lundi 16 février 2026
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Born on the Bayou, et y rester 

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Island Road © Francescu Artily documentary

Pour célébrer les dix ans de son cycle de conférences, Opera Mundi a investi le Frac Sud avec un temps fort intitulé Interdépendances, cinéma et environnement. Le vendredi 29 novembre, le public a eu la chance de voir Dersou Ouzala, chef d’oeuvre d’Aki Kurosawa, en version restaurée. Le lendemain, c’est par un documentaire que les projections ont repris, en présence de son réalisateur, Francescu Artily. En 2018, il est allé filmer les habitants d’origine amérindienne de l’Isle de Jean-Charles, au sud de la Louisiane. La montée des océans due au changement climatique menace leur territoire. Island Road donne la parole aux habitants de ce bout de terre balayé par des ouragans de plus en plus fréquents, aux écosystèmes bouleversés par la montée inexorable de l’eau salée. Certains, descendants des peuples Choctaw, Biloxi et Chitimacha, déjà chassés de leurs espaces ancestraux à l’arrivée des colons américains, refusent d’être à nouveau relocalisés.

Le film, très poignant, s’attarde sur les souvenirs et la ténacité de ces vieilles personnes. Renoncer à leur mode de vie de pêcheurs pour aller s’installer sur le continent leur est difficile. « Est-ce qu’une culture survit lorsqu’elle est arrachée à un territoire ? C’est l’une des questions que pose mon film », souligne le cinéaste, sans apporter de réponse. Les seuls « jeunes » du documentaire, un frère et une sœur, ne s’imaginent pas non plus aller vivre en ville, « où les arbres poussent dans des jardins ». Sur leur île, les arbres sont sauvages, mais beaucoup, morts de trop de sel, ponctuent le paysage avec leurs troncs blanchis. Dans les bayous, il n’est plus possible de pêcher l’alligator comme avant. Les forages pétroliers, très nombreux alentour, ont tant contribué à son érosion qu’elle a déjà perdu plus de 90 % de sa superficie. De quoi faire de sa population les premiers réfugiés climatiques des US.

GAËLLE CLOAREC

Le week-end d'ouverture de la saison 2024-2025 d'Opera Mundi a eu lieu les 29 et 30 décembre au Frac Sud.

« Madame », la subtilité féminine de la Compagnie du I 

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Veronika Soboljevski et Mathilde Dromard © X-DR

Mathilde Dromard, qui est aussi chanteuse, a écrit le texte et partage la scène avec Veronika Soboljevski, qui est aussi violoncelliste. Avec la Compagnie du I (Avignon), on sait que la musique va être là, le rire aussi, jamais moqueur, la tendresse. Madame, présenté en sortie de résidence d’une semaine à la Distillerie [Lire nos entretien avec Christophe Chave, directeur de la distillerie, ici et ici], n’est pas encore tout à fait prêt, on y jette un coup d’œil sur le texte posé sur la table, il y a quelques petits trous de rythme, et pourtant tout est lumineux. Cette femme adulte qui cherche à savoir qui est vraiment sa grand-mère ; cette absence et ce deuil de la mère, de la fille, entre elles ; ces manières différentes d’être femme quand deux générations vous séparent ; ce qui se transmet, au-delà de la tarte aux oignons, la « tarte aux larmes » ;  ce que l’on tait surtout, d’un amour perdu qui n’était pas le grand-père, de frustration d’accomplissement personnel, professionnel pour l’une, de sentiment amoureux, maternel pour l’autre. 

C’est avec la musique qu’elles se trouvent, qu’elles se connaissent le mieux, et leurs duos vocaux sont très réussis. De même que le passage entre leurs personnages et leurs paroles de comédiennes complices, qui entrecoupent parfois la fiction. Mais le plus impressionnant reste la façon dont Mathilde Dromard joue la vieille dame, empêchée physiquement, puis retrouvant sa jeunesse quand elle la raconte, la revit, d’un geste… Subtil !

AGNÈS FRESCHEL

Madame a été présenté en sortie de résidence publique le 29 novembre à la Distillerie d’Aubagne

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Édène, satire à blanc 

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Édène © Simon Gosselin

En 1909, Jack London crée le personnage de Martin Eden, un homme de la classe ouvrière qui cherche à devenir écrivain afin de conquérir une jeune bourgeoise. Son parcours permet à l’auteur d’aborder les débats littéraires de son époque, le fonctionnement du monde de l’édition et les conflits de classes. Avec Édène, Alice Zeniter [Lire l’entretien qu’elle nous avait consacré ici ou la critique de son dernier roman ici] transpose la trajectoire du personnage originel et les thèmes de l’œuvre à notre époque contemporaine. 

