Entre 1859 et 1905, des femmes furent envoyées au bagne de Guyane, dans une logique coloniale où la peine ne s’arrêtait pas à l’enfermement. Il fallait encore travailler, obéir, peupler. Océane Chapuis et Jeanne Zerwetz partent de ce fait historique précis sans en faire ni une fresque scolaire, ni un tableau misérabiliste. La pièce choisit la danse, c’est-à-dire le corps, pour raconter ce que l’administration pénitentiaire et coloniale a voulu confisquer aux femmes : le mouvement, le désir, le choix.
La forme est brève, mais très construite. Elle raconte la contrainte, l’attente, la surveillance, la tentative d’échappée. Les corps sont empêchés, mais jamais punis par la chorégraphie. Ils se superposent, s’étreignent, s’accroissent, comme s’ils cherchaient à fabriquer plus d’espace que la scène ne leur en donne. Les visages, les regards, les ruptures de rythme ouvrent le récit. Incorrigibles montre ainsi l’inventivité de corps que l’on voudrait assigner, et qui trouvent pourtant le moyen de se déployer.
Du 12 au 16 juillet à 11h
Chapelle du Verbe Incarné
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