 

Financer des nouveaux projets au détriment de l’existant, et des missions pédagogiques ? Raphaël Imbert « s’inscrit en faux », même s’il dit comprendre les inquiétudes du personnel. « Peut-être qu’on a été pas assez à l’écoute… mais on a organisé de nombreux moments de dialogue, avec chaque instance au sein de l’établissement. »

De la friture sur la ligne

Un dialogue qui est mis en doute par les agents que Zébuline a contactés, notamment sur le projet global Campus Art Méditerranée que porte Raphaël Imbert. « Ce projet n’a jamais été débattu ni même présenté. Les représentants du personnel siègent au conseil d’administration, mais c’est un endroit de validation, pas de débat. Si l’on est contre, ça passe quand même… » explique Pierre-Laurent Cassière. Même son de cloche pour Denis Prisset, professeur aux Beaux-arts depuis 8 ans, qui voit dans l’établissement « un fonctionnement erratique, avec des arbitrages assez illisibles. »

Face à ces reproches, Raphaël Imbert explique avoir lancé une nouvelle phase de dialogue avec les différents services de l’établissement. « On sait qu’il y a des choses à améliorer, on a mis en place des réunions, et des groupes de travail avec les différents services et les administrations des écoles concernées. On est dans un travail d’écoute et d’échanges. » 

Si pour l’instant, certains membres du personnel espèrent trouver une issue favorable à la suite de ces discussions, tous soulignent les inquiétudes de voir les conditions d’enseignement aux Beaux-Arts se détériorer : « L’alerte qui a été lancée peut paraître excessive, mais elle est surtout excessivement réelle. À la hauteur de la crainte d’une dégradation, comme d’autres Ecoles d’Art ont connu », conclut Denis Prisset. 

NICOLAS SANTUCCI

*Les rapports sociaux uniques (RSU) montrent une nette augmentation de la rémunération annuelle moyenne pour les emplois administratifs de catégorie A. Pour les titulaires, elle passe de 54 018 € à 63 425 € entre 2021 et 2024 ; pour les contractuels, de 48 907 € à 71 000 € sur la même période. 


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