Nous rencontrons Édène, alter-ego féminin du protagoniste de London, lors de sa première venue chez Ariane et Rose, deux sœurs issues de la bourgeoisie de gauche. Amoureuse de Rose qui étudie la littérature, la protagoniste se met en tête de devenir autrice. Elle commence alors à écrire à propos des femmes avec lesquelles elle travaille, et de Gigi, son amie qui l’héberge. Les conflits qui en résultent font écho des débats littéraires actuels, comme le consentement des personnes représentées dans l’écriture du réel.

Représenter le réel 

Les difficultés d’Édène à être publiée permettent de faire émerger un discours fort sur les intersections entre rapport de classe et légitimité littéraire. En outre, la représentation des enjeux sociaux propres au parcours de la protagoniste reste extrêmement caricaturale. Le choix – revendiqué par Zeniter – de faire de sa protagoniste une femme noire n’a aucun impact sur le récit. Peut-être ne souhaitait-elle pas produire un pamphlet intersectionnel pour se concentrer uniquement sur les rapports de classe, même si ceux-ci sont traités de manière superficielle, voire ridicule. Lorsque les blanchisseuses entament un mouvement social, leurs revendications et leurs conflits internes sont tournés en dérisions par une mise en scène n’assumant pas de moments de tension et met davantage la focale sur leur manque d’expérience militante. De façon générale, le point de vue adopté est presque toujours celui des bourgeoises, qu’il soit méprisant ou fétichisant, ou celui d’Édène, qui malgré son appartenance de classe, méprise elle aussi profondément ses collègues.  

CHLOÉ MACAIRE 

Édène a été joué du 27 novembre au 1er décembre à La Criée, théâtre national de Marseille.

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« Indestructible » : une Peugeot intersectionnelle à Cavaillon 

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Indestructible © X-DR

La compagnie marseillaise Krasna crée à Cavaillon, puis joue à Lyon et Paris, un spectacle écrit et mis en scène par Hakim Bah et Manon Worms sur les grèves chez Peugeot-Sochaux après Mai-68. La période n’a pas été anodine dans cette usine gigantesque où en juin 68 deux ouvriers ont été tués et 150 blessés durant l’assaut des CRS. Et les grèves de 1989 y ont aussi été marquantes. 

Briser les chaînes 

Mais plus que d’un moment historique il sera question de trajets qui se croisent là, à Sochaux. Celui de Bakary, malien politisé qui fuit après le coup d’État militaire de Moussa Traouré (1968), s’arrête à Marseille, passe par le « centre de rétention » (illégal) d’Arenc parce qu’il proteste contre les conditions de travail sur les docks, puis aboutit sur les chaînes de sellerie automobile de la Peugeot 504.  

À la chaîne le rejoint Cathy, étudiante (de fiction) proche de Robert Linhart, auteur réel de L’Établi. Le sociologue marxiste y prône l’établissement en usine pour organiser la révolution. Établie à Sochaux, Cathy, lesbienne, va y dissimuler qui elle est, et organiser avec Bakary un débrayage… 

L’intrigue est riche, palpitante, dans un croisement intersectionnel qui raconte l’histoire ouvrière sans oublier les immigrés, les femmes, les homosexuel·le·s. Les procédés narratifs se croisent, aussi : monologue de la 504, dans une langue fragmentée poétique, dialogues plus réalistes, monologues diatribes des personnages. Le décor unique est fait de poix, de poids, de noirs et de projections floues sur des rideaux qui bougent, de seaux que l’on tire et qui figurent le travail à la chaîne, assez maladroitement puisqu’on n’y sent pas l’effort. 

Les scènes se succèdent dans un mouvement de ballet circulaire sans qu’on comprenne bien où tout cela veut en venir, tant l’échec du marxisme léninisme révolutionnaire en 1970 ne laisse planer aucun suspense. Cela permet, au moins, de ne pas effacer le féminisme et la présence des ouvriers immigrés d’un tableau des luttes !

AgnÈs Freschel

Indestructible a été créé à La Garance, scène nationale de Cavaillon, le 28 novembre

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La danse est un songe

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Theatre of dreams © Tom Visser

De quels rêves, cauchemars, songes enfouis, traces mémorielles, images collectives est-il question ?Avec Theatre of dreams, le chorégraphe britannique venu d’Israël nous fait entrer dans une sorte d’inconscient collectif dont nous reconnaissons les formes sans en saisir tout à fait les sens, sinon implicitement. 

