lundi 13 juillet 2026
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Des notes dans le grand bleu

Le festival insulaire varois aligne des artistes fidèles à la ligne fondatrice qu’avait esquissée le regretté Franck Cassenti, entre invitation à une fête créolisée et sollicitations d’imaginaires métissés

Cette année, la 25e édition du festival Jazz à Porquerolles s’amarre sur son île du 10 au 14 juillet. Et ça commence par un bal avec l’ensemble Papanosh : cet orchestre composé d’improvisateurs redoutables, basé en Normandie, n’a de cesse, depuis une quinzaine d’années, de convier les publics à se déhancher sur ses grooves entêtants, ses chansons mexicaines et ses tarentelles enjazzées. L’entrée sera libre pour accéder au somptueux écrin du fort Saint-Agathe. Leur succèdera un set de Yaguara DJ.

Le 11 juillet, carte blanche au saxophoniste Laurent Bardainne pour un concert de sortie de résidence à la Fondation Carmignac – où il aura passé une semaine en création. Le festival s’honore ainsi d’être un laboratoire de création artistique. Le saxophoniste Samy Thiébault, désormais directeur artistique de l’événement, propose, le 12 juillet, un hommage à Weather Report, le légendaire ensemble jazz « progressif » qui compta dans ses rangs le claviériste Joe Zawinul, le saxophoniste Wayne Shorter et le bassiste Jaco Pastorius, entre autres. Ce soir-là, le saxophoniste est accompagné de la pianiste Emilie Aridon-Kociołek, et c’est dans l’épure du duo que le « bulletin météo » sera livré. Le pianiste Shaï Maestro jouera le même soir le répertoire de son nouvel album, The Guesthouse : une maison ouverte à tous les vents de l’improvisation, où l’acoustique se mêle à l’électronique, avec guitare, contrebasse et batterie.

Turbulences

Place, le 13 juillet, à un plateau conviant des métissages tous azimuts. D’abord, le pianiste Sofiane Saidi, pour son projet Zaïr, qui convoque raï et medahates – ces chants féminins traditionnels de l’Oranie – pour un mix aux saveurs résolument contemporaines, confiant le chant à Camélia Jordana – cette varoise de l’étape s’emparant avec délectation d’un propos décolonial. La formation compte aussi dans ses rangs Théo Ceccaldi (violon) et Valentin Ceccaldi (violoncelle), dont les turbulences improvisatrices ont l’art de chambouler les ordonnancements musicaux. Ensuite, c’est au percussionniste multi-instrumentiste Papatef (aka Cyril Atef), que reviendra la jouissive tâche d’amener le public sur les voies de transes tropicales.

« Feu d’artifice » le 14 juillet. En ouverture, le duo Airelle Besson (trompette, auréolée d’une Victoire du Jazz 2026 comme instrumentiste)/Lionel Suarez (accordéon), pour un voyage intimiste aux confins des émotions. Enfin, le dernier concert renoue avec la grande histoire du jazz : c’est au saxophoniste Kenny Garret, un temps compagnon de route de Miles Davis, que reviendra la tâche de, quelque part, rappeler l’ombre portée de la musique classique noire américaine (appellation dont se targuait Archie Shepp, parrain du festival et ami du regretté Franck Cassenti). Le répertoire « Sounds from the Ancestors » convoque les esprits des diasporas africaines transatlantiques dans un maelstrom émancipateur.

LAURENT DUSSUTOUR

Jazz à Porquerolles
Du 10 au 14 juillet

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