Un danseur aux allures militaires venu de la salle s’immisce dans une ouverture temporaire au centre d’un rideau rouge, comme une naissance à l’envers. Dès lors, derrière le rideau ouvert à sa suite, les images, virtuoses, s’enchaînent. Coupées. Arrêtées par des noirs brutaux en pleine action. Reprises en plein vol par des éclairages tout aussi soudain. Comme entre deux flashes. Entre deux, trois, quatre rideaux qui s’écartent et se ferment, orchestrant le spectacle comme sur une superposition d’écrans virtuels, où les corps, la matière, sont pourtant vivants. Et cela à toute allure, sans temps mort, s’amusant même de moments cycliques où les corps se succèdent sans fin mimant inlassablement l’évolution humaine, le passage des ans. 

Inquiétante et familière étrangeté

Dans ce défilé d’images surgissantes on reconnaît quelques massacres, des abandons, des bribes de raves, de combats, de danses traditionnelles juive ou brésilienne. Les treize danseurs sont accompagnés par trois musiciens vêtus de blancs ou de rouge, d’électro live ou de pseudo samba en simili portugais. Les corps se déhanchent, des sourires naissent, le public est invité à partager la danse… puis on replonge dans un mouvement collectif, moins morcelé mais tout aussi rapide,  assénant ses images noires, violentes, révoltées, jusqu’à l’épuisement. A l’arrêt, après un bouquet final qui occupe enfin toute la scène. Tout s’éteint. 

Jusqu’à ce que la salle, muette, reprenne souffle, et se lève d’un bloc pour applaudir à tout rompre. 

AGNÈS FRESCHEL

Theatre of dreams, créé au Théâtre de la Ville (Paris) a été joué au Théâtre Liberté, Toulon, du 23 au 25 octobre 
A venir
Du 11 au 13 décembre
Théâtre des Salins, Martigues

Festival Risc : quand le cinéma regarde la science

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Afterlives de Michael Heindl © Sixpackfilm

Zébuline. Votre festival est très particulier dans le paysage des festivals régionaux. Que veulent dire pour vous ces rencontres sciences et cinéma ? 

Serge Dentin. Au départ, en 2006, il s’agissait essentiellement de projeter des films en rapport avec les « sciences dures » et de donner la parole aux chercheurs. Aujourd’hui nos films sont majoritairement en rapport avec les sciences sociales.

Pourquoi cette évolution ? 

Sans doute parce qu’elles sont aujourd’hui passionnantes, nécessaires et mises à mal. Mais il ne s’agit pas de projeter des films scientifiques. Notre comité de sélection, composé de 15 personnalités très différentes, a visionné plus de 400 films produits durant les deux dernières années et en a retenu 41, dont 35 en compétition. Ce sont des films documentaires ou de fiction, d’animation, expérimentaux… qui entrent en résonnance avec des recherches scientifiques actuelles, et nous permettent de mettre en dialogue chercheurs et réalisateurs. 

Comment la compétition se présente-t-elle ? 

Nous avons cinq prix. Un prix du long métrage, un du court-métrage, et un extra-court, pour des films qui durent parfois moins d’une minute. Ces prix sont attribués par le jury, et nous avons également un prix jeune public court métrage, et un prix du public très court métrage. 

Vos projections ont lieu dans huit cinémas différents… 

Neuf si on compte la journée professionnelle. Être présent sur toute la ville est important, et projeter les films que nous faisons en ateliers durant l’année l’est aussi. Ce sont de vrais films marseillais, fait par des gamins d’ici. L’un d’entre eux en est à sa 15e sélection internationale… 

Vous commencez par une soirée sur l’émancipation féminine… 

Oui, au cinéma la Baleine, un court et un long où des femmes parlent de cette évolution d’une femme désirée vers une femme désirante. Le lendemain, nous avons les courts-métrages jeune public au Miroir à 14 h, puis la première séance de courts métrages en compétition aux Variétés à 17h30. Le soir, à l’Artplexe, une soirée sur la mort, avec un court métrage mexicain sur le suicide, assez dur, et un long, Fais le mort ! où la maladie (le diabète) fait l’objet d’un traitement noir, mais plus burlesque. 

Puis jeudi, une deuxième séance de courts métrages aux Variétés, et le soir un court et un long sur le travail, les chemins d’émancipation individuels ou collectifs, en France et au Vietnam. Chaque soirée est bien sur suivie d’un débat avec des scientifiques, ce soir-là nous aurons José Rosé ancien directeur scientifique du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications). 

Vendredi, deux séances de courts métrages, sur l’intelligence artificielle au Polygone étoilé, sur des sciences naturelles au Museum. Le soir un très beau film sur le neurobiologiste Michel Jouvet, qui a découvert le sommeil paradoxal. Une plongée dans ses rêves, suivie d’un débat sur les neurosciences. 

Le dernier jour commence à 10 h au Miroir avec un long sur le Liban, qui met en parallèle l’effondrement politique et botanique. Puis le Prix du public extra-court au Miroir, et le prix jeune public courts métrages à l’Alcazar. Enfin le soir, une soirée de clôture exceptionnelle à la Baleine : la remise des prix puis la projection de quatre courts métrages de Man Ray restaurés, mis en musique par Jim Jarmush. Des merveilles qui, il y a cent ans, ouvraient des voies étonnantes aujourd’hui encore… 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL

RISC 
Du 10 au 14 décembre
Divers lieux, Marseille

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Les Gratitudes 

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Catherine Hiegel © Giovanni Cittadini Cesi

Après avoir collaboré pour l’adaptation en seul en scène de Rien ne s’oppose à la nuit pour la Comédie-Française en 2022, Delphine de Vigan et Fabien Gorgeat se retrouvent sur un autre roman de l’autrice, Les Gratitudes. Celui-ci raconte l’histoire de Michka (ici incarnée par Catherine Hiegel), une ancienne parolière atteinte d’apathie et résidant dans un Ehpad. Au crépuscule de sa vie, et alors que les mots lui échappent, elle souhaite dire un dernier « merci » au couple qui l’a sauvée, enfant, en la cachant pendant l’Occupation. Elle est épaulée dans cette quête par sa jeune amie Marie et son orthophoniste Jérôme. Un récit de réparation qui pose la question de la fin de vie et celle de l’importance du langage, dans notre rapport à l’autre et dans notre perception du réel.

CHLOÉ MACAIRE

10 décembre 
Théâtre d’Arles 

Un Noël orthodoxe

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© Christophe Abramowitz

Pour Noël, les voix du Chœur de Radio France, dirigées par Lionel Sow, souffleront un vent slave sur le Grand Théâtre de Provence. Récemment nommé à la tête du plus prestigieux des chœurs hexagonaux, le chef propose un programme inédit autour du concerto choral, genre emblématique des compositeurs d’Europe de l’Est. Du compositeur baroque ukrainien Diletsky à Penderecki, en passant par Tchaïkovski et Rachmaninov, ce concert mettra en lumière le chœur sous toutes ses coutures en y cultivant l’art du dialogue, de l’écho et de la résonance. Le tout sublimé par des harmonies et un art du contrepoint d’une profondeur et d’une ferveur rares.

SUZANNE CANESSA

10 décembre 
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

Ici Nougaro

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© PIERRE GONDARD

C’est lors d’un voyage commun que le comédien Gregory Montiel [Lire ici l’entretien réalisé à l’occasion de son passage aux Bernardines] a parlé à l’auteur Charif Ghattas de sa rencontre avec l’accordéoniste Lionel Suarez et de leur passion commune pour Claude Nougaro. Conquis, Charif Ghattas a écrit un texte : la tranche de vie tourmentée d’un quadragénaire, Mathias, comédien, fasciné par la personnalité de Claude Nougaro [Lire notre critiques ici]. Il vient d’apprendre qu’un biopic retraçant la vie de son idole est en préparation. Il va tenter de convaincre son agent qu’il est l’homme de la situation. Grégory Montel endosse le rôle, accompagné en musique par Lionel Suarez, accordéoniste de Nougaro, mais aussi d’Aznavour, Renaud, Lavilliers… Un hommage au chanteur toulousain, sans l’imiter, à ses chansons populaires, son accent et son allure.

MARC VOIRY

10 décembre
Châteauvallon, Ollioules

Don Juan, un cœur à aimer la terre entière

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© X-DR

La compagnie Marseillaise L’Agence de Voyages Imaginaires revisite le mythe de Dom Juan, le grand classique de Molière. Il se démarque par sa mise en scène audacieuse : des décors changeants, créés en direct à partir de boîtes d’illusionniste et de voiles de bateau, agrémentés de masques et costumes baroques, pour plonger le spectateur dans un univers carnavalesque, fantasque, et quelque peu irréel. Sous les traits de la comédienne Valérie Bournet, Don Juan devient un personnage aussi fascinant que dérangeant : séducteur, manipulateur et joueur insatiable, il jongle avec l’amour, la vie et les valeurs morales. Il est question de désir, de plaisir et de liberté, mais aussi d’hypocrisie, de rébellion et de quête de sens. Entre théâtre, musique live et visuels oniriques, la compagnie entend réinventer ce récit intemporel avec audace et couleurs.

MARC VOIRY

10 et 11 décembre 
Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence